Régulièrement, nous vous proposons de partir à la découverte du formidable patrimoine lorrain. Voyage à travers les époques et les lieux qui font de la Lorraine une véritable destination de plaisir, de rencontre et de rêve.
Des vestiges gallo-romains sous les pavés de Metz
Sous les pavées des rues de Metz dorment des souterrains, des caves privées ou des salles voûtées qui témoignent du très riche passé d’une cité née il y a près de 3 000 ans. Malheureusement, ce patrimoine reste encore peu ou pas accessible au grand public. Nous vous proposons ici de découvrir quelques vestiges gallo-romains cachés.
Reconstitution du Metz gallo-romain, Divodurum Mediomatricorum (Crédits photo : Wikipédia)
Vers l’an 1, les Médiomatriques constituait une grande tribu dont l’oppidum, lieu fortifié sur un point élevé, était situé au niveau du col de Saverne. Mais quand ce territoire fut conquis par les Triboques, les Médiomatriques furent contraint de l’abandonner pour se retirer dans les environs de Metz, antique cité qui portait le nom de Divodurum (« bourg voué aux Dieux »). La ville devint alors l’une des plus importantes cités gallo-romaines. Son amphithéâtre faisait ainsi plus de 120 mètres de long et pouvait accueillir 25 000 spectateurs. C’était le plus grand de toute la Gaule.
Un petit amphithéâtre, ou une salle de spectacles, a également été construit sous l’actuelle rue Sainte-Marie. Ses murs sont encore visibles dans des caves privées. La cité disposait en outre d’un forum et d’au moins trois thermes publics, qui n’ont peut-être pas tous fonctionné en même temps. Deux ont laissé des vestiges en sous-sol : les thermes du Nord sous les actuels Musées de la Cour d’Or et les thermes En Nexirue. Des Grands thermes, sous le Centre Saint-Jacques, il ne reste malheureusement plus rien.
Ainsi, à trois mètres sous le sol, dans la cave des sœurs Wiltzer, deux hypocaustes, nom donné au système de chauffage par le sol utilisé à l’époque gallo-romaine, constituent les restes des thermes situées entre la rue des Clercs et la Nexirue. Ceux-ci présentent de petits piliers de briques carrées et des pilettes rondes. Le Praefunium ou foyer a été mis en valeur par un ancien propriétaire, tout comme les dalles qui reposaient sur les pilettes (suspensura) qui étaient recouvertes de plaques de marbre blanc. Des objets datant du Ier ou IIème siècle ont également été retrouvés. Les hypocaustes de ces deux chambres voûtées témoignent de l’existence d’un grand bâtiment public au-dessus, certainement des thermes. De ce fait, des vestiges de murs gallo-romains provenant certainement d’un grand édifice sont encore visibles. Ainsi, le mur du fond de la grande salle du restaurant Flunch fait partie de cet ensemble qui devait mesurer 100 mètres de long et 70 mètres de large.
De nombreux autres hypocaustes de l’époque gallo-romaine ont été découverts à Metz. Outre celui qui est exposé aux Musées de la Cour d’Or, un autre a été exhumé sous l’Arsenal. Il devait servir à chauffer une villa privée. D’autres systèmes de chauffage du même type, qui correspondaient à des constructions d’habitations très riches, ont de même été retrouvés rue aux Ours. En 2007, c’est tout un quartier gallo-romain qui avait été mis au jour à l’emplacement du parking souterrain de l’Amphithéâtre. De tous ces hypocaustes, seuls les exemplaires des Musées et de la cave privé En Nexirue sont encore visibles.
Toujours aux Musées de la Cour d’Or, les visiteurs peuvent arpenter un bout de la galerie souterraine qui appartenait aux thermes du Nord. Il s’agit d’un conduit qui servait à évacuer l’eau des bassins. Ces derniers étaient approvisionnés en eau depuis Gorze, grâce à l’aqueduc, dont on voit encore la partie aérienne à Jouy-aux-Arches et à Ars-sur-Moselle. L’eau circulait dans la partie basse du couloir, dont la rigole est recouverte de Terrazzo (ciment mélangé à de la brique pillée). Les personnes chargées de l’entretien du conduit passaient sur des parties surélevées de chaque côté de la rigole. Le conduit visible par le public mesure 20 mètres de long. Mais il y a toute la partie remblayée qu’on ne voit pas et dont on ne connaît pas les dimensions. La maçonnerie date de 180 avant J-C, ce qui en fait le plus ancien passage souterrain de Metz. Dans le caveau des Trinitaires, le public peut aussi remarquer de gros bouts de murs gallo-romains qui correspondent à un mur d’une piscine des thermes du Nord.
Contrairement à ce que croient beaucoup de gens, il y avait deux amphithéâtres à Metz. Le plus grand a donné son nom au quartier de l’Amphithéâtre. Des vestiges de celui-ci dorment encore sous le carrefour et le parvis du Centre Pompidou-Metz. Il est vraiment regrettable que ceux-ci n’aient pas été mis en valeur et dégagés. Des restes d’une seconde enceinte, plus petite, ont été retrouvés au siècle dernier. Ses limites sont représentées aujourd’hui par le quai Paul Vautrin, la place de chambre, la rue du Faisan et la rue Sainte-Marie, soit une ellipse de 75 mètres X 45 mètres. Dans la cave de la résidence de la rue Sainte-Marie, le bailleur Logi-Est a mis en valeur une partie des murs gallo-romains de l’édifice. Cette belle pièce souterraine sert désormais de salle de réunions pour le bailleur. On sait peu de choses sur l’édifice. Juste qu’il date du IVème siècle, après que Metz ait été entouré de remparts. D’autres spécialistes situent cela dit sa construction au IIème siècle. De taille modeste, le bâtiment révèle des murs concentriques qui devaient accueillir des gradins. Ceux-ci auraient été construits côté fleuve, face à la colline, ce qui est inhabituel. Certains pensent que c’était peut-être un petit théâtre pour la parole et non un amphithéâtre pour les jeux du cirque. Le mur gallo-romain se poursuit dans d’autres caves privées. On devine aussi son existence en observant les façades des maisons qui présentent un retrait sur le quai et dans la rue Saint-Louis. Cette anomalie est due à la présence de murs antiques qui ont servi de fondation aux constructions modernes.
Par ailleurs, un cryptoportique, c’est-à-dire un portique enfoui sous la terre ou qui fait partie d’un ensemble architectural, « cruptos » voulant dire caché en grec, se cache sous les bureaux de l’Evêché de Metz, au bout de la rue Dupont-des-Loges. Datant du IIème siècle après Jésus-Christ, aux environs de l’époque de Trajan ou d’Hadrien, il servait à la circulation des hommes et des bêtes, ainsi qu’au stockage des marchandises. Il se compose de deux galeries, à savoir la grande salle gallo-romaine et la petite salle médiévale. La première fait 41 mètres de long et 6 mètres de large. Elle comporte des voûtes, des arcs de décrochage, des murets et des margelles. Mais les spécialistes ne savent pas exactement à quoi servait l’endroit. Sur l’appareillage gallo-romain formé par des couches régulières de pierres et de briques rouges, on distingue une voûte médiévale. En effet, en 604, Glossinde avait fondé ici un couvent. Cinq siècles plus tard, durant le siège de Charles Quint, le couvent a été en partie enseveli sous des fortifications. De nos jours, le bâtiment actuel de l’Evêché fragilise le cryptoportique. Dans les bureaux, il y a un mur porteur qui est décentré par rapport à la voûte. Il s’est formé une grande fissure dans la voûte qui s’agrandit malheureusement d’année en année. L’endroit a été exploré par les Allemands à la fin du XIXème siècle et a même servi pendant les bombardements de la Seconde Guerre Mondiale. Il faut dire qu’une photographie aérienne a révélé les traces d’un escalier sous la pelouse de l’Evêché donnant accès au cryptoportique. Une canalisation gallo-romaine permet également d’accéder à la cave.
A noter enfin qu’il existe un autre exemple de cryptoportique gallo-romain encore visible au pied de la cathédrale Saint-Etienne. Il y reste une salle de 41 mètres de long et de 6 mètres de large, comme celle située sous l’Evêché, ainsi qu’une autre d’une largeur de 3,30 mètres.
(Source : presse régionale)
Les mystères de Grand la gallo-romaine
Grand, petit village lorrain de la plaine des Vosges, constitue encore de nos jours l’un des sites les plus étonnants de l’Antiquité gallo-romaine. Ainsi, le panégyriste de l’Empereur Constantin parlait déjà du « temple le plus beau du monde » quand il faisait référence à l’édifice qui s’y élevait jadis.
Amphithéâtre de Grand (Crédits photos : webtournaire)
En pleine campagne, le visiteur peut aujourd’hui y admirer un amphithéâtre semi-circulaire de 17 000 places, l’un des plus grands du monde romain, la plus importante mosaïque trouvée à ce jour en Europe, d’une superficie de 224 mètres carrés, un système hydraulique souterrains et de galeries maçonnés d’une quinzaine de kilomètres qui coure sous le village, ainsi que 300 puits, dont l’usage exact fait encore débat et qui ont livré, même si le plus grand nombre d’entre eux reste encore à fouiller, un mobilier étonnant, à l’image des fragments reconstitués d’énigmatiques tablettes astrologiques en ivoire et à décor égyptien. Les inscriptions qui figurent sur ce diptyque transportable sont en vieux copte. Mais d’autres découvertes interpellent à Grand, à la fois par leur finesse, leur état de conservation, mais aussi par les questions qu’elles soulèvent ou simplement par leur beauté. On peut évoquer à ce titre des intailles, un pendentif en or et une statuaire non religieuse extraordinairement riche et évocatrice de la vie des artisans ou du travail des vignerons. On citera en outre des dés retrouvés à côté de restes de volailles dans un petit espace ouvrant sur l’arène de l’amphithéâtre et dont on pense qu’ils pouvaient servir de « coulisses » aux gladiateurs. Les combattants se restauraient là en attendant leur tour du « morituri te salutant ». Ils y jouaient aussi, en lançant les dés pour tromper l’ennui et ils y trichaient sans vergogne. En effet, l’un des dés retrouvés et conservés à Grand possède deux faces identiques frappées d’un as.
Ces différents éléments témoignent d’une intense activité humaine du Ier au IIIème siècle après Jésus-Christ, qui s’était organisée autour d’une mare sacrée, née d’une étrange résurgence dédiée à Grannus, dieu celte lié aux sources et au Soleil qui s’est confondu plus tard avec Apollon, son illustre alter ego romain. Une cité antique de première importance dort donc sous le sol vosgien. Des milliers de pèlerins venaient de tout le monde romain, vêtus de toutes les étoffes et parlant toutes les langues. Ils se pressaient pour prendre les eaux et honorer Esculape ou Apollon. Les spécialistes s’accordent à dire qu’une grave crise économique assortie d’invasions barbares succéda à cette période faste. Cependant rien n’est venu ici troubler l’agencement de la cité antique dédiée à Apollon-Grannus. On est ainsi loin du milieu urbain et des grands bouleversements qui brouillent les cartes. Bien évidemment les archéologues savent depuis longtemps l’existence de quelque chose à Grand. Les murs des maisons les plus anciennes en attestent, puisqu’ils contiennent tous leur lot de pierres empruntées à l’amphithéâtre.
Parmi les énigmes et les mystères qui entourent le sanctuaire de Grand figure celle de la grande mosaïque. Se situait-elle au cœur d’une basilique, qui correspondait à l’époque à un lieu de réunion public chez les Romains, ou dans une demeure privée ? De même, que représentait son motif central, où seul un personnage masqué est identifiable ? Ce dernier pourrait faire référence au Fantôme, une comédie de Ménandre du IIème siècle. Et que dire des interrogations soulevées par l’église Sainte-Libaire ? La martyre aurait été décapitée en 362 à Grand. Elle aurait ensuite ramassé sa propre tête et serait allée la laver à une fontaine. On retrouve encore une fois l’idée récurrente d’eau purificatrice. L’édifice, datant du XVème siècle, a été bâti directement sur la fameuse mare sacrée, une manière pour le christianisme de marquer sa prééminence sur les cultes païens éradiqués. Mais, si le calcul symbolique a été bon, c’était sans compter sur les facéties de la géologie. Les mouvements d’un sous-sol instable ont en effet amené à la fermeture au public d’une église qui s’effondre, sans que l’on sache exactement ce qu’elle va devenir.
Les mystères sont encore nombreux dans l’antique cité lorraine. Ils trouvent écho dans les légendes des alentours. Cinquante ans après les premières fouilles, les archéologues commencent une nouvelle campagne. Le Grand d’aujourd’hui apparaît bien minuscule à l’aune de l’Histoire et de l’ancienne cité qui sort de terre. C’est certain, la ville romaine d’autrefois, où Apollon aimait se promener comme dans son jardin, nous réserve encore son lot de surprises.
(Source : presse régionale)
Visite à Scy-Chazelle
Scy-Chazelle, charmante commune de 2 880 habitants s’étire des rives de la Moselle aux flancs du Mont-Saint-Quentin. Ce dernier, riche en faune et en flore, avec notamment la présence du lynx et d’espèces rares d’orchidées, a d’ailleurs été le premier site naturel à être classé en Lorraine. C’est toujours un lieu idéal pour les amoureux de la nature.
Maison de Robert Schuman (Crédits photo : Mairie de Scy-Chazelle)
Mais Scy-Chazelle est avant tout réputé pour la maison de Robert Schuman, un des Pères Fondateurs de l’Europe contemporaine. Né en 1886 à Luxembourg, Robert Schuman est venu habiter dans la commune en 1926. Avocat de formation, il exerça au barreau de Metz, puis se lança dans une carrière politique brillante et exemplaire. C’est en 1960 que Robert Schuman est venu s’installer définitivement dans la maison que l’on peut aujourd’hui visiter. Pendant son travail, cette ancienne demeure vigneronne constituait un endroit où il venait se ressourcer et réfléchir. Dans cette dernière, l’atmosphère est sobre et simple, à l’image des goûts de son propriétaire. Tout a été restitué, des interrupteurs d’époque à son impressionnante bibliothèque contenant des livres rares, en passant par sa collection de photos et d’autographes d’hommes et de femmes célèbres tels que Marshall et Harry Truman, sans oublier le bureau où il a approuvé la déclaration du 9 mai 1950. De 1 500 visiteurs auparavant, la maison de Robert Schuman, devenue musée, accueille de nos jours plus de 17 000 curieux.
Le parc de la maison a lui aussi subi de nombreux travaux, afin de reconstituer le jardin tel qu’il était autrefois. Si bien que dans le « jardin des plantes de chez nous », on retrouve les mêmes espèces qu’à l’époque de Robert Schuman, ainsi que des plantes typiquement lorraines. A noter qu’un espace muséographique plus contemporain y a également été aménagé. Véritable lieu de réflexion sur l’Europe, la visite de ce centre débute à l’étage avec une exposition permanente comprenant trois niveaux de lecture : le mur de documents avec une collection patrimoniale de Robert Schuman, un mur de médiation qui propose une approche plus didactique et une frise chronologique sous forme de ruban, métaphore de la construction européenne. Le rez-de-chaussée du bâtiment présente quant à lui une exposition temporaire.
Eglise fortifiée Saint-Quentin (Crédits photo : Marie de Scy-Chazelle)
Non loin de là, juste en face de la maison de Robert Schuman, se tient l’église fortifiée Saint-Quentin. Le chœur de cet édifice construit au XIIème siècle est d’ailleurs le lieu de repos du Père de l’Europe. Afin de faire découvrir aux visiteurs les autres facettes de la commune, la municipalité de Scy-Chazelle projette de créer un circuit touristique qui sera composé de deux itinéraires et qui sera ponctué de panneaux d’informations. Le parcours devrait ainsi passé par la croix de Gibet situé à l’emplacement où avaient lieu les exécutions. L’année dernière, les habitants y avaient reconstitué un procès de sorcière. Le circuit s’arrêtera de même sur la place de l’Esplanade, de laquelle on peut profiter d’une magnifique vue panoramique sur la vallée de la Moselle, ainsi que par les vignes de la commune. Niché sur les hauteurs de Scy qui dominent l’agglomération messine, ce vignoble de 24 ares, qui profite d’une exposition plein Sud sur les flancs du Saint-Quentin, permet de produire un Auxerrois sec, légèrement pétillant et aux arômes d’agrumes, mais aussi un pinot gris qui évoque les fruits rouges.
La municipalité a également créé des jardins collectifs non loin du vignoble. Pour le moment, seule la première partie du programme a été réalisée avec des lopins de terre de 2,5 ares. L’idée a tellement séduit la population que tous les terrains sont déjà réservés. Une seconde tranche devrait bientôt voir le jour.
Enfin, Scy-Chazelle a l’intention de créer des pistes cyclables qui permettront de longer tranquillement les bords de la Moselle. Ces chemins s’inscrivent dans le cadre du projet de Véloroute Charles le Téméraire.
Lumière sur le site archéologique du Mont-Saint-Germain
Du haut de ses 306 mètres, il domine la charmante commune de Châtel-Saint-Germain, aux portes de Metz. La silhouette si familière de l’ancien prieuré à son sommet lui confère tantôt un caractère romantique et envoûtant, tantôt étrange, fascinant et terrifiant les soirs d’orage et de pleine lune. L’éperon barré de Châtel-Saint-Germain, promontoire rocheux de 7 hectares n’a en effet pas fini de livrer ses secrets…
Sépultures et sarcophages sur le site archéologique du Mont-Saint-Germain près de Metz (Crédits photos : mw2)
L’hypothèse d’un village celte sur le mont a été confortée par la découverte de lingots de fer destinés à des forgerons et de toute une série d’objets datant de l’âge du fer. Mais l’élément le plus remarquable attestant de cette présence humaine reste le rempart, précédé d’un fossé, qui traverse toute la zone. Ce dernier est d’ailleurs dénommé le « talus sous les pins ». Non loin de là, se dressait, à une autre époque, un château-fort du XIIIème siècle qui appartenait à l’évêque de Metz Jean d’Apremont. En longeant le rempart, on peut en découvrir quelques vestiges, dont une base d’une tour. Les historiens pensent que la forteresse a été détruite au cours de la « Guerre des amis », conflit qui a vu s’opposer entre 1231 et 1234 l’évêque de Metz et le Duc de Lorraine. Ce dernier ayant triomphé. Le visiteur peut également voir un four à pain du XIIème siècle, les ruines d’une maison forte de chevaliers et surtout les vestiges du prieuré de l’abbaye Saint-Vincent de Metz, ainsi qu’un cimetière et une nécropole mérovingienne. Cette dernière a ainsi pu être datée grâce à des boucles de ceintures et des objets de luxe retrouvées dans les sépultures et aujourd’hui exposés dans une salle du patrimoine à Châtel-Saint-Germain. La nécropole se caractéristique par l’existence de tout type de tombes, en pleine terre, creusées dans la roche, ou avec des sarcophages. En tout et pour le moment, 373 sépultures ont été fouillées et près de 1 000 corps ont été exhumés. Le sanctuaire tomba progressivement dans l’oubli et la désuétude au moment où les habitants, las de gravir le Mont-Saint-Germain, demandèrent à ce que l’église du village, construite au XVème siècle, soit déclarée paroissiale. Ils obtinrent finalement gain de cause en 1760 et c’est à ce moment-là que fut élevée l’église actuelle de Châtel-Saint-Germain, non loin de l’ancienne. Aujourd’hui, des discussions sont en cours afin d’aménager le site archéologique du Mont Saint-Germain avec la communauté d’agglomération de Metz-Métropole, dans l’optique de le mettre en valeur.
Le patrimoine de Châtel est en outre riche de bien d’autres curiosités historiques et naturelles. Pour les découvrir, rien ne vaut mieux que d’emprunter les nombreux chemins balisés par le Club Vosgien de Metz. Vous pourrez ainsi apercevoir l’ancienne route de guerre, un four à chaux, les vestiges d’une batterie installée par les Allemands et utilisée de 1907 à 1910, dont il ne subsiste que les plaques tournantes, la chapelle Notre-Dame du Gros Chêne, un escalier de 360 marches, mais aussi des cormiers, arbres de plus en plus rares, ou encore le célèbre hêtre des batailles. En raison de la configuration du terrain et de sa situation, Châtel-Saint-Germain offre une variété de sentiers que l’on ne retrouve nulle part ailleurs dans le Pays Messin. De même, deux lavoirs alimentés par une source subsistent encore dans cette petite ville de 2 184 habitants, à savoir celui de Saulcy, en bordure du ruisseau de Montvaux, et celui de la rue de Verdun. A ce magnifique petit patrimoine, si caractéristique de la douce Lorraine, se trouvent six fontaines toujours alimentées, ainsi que deux autres qui restent en sommeil. Vous pourrez aussi découvrir l’un des nombreux forts construits par les Allemands sur les côtes de Moselle, comme le fort Jeanne d’Arc. Construit en 1901, il servit principalement entre 1945 et 1995 pour le contrôle aérien et les transmissions. Le fort de Guise faisait quant à lui partie d’un groupe fortifié qui comprenait les ouvrages de Leipzig et de la Folie.
L’histoire Châtel-Saint-Germain est ainsi intimement liée à la vie militaire. Plus pour longtemps, car suite aux iniques et odieuses restructurations militaires, le 1er régiment médical de la ville et ses 1 055 personnes disparaîtront en 2011 pour s’installer dans l’Ain. Ceux-ci résidaient dans le quartier Serret. La construction des premiers bâtiments de la caserne actuelle fut décidée par les Allemands. Elle se fit entre 1912 et 1918. Le quartier Serret passa ensuite successivement entre les mains françaises, puis à nouveau allemandes entre 1940 et 1944, avant d’être une nouvelle fois récupéré par les Français.
Aujourd’hui, riche de son passé et de son patrimoine, Châtel-Saint-Germain s’est résolument tourné vers l’avenir. La commune a ainsi inauguré en 2008 une toute nouvelle salle omnisports de 250 places avec gradins.
bloggerslorrainsengages
6 novembre, 2011 à 23:28
Voyage en Petite Suisse lorraine
Dieulouard est le seuil de la Petite Suisse lorraine. On est obligé d’y passer pour y accéder. Mais la commune n’en fait pas partie. En effet, la Petite Suisse lorraine est composée de 5 villages d’à peine 200 âmes, où tout le monde se connaît : Griscourt, Gézoncourt, Rogéville, Martincourt et Jezainville.
La route qui la parcourt constitue une protection naturelle. Avec son tracé tortueux, elle ressemble à s’y méprendre aux routes montagnardes du pays helvète. Parfois entourée de bois, souvent bordée de pâtures, elle prend sa plus belle allure lorsqu’elle est encadrée par les champs tout justes labourés. La forte teneur en minerai de fer donne à la terre encore chaude une couleur étrange, proche de la rouille. Ce tableau naturel se conclut avec l’horizon en arrière-plan. Rien ne vaut la randonnée pour découvrir les merveilles de ce petit bout de Lorraine.
Si l’on connaît le commencement et la fin de cette région naturelle, ses frontières exactes sont floues. Seuls son paysage vallonné, son silence paisible et sa route sinueuse font comprendre que l’on se trouve sur ses terres. Autrement dit, si le paysage est vallonné, on est en plein dedans. Ce vallonnement, très ressemblant au paysage helvétique, d’où son surnom, est provoqué par l’écoulement de l’Esch, le ruisseau qui se jette dans la Moselle canalisée à Blénod-lès-Pont-à-Mousson.
Avec ses grandes maisons et ses immenses prairies, Martincourt traduit la grande hétérogénéité de la Petite Suisse lorraine. Même si chacune des localités dispose de son église et de son moulin, pas un patelin ne se ressemble. A Gézoncourt, les maisons sont décollées les unes des autres. Chaque mur a une teinte beige, même ceux de la mairie et de la coquette église du XIIème siècle. A Rogéville, le moulin, perdu en plein bois à l’écart du centre, est désormais à l’abandon.
Tabernis
7 mars, 2019 à 9:42
Depuis quand l’amphi de Metz est le plus grand de France?
le plus grand est celui de Sens à départager avec celui de Limoges, les deux avaient 30 000 places!
Celui de Metz en avait 25 000 ce qui n’est déjà pas mal mais d’autres avaient la même capacité! Nîmes, tours, Poitiers et Arles.