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Lumière sur … (Archives 1)

Régulièrement, nous vous proposons de partir à la découverte du formidable patrimoine lorrain. Voyage à travers les époques et les lieux qui font de la Lorraine une véritable destination de plaisir, de rencontre et de rêve.

Petite et grande Histoire à Pierrevillers

De son passé viticole, minier, religieux et militaire, Pierrevillers, village de 1 455 habitants, garde de beaux témoignages. 

Ce charmant bourg mosellan est niché au creux de la forêt qui abrite une faune et une flore particulièrement riche et diversifiée. Autrefois, la vigne poussait sur les flancs qui entourent Pierrevillers. Mais comme dans toutes les exploitations de Moselle, son exploitation disparu en raison de l’épidémie de phylloxéra et des guerres. Les rues étroites et pavées du village, ainsi que les grandes maisons vigneronnes rappellent encore cette tradition et cette culture du vin. D’ailleurs, dans la commune voisine de Marange-Silvange, le vignoble a refait son apparition il y a une quinzaine d’année et compte désormais deux producteurs. Le maire de Pierrevillers souhaite lui aussi que la vigne repousse à nouveau sur les coteaux du village, là où la nature a repris c’est droit. Avis donc aux vignerons intéressés.

Le bourg compte en outre un grand nombre de calvaires, que ce soit au bord de la route, sur les façades des maisons ou encore cachés au milieu des champs, à l’instar de la croix des jardins qui date de 1589. Cette dernière a été mutilée à la révolution française. Les jambes du Christ ont en effet été arrachées. Il faut également s’arrêter à l’église fortifiée de Pierrevillers qui est classée monument historique. En plus de comporter une inscription de Robespierre, elle abrite des objets qui ont traversé les siècles, à l’image d’une statue du Bon Dieu de Pitié de 1533 et d’une autre représentant Saint Anne en bois polychrome du XVème siècle. 

A noter que le village a également été marqué par la présence des Templiers. Rappelons que ces derniers étaient les chevaliers du Temple, un ordre militaire et religieux créé au moment des croisades au XIIème siècle. Leur mission était de défendre les lieux saints comme Jérusalem et de protéger les pèlerins venus se recueillir sur la tombe du Christ. Les Templiers étaient présents dans toute l’Europe chrétienne et étaient propriétaires de seigneuries, ce qui leur permettait de récolter de l’argent et ainsi d’entretenir les troupes. A leur dissolution, tous leurs biens furent transférés à l’ordre des hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, plus connus sous le nom de chevaliers de Malte. Ces derniers arrivèrent à Pierrevillers en 1314. Ils y restèrent jusqu’à la révolution française. Il reste encore dans le village des vestiges de leur installation, comme l’église Saint-Martin, la commanderie et des bornes frappées de la croix de Malte. 

La fin du XIXème siècle marqua quant à elle l’achèvement de l’exploitation du minerai de fer dans la vallée de l’Orne, même si la mine de Pierrevillers ne ferma définitivement ses portes qu’en 1931. De cette période prospère, il ne reste aujourd’hui qu’un bâtiment sur les hauteurs du village. Il s’agit de la cantine qui servait également de dortoir et de centre de soins pour les mineurs. 

(Source : presse régionale)

Patrimoine, mémoire et histoire à Hayange

La ville de Hayange, qui compte actuellement plus de 15 000 habitants, est située au cœur de la vallée industrielle de la Fensch. Fort de son passé sidérurgique lié à l’illustre famille des maîtres de forges De Wendel, Hayange fut longtemps considéré comme le berceau de la sidérurgie lorraine. Avec l’arrivée massive des émigrants italiens, polonais et espagnols, la ville fut le creuset d’un important dynamisme. En pleine expansion, la cité s’est ainsi enrichie de plusieurs quartiers dans les années 1970.

statue Notre-Dame Hayange

La statue Notre-Dame de Hayange (Crédits photo : Groupe BLE Lorraine)

Mais au-delà de cette forte empreinte culturelle, Hayange, c’est aussi un patrimoine architectural varié. Le château De Wendel de style romantique germanique, la chapelle De Wendel de style néo-gothique, la maison natale du maréchal Molitor qui abrite aujourd’hui la bibliothèque municipale, ou encore l’église Saint Martin de style renaissance italienne sont autant de curiosités que nous allons découvrir ensemble. Au détour des rues, les fresques en trompe l’œil de l’artiste hayangeois Greg Gawra sont aussi étonnantes que la statue « Notre Dame de Hayange » haute de 7 mètres et érigée en 1903 au sommet de la côté des vignes. Elle offre une vue panoramique insolite de l’ensemble de la vallée de la Fensch. 

Avant toute chose, dressons un bref aperçu de l’histoire de la ville afin de mieux la comprendre.

D’une petite bourgade à la fin du XIXème siècle, Hayange devint rapidement une véritable ville et le centre industriel et commercial de la vallée de la Fensch. Si aujourd’hui Hayange est une ville agréable, fleurie et où il fait bon vivre, il faut savoir que le fer fut exploité ici dès l’époque romaine. Il n’en fallait pas plus pour marquer le destin industriel et économique de la ville. 

La Lorraine possède en effet d’exceptionnelles ressources naturelles de minerai de fer, dont l’exploitation précoce lui a permis de devenir le premier territoire français concernant la production de métallurgie. Les premières traces écrites de l’existence d’une mine datent du XIIème siècle lorsque Thierry de Hayange concéda l’exploitation de la mine de Hayange à Thibaut, comte de Bar. La première forge de la localité date quant à elle de 1323. Sa création fut rapidement suivie par de nouvelles exploitations. Mais après la terrible Guerre de Trente ans, il ne restait que deux forges à Hayange, la Rodolphe et la Marolles. Il faut attendre 1704 pour voir passer l’exploitation du minerai de fer du stade artisanal à celui de l’industrie sidérurgique avec l’installation de Jean-Martin Wendel à Hayange. Son petit-fils, Ignace de Wendel, expérimenta la première coulée de fonte en utilisant le coke au lieu du charbon de bois. En 1803, François de Wendel racheta l’entreprise familiale. Après un voyage en Ecosse, il introduisit les procédés anglais, à savoir l’affinage de la fonte à la houille, le four à puddler, les machines à vapeur et les laminoirs mécaniques. Ses successeurs, Théodore de Gargan et Charles de Wendel continuèrent à intégrer les dernières innovations techniques, si bien qu’en 1865, la Lorraine arriva en tête de la production de la métallurgie en France. En 1929, Hayange devînt la première aciérie de Lorraine. Ce fut en décembre 1949 que fut créée la SOLLAC (Société Lorraine de Laminage Continu). En 1979, l’entreprise réalisa la première coulée continue à brames dans le monde. Aujourd’hui, les différentes sociétés qui constituent le nouveau visage de l’industrie sidérurgique à Hayange continuent toujours d’innover pour être à la pointe de la technologie et rester compétitives sur le marché mondial. 

Cette aventure économique, industrielle et sociale laissa de magnifiques témoignages dans la ville, qui possède un patrimoine architectural riche et varié. Autant de témoins de la grandeur passée à retrouver. 

Notre ballade commence au château Guy De Wendel. Construit en 1906, il est de style romantique germanique. Le parc du domaine totalisait 4,3 hectares. On pouvait y admirer autrefois des fontaines, des bassins, des serres, ainsi qu’un magnifique jardin suspendu. Des arbres aux essences rares y furent de même plantés. L’intérieur du château fut doté de boiseries, de cheminées en marbre et d’une remarquable bibliothèque en chêne massif sculptée. Le château fut habité jusqu’en 1978 par Ségolène de Wendel, dernière représentante de la famille qui avait régnée sur Hayange pendant 274 ans. Le domaine appartient aujourd’hui au patrimoine de la Communauté d’Agglomération du Val de Fensch. Même si une partie du château fut démolie en 2007, trois bâtiments subsistent encore, à savoir celui de l’horloge, la chapelle et le pavillon Robert De Wendel. 

Mais Hayange possède un autre château, lui aussi « de Wendel ». Ce dernier fut élevé en 1720 après que Jean-Martin Wendel ait acquis les forges délabrées de la « Rodolphe » en 1704. A cette époque, le château comprenait un rez-de-chaussée et deux étages. Le château s’agrandit au rythme de l’empire industriel. Il fut restauré et modifié par Humbert de Wendel (1876-1954). Les bâtiments d’origine ont été en partie démolis en 1935 et reconstruits dans le style du XVIIIème siècle. 

Poursuivons notre découverte du patrimoine hayangeois avec la présentation de la statue de Notre-Dame de Hayange, véritable symbole et emblème de toute la vallée de la Fensch. Ses travaux commencèrent le 19 mai 1903 et furent achevés à la fin octobre de la même année. En fonte coulée dans les usines locales, elle pèse 6 tonnes et ½ et dresse ses 7 mètres sur un piédestal de granit haut de 14 mètres. Tous les 15 août, Notre-Dame de Hayange devint un lieu de pèlerinage. Même si les bombardements ont épargné la statue, le temps laissa son empreinte de rouille sur l’édifice. Afin de la restaurer, une souscription publique fut lancée. Les dons affluèrent de partout. Même Jean-Paul Belmondo, acteur principal du film l’Héritier, dont les premières images montrent la Vierge de Hayange, participa à la collecte. La restauration intervint finalement en 1982. Un éclairage illumine désormais la statue la nuit. Telle une apparition, elle veille, les bras ouverts sur cette vallée durement touchée par la crise, dont elle reste le symbole et l’espoir. 

Hayange possède en outre une magnifique église, l’église Saint-Martin, qui fut élevée en 1882. L’ancien édifice qui datait de 1771 était en effet devenu trop étroit. Construite entièrement en pierre de Neufchef, l’église s’inscrit dans le style Renaissance italienne sur le modèle de la Trinité à Paris. Inauguré le 19 février 1895, l’orgue de l’église Saint Martin est quant à lui le plus grand instrument jamais construit par les ateliers Dalstein Haerpfer de Boulay. De style Renaissance, la boiserie est de toute beauté. Sa façade est en hêtre verni, tandis que les deux statues monumentales représentant le roi David et Sainte Cécile sont en fonte et les tuyaux de façade en étain. L’instrument est classé aux monuments historiques depuis le 16 septembre 1993. Avec 53 jeux, 3 claviers comportant chacun 56 notes, 3207 tuyaux, 4000 soufflets de peau de poisson, 1200 mètres de tuyauterie, c’est le plus grand orgue de Moselle. Il possède par ailleurs une acoustique remarquable. 

Découvrons à présent la chapelle sépulcrale de la famille de Wendel qui fut bénie le 4 mars 1854 et qui est dédiée à Saint Joseph, patron de la bonne mort. Avant la construction de ce sanctuaire, les défunts de la famille étaient inhumés dans l’église paroissiale. Le caveau comprenait 26 fours. La première inhumation, celle de Victor François de Wendel, eut lieu en 1850, et la dernière, celle de Maurice de Wendel, en 1961. 

Terminons notre ballade dans le bois des chênes, afin d’en percer les secrets et les mystères. Ce dernier renferme un étonnant éperon barré, témoin d’un site fortifié datant de l’âge du fer (-700 à -50 avant J-C.). Pour bâtir cet ouvrage défensif, les constructeurs de l’époque ont avant tout mis à profit le relief naturel. Le plateau constitue en effet l’accès le moins protégé naturellement. C’est pour cette raison qu’il a été renforcé par un rempart précédé d’un fossé, tous deux encore bien marqués dans le paysage. A l’époque de son utilisation, ce rempart fait de bois et de terre présentait un parement en pierres sèches surmonté d’une palissade. Seule une petite entrée permettait l’accès à l’intérieur de l’enceinte. Les fortes pentes qui contrariaient la progression d’éventuels assaillants ont ainsi permis de réduire les défenses des autres faces de l’éperon à un rempart beaucoup moins imposant qui a laissé des traces plus discrètes. 

Nous espérons que vous avez apprécié cet itinéraire et cette découverte de Hayange. 

Lorraine-Dietrich : une marque, une histoire

C’est une voiture 100 % lorraine, comme en témoigne la croix qui lui sert de sigle. Même la cour de Russie en possédait une à la fin du XIXème siècle. Le véhicule dont nous parlons, c’est bien sûr la Lorraine-Dietrich, voiture de luxe et de sport qui a remporté les 24 heures du Mans en 1925, avant de réaliser le triplé l’année d’après.

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Lorraine-Dietrich de 1925 (Crédits photo : laberezina.com)

Un siècle après ces trois décennies de gloires, la Lorraine-Dietrich n’a rien perdu de sa superbe. C’est une marque mythique, de par son histoire et sa puissance. Elle a ainsi été la première voiture à rouler au-dessus des 100 km/h pendant 24 heures. Il y en avait des points de vente partout, même à New-York. Mais depuis ce modèle devenu rare et prisé des collectionneurs, puisqu’il n’en existe plus que 162 dans le monde. A l’initiative de l’automobile club lorrain, trois de ces modèles sont dernièrement revenus sur leurs terres, à Lunéville, près de l’usine qui a vu naître cette marque aujourd’hui oubliée. L’entreprise fut en effet installée ici en 1879 par la famille de Dietrich. Le site compta jusqu’à 2 000 salariés en 1898. La même année dans la course Paris-Amsterdam-Paris, puis en 1903 au salon de l’automobile de Paris, les premiers modèles défrayèrent la chronique en raison de leur carrosserie d’aluminium ayant la forme d’un bateau. L’aérodynamisme était né.  

La marque avait les meilleurs ingénieurs, à l’image d’Ettore Bugatti ou de Marius Barbarou. Les propriétaires de Lorraine-Dietrich avaient tous un point commun, ils étaient richissimes, que ce soient des industriels, des médecins ou des maîtres de forges, comme le comte de Saintignon, bien connu à Longwy. Il faut dire que rien que le châssis de cette voiture valait à lui seul l’équivalent de 19 600 euros d’aujourd’hui, sans la carrosserie ! En 1905, en pleine gloire, la famille de Dietrich se retira pour faire place à la société lorraine des anciens établissements de Dietrich & Cie de Lunéville. Dans la mesure où Lunéville n’arrivait plus à suivre, une nouvelle usine fut créée en 1907 à Argenteuil. L’entreprise meurthe-et-mosellane, fortement endommagée pendant la Première Guerre Mondiale se consacra, après 1918, à la fabrication de moteurs d’avion. La production de voitures s’arrêta quant à elle en 1933.La Lorraine-Dietrich était alors dépassée par la concurrence, avec des voitures moins voyantes et plus rapides.

Aujourd’hui, la marque mythique survit encore grâce à des passionnés. 

(Source : presse régionale)

Entre vignes et histoire à Ancy-sur-Moselle

Charmant village du Pays Messin, Ancy-sur-Moselle a dernièrement renoué avec sa longue histoire viticole, sans délaisser pour autant les cultures traditionnelles et en s’ouvrant à une nouvelle qui a de l’avenir, la trufficulture. 

Le vin est de retour dans cet ancien village viticole des côtes de Moselle. En effet, depuis 1983, le domaine des Béliers produit de l’Auxerrois, du Pinot gris, du Pinot noir et du Gamay sur près de 4 hectares. Les producteurs sont obligés de planter des cépages précoces en raison du climat lorrain. Mais l’avantage, c’est qu’il existe une belle diversité des sols en Moselle. 

Outre la viticulture, la trufficulture a fait son apparition dans la commune, sous l’impulsion d’un retraité passionné qui a demandé conseil à un pépiniériste. Ce dernier lui a ainsi appris que son terrain était très favorable à la culture de la truffe, une pratique très répandue en Meuse et en Meurthe-et-Moselle, mais relativement novatrice en Moselle.

Ancy-sur-Moselle est aussi riche d’un formidable patrimoine. En témoignent la tour de la rue Lemal-Perrin qui constitue le dernier vestige de l’ancienne enceinte fortifiée du bourg, mais aussi son église fortifiée dotée d’un hourd pour servir de tour de guet. A noter que la flèche de l’édifice a été ajoutée en 1777 à l’occasion d’une restauration. Le village contient également de nombreuses croix, dont notamment celles de Valette, de la Paule, des Pierraux et des Cailloux. 

Aujourd’hui, la municipalité entend concourir à l’embellissement du village, qui passe en particulier par le fleurissement, ainsi que par la mise en valeur des milieux naturels, à l’image des zones humides en bord de Moselle qui sont d’une richesse incroyable. Ancy envisage d’y faire des zones de loisirs et de détente à caractère pédagogique. Le bourg a de même l’intention de réaménager ses coteaux, aujourd’hui en friches, mais qui étaient autrefois recouvert de vignes et de fraises.

La municipalité recherche enfin un maraîcher désireux de s’installer et de s’occuper du terrain en zone basse du village, celui-ci étant propice à ce type de culture.

(Source : presse régionale)

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