Vous trouverez sur cette page tous les articles se rapportant aux légendes, aux contes, aux vieilles histoires et aux traditions de Lorraine. Une Lorraine mystérieuse et envoûtante comme vous ne l’avez jamais vue …
Le Trimâzo en Lorraine
La coutume du Trimâzo se déroulait le premier dimanche du mois de mai. Généralement, une fillette jouait le rôle de coryphée. Habillée de blanc, la chevelure ornée de fleurs et de rubans, elle allait, suivie de deux autres jeunes filles également vêtues de blanc, par les rues de nos villes et villages. Elle entrait dans chaque maison et y chantait, tandis que ses deux compagnes dansaient devant la porte ou dans le corridor. A l’issue de la chanson, elle quêtait en l’honneur de mai. Parfois, elle recevait des œufs ou du chanvre.
Dans le langage celtique, Trimâzo signifie « trois enfants ».
A Metz, il n’y a pas si longtemps encore, les jeunes filles de chaque paroisse s’assemblaient et choisissaient entre elles celle qui leur paraissait à la fois la plus leste et la plus jolie.
Hexenaat en Moselle
Tradition multiséculaire, la Hexenaat, ou Nuit des Sorcières, est encore très présente en Moselle-Est et dans le Pays de Nied.
Il faut dire que cette partie de la Lorraine regorge de superstitions, d’histoires et de légendes de lutins, de gnomes, de farfadets, de fées et bien entendu de sorcières. On raconte d’ailleurs que ces dernières se retrouvaient le samedi soir pour danser dans de nombreuses forêts de Moselle-Est. Le Chêne des Sorcières de Saint-Avold rappelle encore aujourd’hui ces cérémonies.
La Hexenaat est célébrée chaque année au Château de Freistroff, dans le Pays de Nied (Crédits photo : Groupe BLE Lorraine)
La tradition rapporte également que les sorcières se rassemblaient dans la nuit du 30 avril au 1er mai dans les forêts. Elles étaient alors invoquées pour user de leur magie et chasser définitivement l’hiver. C’était la seule fois de l’année où elles avaient le droit de se manifester. Le désordre et le chaos que symbolisaient les sorcières se retrouvaient en réalité au premier matin de mai. Toutes les communes de Moselle-Est se réveillaient ainsi sens dessus dessous. Les jeunes hommes, généralement les célibataires, déplaçaient en effet pendant la nuit tous les objets non scellés pour les remettre n’importe où dans les villages. Aujourd’hui encore, même si la pratique est moins constatée, il n’est pas rare de retrouver des panneaux modifiés, des poubelles déplacées et des nains de jardin emballés de papier.
La Hexenaat trouverait son origine au XVIème siècle au moment où la chasse aux sorcières faisait rage, en particulier dans le Pays de Nied. Catherine de Vaudreching fut par exemple accusée en 1594 de se métamorphoser en chatte, d’ôter la virilité des hommes et de tuer les animaux domestiques.
Le Tiefe Pfuhl de Woelfling
Dans la forêt de Woelfling-lès-Sarreguemines, au lieu-dit Frohnerwald, se trouve un immense trou qui était jadis un marécage boueux. Selon la légende, ce trou aurait été créé par Dieu pour punir la méchanceté humaine. Les habitants essayèrent plusieurs fois de mesurer sa profondeur, en vain.
L’histoire raconte qu’en des temps bien reculés, un seigneur traversa la forêt de Woelfling-lès-Sarreguemines pour rejoindre Gros-Réderching en empruntant la voie romaine. Ce seigneur était connu pour son caractère sévère, froid et cruel. Il n’était pas aimé de ses sujets, qui tremblaient rien qu’en le voyant passer. Alors que son carrosse cheminait à bonne allure, un enfant se trouvait assis au milieu du chemin au lieu-dit Frohnerwald. Vêtu pauvrement, il portait sur ses genoux un jeune corbeau tombé du nid avec lequel il jouait. Le garçon ne semblait pas vouloir s’écarter du chemin. Le cocher, qui ne voulait pas le renverser, stoppa net le carrosse, tiré par quatre superbes chevaux blancs. Il demanda à l’enfant de se mettre sur le bas-côté, afin de libérer le passage. Mais celui-ci sollicita quelques pièces pour améliorer son quotidien. Le cocher avisa son seigneur, percepteur de profession, du souhait de l’enfant. Le seigneur refusa catégoriquement et ordonna au cocher de reprendre la route et de ne pas se laisser intimider par le jeune garçon. Le cocher obéit à contre cœur et renversa l’enfant. Au même instant, un trou béant s’ouvrit sous le carrosse. Le seigneur, son cocher et son attelage furent engloutis dans cet orifice qui se remplit immédiatement d’eau. Personne ne sait si l’enfant survécu ou non à l’accident.
Aujourd’hui, le Tiefe Pfuhl est à sec depuis la sécheresse de l’été 2003. Toutefois, il y règne encore une atmosphère particulièrement pesante.
Rommelbootzen Naat
La Rommelbootzen Naat, ou Nuit des betteraves grimaçantes, va une nouvelle fois s’emparer du Pays de Nied, en Moselle.
Les betteraves fourragères, derniers légumes récoltés dans les champs, prennent alors d’étranges visages. Eclairées d’une petite bougie, ces lanternes doivent effrayer les mauvais esprits dans la nuit du 31 octobre. Placées sur les rebords des fenêtres ou à la croisée des chemins, chaque « Rommel » reflète parfaitement l’âme de son créateur.


Le Château de Freistroff prête son cadre mystérieux à la Rommelbootzen Naat (Crédits photo : Moselle Tourisme)
Le cadre envoûtant du Château Saint-Sixte de Freistroff est l’endroit le plus approprié pour célébrer ce passage entre le monde des vivants et celui des morts. L’esprit des fantômes et des sorcières hante en effet les murs de ce château atypique à plus d’un titre.
Ainsi, patrimoine et tradition se marieront à nouveau pour des moments de frissons et d’effroi pour petits et grands les 24, 27 et 31 octobre.
Vous pouvez retrouver des vidéos sur cette tradition lorraine sur notre site BLE Web TV.
Tradition des feux de la Saint-Jean en Lorraine
Célébrés traditionnellement le 24 juin, les célèbres feux de la Saint-Jean font partie intégrante de la culture lorraine. Dans le Toulois, il est coutume de brûler une « chavande », qui était à l’origine un simple tas de bois, mais qui est devenue au fil du temps de plus en plus sophistiquée, presqu’une œuvre d’art en soi parfois (bûcher, château de bois, …). Dans certains villages des côtes, on attachait une « gueniche » au sommet, sorte de poupée de chiffon qui personnifiait les mauvais jours, et dont la combustion marquait le début des festivités et le retour de l’été. Une tradition symbolique perpétuant le cycle des saisons juste après le solstice d’été.
Malheureusement, cette célébration tend à se perdre en raison de l’essoufflement des bénévoles de certaines associations qui craignent des débordements et les comportements stupides et imbéciles d’individus aussi imbibés d’alcool que mal avisés.
A Toul, la tradition des feux de la Saint-Jean perdure néanmoins. Elle ne se déroule plus forcément le soir du 24 juin, mais le samedi le plus proche sur la place du champ de foire.
Rituel spirituel à Cocheren
Les pèlerins qui empruntent les chemins de Saint-Jacques de Compostelle situés en Moselle-Est ont pris pour habitude de faire une halte sur les hauteurs de Cocheren, là où se trouve l’ancienne chapelle Sainte-Hélène, détruite par des affaissements miniers dans les années 1990 et depuis symbolisée par un porche en verre, une plaque de marbre accrochée à un rocher et une sculpture en bois de Sainte-Hélène. C’est à ses pieds que les pèlerins déposent une croix fabriquée quelques minutes plus tôt à l’aide de prêles, plante connue pour ses vertus médicinales. La colline du Hérapel, qui culmine à plus de 330 mètres d’altitude, abrite en effet plusieurs champs de prêles d’hiver, plante très rare en Lorraine. Ce végétal peut atteindre jusqu’à un mètre de hauteur et garde toute l’année sa couleur vert foncé.
(Source : presse régionale)
Ronde du veilleur de nuit à Fénétrange
Le veilleur de nuit de Fénétrange a dernièrement repris ses rondes en entonnant son célèbre chant.
Instauré au Moyen-âge, le veilleur de nuit avait pour mission de veiller à l’extinction de tous les feux, afin notamment de limiter les risques d’incendie et de chasser manants et autres personnes indésirables qui n’avaient pas le droit de résider à l’abri des murs de la ville fortifiée pendant la nuit. A noter enfin qu’un veilleur de nuit vêtu de la tenue officielle et ancestrale effectuait encore ses rondes à Fénétrange jusqu’au milieu du XXème siècle. Un fait rare en Lorraine.
Procession ancestrale à Grosbliederstroff
A découvrir jusqu’au 25 septembre 2010 les vendredis, samedis, dimanches (uniquement en juillet/août), ainsi que les jours fériés, à la tombée de la nuit dans les ruelles tortueuses de la cité médiévale mosellane.
Une procession s’est dernièrement déroulée entre les églises de Kleinblittersdorf et de Grosbliederstroff au son des cantiques religieux entonnés par les paroissiens.
Il s’agit en réalité d’une tradition ancestrale appelée Bittage ou Rogations, du latin « rogare », qui signifie « demander ». Les Rogations se substituent d’ailleurs à la célébration romaine des Robigalia destinée à protéger les céréales de la maladie et de la rouille. Les prières d’intercessions, qui sont ainsi exprimées au cours des processions de ce type, autrefois à travers la campagne et les champs, ont généralement lieu au cours des trois jours qui précèdent l’Ascension dans le calendrier liturgique chrétien. A Saint-Avold, les premiers documents qui font état des Rogations datent de la fin du Moyen-âge. Avant Vatican II, ces trois jours marquaient le commencement d’une période de trois semaines pendant laquelle la célébration des mariages était interdite, car les fidèles observaient un jeûne. Au cours de la procession, les croyants demandent à Dieu de bénir et de faire fructifier les travaux des champs. Leurs prières peuvent être accompagnées d’une bénédiction de la terre, des champs et des instruments de travail agricoles.
La légende du Trésor de l’Abbaye de Gorze
Gorze est un bourg chargé d’histoires effrayantes à l’image de celles de la Maison des sept pendus, du moine chasseur, de l’apparition de l’enfant mort ou encore du Trésor de l’abbaye.
Le Jugement dernier sur le tympan de la Chapelle Saint-Stéphane de l’Abbaye de Gorze (Crédits photo : Wikipédia)
Située à proximité de Metz, l’Abbaye de Gorze était jadis riche et puissante. Son rayonnement européen avait également pour effet de susciter des convoitises. Redoutant une attaque surprise qui les auraient piégés dans leurs murs, les moines auraient construit un souterrain entre l’abbaye et le Bois des Prêtres pour fuir et se mettre à l’abri sans être vus par les assaillants. Lorsque vînt le jour où l’abbaye fut attaquée, les moines empruntèrent le tunnel emportant avec eux toutes leurs richesses. La légende raconte que pour les punir d’avoir eu ce réflexe vénal, le Malin les aurait empêchés de sortir, les laissant mourir avec leur or dans le souterrain. Le diable s’empara alors de leur trésor.
La sortie du souterrain légendaire se trouve dans les sous-bois, au niveau du trou Robert Fey. Il s’agit d’une cavité naturelle créée par la rupture de la roche. Celle-ci est composée d’un puits de sept mètres de profondeur et d’un boyau long de 40 mètres, fait de deux galeries disposées en vis-à-vis, qui semble partir en direction de l’abbaye. Un kilomètre et un dénivelé de soixante mètres séparent les deux extrémités, ce qui rend l’hypothèse d’un passage assez peu probable.
A noter enfin que la cavité Fey est peuplée de petits et de grands Rhinolophes, deux espèces de chauve-souris protégées.
La Parade du Graoully
Le dimanche 16 mai, le mythe et la procession ancestrale du Graoully seront ressuscités et surtout revisités par le Centre Pompidou-Metz. Le musée les livrera en effet aux petits Messins, dont l’imaginaire constituera une voie royale vers l’art contemporain.
S’il est bien une légende assimilée à Metz, ville aux 3 000 ans d’histoire, c’est bien celle du Graoully, terrifiant dragon. Cette « effigie ridicule et terrible aux enfants, avec des horrifiques mâchoires que l’on fait terrifiquement cliqueter » selon les écrits du XVIème siècle de l’humaniste François Rabelais, était pendant le Moyen-âge et la Renaissance portée en procession dans toute la ville puis fouettée par les enfants en signe de détestation. Sa réplique se trouve aujourd’hui dans la crypte de la cathédrale de Metz.
En effet, selon la légende, Saint Clément fut envoyé par Saint Pierre pour évangéliser Metz. Mais il découvrit à son arrivée de nombreux serpents installés dans les ruines encore fumantes de l’amphithéâtre qui était pourtant l’un des plus grands du monde romain. L’arrivée de Saint Clément à cet endroit précis, dans cette enceinte où se produisaient les jeux du cirque, à savoir des chasses avec des animaux sauvages et des humiliores avec des crucifixions et des bûchers, n’est pas un hasard. Celui qui fut le premier évêque de Metz, réussi à soumettre le plus grand d’entre eux, le fameux Graoully, qu’il conduisit sur les bords de la Seille pour le noyer.
On perçoit à travers cette légende une symbolique évidente. Le Graoully, montre hideux qui représente les anciennes religions païennes, est terrassé par Saint Clément, envoyé de Rome, signifiant ainsi le triomphe du christianisme. L’évangélisation de la ville est alors accomplie.
Cette légende sera le fil conducteur de la parade du Graoully, qui reliera le centre historique au Centre Pompidou-Metz, construit lui-même non loin de l’ancien amphithéâtre romain. De quoi montrer que l’un ne tourne pas le dos à l’autre, que la cathédrale du XIIème siècle ne s’oppose pas à celle du XXIème siècle. Pour faire, le départ du cortège est donné à 10 heures Places d’Armes. Tous les participants, parents et enfants, devront avoir revêtu un t-shirt blanc. Des crécelles et autres jouets bruyants seront alors distribués, afin de faire le plus de bruit possible. De quoi réveiller une autre tradition de Lorraine. Le cortège accompagnera une effigie du Graoully de presque trente mètres de long réalisée dans un atelier de Maxéville, près de Nancy. Le monstre aux couleurs de la ville, c’est-à-dire blanc et noir, sera porté par une vingtaine de personnes qui le feront onduler.
En attendant le déroulement de cette manifestation, nous pouvons que nous réjouir de voir revivre cette tradition ancienne et populaire. Nous regrettons toutefois qu’elle ne s’apparente pas à sa forme originelle, à savoir une procession religieuse. Il sera intéressant en tout cas de constater d’un point de vue sociologique si le Graoully, autrefois détesté et craint, ne sera pas au XXIème siècle adulé et loué. De la toiture de la gare de Metz, dont on dit qu’elle serait faite de ses écailles, aux caves des maisons de la ville où il rôderait encore pour effrayer les enfants qui ne seraient pas sages, son ombre continue de planer encore aujourd’hui sur une ville plusieurs fois millénaire …
Légendes du Fintersbach
Le lieu-dit du Finsterbach, à Enchenberg, dans le Bitscherland, est source de nombreuses légendes. La signification du mot « Finsterbach », qui vient de « Finster » qui signifie « sombre », ou encore de « Finsternis » qui veut dire « ténèbres », a en effet donné libre cours à des créatures fantastiques comme le Finsterbachmännel, un lutin volant, le S’Schniebiwel, lutin malfaisant qui sautait sur le dos des voyageurs afin de se faire transporter, ou encore le Wilde Jäger, chasseur fantôme sauvage qui fréquentait également les environs.










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1 avril, 2012 à 21:09
La Légende de Saint-Vincent et de la linotte
Les hommes attribuent souvent un rôle symbolique aux oiseaux. En Moselle germanophone, la chouette était par exemple annonciatrice de malheurs, tandis que le chardonneret est encore aujourd’hui un symbole de la Lorraine et le rossignol le messager des amoureux. La linotte est quant à elle devenue l’oiseau fétiche des vignerons, tout simplement parce qu’elle vit là où ils travaillent. C’est en effet un oiseau qui aime vivre dans une végétation peu fournie et proche du sol. La forêt dense n’est donc pas son habitat de prédilection. Elle préfère au contraire les terres cultivées des campagnes, où elle trouve refuge dans les haies et les vignes. C’est la raison pour laquelle les viticulteurs du Toulois en ont fait une légende, celle de Saint-Vincent et de la linotte.
Un jour que Saint-Vincent, patron des Vignerons, se promenait dans la région de Toul, il serait entré dans une maison, dont le propriétaire s’était absenté. Il y avait une cruche remplie de vin posée sur la table. Le Saint se serait servi un verre et commença à boire quand un oiseau entra par la fenêtre et se posa sur sa main. Il lui dit alors :
- Saint-Vincent, je suis la linotte. Je veille sur la vigne et les vignerons depuis toujours. Pourtant, je n’ai jamais reçu de récompense pour mes services et mon chant. Les plumes du rouge-gorge sont oranges sur sa poitrine et celles du chardonneret sont multicolores, mais moi, je reste grise.
- Je ne peux pas faire grand-chose pour toi, linotte, répondit Saint-Vincent. Mais en attendant, est-ce que tu veux un peu de vin ?
L’oiseau se serait alors penché sur la cruche pour boire, mais il aurait glissé et failli se noyer. Saint-Vincent l’aurait rattrapé juste à temps. On dit qu’il serait alors apparu sur la poitrine de la linotte une tâche rouge foncé, teintée de bleu et de gris, comme le vin du pays de Toul. L’oiseau était enfin récompensé de ses efforts.
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9 avril, 2012 à 21:04
Tradition du Vin de Pâques à Villey-Saint-Etienne
A Villey-Saint-Etienne (54), petit village paisible et préservé qui surplombe la vallée de la Moselle et son superbe écrin de verdure, la tradition du Vin de Pâques se perpétue encore et toujours.
C’est à la mairie, ancienne propriété des chanoines que le Goniche, c’est-à-dire l’habitant de Villey-Saint-Etienne, a coutume d’appeler « la grosse maison », que se déroule chaque dimanche pascal, comme un pèlerinage, cette tradition. Sur les coups de 11 heures, les habitants quittent leurs logements munis d’une bouteille vide pour la remplir de vin rouge, aux frais de la municipalité.
Cette tradition, qui dure depuis près de quatre siècles, est l’héritage d’un ancien maire du village. Soucieux d’acheter son salut, le sieur Davignon avait en effet décidé, en 1631, de léguer aux paroissiens 160 litres de vin le jour de Pâques. La coutume est entrée en vigueur trois ans plus tard. Une « vigne de Pâques » était même spécialement dédiée à l’événement, mais elle ne résista pas à la percée du canal de la Marne au Rhin.
Depuis ces temps reculés, quelques évolutions sont apparues. Ainsi, à cause de la révolution française, ce n’est plus l’Eglise qui assure le service, mais la municipalité. Et depuis la Grande guerre, la ration a été limitée à un litre de breuvage par famille.
De nos jours, 400 litres tirés des Côtes de Toul sont distribués. Pendant que les enfants vont chercher leurs chocolats dans les jardins de la mairie, les adultes prennent leur bouteille.
A noter cependant que cette tradition est uniquement réservée aux habitants du village.
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2 mai, 2012 à 20:07
L’Arbre de Mai
Il s’agit d’un jeune arbre ou d’un rameau que les jeunes gens installaient contre le mur du domicile des jeunes filles à marier dans la nuit du 30 avril au 1er mai pour les honorer.
En remerciement, pour « arroser » leur mai, les filles offraient gâteaux et boissons.
La fontaine était également ornée d’un jeune arbre pour, selon la tradition orale, s’assurer qu’elle coule toute l’année.
Un langage était autrefois associé à l’essence de l’arbre. Par exemple, le charme symbolisait une fille charmante, l’aulne une belle fille, l’hêtre un amour profond, le sapin une fille volage ou bêcheuse et le cerisier une fille facile. L’usage du hêtre se généralisa par la suite.
Cette nuit était également mise à profit pour se défouler et effectuer un charivari : vacarme sous les fenêtres des personnes grincheuses et déplacement des objets les plus divers (pots de fleur, volets, portique, banc, matériel agricole, pile de bois, …). A chacun le lendemain de récupérer son bien !
Enfin, la Hiérogamie (ou accouplement) du Prince et de la Belle de Mai constituait le point culminant des Fêtes du Printemps. Elle était gage de fécondité de l’Eté victorieux. L’Erection de l’Arbre de Mai et les diverses Danses des Rubans font de même partie des plus belles manifestations de nos folklores régionaux européens.
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15 mai, 2012 à 21:57
Tradition des Saints de Glace
Selon des croyances européennes qui remontent au Haut Moyen-âge, les fameux Saints de Glace, Saint Mamert, Saint Pancrace et Saint Servais, fêtés les 11, 12 et 13 mai, sont censés apporter les toutes dernières gelées de l’hiver.
Saint Mamert introduit la Fête des Rogations à partir de 470, afin de mettre fin à une série de calamités naturelles. A cette occasion, les agriculteurs se retrouvaient et récitaient au cours de processions paroissiales des prières pour protéger les cultures durant ces jours critiques. Le patronage de ces saints ne se révélant pas toujours favorable, ils ont fini par incarner le retour du froid.
Le changement dans le calendrier date de 1960. L’Eglise catholique romaine a en effet décidé de remplacer les saints associés aux inquiétudes agricoles, que le Vatican assimilait à une réminiscence de paganisme, par d’autres saints qui n’avaient aucun lien avec ces croyances populaires, à savoir Sainte Estelle, Saint Achille et Sainte Rolande.
Si le phénomène est difficilement vérifiable, beaucoup de jardiniers lorrains attendent ce dernier cap pour effectuer certains travaux.
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10 octobre, 2012 à 18:57
Tradition du Wurstessen au barreau de Sarreguemines
La tradition du Wurstessen (repas de la saucisse) remonte à 1935. Les avocats du barreau de Sarreguemines l’ont instauré à chaque rentrée judiciaire de septembre, afin de remercier leurs personnels et ceux des greffes des tribunaux du ressort de Sarreguemines, Forbach et Saint-Avold. Cette soirée conviviale permet en effet de resserrer les liens.
Tombé en désuétude depuis une vingtaine d’années, le Wurstessen a remis le couvert en 2012. Pour le plus grand bonheur des 120 personnes présentes qui ont dégusté une assiette de charcuterie, des quenelles de foie sur un lit de choucroute, une tarte flambée pommes-cannelle et un gâteau géant surmonté de bougies pour célébrer les 90 ans du barreau de Sarreguemines !
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14 octobre, 2012 à 14:41
De la source aux bébés de Bliesbruck
Dans le petit village de Bliesbruck, niché au fond de la vallée de la Blies, lorsque l’on évoquait la conception des bébés, il n’était question ni de choux ni de cigogne, mais d’une source aux eaux fraîches et cristallines qui jaillit au pied du Kloppberg, « Le Griesbrunnen », qui signifie littéralement « Source au sable ».
Les anciens avaient en effet recours au merveilleux qui imprégnait leur existence pour expliquer le miracle de la vie. Les eaux du Griesbrunnen avaient ainsi selon eux des propriétés curatives. Elles étaient collectées dans un bassin avant d’alimenter l’unique fontaine sur la rive droite de la Blies, au « Petit Côté ». Ces prétendues vertus expliquent que l’eau bénite et l’eau baptismale provenaient jadis de cette fontaine. De nombreux Bliespontains et habitants des villages environnants préféraient cette eau à celle de leur puits ou de leur réseau de distribution.
La légende veut que ce soit dans eau et dans l’obscurité profonde de ce bassin qu’aurait germé, il y a bien longtemps, une vie mystérieuse et secrète qu’une lourde dalle de pierre calcaire cache encore jalousement aux regards indiscrets et trop curieux. Le miracle avait lieu chaque année au printemps, quand les fleurs ouvraient leurs corolles aux couleurs éclatantes et que les oiseaux chantaient dans les haies et les bosquets. Certaines personnes particulièrement réceptives percevaient, en passant près du bassin, des rires enfantins et des vagissements quelque peu étouffés par la lourde dalle.
On raconte aussi que durant les nuits de pleine lune, une fée, gardienne du bassin, soulevait la pierre avec sa baguette magique pour faire apparaître des nouveau-nés, garçons et filles, choyés par des ondines et s’ébattant dans l’eau cristalline du Griesbrunnen. Les couples désirant avoir un enfant devaient alors s’approcher respectueusement de la fontaine, afin de recevoir des mains de la fée et selon leur souhait, un garçon, une fille, ou les deux à la fois.
Les enfants du village étaient convaincus de l’authenticité de ce mythe et il arrivait qu’au cours d’escapades, ils s’approchaient avec une certaine appréhension du bassin, pour poser l’oreille contre la lourde dalle. Et c’est alors que, ravis, ils semblaient percevoir, étouffés par la lourde pierre, des rires et des gazouillis. On peut cependant penser que ces bruits venus des profondeurs de la terre n’étaient que le clapotis de l’eau tombant dans le bassin, le merveilleux cédant le pas avec l’âge à la réalité.
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31 octobre, 2012 à 11:33
Le Mage d’Alteville
Le Lorrain Stanislas de Guaïta était surnommé le Mage d’Alteville. C’est effectivement dans ce château mosellan, près de l’étang de Lindre et du village de Tarquimpol, qu’il est né en 1861 et mort 36 ans plus tard, en 1897. Compagnon d’études de Maurice Barrès à Nancy, il délaissa la poésie à partir de 1884 pour étudier les sciences secrètes. Sa bibliothèque renfermait plus de 2 200 ouvrages, livres et manuscrits rares et précieux traitant d’alchimie, de sorcellerie et d’illuminisme. La mort ne lui permit pas d’achever ses travaux importants, même si son œuvre a fait référence dans le domaine des sciences occultes. Il est l’auteur des Essais de sciences maudites et le fondateur de l’Ordre kabbalistique de la Rose-Croix (1888). Personnage étrange et très controversé, il était considéré comme un adepte de Satan par les uns et comme un véritable cabaliste chrétien par les autres.
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31 octobre, 2012 à 12:01
Si beaucoup d’histoires de sorcellerie ne sont jamais sorties du cadre familial, d’autres ont en revanche défrayé la chronique.
Paradoxalement, la sorcellerie et les croyances qu’elle véhicule ont la vie dure dans une société qui n’a de cesse de tout expliquer. En effet, il n’y a pas d’être humain sans sorcellerie et pas de société sans magie. Ce n’est pas une pratique résiduelle du passé vouée à disparaître. L’être humain a trouvé trois moyens de répondre à ses interrogations : les sciences et les techniques, la métaphysique à travers les religions et la philosophie, ainsi que la magie. Ce n’est donc pas étonnant de constater la longévité d’une sorcellerie qui est millénaire.
Au Moyen-âge, la sorcellerie commune, représentée par les vendeurs de filtres et de poupées d’amour, n’a jamais intéressé personne. Ni l’Eglise ni les juges. Voyant leur autorité remise en cause, ceux-ci ont commencé à s’y pencher à partir du milieu du XIVème siècle avec l’apparition de la sorcellerie dite savante, matérialisée par l’alchimie, rapidement qualifiée de démoniaque. Les sorciers étaient accusés de tirer leurs dons du diable et de fomenter des complots contre Dieu et son garant terrestre, le roi. Une terrible phase de répression s’en suivie alors dans toute l’Europe, avec de nombreux procès de sorcellerie. La Lorraine en fut d’ailleurs une place forte entre le XVème et le XVIIème siècle. Brûler les sorciers s’apparentait à un devoir jusqu’en 1682.
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30 août, 2013 à 9:14
La légende du Chevalier au Chat de Metz
Selon la légende, une épidémie de chorée sévissait en Pays Messin en 1344. Il s’agissait plus précisément de la Danse de Saint-Guy, une maladie contagieuse liée à la consommation de l’ergot de seigle, un champignon toxique qui se développe dans les pains mal cuits. Ce champignon attaque le système nerveux. S’ensuit une agitation frénétique, des convulsions et des cris incessants. Les malades tremblent et bougent de jour comme de nuit, ne dorment plus et finissent par mourir épuisés. A noter d’ailleurs que l’alcaloïde de l’ergot est l’une des composantes majeures du LSD (Diéthylamide de l’Acide Lysergique). Les habitants ne trouvant aucun remède efficace pour arrêter ce fléau, une vive inquiétude mêlée d’effroi accapara les esprits.
Un vertueux chevalier, de passage à Metz, aperçut vers minuit, une énorme bête assise dans l’âtre de sa chambre d’hôtel. Un pâle rayon de lune éclairait ce gros chat, dont les regards étincelants fixaient le chevalier. Ce dernier sauta aussitôt de son lit, prit son épée, fit le signe de croix et se jeta sur l’étrange animal. Le chat s’enfuit en proférant d’horribles blasphèmes. Nul doute, cette vision était le diable. Le lendemain, les Messins constatèrent la disparition soudaine de la Danse de Saint-Guy.
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13 septembre, 2013 à 21:24
La légende de Charlemagne et de la fontaine Saint-Hubert
Selon la légende, lors d’un passage à Thionville, Charlemagne aurait chassé dans les forêts giboyeuses de Vigy. Au bord de la déshydratation, l’Empereur aurait fait le vœu à la Vierge d’ériger une chapelle s’il trouvait une fontaine. Une source apparût alors aussitôt. Une variante raconte que le cheval de Charlemagne aurait tapé trois fois du pied, ce qui correspond aux trois résurgences de la source. Certains récits évoquent même un endroit où Charlemagne se serait assis. L’empreinte de ses fesses marquerait le lieu sacré.
Toujours est-il que le souverain a tenu sa promesse, puisqu’un oratoire a été élevé non loin de la source. Cette légende a sans doute été également une manière pour les chrétiens de récupérer un lieu de culte païen.