Centre de ressources numériques sur la Lorraine. Archives du Groupe BLE Lorraine.

Des chalets supplémentaires pour les lacs de Pierre-Percée

Le site touristique lorrain situé aux confluents des Vosges et de la Meurthe-et-Moselle, qui affiche une large gamme d’activités de loisirs et de randonnées, souffrait d’un manque terrible de capacité d’herbagement, puisque ne disposant seulement que d’un camping trois étoiles. La vingtaine de chalets supplémentaires installés aux bords du Lac de la Plaine devrait permettre de combler quelque peu ce déficit. Leur ossature de bois leur permet de se fondre parfaitement dans le paysage naturel du Pays des Lacs. Construits sur pilotis, ces chalets tout confort de 4 à 6 personnes disposent d’un espace détente avec piscine, sauna et hammam. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la volonté lorraine de dépasser les 200 voire les 300 000 visiteurs par an sur le site. Toujours est-il que la réussite de ce projet en appelle d’autres tous aussi ambitieux et pragmatiques.

21 juillet, 2009 à 11:12 | Commentaires (2) | Permalien


Contrexéville : un projet de balnéothérapie salvateur

Fin 2009, sur le site des lacs de la Folie, devraient être lancés les travaux de ce qui sera prochainement Diabéticom, à savoir : un centre ultramoderne de balnéothérapie couvert avec 1 500 mètres carrés de piscines, un centre d’accueil et de loisirs pour les résidents, un hôtel international de grand standing et des restaurants, un ensemble de maisons en bois destinées à la location ou la vente, des constructions de maisons en bois pour le personnel, et enfin un centre innovant d’éducation thérapeutique pour les diabétiques. Ce dernier ne pourra cependant se faire qu’avec un accord de la sécurité sociale qui n’interviendra pas avant le premier trimestre 2010.

A la clef, une centaine d’emplois directs, auxquels il faudra en ajouter 75 supplémentaires pour la construction des bâtiments sur le site. Les investisseurs sont en majorité belges. Des hommes d’affaires israéliens basés à Haïfa seraient également intéressés. Les premiers devraient investir à Contrexéville un montant initial de 14 millions d’euros, auxquels il faudra ajouter les éventuelles subventions allouées par les différentes collectivités locales, la France et peut-être l’Europe. Ces 14 millions d’euros représentent ainsi la mise de départ, si tout se passe bien, les investisseurs devraient financer le projet à hauteur de 50 millions d’euros. L’ambition ultime de ces hommes d’affaires est de faire du site des lacs de la Folie l’équivalent lorrain de « Thermae 2000 », un complexe hôtelier centré sur la balnéothérapie ludique situé à proximité de Maastricht et qui fait un véritable tabac aux Pays-Bas. A terme, 400 emplois directs pourraient être créés au total sur le site vosgien. 

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25 mai, 2009 à 11:17 | Commentaires (0) | Permalien


Et les vieux métiers reprennent vie !

C’est désormais devenu une véritable tradition à Azannes dans la Meuse. Chaque année des milliers de visiteurs (39 960 en 2008) se pressent chaque dimanche de mai pour venir admirer les Vieux métiers. Qui plus est, ces derniers s’agrandissent cette année. Ainsi, un authentique barbier reprendra vie sur place. Retraité d’un village meusien, ce dernier rouvrira son salon Maxime, rue des Artisans, dans la fameuse grange principale. Héritier du savoir-faire de trois générations, il rasera gratis ! De même, le jardin potager s’est agrandit d’un espace réservé aux vieux légumes. De nombreuses variétés ont ainsi été sélectionnées par des jardiniers du coin. Ces dernières seront donc ressuscitées dans le jardin du vannier, à côté de l’éolienne. Enfin, non loin de la ferme du laboureur et de ses animaux, la maison du manœuvrier est en train de sortir de terre. Il s’agit ni plus ni moins de la bâtisse mitoyenne d’un paysan journalier, autrement dit, un salarié qui travaillait à la journée pour le compte du fermier. La modeste maison sera achevée en 2010 et comportera une travée constituée de trois petites pièces, à savoir, cuisine, chambre et poulailler.  A noter que le hall d’accueil a été transformé et mis aux normes de sécurité. 360 mètres carrés abriteront désormais de petits producteurs locaux et leurs spécialités : jus de pomme, charcuterie de la ferme, etc. L’espace restauration proposera quant à lui des menus typiques lorrains.

15 mai, 2009 à 15:28 | Commentaires (5) | Permalien


Projet de tourisme vert : Création de 200 emplois directs à Schorbach

Après l’annonce de l’arrivée d’un bataillon allemand dans le cadre des compensations des restructurations militaires, le Pays de Bitche revit et respire encore un peu plus avec l’annonce de ce projet touristique. En effet, OVA, holding suisse, est prête à investir 45 millions d’euros pour créer un parc de 180 jardins à Schorbach. La zone devrait générer 700 emplois, dont 200 directs. Plus de 300 000 visiteurs sont attendus chaque année. Un projet séduisant, impressionnant même… 

A l’origine, l’entreprise cherchait à s’installer en Allemagne, et plus précisément à Zweibrücken. Mais à la frontière, l’espace commence à manquer. En effet, des zones sont réservées à l’agrandissement de l’aéroport et du centre commercial Designer Outlets. Seuls trente hectares étaient encore disponibles. Mais OVA en a besoin de quatre-vingt-dix… Heureusement pour le Bitcherland, qui lui, ne manque pas d’espace ! Et c’est à ce moment que tous les regards se sont portés sur Schorbach. Cette commune de 600 âmes est située à seulement dix minutes de l’aéroport, au croisement de la RD 35 vers Zweibrücken, récemment rénovée, et de la RD 62, entre Bitche et Sarreguemines. Bref, vous l’aurez compris, une position idéale.

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22 février, 2009 à 12:37 | Commentaires (1) | Permalien


Tourisme : la Moselle, un territoire émergent ?

C’est en effet le constat que tirent les professionnels du tourisme du département lorrain. Certains d’entre eux sont d’ailleurs regroupés au sein du réseau « Grands Sites de Moselle ».  Il s’agit d’une filière professionnelle créée il y a cinq ans et animée par le comité départemental du tourisme. Elle rassemble des lieux touristiques payants, engagés dans une démarche qualité concernant l’accueil des visiteurs et bénéficiant en contrepartie d’un réseau fiable de diffusion de la documentation et d’un plan d’actions de promotion. Ces acteurs peuvent en outre échanger leurs expériences. Le réseau comprend actuellement dix-huit sites, ce qui représente 800 000 visiteurs. Trois autres ont cependant fait connaître leur candidature : le musée du cristal de Saint-Louis, le parc du haut fourneau U4 à Uckange et le rocher de Dabo.Afin d’attirer les visiteurs, les sites ont compris qu’il fallait qu’ils se renouvellent constamment. Car la Moselle ne bénéficie malheureusement pas (encore) d’une image touristique très positive. Le grand vivier de touristes du département provient de la Grande Région. L’événementiel permet de les faire revenir. C’est par exemple ce qu’il s’est passé à Bliesbruck avec l’exposition sur Pompei. La qualité de l’accueil constitue le second pilier. C’est sur quoi insistent les professionnels du tourisme mosellans tout en essayant de proposer des prix attractifs. 

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18 février, 2009 à 18:39 | Commentaires (1) | Permalien


La petite Carcassonne lorraine

Cette semaine nous nous rendons à Rodemack, au Pays des Trois Frontières en Moselle afin d’arpenter les rues pavées de ce magnifique village médiévale. Lumière sur la « petite Carcassonne lorraine comme on l’a surnomme …

Rodemack

La Porte de Sierck à Rodemack (Crédits photo : Thomas RIBOULET pour le Groupe BLE Lorraine)

Rodemack s’est paré de ses plus beaux atouts pour ces fêtes de fin d’année, comme en témoigne, le Marché de Noël médiévale, qui trouve au cœur de cette charmante petite cité fortifiée lorraine nichée au creux d’un paysage de collines revêtues d’un léger manteau blanc, un écrin idéal. Si le bourg fait partie du très convoité et fermé cercle des « plus beaux villages de France » depuis 1987, la beauté de cette paisible localité ne serait rien sans le travail de restauration et de mise en valeur mené depuis des dizaines d’années par l’Association des Amis des Vieilles Pierres pour la Sauvegarde de Rodemack. Depuis sa création, cette dernière a lancé moult chantiers d’insertion de jeunes bénévoles ayant permis la réhabilitation d’une grande partie des fortifications extérieures, des tours de flanquement, mais aussi des travaux intra-muros. De même, certaines rues ont été pavées, le vieux lavoir a retrouvé une toiture et un pont de pierre permet maintenant de franchir le ruisseau dont les berges ont été consolidées. A noter enfin que les travaux de reconstruction des courtines ont été complétés par un sentier piétonnier et par un véritable jardin médiéval. Et avec une hausse de la fréquentation touristes, résultant de la mise en valeur du village et des nombreuses manifestations médiévales et artistiques organisées tout au long de l’année, notamment  la fameuse et désormais traditionnelle Fête Médiévale qui est une reconstitution complète du village au temps des chevaliers, c’est toute la citée fortifiée qui revit. Ainsi, la construction de logements neufs par delà les remparts se multiplie. De même,  un tissu commercial a été recrée avec une épicerie, deux restaurants, une pharmacie et un médecin. Rodemack propose un cadre de vie exceptionnel. La cité, encore entourée de plus de 700 mètres de remparts, présente en effet de nombreux attraits et charme le visiteur par ses ruelles typiques où l’on respire le parfum d’antan.

Parcourir le bourg, arpenter ses chemins secrets, c’est remonter le fil d’une histoire tumultueuse. Rodemack remonte au moins à l’époque gallo-romaine dans la mesure où les traces d’un ancien castellum ont été retrouvées à proximité, près de la voie romaine reliant Metz (Divodorum) à Trêves (Augusta Trevorum). Au début du IXème siècle, Louis le Pieux fit don de la localité à l’ abbaye de Fulda en Allemagne. C’est en 1190 qu’Arnoux Ier usurpa les biens des abbés et fit construire un premier château féodal à l’emplacement de la forteresse actuelle. Ce seigneur reconnut comme suzerain, le Comte de Luxembourg. À partir de cette date, l’histoire du bourg changea radicalement. En effet, très vite les nouveaux seigneurs prirent une grande importance au niveau du comté du Luxembourg, dans la mesure où aimant guerroyer, ils augmentèrent rapidement leurs possessions. Leurs descendants successifs en firent de même, soit par alliances, soit par conquêtes, si bien qu’au paroxysme de leur puissance, la seigneurie s’étendit jusqu’aux frontières de Metz. Mais une alliance avec le roi de France ainsi qu’une forte rançon qu’ils durent acquitter précipitèrent leur déclin. En 1492, le dernier seigneur de Rodemack est déclaré félon. Tous ses biens furent confisqués pour être remis au Margrave de Bade, Christophe Ier, par l’empereur Maximilien d’Autriche. Ce changement de seigneurie amena à Rodemack de nombreuses vicissitudes au moment où le règne de Charles Quint allait bientôt débuter. Ainsi, en 1542, une armée française commandée par Charles d’Orléans et Claude de Guise se rendit maître de la forteresse. Mais le traité de Crépy en 1544 rendit la cité à l’Espagne. En 1552, Rodemack tomba à nouveau pour quelques mois aux mains des Français. Ces deux évènements ne furent que le début d’une alternance de domination française et espagnole notamment, dictée par les sièges et les traités, qui s’acheva par la prise de contrôle de la cité par les Français, officiellement reconnue par le Traité de Versailles le 16 mai 1769. La cité fut par la suite relativement épargnée par les malheurs, en dehors d’un gigantesque incendie qui ravagea plus d’une centaine de maisons et granges. Ceci explique que la plupart des demeures anciennes du village datent du XVIIIe siècle. Mais la position géographique de Rodemack ne favorisait pas à l’époque la tranquillité. Si bien qu’en 1792, le bruit des armes se fit à nouveau entendre et le bourg fut une nouvelle fois assiégé par des troupes ennemies venues en nombre, celles du duc de Brunswick envahissant la France pour renverser la toute jeune nation révolutionnaire. La forteresse fit parler d’elle pour la dernière fois en 1815, au moment où les armées prussiennes qui en firent le siège durent se retirer après des pertes sévères infligées par la garnison forte de 500 hommes du général Hugo, le père du célèbre écrivain. 

Plusieurs monuments remarquables témoignent encore et toujours de ce passé mouvementé. Par exemple, la Maison des Baillis, parfois également nommée « Petit château », construite en 1560 par les Margraves de Bade, servait de résidence aux représentants des Seigneurs, que l’on appelait donc les Baillis.Transformée aujourd’hui en restaurant, on y trouve encore de magnifiques salons du XVIIIème siècle. Des bâtiments de l’ancien château féodal, il ne subsiste que les écuries, le puits et le magasin à poudre. Le Pavillon des Officiers fut quant à lui construit sur les ruines de l’ancien château féodal, dans la cour d’honneur. L’entrée de l’enceinte, construite aux XVIème et XVIIème siècles, se compose de trois tours: la « Tour Boncour », couverte d’une toiture, et les « Tours Jumelles » qui encadraient le pont-levis et donnaient accès à la citadelle. Cet ensemble était relié à une barbacane par un avant mur sur lequel était installé un second pont-levis. Le Pavillon des Officiers a été restauré au début de XXème siècle par la famille De Gargan, qui l’a acquis en 1869 et classé Monument Historique en 1981. Il est resté dans la famille jusqu’en 2003, année où la Communauté de Communes de Cattenom et Environs l’a acquis en vue d’en faire un lieu ouvert au public. La Chapelle Notre Dame fut construite en 1658 par les habitants du village en remerciement à la Vierge, pour la fin de la guerre de Trente ans et des maux qui l’accompagnèrent: peste, disette et ruine. Il faut dire qu’à la fin de cette guerre, Rodemack ne comptait plus que 40 foyers au lieu de 110 comme en 1636. La légende attribue cependant sa construction au vœu d’un seigneur qui aurait échappé à ses poursuivants en effectuant un saut avec son cheval du haut du rocher où se trouve cette chapelle, ce qui lui sauva la vie. 

L’Eglise St Nicolas fut élevée un peu plus tard, en 1783, à l’emplacement d’une ancienne église romane érigée en 915. En effet, cette dernière, malgré des agrandissements successifs, ne pouvait plus contenir tous les paroissiens. Durant la révolution, cette église servit également de lieu de réunions électorales. Au cours de l’une d’entre elles, à l’occasion de l’élection du juge de paix du canton, un garde national fut tué et il y eu plusieurs autres blessés. Le culte fut alors interrompu dans l’église pendant près d’une année, puis elle fut à nouveau consacrée afin de pouvoir à nouveau y célébrer l’office. A l’intérieur, on trouve le monument funéraire de l’un des derniers seigneurs de Bade, Herman-Fortuné, ainsi que de sa femme Marie-Sidonie. Leurs statues sont toujours pieusement agenouillées devant un Christ baroque. En outre, Rodemack est surtout connu pour sa fameuse Porte de Sierck, ainsi que pour les 700 mètres de remparts encore existants, qui ont été construits aux XIIIème et XIVème siècles par les habitants du bourg, après la signature de la charte les affranchissant. Deux portes donnaient accès au village, à l’Ouest, la Porte de Thionville, détruite au milieu du XIXème siècle, et à l’Est, la Porte de Sierck, défendue par deux tours rondes. Au Moyen Age, cette porte s’appelait « Porte de la Franchise ».  Sur la partie extérieure de la tour couverte se trouve un cadran solaire privé de son style. Au milieu de l’arche, on remarque une statuette de St Roch. 

Le Jardin Médiéval est devenu depuis sa création une autre curiosité incontournable de la cité fortifiée. Il s’agit d’une réplique des jardins réalisés selon un plan géométrique simple que l’on trouvait au Moyen Age. Ce jardin, surtout utilitaire, se compose de 4 espaces. Le premier espace est consacré aux plantes médicinales et renferme par exemple de l’absinthe (pour donner de l’appétit), du thym (antibiotique par excellence), de la verveine (qui chasse la fièvre) ou encore de la mélisse (calmante et antispasmodique). Le second espace présente les plantes condimentaires pour aromatiser et épicer la cuisine. Les légumes et plantes vivrières, comme le cardon (ancêtre de l’artichaut), l’oseille ou la menthe sont regroupées au sein d’un troisième espace. Enfin, dans un dernier espace se trouvent les fleurs et plantes d’ornement. Le lavoir complète enfin la palette des principaux monuments remarquables de Rodemack. Il fut encore en service dans les années 1960, mais est toujours alimenté par l’une des nombreuses sources qui émergent au pied du château. Devant l’entrée du lavoir se trouve un bildstock datant du XIème siècle. Des dix croix, dont six de type Bildstock (ou calvaire) qui sont recensées à Rodemack, il est probablement le plus ancien. La base du fût, rond, est du style gothique flamboyant des XVème et XVIème siècles. Le retable reprend la scène habituelle du Christ en croix, entouré de la Vierge Marie et de St Jean. Tant de raisons font donc de la « petite Carcassonne lorraine » un site absolument remarquable et préservé, qui transporte les visiteurs dans l’univers fascinant et fabuleux de Moyen-Age. A DECOUVRIR ABSOLUMENT !

17 décembre, 2008 à 11:36 | Commentaires (0) | Permalien


La Basilique Notre-Dame d’Avioth

Cette semaine nous retournons dans la Meuse pour faire escale dans le petit village d’Avioth. Ce dernier recèle en effet l’un des plus beaux édifices religieux de Lorraine.

basilique Avioth

La Basilique Notre-Dame d’Avioth, joyau du patrimoine lorrain (Crédits photo : Fondation du Patrimoine)

La Basilique Notre-Dame d’Avioth fut construite entre le XIIème et le XVème siècle dans le style gothique flamboyant. Ce magnifique monument est particulièrement impressionnant. Il tranche radicalement avec le modeste village qu’il domine. Il est par ailleurs parfaitement conservé. La construction de la basilique d’Avioth s’est principalement faite en trois phases. Les étages inférieurs des tours et les bas-côtés datent de l’époque la plus ancienne, c’est-à-dire de 1250 à 1310. Le chœur et la sacristie ont été bâtis entre 1340 et 1350. Enfin, la dernière période de travaux se déroula de 1375 à 1400. Elle fut marquée par la fusion entre la partie occidentale et la partie orientale de l’édifice. Les portails Sud et Ouest furent également exécutés à cette époque. Ce  dernier est orné de 70 figures et d’une représentation du Jugement dernier. La façade occidentale, très harmonieuse, est flanquée de deux tours. Au sommet de cette façade, au-dessus de la rose supérieure ainsi qu’à la base du pignon, se tient un magnifique médaillon circulaire groupant huit têtes. Celle du centre, sereine,  est entourée de sept figures grimaçantes, représentant très probablement les sept péchés capitaux. Elle désigne ainsi l’âme élue qui a su résister aux tentations.

Le lumineux intérieur recèle plusieurs trésors parmi lesquels une sculpture en bois de tilleul de Notre-Dame d’Avioth, datant du début du XIIème siècle et posée sur un trône de pierre du XVème siècle, qui domine quatorze autres statues polychromes, un maître-autel du XIVème siècle, un tabernacle gothique du XVème siècle ainsi qu’une chaire décorée Renaissance de 1538. Cette dernière, dont la pierre est finement sculptée, porte encore les traces de couleurs. La présence d’une coursière, c’est-à-dire un chemin de circulation, fait exceptionnel dans la région, ainsi que d’un déambulatoire sur le quel donnent des chapelles peu profondes, constituent déjà à eux seuls des curiosités. Des travaux de restauration ont enfin fait apparaître des peintures et des fresques des XIVème et XVème siècles, notamment une Vierge à l’Enfant avec Saint Jean-Baptiste et Sainte Agnès.

La basilique d’Avioth fait en outre l’objet d’un pèlerinage depuis le début du XIIème siècle, depuis la découverte de la statue d’une Vierge miraculeuse. Cette statue de bois, que nous avions mentionnée plus haut, s’est donc rendue célèbre pour ses miracles, en particulier la « résurrection » temporaire des enfants mort-nés afin de leur permettre de recevoir le premier sacrement, à savoir le baptême. Cette cérémonie qui perdura jusqu’en 1786, fut par la suite interdite par les autorités ecclésiastiques. Le pèlerinage se poursuit cependant encore de nos jours. En effet, chaque année, le 16 juillet, de nombreux Lorrains, Belges et Luxembourgeois se rendent à Avioth pour prier et participer à la procession. En 1993, le pape Jean-Paul II reconnut l’importance de ce pèlerinage et fit élever l’église au rang de basilique.

Mais la véritable merveille de cette basilique et qui fait d’Avioth un site si particulier et si exceptionnel, c’est cette « petite chapelle » de quatorze mètres de haut et de quatre mètres de diamètre, que l’on appelle la « Recevresse ». Cette dernière est un monument unique au monde. Ce chef d’œuvre du gothique flamboyant a vraisemblablement été construit à l’endroit de la découverte de la statue miraculeuse. Au début du XIVème siècle, lorsque la statue de Notre-Dame d’Avioth put entrer dans l’église, une autre statue de la Vierge prit sa place pour recevoir, en son nom, les offrandes des pèlerins. On appela donc cette statue « la Vierge Recevresse », nom qui fut avec le temps donné au monument.  Ainsi, depuis huit siècles, la basilique est entretenue grâce aux dons.  A n’en pas douter, Avioth est vraiment un lieu remarquable qui vaut le voyage.

1 décembre, 2008 à 10:07 | Commentaires (2) | Permalien


Le rocher de Dabo : le phare de la ligne bleue des Vosges

Nous faisons escale cette semaine dans les Vosges mosellanes pour y admirer l’un des monuments les plus insolites et remarquables du très riche patrimoine lorrain, le fameux rocher de Dabo.

rocher Dabo

Le rocher de Dabo (Crédits photo : Membeth)

Il s’élève comme une île, un récif, au beau milieu de cet océan de verdure constitué presqu’exclusivement de résineux. C’est là, sur les contreforts des Vosges mosellanes, dans ce cadre somptueux et enchanteur, véritable paradis des randonneurs,  que se dresse le rocher de Dabo. Celui-ci constitue en tout point une curiosité et un site incontournable de tout le massif vosgien. Formé il y a plus de 200 millions d’années pendant l’ère du Trias, cet extraordinaire rocher de grès rose (647 mètres) est surmonté de la chapelle Saint-Léon (664 mètres) datant de 1889 de style néo roman auquel on ajouta une tour, qui servirait de belvédère pour le Club Vosgien. Au-dessus du porche, on remarque les armoiries des Comtes de Dagsbourg et celles de Saint-Léon sculptées dans le grès. Au-dessus de ce même porche et dans un renfoncement de la tour, se tient une piéta blanche. La voûte de l’édifice est ornée de médaillons peints sur toile, représentant les parents et les deux sœurs de Saint-Léon, patron de Dabo. C’est ici que serait né en 1002, Bruno de Dabo, évêque de Toul qui fut élu Pape en 1048 sous le nom de Léon IX.

Le rocher offre un magnifique panorama sur le plateau lorrain et la ligne bleue des Vosges aux sommets recouverts d’immenses forêts. Le soir, la vue sur le rocher avec la chapelle illuminée est époustouflante de magie et de mystère.

Le vaste territoire de la commune de Dabo s’étend sur le versant Ouest du massif vosgien, dans sa partie gréseuse. Les épineux et les fougères couvrent une importante partie du ban communal. L’histoire de ce petit village blottie dans une clairière au cœur des forêts et des montagnes mérite que l’on s’y attarde un peu. C’est au Xème siècle que fut construit le château de Dabo (ou Dagsburg) sur le rocher. Les murailles encerclaient le pourtour de celui-ci et protégeaient une tour d’habitation, de petites tours de guet ainsi qu’un bâtiment pour les réserves et les écuries et un puits. Ce dernier est encore visible aujourd’hui derrière la chapelle.  Le comté passa ensuite sous l’autorité de la famille des Linange en 1225. Les Comtes de Linange qui refusèrent allégeance à Louis XIV, prirent les armes contre lui en 1672. Mais après un long siège devant le château, qui constituait un obstacle à l’avancée des troupes françaises, celui-ci dut capituler le 13 mars 1677. Le château de Dabo fut rasé en 1679 sur les ordres du roi de France et de son ministre d’Etat, Louvois, avant que quelques siècles plus tard, un nouveau monument, la chapelle, vienne recouvrir le sommet du rocher.

Une ancienne coutume fait encore aujourd’hui la curiosité du village. En effet, vers la fin du Xème siècle, les guerres dévastaient régulièrement le pays. Pour le repeupler, les seigneurs attirèrent des colons venant de France, de Bavière, de Suisse et du Tyrol. Ils leur accordèrent de nombreux droits forestiers. Le plus ancien règlement date de 1569, et, de nos jours, les habitants de la commune, descendants de ces colons, bénéficient toujours de ces droits dont le plus important est le bois bourgeois, c’est-à-dire l’octroi de huit arbres résineux par an. L’attribution de ces huit arbres donne lieu à une importante foire annuelle après le 11 novembre.

Enfin, d’autres lieux insolites sont à découvrir dans la commune et dans les environs. Ainsi, nous pouvons noter les maisons troglodytiques du Falkenfelsen, antérieures à 1789, soigneusement restaurées et visitables, la cristallerie de Dabo et ses tailleurs de verre, ainsi que le cimetière romain de Beimbach, au lieu-dit des « Trois Saints », sur les hauteurs de Walscheid. Entouré d’un muret, le cimetière se compose de pierre de grès taillées en forme de maison, posées sur une dalle.

24 novembre, 2008 à 10:03 | Commentaires (1) | Permalien


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