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Sidérurgie : Gandrange, Florange

Cette page est spécialement dediée à la fermeture partielle du site de la vallée de l’Orne occasionnant la supression de près de 600 postes et à toutes les polémiques suscitées par cette décision du géant mondial de l’acier Arcelor-Mittal, qui a semble t-il oublié ses racines et d’où il venait. Il est également question ici des engagements et des promesses non tenus par le président de la France, cet homme qui avait pourtant rallumé la flamme de l’espoir chez les sidérurgistes lorrains. Aujourd’hui, comme pour les restructurations militaires, la désillusion et la colère sont grandes en Lorraine…

Pour quelques dollars de plus…

ArcelorMittal s’illustre de nouveau d’une bien triste manière. Le groupe sidérurgique financier est un exemple flagrant de la dérive et du dévoiement de la réglementation sur les quotas de CO2. La firme exploitante aurait en effet gagné de l’argent grâce à la mise en sommeil de ses aciéries. Un état de fait constaté ces deux dernières années.

ArcelorMittal aurait en effet vendu en 2010 et 2011 233 millions de dollars de droits à polluer non utilisés selon le rapport du cabinet londonien Carbon Market Data, qui place la société en pole position des revendeurs les plus importants de CO2. Il faut savoir que ces droits à polluer, qui varient selon le cours du marché du carbone, sont attribués gratuitement par Commission européenne.

Plus précisément, ArcelorMittal aurait cédé en 2010 pour 140 millions de dollars de quotas d’émissions de dioxyde de carbone et pour 93 millions de dollars en 2011. Le numéro un mondial de l’acier aurait, selon le même rapport, économisé, entre 2005 et 2010, jusqu’à 156 millions de tonnes de quotas d’émissions de CO2, grâce notamment à la mise en sommeil de ses installations en Europe, dont Hayange (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/09/11/siderurgie-arcelormittal-sacrifie-la-filiere-liquide-lorraine-sur-lautel-des-profits/). L’arrêt des hauts fourneaux P3 et P6 intervenu en juin et octobre 2011, a ainsi permis au groupe d’économiser 38 % des quotas alloués, soit plus de 1,5 millions de tonnes représentant un gain potentiel de près de 11 millions d’euros.

Autrement dit, ArcelorMittal gagne de l’argent au détriment de l’emploi et de l’environnement. C’est pourquoi il est nécessaire que les allocations de quotas pour les installations cessant partiellement leur activité puissent être réduites en conséquence. Le prochain programme d’allocations de quotas, couvrant la période 2013-2020, devra prévoir de telles dispositions. Cette revendication devrait être entendue à Bruxelles, où la Commission européenne envisagerait de faire le ménage pour lutter contre les effets d’aubaine suscités par l’actuelle réglementation. Cette dernière ne prend en effet en compte que l’arrêt définitif d’une installation, mais jamais la baisse d’activité.

Lorraine : les fantômes du passé industriel

Riche de ses ressources naturelles souterraines, la Lorraine était comme le « far-Est », une terre d’opportunités, d’industrie et d’emplois. Une époque où la sidérurgie était avide de bras. Mangeuse d’hommes aussi. Depuis, la situation a changé. Dans notre région meurtrie, les manèges des Schtroumpfs disparus ont remplacé les cathédrales de feu (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2012/03/11/cathedrale-de-feu-a-uckange/). Dans ce véritable musée à ciel ouvert de la corrosion, la nature a peu à peu repris ses droits, recouvrant les friches industrielles. A arpenter le terrain, on découvre les chapelles des anciennes entreprises et les châteaux des patrons. La Lorraine n’a pas attendu l’infâme Mittal pour être saignée à blanc (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/09/11/siderurgie-arcelormittal-sacrifie-la-filiere-liquide-lorraine-sur-lautel-des-profits/). Il est bien loin le Texas lorrain.

Sidérurgie : Gandrange, Florange  SOS-Hayange

S.O.S fantômes dans la vallée de Fensch (Crédits photo : Jean-Christophe Verhaegen AFP.com)

Pourtant, l’usine était le cœur des vallées ouvrières, la raison d’être de la présence de gens de mille nationalités. Désormais, ce n’est plus qu’un grand corps dont on a enlevé le cœur, un esprit vide. Il y a des enfants qui ne savent même pas ce que leur père faisait. Pour eux, il travaillait à l’usine, c’est tout. Si un ouvrier tombé dans le coma il y a cinquante ans se réveillait, il n’aurait qu’une seule hâte : y retourner le plus rapidement possible.

Que reste-t-il aujourd’hui de ce pays jadis renommé pour sa richesse industrielle ? Ni le fer, ni le charbon, un peu de sidérurgie endormie, du textile, du sel, de la chaussure. Il ne reste que l’ombre et la silhouette bienveillante, parfois inquiétante, de géants métalliques à la carcasse rouillée, de ces monstres qui se sont éteints comme la science a emporté les dragons. Dans une Lorraine orpheline de son passé industriel, certains en traquent encore les fantômes.

Créer une nouvelle aciérie à Gandrange

Le Groupe BLE Lorraine soutient l’idée de la Confédération Générale du Travail (CGT) de construire une nouvelle aciérie électrique à proximité du Laminoir à Couronnes et à Barres (LCB) de Gandrange (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/07/10/investissement-a-gandrange/), seul rescapé du cataclysme de 2008 (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/gandrange/). Cette idée a en effet sa logique économique et environnementale.

Continuer ainsi à approvisionner le LCB avec des billettes venant de Duisbourg, de Hambourg ou de Varsovie fragilise plus que jamais l’outil. Ce dernier ne bénéficie pas d’un approvisionnement optimal des billettes, la priorité étant donnée au site allemand de Duisbourg. Il est également pénalisé par le prix élevé de cette matière première livrée de sites de production lointains.

Pourtant, le LCB lorrain fabrique des produits très techniques à haute valeur ajoutée à destination de l’industrie automobile.

La construction d’une aciérie électrique représenterait un investissement de long terme estimé à 120 millions d’euros. Il réduirait considérablement les coûts environnementaux et permettrait aussi de structurer la filière recyclage qui essaye d’émerger en Lorraine. Il répondrait par ailleurs aux doléances de la fédération des ferrailleurs qui cherche des débouchés en France. Son financement reposerait sur un engagement de partenaires industriels, ainsi que sur le soutien du Fonds Stratégique d’Investissement (FSI) et des collectivités territoriales dans le cadre d’une véritable politique industrielle locale.

Mais la clique Mittal ne veut pas entendre parler de ce projet qui n’entre pas dans le cadre de sa stratégie financière spéculative à court-terme (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/09/11/siderurgie-arcelormittal-sacrifie-la-filiere-liquide-lorraine-sur-lautel-des-profits/). 

Faire front commun pour sauver Hayange !

Mittal prendra sa décision cet été sur la relance des hauts-fourneaux de Hayange. Il a néanmoins d’ores et déjà affirmé qu’il n’avait pas besoin de ses installations lorraines, même pas pendant les quatre mois d’arrêt du haut-fourneau de Dunkerque. Et il ne souhaite pas attendre la décision de l’Europe au sujet du Projet ULCOS (voir : http://blefondation.e-monsite.com/pages/actions-et-realisations/projet-ulcos.html) pour se prononcer. C’est la raison pour laquelle les syndicats interpellent les candidats aux législatives et exigent un front commun (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2012/03/14/le-parti-lorrain-soutient-les-siderurgistes/), comme en Allemagne, où les politiques savent parler d’une seule voix sur des sujets aussi graves.

En Allemagne, 80 % des bénéfices sont réinvestis. Chez Mittal, ils vont à l’actionnaire.

La direction d’ArcelorMittal joue sur le soutien des salariés au mouvement de résistance en Lorraine. Les gens ont peur, ils ont besoin de travailler. Ils apportent leur soutien moral, mais pas physique.

Cela dit, Mittal, très sensible à son image renvoyée à l’extérieur, supporte mal la sur-médiatisation de ce conflit social qui en est à sa 14ème semaine.

Dépose du permis de recherche pour le Projet ULCOS

Le Projet ULCOS (Ultra-Low Carbon Dioxide Steelmaking) de captage-stockage de CO2 (CSC) sur une installation sidérurgique, en l’occurrence le site d’ArcelorMittal de Hayange-Florange, est entré dans une nouvelle phase. ArcelorMittal a en effet déposé sa demande de permis de recherche pour le stockage de CO2 en Lorraine auprès de la Dreal (ex-Drire). Une étape incontournable et indispensable pour permettre au numéro 1 mondial de l’acier d’engager enfin des investigations sur le terrain. Il s’agit concrètement de faire des essais afin d’obtenir en bout de course le permis d’exploiter et de stocker le CO2.

A noter que cette demande de permis de recherche couvre des portions de territoire dans la Meuse, la Meurthe-et-Moselle et la Moselle. La phase d’exploration, qui s’étendra sur la période 2011-2014, aura pour objectif de compléter l’analyse documentaire et permettra l’acquisition de données géologiques sur le terrain dans le but de confirmer que les zones potentielles envisagées sont bien aptes au stockage de CO2. Le tout pour une mise en place du procédé à Florange à partir de 2015-2016. Rappelons que l’objectif d’ULCOS est de réduire d’au moins 50 % les émissions de CO2 par rapport aux méthodes actuelles de production (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/12/10/pour-le-captage-du-co2-a-florange/).

Alors qu’une centaine de personnes travaillent sur ULCOS (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2010/05/29/les-ble-consultes-au-sujet-dulcos/), une vingtaine est d’ores et déjà mobilisée à Florange où les hauts fourneaux doivent encore faire l’objet, avant 2015, d’une réfection totale. 

Et si les mines rouvraient ?

La rentabilité de l’exploitation d’un minerai est « volatile », dans le sens où cette notion varie selon les époques. Ainsi, au début de l’exploitation industrielle, les moyens de transports étaient relativement peu développés, il fallait donc aller chercher du minerai au plus proche, peu importe la teneur en fer. L’essor des moyens de communications et la découverte au tournant des années 1960 de très grands et de très riches gisements de fer à ciel ouvert, rendant ainsi leur exploitation beaucoup plus aisée, au Brésil, en Mauritanie, en Australie ou encore au Canada, ont petit à petit tué la minette lorraine. Mais de nos jours la situation pourrait de nouveau s’inverser, dans la mesure où les principaux producteurs de minerai de fer ont augmenté leurs prix de 180 % depuis le mois de janvier 2010. Si l’augmentation continuait à ce rythme, il serait à nouveau rentable d’exploiter de la minette lorraine. Il faut dire que dans un autre domaine et selon le même modèle, il est bien aujourd’hui rentable d’exploiter les schistes bitumineux canadiens en raison du prix élevé du baril de pétrole. Avant les différents chocs pétroliers et les réévaluations successives de l’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole), une telle situation était pourtant inimaginable.

En outre, il est communément admis par certains que l’importation de minerai de fer par avion serait moins onéreuse. C’est faux, compte-tenu du coût du transport aérien et des très faibles capacités de chargement d’un avion en comparaison du transport maritime. C’est pour cela que cette hypothèse n’a jamais vraiment été sérieusement envisagée.

Concernant l’importation des minerais « exotiques » décrits précédemment, l’usine d’Uckange a été la seule à en accepter très tôt et quasi exclusivement. Les autres complexes lorrains s’y sont néanmoins mis également, dès 1983 à Hayange par exemple.

Nous n’allons pas refaire l’histoire et résumer en quelques mots les raisons du déclin de la sidérurgie en Lorraine. Il faudrait d’ailleurs y consacrer un livre entier. Mais par l’observation de certains phénomènes, plusieurs facteurs peuvent néanmoins être évoqués, comme l’intérêt grandissant des industriels pour la sidérurgie sur l’eau, c’est-à-dire directement liée à une embouchure maritime pour être au plus près des bateaux amenant le minerai de contrées lointaines, comme du côté de l’étang de Berre ou du Havre par exemple, mais aussi la faillite de certaines sociétés, l’absence de véritable politique industrielle de la part de l’Etat français, l’abandon de la dynastie De Wendel, la désunion des syndicats … Tout cela a engendré un immense gâchis, sur le plan économique et social. Et cela continue encore du côté de Gandrange (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/04/06/gandrange-la-fin-de-toute-une-epoque/) et de Carling (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/10/16/limmense-gachis-de-la-cokerie-de-carling/). Quand on sait que nos voisins allemands ont réussi à conserver bien plus d’installations industrielles… Ils avaient en effet compris dès le milieu du XIXème siècle que la production devait être diversifiée et transformée sur place. Les Français firent exactement le contraire en Lorraine, plus ou moins volontairement. Sur les 100 000 sidérurgistes lorrains en 1960, on estime que moins de 10% travaillaient à la transformation de la matière première. Ce qui revient à dire que la sidérurgie lorraine était une sidérurgie de type coloniale, qui devait fournir des matières brutes.

Il est enfin possible que la question d’exploiter à nouveau la minette lorraine se pose à plus ou moins long terme, dans la mesure où il reste encore la moitié du stock. A l’heure actuelle, le fer est une matière première dont on ne peut pas se passer. La question deviendra encore plus évidente au moment où les autres gisements seront épuisés. Il faudra donc bien se tourner vers ceux qui peuvent encore être exploités. Mais est-ce vraiment d’ailleurs encore le cas en Lorraine ? Il paraît en effet impossible aujourd’hui de rouvrir de nombreuses mines lorraines puisque ces dernières ont été (trop tôt) ennoyées. Un retour en arrière, si possibilité il y a, est donc plus qu’improbable. D’ici là, la sidérurgie lorraine aura sans doute un tout autre visage (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/12/10/pour-le-captage-du-co2-a-florange/). Elle sera certainement entrée dans une ère post-carbone, avec des procédés qui permettent de fabriquer de l’acier sans charbon et en utilisant l’électricité. Mais la revanche lorraine pourrait bien venir désormais de l’eau de ces galeries (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2010/03/20/leau-ou-la-revanche-du-bassin-ferrifere-lorrain/)… 

Kiffer veut fermer l’usine de Rombas !

Le maire d’Amnéville-les-Thermes a dernièrement écrit à ArcelorMittal dans une lettre datée du 7 mai 2010, afin de demander ni plus ni moins la fermeture de l’usine d’agglomération de Rombas. Il se justifie en évoquant les « rejets de poussières et de gaz qui deviennent carrément insupportables […] et portent atteinte à l’image de marque du site touristique et thermal ».

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Le très sulfureux et controversé Jean Kiffer a donc décidé de rééditer le coup de Gandrange (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/04/06/gandrange-la-fin-de-toute-une-epoque/), dont il avait stigmatisé les poussières et la pollution générées par l’usine d’ArcelorMittal. Il faudrait franchement qu’il arrête ses conneries en ne pensant qu’à son complexe touristique, qui est certes indéniablement une réussite, mais ne constitue en aucune manière le centre du monde et de la Lorraine. Il y a d’autres sujets sur lesquels le maire pourrait exercer à plaisir et soulager son nombrilisme nihiliste. Comme par exemple la défense des intérêts de la Lorraine et des Lorrains. La missive de Jean Kiffer a également provoqué l’indignation de la CCFE/CGC d’ArcelorMittal. Car pour cette dernière, « si on ferme l’agglomération de Rombas, on condamne les hauts fourneaux et l’aciérie ». 

L’usine d’agglomération de Rombas, où l’on transforme le minerai de fer pour l’utiliser ensuite dans les hauts fourneaux, afin de faire de la fonte avant de produire de l’acier, emploie plus de 80 personnes. Jean Kiffer serait donc près à condamner toute une filière et tous les emplois qui vont avec pour améliorer le cadre de sa manne financière. Comprenez qu’une telle volonté est tout bonnement odieuse et inadmissible, plus particulièrement en temps de crise. Déjà que dans une période de croissance, cela nous aurait paru indécent. On voit bien que certains ne vivent pas dans la misère et n’ont pas besoin de travailler pour survivre. Rappelons qu’ArcelorMittal va investir 6 millions d’euros pour remettre d’appoint le P6 cet été (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/12/13/les-hauts-fourneaux-lorrains-remis-dappoint/).  

De plus, si Mittal a maintenu la phase liquide cela prouve bien que l’acier lorrain est compétitif. Enfin, n’oublions pas d’évoquer le projet phare d’ULCOS (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/12/10/pour-le-captage-du-co2-a-florange/) de captage stockage de CO2 (CSC) de Florange qui fera de cette unité le premier site pilote de CSC dans le monde. 

De la sidérurgie aux loisirs

Ville verte, Moyeuvre-Grande le sera encore davantage (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/06/20/la-revolution-verte-de-moyeuvre-grande/). Des travaux d’envergure ont en effet dernièrement débuté sur le site des friches industrielles proches de la cité Gargan, sur la rive droite du Conroy. Un site qui a successivement abrité les ateliers de l’usine de Moyeuvre et d’autres installations sidérurgiques jusqu’en 1969, puis des activités diverses et enfin une casse automobile. Après que la dépollution ait été terminée, la démolition des bâtiments a été effectuée, en conservant toutefois des vestiges, comme des arches d’un atelier central, mais aussi une citerne rivetée datant de la fin du XIXème siècle, afin de rappeler l’épopée de la sidérurgie. Pour un montant de 500 000 euros, le site deviendra un véritable lieu de loisirs, avec des chemins de promenade, des plantations d’arbres et de fleurs, des prairies, des aires de jeux pour les enfants et même des sculptures. Un sentier sera en outre réalisé le long de la rive droite du Conroy. Une reconversion en jardin, à l’image de la Lorraine, désormais et de plus en plus tournée vers le tourisme et les activités de loisirs.

37 Commentaires pour “Sidérurgie : Gandrange, Florange”


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  1. bloggerslorrainsengages écrit:

    L’appel à la « ville morte » lancé par Hayange a mobilisé 1 300 manifestants, dont des membres et des sympathisants du Parti Lorrain avec drapeaux et slogans, dans les rues de la cité. Les commerçants ont baissé leur rideau de 14 à 16 heures. Des poteaux métalliques de 3 mètres de haut supportant les trois lettres géantes « SOS » ont été installés au pied de la statue de la vierge qui domine Hayange (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2010/07/07/patrimoine-memoire-et-histoire-a-hayange/). Chaque soir, cet appel au secours est allumé, jusqu’à la remise en route du haut-fourneau. L’espace situé juste en face du portier Patural d’ArcelorMittal a par ailleurs été rebaptisé « Place de la résistance pour le maintien de la sidérurgie en Lorraine ». Un grand moment d’émotion. Près de 1 000 sidérurgistes, sur les 3 000 que compte le site, se retrouvent en effet au chômage partiel.

    Depuis 1704, date à laquelle Jean-Martin Wendel acheta la forge d’Hayange, la vallée est passée par toutes les phases, de la splendeur à la décadence. En 1968, il y avait plus de 10 000 sidérurgistes à l’usine de Florange. En quelques années, la population de la commune d’Hayange a vieilli et est passée de 22 000 habitants à moins de 16 000 aujourd’hui. Les jeunes vont désormais chercher du travail au Luxembourg.

  2. bloggerslorrainsengages écrit:

    Du temps de Lorraine Cœur d’Acier

    La radio pirate Lorraine Cœur d’Acier fut fondée en mars 1979 par la Confédération Générale du Travail (CGT) à Longwy, afin de lutter contre les fermetures d’usines sidérurgiques. La radio diffusait quelques heures par jour, illégalement, à partir de la mairie de Longwy-Haut. L’émetteur était placé sur le sommet du clocher de l’église voisine. A chaque tentative d’évacuation par les Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS), on y sonnait le tocsin et des milliers de personnes venaient protéger la radio.

    A l’été 1980, les nouveaux dirigeants de la CGT évincèrent les journalistes de Lorraine Cœur d’Acier et en modifièrent le contenu. La radio perdit alors de son influence et finit par être évacuée par les CRS en 1981.

    La particularité de cette radio résidait dans son ouverture. La parole n’était en effet pas réservée exclusivement aux syndicats. Tous ceux qui voulaient intervenir le pouvaient. Lorraine Cœur d’Acier était une véritable radio libre fondée sur la solidarité. Elle reste encore aujourd’hui l’un des événements les plus emblématiques des luttes sociales de Longwy après la première crise de la sidérurgie et le premier plan acier.

    30 ans plus tard, son combat reste toujours d’actualité (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/09/11/siderurgie-arcelormittal-sacrifie-la-filiere-liquide-lorraine-sur-lautel-des-profits/).

  3. bloggerslorrainsengages écrit:

    Arrêt d’un second haut-fourneau à Blénod-lès-Pont-à-Mousson

    Un second haut-fourneau a été mis à l’arrêt à l’usine Saint-Gobain qui produit des canalisations en fonte ductile. Le site dispose de trois haut-fourneaux et a une capacité totale de production de 600 000 tonnes par an. En 2009, l’entreprise a mis en sommeil un premier four, alors que la production passait sous les 400 000 tonnes. Ce nouvel arrêt est selon la direction « rendu nécessaire par la baisse des volumes des secteurs tuyaux et voiries ». Il s’accompagne de la réduction du nombre d’intérimaires et de mouvements internes vers le secteur métal énergie. A noter que « dès que les conditions commerciales le permettront, le retour à un fonctionnement à deux hauts fourneaux est envisagé ».

  4. bloggerslorrainsengages écrit:

    Après avoir décidé de fermer les installations de Liège, les sidérurgistes lorrains craignent qu’ArcelorMittal s’en prenne maintenant à Florange. En effet, alors que le groupe parlait seulement d’un arrêt provisoire à Liège et signait même un accord pour embaucher des gens, il a soudainement décidé de fermer le site. Et Florange était bien l’unité suivante sur la liste dans le programme Apollo d’Arcelor en 2004. Nous ne pouvons que dénoncer la stratégie d’exploitation de Mittal qui vise à délocaliser la production d’aciers vers d’autres continents où la productivité est plus profitable.

  5. bloggerslorrainsengages écrit:

    L’arrêt des hauts-fourneaux de Florange montre les difficultés du secteur en France. Pourtant, il emploie encore 40 000 personnes et bénéficie d’investissements significatifs. Mais depuis quelques années, le monde de l’acier bascule vers les pays émergents. Un mouvement de fond symbolique mais bien réel qui repose avec force la question de l’avenir de la sidérurgie en Lorraine et en Europe.

  6. sentimental23 écrit:

    qui ne touche pas a notre jeanne,sarko ou lepen,jeanne est notre protectrise est sauveuse de la franceet non une spéculeuse comme ses profiteur des pauvres,il oubli aue notre devise est qui si frotte si pique,alors enfant de la lorraine ne dormé plus

  7. bloggerslorrainsengages écrit:

    CMI se renforce à Distroff

    Le repli des activités sidérurgiques sur le continent européen, et particulièrement en Lorraine (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/09/30/du-temps-de-la-siderurgie/), oblige CMI (Cockerill Maintenance et Ingénierie) à rebondir et à réorienter son activité vers le nucléaire. L’entreprise a pour cela créé CMI Muon (du nom d’une particule élémentaire) chez Mecarep, à Distroff, qui est l’une de ses unités en Lorraine. Une trentaine d’emplois est annoncée.

    Rappelons que CMI est spécialisé dans les équipements pour l’énergie, l’industrie, l’armement et les services. Avec ce virage stratégique, le groupe vise désormais le marché français de l’entretien des 58 réacteurs nucléaires d’EDF.

  8. bloggerslorrainsengages écrit:

    L’ancien patron de la société Wendel, Jean-Bernard Lafonta, a quitté le groupe avec une indemnité de licenciement de 955 000 euros en 2009. Avec le rachat des participations qu’il détenait, il s’est fait, en plus, un pécule de 2,5 millions d’euros.

    Rappelons que Lafonta était le protégé d’Ernest-Antoine Seillières, un des héritiers de la famille De Wendel et longtemps président du MEDEF (Mouvement Des Entreprises de France) avant de passer la main à Florence Parisot. Il n’avait alors pas de mots assez durs pour dénoncer les « charges » qui pèsent sur les entreprises et le coût des salaires. Pas sur tous apparemment.

  9. bloggerslorrainsengages écrit:

    La fermeture de l’aciérie a fait de Gandrange le symbole économique de la désindustrialisation et de politique anti-sarkozyste. Depuis bientôt 4 ans, le maire de Gandrange reçoit des politiques et des journalistes du monde entier sur les décombres de l’aciérie. De quoi alimenter la notoriété planétaire de cette commune de 2 800 habitants. Le mythe Gandrange est né de la force évocatrice de cette cathédrale d’acier abandonné sur l’autel de la finance.

  10. bloggerslorrainsengages écrit:

    Lors du démantèlement de la sidérurgie lorraine, dans les années 1970-1980, une partie importante des actifs est parti en Chine. Aujourd’hui, le peu qu’il reste va partir en Inde pour faire tourner la méga usine Mittal. Imaginez le formidable retour sur investissement : une infrastructure payée à bas coût avec des outils européens déjà amortis pour y fabriquer un acier aux tarifs artificiellement élevés et qui sera, bien entendu, vendu pour partie en Europe. En fait, en pur financier, le clan Mittal cherche comment investir un minimum pour lui rapporter un maximum.

    La nationalisation des équipements productifs constitue une alternative. Le tout est de savoir qui a prêté l’argent à Mittal. Car si on le fait couler, sa dette abyssale ne sera évidemment pas remboursée. Par conséquent, les banques nous feront payer le trou, si toutefois les banques sont européennes. C’est la triple peine, plus d’outils, plus d’emplois et en plus il faut payer.

    Le Droit Local (voir : http://blefondation.e-monsite.com/pages/cercle-de-reflexion/droit-local.html) représente une autre alternative, dans la mesure où il permet de récupérer l’ensemble des actifs d’un groupe industriel peu scrupuleux. Cependant, en raison de l’envergure des politiciens lorrains incapables d’imaginer quoi que ce soit, ils sont tout simplement bons à rien et mauvais à tout, cette solution semble compromise. Pourtant, Jean Kiffer, décédé depuis, avait déjà préjugé que toutes les installations sidérurgiques lorraines n’appartenaient pas à ArcelorMittal. Mais à qui ? Le secret est bien gardé.

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