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Non à une Alsace-Lorraine

Vous trouverez sur cette page tous les articles relatifs au projet du Comité Balladur de regrouper plusieurs provinces afin de faire passer leur nombre de 22 à 15. Même si une fusion entre la Lorraine et l’Alsace a été évoquée, sans que cela ne soit pour autant officiel, le Groupe BLE Lorraine se prononce clairement contre un tel rapprochement qui nuirait considérablement à l’identité et à l’unité lorraine.

Pour un Conseil Unique de Lorraine : Alsace, Champagne, non merci !

Les différentes annonces concernant les contours des futures régions donnent le sentiment d’un incroyable bricolage improvisé dans la précipitation, de grotesques gribouillages dessinés en catimini sur un coin de table. Pire, ce redécoupage nous fait reculer de 40 ans. En effet, alors que de plus en plus de responsabilités et de compétences étaient attribués aux collectivités, le pouvoir jacobin parisien se permet brusquement de leur retirer la compétence générale tout en organisant leur charcutage !

blason lorrain Chapelle Cordeliers Nancy

Vitrail à l’effigie de la Lorraine dans la Chapelle des Cordeliers à Nancy (Crédits photo : Groupe BLE Lorraine)

Depuis Louis XIV, la France se construit sur le mythe d’une organisation rationnelle de son territoire. Comme si cette pseudo petite nation était un jardin dont on reverrait l’agencement des bosquets et des plans d’eaux géométriques. Si bien que la nouvelle carte des régions, amendée ou non, ne repose sur aucune logique.

Le pouvoir central nous parle ainsi de faire des économies. Or, force est de constater que rien ne permet actuellement de mesurer objectivement les économies et l’efficacité de ce meccano géographique. Divers chiffrages sont avancés. Certains estiment même que la réorganisation territoriale envisagée entraînerait davantage de coûts ! Paris entend fusionner des régions entre elles sans déterminer quelles seront les compétences des uns et des autres, ni mêmes les ressources fiscales et financières qui seraient attribuées aux territoires remodelés. L’argument économique de la « réforme » n’est donc pas recevable.

Par ailleurs, personne n’a apparemment eu l’idée de faire appel aux lumières d’un géographe expert de l’organisation de l’espace. C’est pourtant l’une des spécialités phares de l’école française. Au final, la méthode et les critères utilisés sont affligeants et dénués de sens. Notre Lorraine se voit forcer de fusionner soit avec l’Alsace, soit avec la Champagne-Ardenne, soit encore avec les deux. D’une superficie de 23 547 km², la Lorraine fait les trois quarts de la Belgique et est plus grande que de nombreux Länder allemands tels que la Sarre (2 569 km²) ou encore que la Rhénanie-Palatinat (19 853 km²). La différence avec nos voisins fédérés n’est pas une question de taille « critique », mais d’attributions de compétences et de pouvoirs. De son côté, la Corse, forte de ses 300 000 habitants, a le droit de rester seule. Faut-il donc poser des bombes et commettre des attentats pour passer entre les mailles du filet ? Si tel est le cas, cela fait froid dans le dos ! Par conséquent, l’argument géographique ne tient pas la route.

En outre, imposer des fusions et défigurer à ce point le paysage régional sans la moindre consultation citoyenne pose un grave problème de légitimité et d’appropriation. Das ist keine Demokratie ! Un tel passage en force constitue une insulte envers le peuple, un mépris total.

Examinons à présent la possibilité d’une fusion Lorraine-Alsace. L’association de ces deux territoires à forte identité, souvent antagoniste, n’a rien de naturel, comme on pourrait le croire depuis Paris. En 3 000 ans d’histoire, l’appellation « Alsace-Lorraine » n’apparaît qu’au lendemain de la Guerre de 1870-1871, après que le premier Reich allemand ait annexé le Nord-Est de la Lorraine et l’Alsace, afin d’assouvir sa pulsion expansionniste. Une bonne partie de la mythologie républicaine française s’est construite autour de ces « provinces perdues », oubliant au passage leurs spécificités. Aujourd’hui, la Lorraine est tournée vers le Luxembourg, la Sarre et la Belgique, alors que l’Alsace regarde à l’Est en direction du Bade-Wurtemberg et de la Suisse. L’Alsace-Lorraine n’a jamais été et ne sera jamais une communauté de destin choisie par ses habitants.

Si une majorité des élus alsaciens refuse toute modification des frontières actuelles de l’Alsace, ils ne voient par contre aucun inconvénient à redessiner les frontières d’autres régions, avec en ligne de mire l’arrivée dans leur giron de la Moselle, qui provoquerait l’éclatement de la Lorraine, ainsi que du Territoire de Belfort. On reconnaît une nouvelle fois bien le talent de l’Alsace. Celui-là même qui a réussi à faire croire que les cigognes et le Munster sont alsaciens, alors que les premières s’observent partout et que le second est produit à 95 % en Lorraine.

Que dire à présent d’une fusion Lorraine-Champagne-Ardenne ? D’une part que de nombreux élus lorrains et champenois y sont opposés. D’autre part, que les points communs à la Lorraine et la Champagne se résument essentiellement au partage d’un unique pôle de compétitivité. Enfin, que le rattachement de la Champagne, terre des sacres des rois de France, à la Lorraine, constituerait une véritable insulte lancée à l’histoire lorraine, ancien Etat souverain et indépendant.

La création d’un ensemble Lorraine-Alsace-Champagne ne mérite pas qu’on s’y attarde tant il n’a de sens au vu des éléments et des arguments précédemment avancés.

En conclusion, le Groupe BLE Lorraine ne peut que dénoncer des marchandages politiques obscurs éloignés de toute logique économique et territoriale. La carte des régions charcutée n’est qu’une caricature de démocratie et de décentralisation. C’est la raison pour laquelle, au-delà de la reconstitution à long terme d’une grande Lorraine, le Groupe BLE Lorraine se prononce pour la création d’un Conseil Unique de Lorraine et rejette idée de toute fusion de la Lorraine avec une région voisine.

Fusion des régions : pour une grande Lorraine !

Suite aux annonces et aux intentions de certains irresponsables politiques français de réduire le nombre de régions, nous entendons et lisons çà et là des hypothèses et des solutions envisagées toutes aussi stupides les unes que les autres au sujet de la Lorraine. Par exemple, certains évoquent la possibilité de fusionner la Lorraine avec l’Alsace, d’autres avec la Champagne-Ardenne, voire même avec la Franche-Comté ! Pire, un démantèlement de la Lorraine entre Champagne et Alsace est parfois avancé !

Certes, ces visions réductrices résultent pour la plupart de technocrates parisiens complètement déconnectés de la réalité, qui, aussi coincés dans leur bureau que dans leur esprit, estiment qu’il est nettement plus facile de taper sur les collectivités territoriales que de remettre en cause leur propre fonctionnement et leur administration jacobine. Mais non d’une pipe soyons ambitieux ! On reproche trop souvent, et à juste titre il faut bien l’avouer, aux Lorrains ne pas avoir assez d’ambitions, d’être trop timorés. Eh bien c’est l’occasion de prouver le contraire, d’être créatifs et imaginatifs, de réfléchir et de se poser les bonnes questions sans tomber dans la facilité des raisonnements prémâchés ! Ainsi pourquoi vouloir absolument limiter et réduire la Lorraine à ce qu’elle n’est pas ?

C’est la raison pour laquelle, nous, nous proposons de faire de ces annonces à la con une opportunité. Comment ? En profitant tout simplement de l’occasion pour récupérer par fusion des territoires qui nous appartiennent de droit et qui sont aujourd’hui en Alsace ou en Champagne. A commencer par exemple, et pour ne citer que ceux-là : La Mothe et le Bassigny, l’Alsace Bossue, plusieurs vallées vosgiennes qui se sont également perdues en Alsace, ainsi qu’un bout des Ardennes. L’idée est de reconstituer une grande Lorraine, forte, puissante et capable de retrouver la place qui est la sienne en Europe.

Soyons fiers de notre région, de notre histoire et de notre culture ! Les Lorrains doivent maintenant arrêter de subir les restructurations en tout genre et s’affirmer une fois pour toute !

Pour une Lorraine unie et indivisible

La fameuse réforme des collectivités territoriales et des Régions actuellement en phase d’élaboration et de réflexion en France suscite de nombreuses craintes, notamment en raison d’une éventuelle fusion avec d’autres entités plus ou moins abstraites. 

Contrairement à ce que pensent un grand nombre de Français, du fait des guerres et de l’idée d’une sorte d’Alsace-Lorraine bien enracinée dans l’imaginaire populaire ; alors qu’il faudrait plutôt parler d’une Alsace-Moselle en raison des annexions allemandes ; une fusion entre la Lorraine et l’Alsace ne va absolument pas de soi. D’ailleurs, dans les propositions de fusions dites « naturelles » énoncées par Paris et le Comité Balladur, à savoir par exemple Alsace-Lorraine, Haute et Basse-Normandie ou Flandres Pas-de-Calais … l’idée de création d’une Alsace-Lorraine est justement celle qui a rencontré le plus d’hostilités de la part de la population ! A juste titre. Malheureusement, ce rejet s’est également matérialisé par de nombreux discours de haine et de dénigrement de la Lorraine et des Lorrains émanent d’obscurs groupuscules alsaciens. 

Les BLE ont quant à eux clairement affirmé leur hostilité à une telle fusion. Le sondage réalisé sur notre site principal affichait de même une nette tendance de refus, puisque plus de 70 % des votants se sont prononcés contre la création d’une région Alsace-Lorraine. 

Par conséquent et en extrapolant les résultats de notre sondage, une telle fusion devrait, à notre humble avis, rencontrer une forte opposition de la part de la population, tant du côté lorrain que du côté alsacien, peut-être même plus encore Outre-Vosges, si d’aventure le peuple était consulté dans le cadre d’un référendum. Il est en outre plus que possible que les différents conseils régionaux et généraux concernés rejettent aussi ce projet.

C’est pourquoi une fusion entre la Lorraine et l’Alsace nous apparaît en l’état actuel des choses peu probable. Et heureusement ! En effet, il est fort à parier que nombres de compatriotes Lorrains se feraient tout bonnement « bouffer » par le si caractéristique et folklorique chauvinisme alsacien en développant, à tort, une sorte de complexe d’infériorité ridicule par rapport à l’identité et la culture de nos voisins.

Nous craignons par contre beaucoup plus une éventuelle fusion avec la Champagne-Ardenne, voire même avec la Bourgogne et la Franche-Comté dans le cadre de la constitution d’une sorte de Grand Est sans l’Alsace. La Lorraine se retrouverait alors noyée dans cet ensemble, même si la « capitale » de ce vaste territoire pourrait bien être chez nous du fait de notre position centrale.

Ainsi, il nous semble également faux de croire que la fusion de la Lorraine avec un ou plusieurs des territoires français voisins fasse revivre un semblant de patriotisme lorrain. Ce n’est pas de cette manière que l’on réveillera le bon peuple lorrain endormi depuis des lustres. Il y aura certes un certain sursaut et ressentiment vis-à-vis de Paris, mais ceci ne saurait être plus qu’un simple feu de paille. En cautionnant une fusion de la Lorraine avec l’un ou l’autre de ses voisins, les Lorrains perdraient tout ce qui leur reste concrètement de leur glorieux passé. En effet, même si nous sommes encore actuellement dans le giron de Paris, beaucoup de territoires à forte identité culturelle et historique, à l’image de la Savoie et de la Catalogne par exemple, nous envient le fait d’être à nous tous seuls une Région, sans avoir à souffrir d’être amalgamés à d’autres lieux qui n’ont rien à voir avec nous. Certes la Lorraine d’aujourd’hui est quelque peu différente de la Lorraine d’hier, avec certains troubles frontaliers au niveau de l’Alsace Bossue ou du Bassigny qui nous reviennent de droit, mais au moins nous ne sommes qu’un. Le pire moment de l’histoire de la Lorraine contemporaine a ainsi été la séparation entre la France et le Reich allemand. C’est d’ailleurs ce dont souffrent encore de nos jours le Pays Basque et la Catalogne déchirés entre France et Espagne.

Si nous voulons raviver la fibre patriotique lorraine, il convient donc de se baser plutôt sur l’histoire, la culture et surtout l’actualité, avec par exemple les iniques et odieuses restructurations militaires, la suppression de postes dans l’éducation, l’abandon de la sidérurgie, ou l’image qu’ont les Français de la Lorraine …

Il apparaît enfin évident que pour la sauvegarde et la promotion de notre identité, de notre culture et de notre histoire, une Région Lorraine à part entière est absolument nécessaire.

En conclusion, la réforme des collectivités proposées par Paris, au lieu d’avancer vers une forme de fédéralisme à l’allemande ou à la suisse, s’oriente encore plus vers un modèle désuet et anachronique de centralisation, qui sera renforcé d’un point de vue budgétaire et financier.

Des territoires alsaciens rendus à la Lorraine ? 

Deux communes lorraines, à savoir Raon-sur-Plaine dans les Vosges et Raon-lès-Leau en Meurthe-et-Moselle, ont décidé de se lancer dans une « guerre contre l’Alsace » en annonçant leur intention de saisir le tribunal administratif, afin de récupérer près de 2 000 hectares de forêts annexés par l’Allemagne en 1870 et jamais rendus en dépit du Traité de Versailles de 1919. 138 ans après, le combat continue. Plus que jamais ! 

La parcelle en question appartient en effet désormais à la commune de Grandfontaine, dans le Bas-Rhin, annexée par l’Allemagne entre 1870 et 1918. Selon les deux maires lorrains, le « Traité de Versailles aurait officiellement oublié leurs communes. Mais officieusement, il y aurait eu des négociations avec les élus alsaciens dans le but que ces derniers conservent la parcelle de forêt ». Depuis près d’un siècle, ils se battent sans relâche afin de récupérer ces 2 000 hectares de forêts. Car dans un secteur où le textile a fait naufrage et les industries se font rares, le bois vaut de l’or. Le premier magistrat de Raon-sur-Plaine affirme de même que la France les a « laissés tomber ». En effet, la localité a perdu dans cette histoire deux tiers de son territoire en 1870. Une spoliation de 800 hectares. Même remarque du côté de Raon-lès-Leau, village qui a été amputé de 1 132 hectares de forêt, ce qui représente un manque à gagner de 70 000 euros par an de taxe foncière. 

Rappelons quelques faits pour mieux comprendre la situation. Après la guerre de 1870, la Prusse victorieuse a redécoupé la carte de l’Alsace et de la Lorraine. Ces deux communes se sont ainsi vues annexer par le Traité de Francfort. Mais les maires d’aujourd’hui affirment que leurs ancêtres étaient des « durs à cuire ». Ici, c’était un pays de bûcherons où les gens n’avaient absolument pas l’intention de devenir Prussiens. Alors que les soldats du Reich avaient pris leurs forêts et leurs scieries, les habitants ont creusé, la nuit, des tranchées au milieu de la seule route qui permettait le transport du bois. Après sept mois de cette guerre d’usure avec les Prussiens, les deux villages obtinrent gain de cause. Ainsi, le 2 juin 1871, le général Von Moltke fit quelques concessions. Il conserva néanmoins l’essentiel, conformément aux instructions de Bismarck. Les forêts plantées de sapins noirs restèrent donc aux mains des Prussiens. Mais cette décision ne fut pas modifiée quelques années plus tard après la Première Guerre Mondiale. Le Traité de Versailles n’accorda aucune importance à ces 2 000 hectares de forêts giboyeuses. Ces parcelles furent conservées par la commune de Grandfontaine. Après avoir disposé de ces deux communes lorraines, Paris les a donc tout simplement ignorées et oubliées

Les maires ont écrit aux préfets, aux présidents Mitterrand, Chirac et Sarkozy quand il était ministre de l’intérieur, en vain. Bien que leur demande soit tout à fait légitime, la réponse fut toujours la même. Il serait en effet trop complexe de modifier les frontières de trois départements et de deux provinces. Mais dans les villages lorrains cette décision ne passe pas, mais alors absolument pas. « Les gens en parlent, le sujet revient toujours sur le tapis, ils ne peuvent pas l’accepter ».

Afin d’obtenir gain de cause, les maires devraient dans les prochains jours demander une nouvelle enquête préalable au préfet puis saisir le tribunal administratif. Au sentiment d’injustice né de la spoliation, s’ajoute celui de ne pas être entendus. Un avocat a par ailleurs accepté de prendre en charge leur cause, sans demander la moindre somme aux deux communes désargentées. Ce dernier va donc attaquer, devant le tribunal administratif, l’Etat français. Les communes réclament la restitution des terrains qu’on leur a confisqué, ou à défaut, une indemnité compensatoire. Les BLE les soutiennent dans leurs démarches et leurs actions, afin de réparer le préjudice fait à la Lorraine. 

Les journaux lorrains pactisent avec l’Alsace !

Quelle n’a pas été notre surprise, quelle n’a pas été notre immense tristesse, notre profonde colère, de constater récemment que le traditionnel magazine « Détente en Lorraine », distribué chaque année au début de la belle saison par les gens du Républicain Lorrain et leurs complices de l’Est Républicain et de Vosges Matin, afin d’inviter les lecteurs à sortir, à visiter et à découvrir notre belle province, avait été remplacé par une belle mer…, un véritable torchon de propagande dont la moitié des pages font l’éloge de l’Alsace ! Ces derniers se sont ainsi alliés aux quotidiens l’Alsace et des Dernières Nouvelles d’Alsace pour nous pondre ce supplément en papier journal. Rappelons que les années précédentes, le magazine, aux superbes pages glacées agréables à parcourir et aux belles couleurs répertoriait brièvement mais de façon satisfaisante les principaux sites touristiques lorrains. Si les rédactions des journaux lorrains se félicitent encore d’un tirage à plus de 660 000 exemplaires, que dire du sempiternel refrain lorrain : Trop bons trop cons ? Oui, c’est vrai au juste, pourquoi faire la publicité et la promotion de nos concurrent et voisins alsaciens, quand on sait pertinemment que notre belle province souffre d’un manque cruel de communication et d’un déficit d’image. Bravo, franchement chapeau. On sait déjà où le truc va finir. A la poubelle. Les intéressés nous diront que la Lorraine bénéficiera d’une couverture plus importante puisqu’étendue à l’Alsace, du fait du nombre de tirages.

En effet, mais nous ne croyons guère que cette campagne soit d’une efficacité redoutable dans une région aussi chauviniste qu’outre Vosges. Cela ne pouvait de même pas tomber au plus mauvais moment alors qu’il convient de donner aux Lorrains les moyens de se réapproprier leur province et leur identité afin de les faire partager à leurs visiteurs. Dommage, vraiment navrant de constater une telle trahison de la part de ces soi-disant grands journaux locaux, qui jadis, essayaient encore de vanter les mérites et la beauté de la Lorraine. Déjà que la nouvelle version du Répu était vraiment médiocre, par rapport à la qualité de l’ancienne version…

Pour ces raisons, nous appelons au boycott de ces quotidiens pendant une semaine, histoire de leur faire passer le message. 

Ingérence alsacienne en Lorraine

Dernièrement, près de 800 personnes, en grande majorité en provenance d’Alsace, ont manifesté à Sarreguemines contre la construction à Hambach, en Lorraine, d’une centrale électrique au gaz. C’est la petite commune d’Herbitzheim, située en territoire lorrain actuellement rattaché à l’Alsace, qui est devenue, par l’intermédiaire de son maire, le leader de la contestation. La centrale dernier cri, qui est d’ailleurs reconnue parfaitement compatible avec les principes du fameux Grenelle de l’environnement, trouve de nombreux opposants en Alsace pour des raisons fumeuses. Une telle manifestation pour des sujets qui ne concernent que notre belle province et ses habitants constitue à nos yeux une certaine forme d’ingérence. Que nos voisins restent donc sagement dans leur coin et ne s’occupent pas d’affaires qui ne les regardent pas. Une situation tout bonnement intolérable et inacceptable. Dans le cas contraire, les Lorrains se verront contraints de répondre aux hostilités des Alsaciens. 

La Lorraine et l’Alsace unies contre la fusion ! 

Parmi les nombreuses propositions formulées dans le rapport Balladur, s’il y en a une qui fait la quasi unanimité contre elle, c’est bien celle qui prône, dans le cadre de la réduction du nombre des régions, la fusion entre la Lorraine et l’Alsace. C’est en tout cas ce que clament les deux présidents des conseils régionaux. S’il doit avoir un point sur lequel les Lorrains et les Alsaciens sont d’accord, c’est assurément contre le projet de la commission présidée par Balladur sur un éventuel rapprochement des deux territoires. Lorrains et Alsaciens n’ont en effet guère besoin d’un cadre juridique supplémentaire pour se mettre autour d’une table et débattre des problèmes et projets communs à leurs deux provinces. Ainsi, de part et d’autre des Vosges, nous n’avons pas attendu la publication de telles idées pour mettre en place, à travers une coopération bilatérale et un travail régulier au sein de l’Association des Régions du Grand Est, des coopérations concrètes, efficaces et adaptées. Les Lorrains et les Alsaciens ont donc fait la démonstration qu’il n’y avait, si l’on veut vraiment travailler ensemble, aucune utilité de fusionner, et que l’enjeu n’est pas institutionnel. Ce qui compte, c’est avant tout de réaliser les projets communs, qui font avancer les deux provinces. La Lorraine doit rester la Lorraine, et l’Alsace doit rester l’Alsace. Point. Et les deux élus d’ajouter: « il vaut à nos yeux mieux arrêter tout type de spéculation sur une fusion aventureuse, idée gratuite, qui n’a d’autre intérêt que de faire diversion par rapport aux véritables enjeux de nos territoires ». Le président du conseil régional de Lorraine ira même jusqu’à dire que cette fusion est « une idée abracadabrante et scandaleusement bête ». Rien à ajouter. La Lorraine et l’Alsace préfèrent donc à juste titre une ouverture vers les pays voisins, comme par exemple le Luxembourg, la Sarre ou encore la Wallonie pour ce qui concerne notre belle province.

De même, selon François Roth, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université de Nancy 2 et auteur de L’Alsace-Lorraine, histoire d’un pays disparu, une telle fusion risque en effet de « soulever des tempêtes ». Et les raisons historiques sont légions : Guerre dite des paysans (1524-1526) entre Lorrains et Alsaciens, annexion des trois départements alsaciens-mosellan entre 1870 et 1914 et pendant la Seconde guerre mondiale, ressentie comme un véritable « abandon » de la France … Mais aussi, indique l’historien, parce que cela poserait d’emblée le problème de la capitale, qui serait a priori Strasbourg, c’est-à-dire une capitale très décalée géographiquement et très « alsacienne ». De plus, les trois départements alsaciens-mosellan ont hérité de leurs périodes allemandes un droit local particulier et un régime concordataire pour les religions. Ils ont des particularismes linguistiques, législatifs, ainsi qu’en matière d’éducation. Ils sont enfin très attachés à leur « sécu », héritée de Bismarck, bien plus généreuse pour les allocataires et en meilleure santé que dans le reste de la France

Cela dit, côté lorrain, deux thèses s’affrontent, à savoir une ouverture sur le Luxembourg et le Land allemand voisin de la Sarre, ou l’intégration dans un grand ensemble Nord-Est prônée sans raison aucune par un certain Hénart qui rassemblerait aussi la Franche-Comté et la Bourgogne et qui serait encore plus absurde qu’une fusion avec l’Alsace. Bref, la croisade pour sauver la Lorraine de sa disparition continue ! 

Ni l’Alsace ni la Lorraine !

Le comité de réflexion Balladur propose de réduire à quinze le nombre de régions métropolitaines françaises d’ici 2014 et de retirer certaines compétences aux départements. L’objectif étant apparemment de simplifier la prise de décisions et de réduire les coûts. Ce même comité préconise également la création de métropoles afin de renforcer les compétences des actuelles communautés urbaines crées dans les très grandes villes. Parmi celles-ci, on trouve Marseille, Lyon, Lille, Toulouse, Bordeaux, Strasbourg, Nice et Nantes. Ni Metz ni  Nancy ni figurent, c’est bien là tout le problème. Mais peu se seraient risqués à nommer l’une sans l’autre sous peine de relancer de fortes tensions en les deux villes lorraines et de déstabiliser le fragile équilibre de notre province. Il fallait donc choisir : Metz et Nancy, ou rien du tout. Paris a tranché. Les Lorrains n’ont pas eu leur mot à dire.

Le projet du comité Balladur porte en outre sur les mandats des élus et les élections. Ainsi, ces messieurs imaginent que des élections municipales et territoriales remplaceraient les élections régionales et cantonales, et ceci dès 2014. De même, certains conseillers territoriaux, dont la fonction est encore assez fumeuse, seraient à la fois conseillers régionaux et conseillers généraux, d’autres uniquement conseillers généraux. Là, tout le monde plonge dans le brouillard afin de déterminer le pourquoi du comment ! Pourquoi certains et pas d’autres, sur quels critères ? Mystère. Seul indice et encore : le mode de scrutin territorial pourrait faire une différence entre les zones urbaines et les zones rurales. Enfin, régions et départements perdraient la clause de compétence générale. Le rôle des régions pourrait ainsi être recentré sur le développement économique, l’aménagement du territoire, les transports et l’éducation, du moins en partie. Rappelons que le découpage actuel de la France remonte à 1964. Si les 100 départements ne devraient pas disparaître, comme il fut un temps question, leur champ d’action devrait être redéfini.

Pour revenir et conclure sur un éventuel rapprochement entre la Lorraine et l’Alsace, Gérard Longuet, membre de ce fameux comité Balladur est formel, une telle fusion ne figure pas dans le rapport. Nous voilà donc rassurés. Mais restons tout de même sur nos gardes. Le même Longuet avouera plus tard que cette fusion était une « blague », dont l’auteur n’était autre que lui. Chacun aura apprécié son humour noir. Si  plaisanterie il était vraiment question, elle n’était franchement pas drôle ! Toujours est-il que l’objectif de la réforme est de créer des regroupements de provinces sur la base du volontariat pour n’en constituer plus qu’une quinzaine sur 22. Il faudrait par conséquent que la Lorraine et l’Alsace fassent ensemble acte de candidature pour fusionner en une seule entité, ce qui est heureusement très peu probable. Car notre avenir n’est pas dans un bricolage funeste avec l’Alsace mais dans un ensemble européen avec par exemple la Sarre et le Luxembourg, avec lesquels il convient de développer des partenariats plus structurés dans le cadre d’une grande province transfrontalière. La Lorraine se suffit à elle-même si elle sait coopérer avec les autres. De plus, ce qui fonde un territoire, ce n’est pas l’importance de sa population ou sa superficie, mais sa capacité à offrir un projet. Pour les Lorrains, ce projet doit être transfrontalier, mais pas uniquement. En effet, ce qui est primordial pour la Lorraine, c’est d’organiser Metz et Nancy en une métropole commune.

La Lorraine dit non à l’Alsace ! 

Une nouvelle menace, une de plus, pèse sur la Lorraine en ce moment, celle concernant le projet du gouvernement français de fusionner des régions afin de ramener leur nombre à 15, contre 22 actuellement. Si des rapprochements ont déjà été plus ou moins évoqués avec la Champagne-Ardenne voire même la Franche-Comté, ce qui serait tout aussi contestable, la voie qui se dessine semble plutôt prôner une fusion avec l’ennemi héréditaire alsacien. Mais la Lorraine n’a rien à voir avec sa voisine située sur l’autre versant des Vosges. Même si le peuple lorrain a, par certains côté, des points communs avec les habitants de la région de Strasbourg, il ne serait être amalgamé à ceux-ci.

Tout d’abord, le principal danger pour notre belle province d’une telle fusion avec l’Alsace, serait de perdre tout ce qui fonde encore notre identité, notre culture et nos traditions déjà fortement perturbées par des décennie de francisation. De même, la plus grande et la plus importante ville de l’Est étant Strasbourg l’européenne, il serait donc légitime, et ce malgré sa position géographique extrême, d’y installer la capitale de ce que l’on pourrait appeler l’Alsace-Lorraine. Ce qui reviendrait donc à placer notre Lorraine sous l’autorité tutélaire du voisin alsacien à l’accent fortement exacerbé par un chauvinisme nationaliste désormais aussi légendaire que méprisant. Presqu’une ironie de l’histoire, car les rapports entre Lorrains et Alsaciens, longtemps assujettis, ont souvent été ambiguës, voire conflictuels.

Ainsi, le rapprochement que beaucoup de gens font entre notre province et sa voisine provient plus d’un destin commun relativement récent et relatif aux différents conflits ayant opposés la France et l’Allemagne que d’un enracinement historique profond. D’ailleurs tous le dédain qu’ont les Alsaciens envers notre chère patrie lorraine provient-il peut-être de la fameuse bataille de Saverne ayant consacrée la supériorité et l’écrasante victoire des chevaliers lorrains face aux huguenots alsaciens insurgés. A moins que cela ne résulte d’un certain complexe d’infériorité émanant d’une quelconque admiration devant la magnificence des Lumières lorraines qui se serait transformé en exaltation des traditions alsaciennes.

Toujours est-il que nos chers voisins ne sont guère gênés au fil des ans pour revendiquer des symboles lorrains forts et pour s’accaparer des pans entiers de la culture lorraine, au point même d’en faire des emblèmes de leur région : traditions brassières, gastronomie, folklore… les exemples sont riches et nombreux. A tel point, qu’il faudrait dorénavant mettre sous bonne garde la fameuse race bovine des Vosges à la robe si caractéristique ou encore protéger la renaissance et la redécouverte de la truffe lorraine avant que les Alsaciens ne nous les piquent aussi !

Il y aurait pourtant un avantage pour la Lorraine si une telle fusion devait se réaliser. En effet, si notre province est plus peuplée et pèse donc plus d’un point de vue démographique, la santé économique actuelle de l’Alsace ne fait aucun doute. Par conséquent, d’une manière pragmatique et reconnaissons le sournoise, nous pourrions « transférer » un peu de la richesse alsacienne, la vider de sa relative prospérité, afin de nous sortir de l’impasse, des difficultés économiques et réussir une bonne fois pour toute notre reconversion. Mais encore faudrait-il  que la capitale soit en Lorraine, Metz, Nancy ou une ville « neutre », peu importe, car nous souffririons sous une gouvernance alsacienne, qui serait presqu’au final une ironie de l’Histoire. Et cela nous ne pouvons l’accepter.

En d’autres termes, si regroupement de territoires il doit avoir, le plus juste et le plus légitime serait déjà de redonner à notre patrie les terres perdues ou annexées à d’autres régions, comme par exemple le site hautement emblématique et symbolique pour le patriotisme lorrain de La Mothe en Bassigny ou encore l’ « Alsace Bossue » autrefois lorraine. Cela constituerait déjà un bon début, car si la fusion entre la Haute et la Basse Normandie ne pose strictement aucun problème pour les intéressé, celle de la Lorraine et de l’Alsace n’est pas aussi évidente et ne va pas de soi.

17 Commentaires pour “Non à une Alsace-Lorraine”


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  1. kskpointe écrit:

    Vous avez raison, une fusion Alsace-Lorraine ne servirait à rien. Taille européenne ? Quid du Luxembourg, quid de la Sarre, quid de Hamburg, et du Val d’Aoste, et de toutes ces autres régions qui n’ont pas la « taille européenne » !
    Mais réorganiser, pourquoi pas : transformer les intercommunalités en communes, supprimer les communes actuelles, trop petites, fusionner les conseils généraux et les régions… Là des économies seraient faites.

  2. kskpointe écrit:

    Je précise que je suis alsacien !

  3. Here & Now écrit:

    Salut les Lorrains !
    Franchement je vous trouve un peu chauds avec vos voisins… !!!
    Tous les Lorrains… et aussi les Lorraines que j’ai connus, je les ai trouvés plutôt très sympas… C’est une belle région que la votre… et le fait que les Alsaciens adorent la leur et se sentent un peu différents des « français de l’intérieur » n’enlève rien à la sympathie qu’ils vous portent !
    Je pense comme vous, que nos deux régions ont la taille suffisante et nécessaire pour envisager leur avenir sans fusionner…et franchement, je crois que nos intérêts ne sont pas forcément convergents… mais bon, je crains qu’on ne nous demande pas notre avis….

    Alors si on doit fusionner, il faudra bien mettre la capitale à Strasbourg, il faudra bien qu’on règle ces histoires de forêts et puis surtout, il faudra qu’on tire ces histoire de bouffe au clair… une bonne copine Lorraine m’a expliqué un jour que le kugelhopf était Lorrain (…mort de rire !)… bon ceci dit, si on discute tout ça autour d’une bonne bière ou d’un verre de Riesling avec un petit paté lorrain on devrait pouvoir s’entendre…

    Allez les gars, l’identité d’une région cela dépasse l’organisation du territoire. Nous les Alsaciens, on nous a balancés d’un pays à l’autre à travers les siècles… et une chose est toujours restés claire: notre identité alsacienne.

    Je suis convaincu que pour les Lorrains c’est pareil.

  4. alsacien écrit:

    je pense qu’il faudrait laisser laisser les territoire quille y a en alsace à l’alsace car elle a déjà rien vous allez déjà pas prendre ce qui lui reste a cette vitesse vous allez demander quoi à ce que l’alsace deviennent lorraine et efface son patrimoine au profit des lorrain?
    AU PLAISIR

  5. Fretz écrit:

    Alsacien né en Alsace, cette fusion me semble tout à fait possible, l’Alsace-Lorraine semble une région évidente, du moment que Strasbourg en est la Capitale et que les autoroutes puissent y être gratuites… Avec un peu de chance, on pourrait même revendiquer une vraie autonomie.

  6. Groupe BLE Lorraine écrit:

    Fusion des Banques Populaires de Lorraine-Champagne et d’Alsace : Metz choisit comme capitale

    La Banque Populaire Lorraine-Champagne a officiellement fusionné vendredi dernier avec la Banque Populaire Alsace pour former la Banque Populaire Alsace-Lorraine-Champagne (BPALC). Le choix de la « capitale » s’est vite imposé : Metz. La ville aux 3 000 ans d’histoire se situe en effet au cœur de ce secteur géographique au rayon d’action de 500 kilomètres. Son siège pourra accueillir d’ici deux ans 600 employés sur les 20 000 mètres carrés en cours d’aménagement dans le quartier gare.

    Les doublons issus de la fusion seront progressivement effacés. La direction table ainsi sur 150 à 250 départs naturels d’ici trois ans. Aucun départ ne devrait être contraint.

    Avec 800 000 clients, plus de 300 000 sociétaires qui détiennent 100 % du capital et 2 850 collaborateurs, la BPALC est l’une des plus puissantes banques régionales.

  7. Groupe BLE Lorraine écrit:

    Le Sillon Lorrain exige le maintien des grandes institutions en Lorraine

    Le Conseil Syndical du Pôle métropolitain du Sillon Lorrain a dernièrement adopté une motion pour exiger le maintien de plusieurs sièges d’institutions en Lorraine dans le cadre de la polémique et illégitime future grande région Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne. Les Lorrains entendent ainsi remettre les pendules à l’heure face aux Champenois et surtout face aux Alsaciens. Dans cette optique, le Sillon Lorrain veut que les sièges de l’Hôtel de Région, de l’Assemblée régionale et de la Zone de Défense et de Sécurité Est restent à Metz, que les sièges de l’Agence Régionale de Santé, de la Chambre Régionale de Commerce et d’Industrie et du Rectorat soient maintenus à Nancy et qu’Epinal conserve le siège de la Chambre Régional des Comptes, qui couvre déjà l’ensemble de la Lorraine et de la Champagne-Ardenne.

    Créé en 2011, le Pôle métropolitain du Sillon Lorrain regroupe les quatre agglomérations de Diddenowen (Thionville), Metz, Nancy et Epinal.

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