Centre de ressources numériques sur la Lorraine. Archives du Groupe BLE Lorraine.

Le grand projet de l’UEM

L’Usine d’Electricité de Metz envisage de récupérer des terrains militaires devant prochainement être libérés, afin de construire sur son site de Chambière, ce qui serait l’une des plus grosses centrales à Biomasse de France. Ce projet est depuis quelques mois déjà dans les cartons de l’UEM. S’il est validé par les administrateurs, qui y sont pour le moment très favorables, il deviendrait l’investissement majeur de l’UEM pour les prochaines années, entre 40 et 50 millions d’euros, pour une ouverture prévue en 2011. Mais la société entend depuis peu récolter des subventions publiques. En effet, le gouvernement français a annoncé la création d’un « Fonds chaleur renouvelable » doté d’environ un milliard d’euros, afin de financer les projets de production de chaleur à partir de sources renouvelables, comme la biomasse, ce qui constitue une excellente nouvelle pour l’UEM.

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21 novembre, 2008 à 18:24 | Commentaires (6) | Permalien


Chronopost ouvre un nouveau site près de Nancy

La société vient d’inaugurer un bâtiment de messagerie de 1500 mètres carrés à Fléville-devant-Nancy afin de livrer la Meurthe-et-Moselle et certains départements limitrophes. Chronopost enregistre en effet une hausse de 8 % de son trafic en Lorraine. Dans le but, d’accompagner cette croissance, le groupe ouvre donc une nouvelle agence ainsi qu’un site d’exploitation doté d’un outil de tri mécanisé de pointe permettant de réduire le temps de triage des colis. Chaque jour, l’agence traite près de 1500 colis et en distribue quelques 3500 sur les départements de Meurthe-et-Moselle, Meuse et Vosges. Six nouveaux postes ont ainsi été créés.

21 novembre, 2008 à 18:19 | Commentaires (0) | Permalien


La stratégie de l’ombre l’emportera t-elle ?

En ce qui concerne la répartition des directions régionales entre Metz et Nancy, Bernard Niquet, préfet de Lorraine, a une mission particulièrement difficile, une mission presqu’impossible. En effet, quelle que soit la décision prise, elle fera des mécontents. Le préfet doit rendre sa copie le 28 novembre à Matignon. Le Premier Ministre français se chargera des arbitrages. L’enjeu est de taille : l’implantation des futurs pôles administratifs d’importance, réduit avec la réforme des administrations de 23 à 8, ainsi que les quelques 1850 fonctionnaires qui en découlent. Le statut quo privilégierait  la parité, c’est-à-dire quatre directions pour les deux métropoles lorraines. Mais que peut-il bien se passer dans la tête du préfet : on peut facilement imaginer, par exemple, que celui-ci aimerait avoir un maximum de fonctionnaires à portée de main, plutôt qu’à une soixantaine de kilomètres. Cependant le lobbying va bon train. Les Nancéiens apprécient en effet moyennement les récents propos de deux élus mosellans particulièrement inconscients. Et pour cause ! Cela dit, ces déclarations extrémistes et dangereuses pour la stabilité régionale ne trouvent guère d’échos dans l’agglomération messine. Le maire de Metz ainsi que le Président de la communauté d’agglomération préfèrent agir avec plus de tact et de « modestie » en revendiquant avant tout la future Direccte (Direction Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi). L’argument est simple : 50% de l’économie lorraine se trouve en Moselle.

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21 novembre, 2008 à 10:04 | Commentaires (0) | Permalien


L’œil de la mafia

La Lorraine serait-elle devenue folle au point de se saborder elle-même ? Alors qu’un rapprochement sensible et historique se dessinait entre les maires de Metz et Nancy, le président du Conseil Général de la Moselle et son acolyte, le député UMP du même département, viennent d’écrire à Nicolas Sarkozy pour lui demander le transfert à Metz de six directions régionales d’orientations économiques entre autres, soit la quasi-totalité des institution à répartir, au nombre de huit. Cette action constitue un véritable acte de sabotage de la belle union lorraine affichée jusque là. Et les deux membres de cette joyeuse petite faction sont coutumiers du fait. Ils avaient en effet déjà préféré jouer en solo au moment de l’annonce de la restructuration des armées et ce, au détriment de l’union régionale qui aurait pourtant dû prévaloir. Et on voit aujourd’hui le résultat ! Ah oui, quelle classe, quelle stratégie finement déployée ! Franchement, chapeau bas. Et la leçon de ce précédent échec a semble t-il était bien méditée, puisque ces deux là récidivent, ouvrant ainsi les préliminaires avant une nouvelle désillusion. Pas plus tard qu’hier encore, le député UMP mosellan se distinguait bruyamment et « brillement », comprenez honteusement, par de nouveaux propos calomnieux et injurieux envers le maire de Nancy. Le maire de Woippy n’est rien d’autre que la marionnette du gouvernement français, le cheval de Troie de Paris en Lorraine, agitée sur la scène publique pour semer le désordre, quitte à devoir renier ses origines. Espérons que le peuple lorrain se souviendra de ce fait d’arme aussi pathétique que dérisoire, afin de ne plus jamais reconduire dans leurs fonctions ces deux élus, et ce, pour l’intérêt même de la Lorraine. Heureusement que le ridicule ne tue pas. Toujours est-il qu’il compromet l’avenir de notre province et hypothèque sérieusement l’union et la stabilité régionales. Comment voulez-vous dès lors apparaître crédible et sérieux à Paris en faisant des coups pareils ? Pour le bien de toute la Lorraine, les deux élus mosellans devraient démissionner, avant d’accomplir d’autres forfaits tout aussi dommageables.

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19 novembre, 2008 à 20:00 | Commentaires (5) | Permalien


Vigilance et innovation chez Novacarb à Laneuveville-devant-Nancy

La société va augmenter de 33% sa capacité de production de bicarbonate de soude. Cette excellente nouvelle, dans un contexte économique particulièrement morose, vient s’ajouter aux quatre certifications, dont deux internationales, récemment obtenues par la soudière Novocarb. Tout en maintenant sa fabrication actuelle à partir du calcaire et du sel lorrains et sans amplifier les rejets salins dans la Moselle, l’entreprise va d’ici la fin de l’année passer à une production de 60 000 tonnes de bicarbonate, produit à plus forte valeur ajoutée, soit donc une hausse de 33%. Le bicarbonate de soude est destiné à l’environnement et au marché de la nutrition animale. En effet, son utilisation est à la fois croissante et massive dans la purification des fumées d’incinération, car ce composé chimique permet d’en atténuer l’acidité. En ce qui concerne l’alimentation, le principe est le même que chez l’homme. Il s’agit d’administrer le bicarbonate aux bêtes pour réduire leur acidité gastrique.

Enfin, Novacarb annonce pour 2010 la construction d’un atelier d’une capacité de 50 000 tonnes, spécialement dédié à la fabrication du bicarbonate. Cette décision, qui représente pourtant un investissement de 15 millions d’euros, ne créera malheureusement pas d’emplois supplémentaires sur ce site regroupant déjà 310 personnes.

18 novembre, 2008 à 10:04 | Commentaires (1) | Permalien


L’église Notre-Dame-de-Bonsecours de Nancy : le sanctuaire de Stanislas

Nous nous rendons cette semaine à Nancy pour y admirer une autre merveille cachée et méconnue de la cité ducale, l’église Notre-Dame-de-Bonsecours, tout juste restaurée et rouverte au public.

Eglise Notre-Dame-de-Bonsecours Nancy

Intérieur très riche et ornementé de l’église Notre-Dame-de-Bonsecours à Nancy (Crédits photo : François Bernardin)

Au préalable, un bref rappel historique est nécessaire afin de mieux comprendre les origines du sanctuaire. Le 5 janvier 1477, emmenés par le duc René II, les Lorrains écrasèrent les Bourguignons. Cette date marque la fin de la bataille de Nancy par la mort de Charles le Téméraire. Des milliers de soldats ayant péris dans la bataille sont inhumés dans une fosse commune non loin du ruisseau de Jarville. L’étendard de René II portait lors de la bataille l’image de l’Annonciation. Un religieux obtint en 1484 du duc la permission d’élever une chapelle et un ermitage sur ce lieu emblématique qui symbolise l’indépendance lorraine face aux ambitions étrangères. René II place le sanctuaire sous le patronage de Notre-Dame-de-Bonsecours, même s’il est parfois nommé Notre-Dame-de-la-Victoire. Les Lorrains l’appellent quant à eux « chapelle des Bourguignons ». Cette dernière abrite une statue de la Vierge sculptée en 1505 par Mansuy Gauvain, artisan ordinaire de René II, qui travaillait également à la porterie du Palais ducal. Cette œuvre demeure un rare spécimen de la sculpture lorraine de la fin du Moyen-âge.

La chapelle, qui fut l’objet de remaniements et d’agrandissements successifs, fut rasée par Stanislas qui posa la première du nouveau sanctuaire en 1738 avec l’intention d’en faire la chapelle funéraire de sa famille. En effet, n’étant pas de la maison de Lorraine, les Leszczynski ne pouvaient pas prétendre à une sépulture au côté des anciens ducs dans la chapelle des Cordeliers. La réalisation de ce sanctuaire permit donc au roi déchu de Pologne d’ancrer son règne et la postérité au cœur de la mémoire des Lorrains. Ainsi, il commanda au jeune architecte Emmanuel Héré une église présentant une parenté certaine avec l’ancien sanctuaire du cimetière Saint-Nicolas de Vienne. Héré inséra dans la façade quatre colonnes colossales d’ordre composite provenant du château inachevé de la Malgrange. Stanislas ne resta pas insensible au culte marial lié à cette église qui lui rappelait toute la vénération dont la Vierge jouissait dans son pays d’origine. La localisation de l’église de Bonsecours à la croisée des chemins de la Malgrange, de Nancy et de la route de Lunéville, explique aussi son choix pour y réaliser son sanctuaire. Stanislas souhaitait en outre, par nostalgie, une église à l’atmosphère polonaise. Ainsi, Notre-Dame-de-Bonsecours, à la décoration intérieure très chargée, est l’un des rares témoignages du style rococo religieux en France. Celui-ci est particulièrement expressif dans les statues polychromes qui ornent la nef, la chaire très ouvragée, les stucs colorés des placages et la grille du chœur. Les voûtes peintes de fresques de 1742 par Gilles Provençal représentent l’Annonciation, l’Assomption, l’Immaculée-Conception et des emblèmes de la Vierge. Ces fresques témoignent de la diversité culturelle des Lumières, avec des influences venues de France et d’Italie notamment, conformes au goût de Stanislas. Les drapeaux turcs décorant le sanctuaire évoquent quant à eux les victoires des princes lorrains lors des batailles du Saint-Gothard (5 août 1664 par Charles V), de Mohács (12 août 1687 par Charles-François) et de Méhadia (13 juillet 1738) par François III.

D’un point de vue architectural, Emmanuel Héré réalise ici l’une de ses premières œuvres terminées en 1741. Limité par l’espace disponible, il donne à la façade étroite cette forme très élancée. La hauteur est encore accentuée par un clocher, surmontée d’un toit bulbeux, couronné d’une flèche. De même, l’étroite nef n’en est pas moins haute de 18 mètres, coupée par une archade surbaissée et dominée par la voûte. Les murs sont couverts d’un revêtement de stuc coloré, aux motifs géométriques, donnant ainsi l’apparence du marbre, ainsi que d’un arc triomphale tendu de fausses draperies. Un orgue Cuvilier complète l’harmonieux ensemble au-dessus de l’entrée. Mais ce sont véritablement les tombeaux de Catherine Opalinska, de François-Maximilien Ossolinski, de Stanislas Leszczynski et de Marie Leszczynska qui constituent les joyaux de Notre-Dame-de-Bonsecours.

Le monument de la reine Catherine Opalinska, œuvre de grandes dimensions, est mis en place en 1749. La reine y est représentée agenouillée sur son tombeau, ce dernier étant placé devant une pyramide de marbre et supporté par un socle élevé. Un ange la guide vers le ciel, dont les splendeurs entrevues éclairent son visage. A ses pieds ont été déposés son sceptre et sa couronne. Enfin, un aigle qui tourne sa tête en direction de la souveraine couvre le tombeau de ses ailes magnifiquement déployées. L’ensemble est exécuté dans la pure tradition berninesque, reflétant ainsi une attitude théâtrale, un corps déhanché et des vêtements agités, courant qui inspirait les artistes de cette époque.

François-Maximilien Ossolinski, grand trésorier de la couronne de Pologne et grand maître de la maison du roi, avait fidèlement suivi Stanislas. Il est représenté sur son tombeau en marbre blanc enveloppé dans le grand manteau de chevalier du Saint-Esprit, à côté d’un couple d’angelots veillant sur les armes du duc.

Stanislas, décède quant à lui le 23 février 1766, à quatre-vingt-huit ans au Château de Lunéville. Mais Louis XV, gendre du roi de Pologne, sera moins généreux que son beau père pour Catherine Opalinska. Le mausolée de Stanislas est placé juste en face du monument de cette dernière. Son ordonnance générale est la même que celle du tombeau de Catherine. Le roi, vêtu à la polonaise, est représenté couché à la manière antique. Sa main droite est appuyée sur un bâton de commandement. Les attributs de la royauté sont en outre à ses côté. Sur le vaste socle qui supporte le tombeau est posé le globe terrestre à demi enveloppé dans un voile de deuil, symbole de la douleur universelle que causa la mort du souverain. On remarque à gauche, la Charité qui se pâme, prostrée, et à droite, la Lorraine agenouillée, tournant avec affection son regard vers le souverain.

Enfin, Marie Leszczynska, fille de Stanislas et reine de France, pour marquer son affection à Nancy, avait souhaité que son cœur repose dans la cité ducale. Elle décéda le 24 juin 1768 et son cœur fut transporté dans le caveau le 23 septembre de la même année. Le monument de Marie Leszczynska est de petite dimension, un médaillon de marbre blanc que découvrent deux génies en pleurs, dont l’un présente le cœur en sa main, donne le profil du visage de la reine.

L’église, qui reçu maintes visites princières, ne devient paroisse qu’en 1844. Le pape Pie IX, offre en 1865, un diadème, surmonté d’une croix de Lorraine, tenu par deux anges symbolisant la France et la Lorraine. Depuis, le sanctuaire est devenu indissociable de l’histoire de la Pologne. D’illustres personnalités comme de simples citoyens polonais de passage se sont recueillis et se recueillent encore sur le cénotaphe de Stanislas.

17 novembre, 2008 à 10:05 | Commentaires (7) | Permalien


GECI International atterrit en Lorraine

La filiale du groupe GECI International, Sky Aircraft, s’apprête à rentrer dans ses nouvelles installations sur la Chambley Airbase en Meurthe-et-Moselle. Sky Aircraft est exclusivement destinée au développement, à la production et à la commercialisation des avions Skylander, seul appareil occidental totalement nouveau et bien adapté aux besoins des opérateurs ainsi qu’ aux demandes des passagers et des équipes navigantes. Plus concrètement, il s’agit de construire un avion turbopropulseur léger, dédié aux marchés du fret, de l’humanitaire et du transport sur courte distance. La création de cette nouvelle filière aéronautique permettra de développer un tissu industriel à la pointe des technologies actuelles. Cette filière s’intègre en outre pleinement dans la phase d’expansion du pôle « Aériades », le groupement aéronautique lorrain, qui comporte déjà plus de 2300 personnes.

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14 novembre, 2008 à 18:06 | Commentaires (0) | Permalien


Nancy aura l’Observatoire Européen des Forêts

Suite à la conférence internationale réunie à Nancy début novembre afin  de construire les priorités et stratégies de la recherche forestières, notamment pour ce qui concerne la réduction des émissions de CO2 avec un rôle de la forêt comme puits de carbone, le gouvernement français a annoncé la création d’ici 2009 d’un Observatoire Européen des Forêts dans l’agglomération de la cité ducale. C’est ici, non loin de la fameuse forêt de Haye, qu’excelle la recherche française et européenne. Rappelons que Nancy avait posé sa candidature en 2006. Cette nouvelle étape vient donc conforter la dimension forestière et européenne de la ville tout en répondant à un besoin de créer un lieu de mutualisation des expériences et des prospectives pour relever les défis écologiques, territoriaux et économiques, selon des sources ministérielles.  

14 novembre, 2008 à 10:30 | Commentaires (1) | Permalien


L’ENVA à Metz ?

La ville de Metz s’est officiellement portée candidate pour accueillir l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort (Val-de-Marne) en vue des compensations promises au sujet des restructurations des armées faisant perdre à la cité lorraine près de 6000 emplois civiles et militaires. A cette fin, un dossier a été déposé à l’Elysée et des négociations sont en cours. Le transfert de l’ENVA, dont les locaux sont vétustes, permettra de libérer onze hectares à Maison-Alfort d’une valeur immobilière jugée considérable. Par ailleurs, l’école doit faire l’objet d’un plan de restructuration de quinze millions d’euros.  L’ENVA forme des élèves ayant réussi le concours d’entrée aux écoles vétérinaires. Après quatre années d’études, ils se voient décerner un diplôme de docteur vétérinaire. L’ENVA offre en parallèle une soixantaine de programmes de formation continue, délivrant des diplômes de spécialisation, ainsi que quatre masters de recherche. Afin d’accueillir les élèves de l’ENVA dans les meilleures conditions, la municipalité messine propose justement les 385 hectares de la base aérienne 128 de Metz-Frescaty, devant quitter la ville avec cinq autres unités de l’armée de terre. La BA 128 offre ainsi des possibilités d’installations pratiquement immédiates aux 1000 personnes de l’ENVA, dont 600 étudiants et 75 enseignants-chercheurs.

13 novembre, 2008 à 10:16 | Commentaires (0) | Permalien


La chapelle Sixtine lorraine

Nouvelle halte de notre parcours à Sillegny, en Moselle, où se cache une splendeur méconnue du patrimoine lorrain, à savoir l’église Saint-Martin, surnommé chapelle Sixtine lorraine en raison de ses magnifiques fresques du XVème et du XVIème siècle. Le pays messin constitue un espace d’influence qui a traversé les siècles, dont les richesses ont attiré toutes les convoitises. C’est au cours du XIVème siècle que la région de Metz s’érige en circonscription territoriale, réunissant 136 villages, soumis à la juridiction de la République Messine, véritable puissance commerciale et marchande. Il n’est donc pas étonnant d’y trouver une remarquable concentration d’églises fortifiées, la plupart construites sur les hauteurs à la périphérie des habitations. En effet, ces dernières protégeaient hommes et bétail des raides sanglants sur la cité messine et ses environs menés par les Français et les troupes des Comtes de Bar. La silhouette de ces édifices religieux et militaires implantés sur les côtes de Moselle fait désormais partie intégrante du paysage. Leur pièce maîtresse est une tour massive, parsemée de meurtrières, le plus souvent carrée, qui servait d’abris en cas d’attaque. Le climat d’insécurité des temps féodaux faisait ainsi de l’église le centre des communautés villageoises. Il subsiste aujourd’hui une vingtaine d’églises fortifiées et autant de fermes-châteaux dans le pays messin. Les plus belles se trouvent à Vaux, Lorry-Mardigny, Lessy, Arry, Marieulles-Vezon et bien sûr Sillegny.

fresque Sillegny

L’Eglise Saint-Martin de Sillegny est parée de magnifiques fresques des XVème et XVIème siècle (Crédits photo : Vincent Zimmermann)

Ce petit village agricole de la Vallée de la Seille abrite en effet un joyau de l’architecture gothique. Même si sa nef date du XVème siècle, ce sont surtout ses fresques et leur incroyable fraîcheur qui méritent le voyage. Elles évoquent le Jugement dernier, le Paradis et ses anges, l’Enfer et ses diables, l’Arbre de Jessé, l’histoire du Christ, de la Vierge, des apôtres et de tous les saints. Plus que de la peinture, les murs de l’église sont une véritable encyclopédie biblique. Ce livre ouvert aux yeux de tous servait à enseigner de manière naïve et émouvante le culte et la vie religieuse à une population encore largement analphabète. C’est pourquoi l’église fut « baptisée » chapelle Sixtine lorraine. Elle est de fait contemporaine de celle de Rome, peinte trente ans plus tôt par Michel-Ange. 

La légende raconte qu’en 1540 et à la demande du curé du village, un peintre italien ambulant décora l’église de peintures tirées des évangiles. Aujourd’hui, plusieurs hypothèses circulent toujours sur l’identité des artistes. La réalisation de ces dessins travaillés à l’œuf et à la colle est parfois attribuée à des peintres envoyés par les sœurs du cloître Sainte-Marie-aux-Nonnains de Metz. Elles furent recouvertes de badigeon vers la fin du XVIIIème siècle, ce qui permit entre autre de les conserver. Elles ne furent redécouvertes qu’en 1845 lors d’un grattage de l’abside et furent l’objet d’une première restauration, puis d’une seconde qui pris fin en 2004, révélant toute la délicatesse et la finesse de l’exécution ainsi que la beauté des illustrations. Deux peintures sont particulièrement exceptionnelles par leurs dimensions et leur symbolique. Il s’agit tout d’abord de l’Arbre de Jessé qui mesure trois mètres soixante de large et sept de haut. Mais il est surtout important pour le message qu’il délivre : Jésus est de la famille des hommes. L’Arbre de Jessé est un thème très répandu. Il reproduit l’arbre généalogique du Christ. Le Jugement dernier est quant à le plus grand tableau de l’église Saint-Martin de Sillegny, puisqu’il couvre une superficie de 42 mètres carrés. Il représente le retour du Seigneur à la fin des temps, montrant ainsi en images comment nos ancêtres imaginaient  cet évènement relaté dans l’évangile selon Saint-Matthieu. En effet, la fin du Moyen-âge est marquée par une succession de fléaux tels que famine, peste, guerres. Ainsi, l’insécurité dans laquelle vivaient les hommes modifia leur façon de pensée. On ne concevra donc plus le retour de Dieu comme une attente sereine accompagnée de paix et de tendresse, mais comme un moment dramatique et impressionnant qu’il faut craindre. Le retour de Dieu était un symbole d’espérance. A Sillegny, la représentation fut fortement influencée par les fameux Mystères de la fin du Moyen-âge, de sorte que le Jugement dernier devient donc un événement épouvantable pour les damnés à qui l’on inflige supplices et châtiments divers. Tandis qu’à Rome, Michel-Ange termina les fresques de la chapelle Sixtine avec la création du monde qui se conclut par la création de l’Homme. Dieu lui tendant sa main pour lui transmettre la vie. A Sillegny, c’est donc au contraire le Jugement dernier qui a eu les faveurs des peintres. Quoi qu’il en soit, l’église de ce paisible village lorrain, est à tout point de vue remarquable et incontournable.

12 novembre, 2008 à 10:10 | Commentaires (4) | Permalien


Noël, c’est maintenant ou jamais

Alors que Dominique Gros, maire de Metz, recevait une délégation d’agents de l’INSEE afin de leur faire découvrir et apprécier la ville en vue de leur éventuelle transfert, ne serait-il pas judicieux que la municipalité lorraine, en partenariat avec la puissante fédération des commerçants et les autres collectivités, lance une opération markéting d’envergure dans les stations de métro et les gares parisiennes par exemple, dans le but de promouvoir les marchés de Noël de Metz, qui ouvrent déjà fin novembre ? Assurément si. 

Même si la volonté du maire de Metz de vouloir changer l’image de la ville est louable, en essayant de convaincre les agents franciliens des atouts et des attraits indéniables de la cité, il pourrait faire coup double. Car c’est maintenant qu’il faut informer les gens et les visiteurs potentiels des merveilles de Metz en habits de lumière. C’est en ce moment que peuvent se décider l’envie de partir, de passer un week-end ou plusieurs jours dans la ville, qui rappelons-le n’est plus qu’à 82 minutes de Paris grâce au TGV. Une opération conjointe avec Nancy, comme il devrait s’en faire prochainement, s’avèrerait même d’une grande utilité. La cité ducale y pourrait mettre en avant son propre marché de Noël, mais surtout la liesse et toute la ferveur populaire autour du défilé de la Saint-Nicolas, encore plus grandiose qu’à Metz. Car, encore une fois, le nerf de la guerre, c’est l’argent, mais aussi la communication ! 

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7 novembre, 2008 à 18:11 | Commentaires (11) | Permalien


Le nouvel Eldorado de la zone rouge

Ce n’est pourtant pas de l’or qu’ils cherchent, mais des casques, gourdes, ceinturons et boutons d’uniformes militaires. Ils sont ainsi de plus en plus nombreux à arpenter les sillons de la zone rouge autour de Verdun, ces fameuses collines boisées de la Meuse où plus de 300 000 hommes, Français et Allemands, trouvèrent la mort au cours de l’une des plus grandes batailles de l’Histoire entre le 21 février et le 19 décembre 1916. Ils, ce sont des collectionneurs, des touristes ou tout simplement des gens du coin, tous armés de détecteurs de métaux.  Et tous contribuent au pillage de Verdun et des autres sites de grandes batailles de la région. On trouve en effet de plus en plus d’objets militaires et autres reliques historiques dans les brocantes des alentours. De même, les greniers de nombreux villageois en regorgeraient. Par ailleurs, la création des sites d’enchères en ligne tels que E-Bay, n’a fait qu’amplifier le phénomène contre lequel il semble difficile de lutter selon les autorités. Pourtant une simple interdiction préfectorale et un renforcement de la surveillance de ces fouilles illégales pourraient y contribuer.

Il faut dire que pour ces collectionneurs d’armes et d’attributs militaires, la zone rouge constitue une véritable caverne d’Ali Baba. Quand on sait que seulement 16 000 hommes sont enterrés au cimetière de Douaumont, il y a de quoi trouver quantité d’os, de fusils et de munition, là, sous quelques mètres de terre. Si bien qu’il arrive parfois de rencontrer un squelette en vrac au bord d’un sentier. Et impossible de l’identifier puisque son matricule, ainsi que les boutons de son uniforme qui résistent à la putréfaction, ont bien sûr été dérobés. Pour celui-là, encore, Allemand ou Français, on ne saura jamais. On l’aura compris, ces pillards d’un nouveau genre contribuent donc à la destruction d’un site remarquable et de la mémoire des combattants de Verdun.

Mais, partir à la chasse  aux trésors de guerre n’est pas sans risque. Il y a en effet toujours plus de collectionneurs d’armes qui se prennent à tort pour des spécialistes en explosifs. La conséquence peut bien évidemment en être dramatique. De même, au moins un enfant se tue chaque année en manipulant des charges récupérées sur la zone rouge. L’enfer des tranchées fut tel, que l’on estime aujourd’hui qu’il faudra plus de 250 ans avant que tous les obus ne soient remontés à la surface. A chaque fois que l’un d’entre eux explosait, le sol se recouvrait d’un mètre de terre. Le problème aussi, c’est que tous n’ont pas explosé.

Environ 500 obus remontent à la surface chaque année. La zone rouge  n’a donc pas fini de porter son nom …

7 novembre, 2008 à 18:09 | Commentaires (1) | Permalien


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