Légendes et traditions de Lorraine

Vous trouverez sur cette page tous les articles se rapportant aux légendes, aux contes, aux vieilles histoires et aux traditions de Lorraine. Une Lorraine mystérieuse et envoûtante comme vous ne l’avez jamais vue …

Le Trimâzo en Lorraine

La coutume du Trimâzo se déroulait le premier dimanche du mois de mai. Généralement, une fillette jouait le rôle de coryphée. Habillée de blanc, la chevelure ornée de fleurs et de rubans, elle allait, suivie de deux autres jeunes filles également vêtues de blanc, par les rues de nos villes et villages. Elle entrait dans chaque maison et y chantait, tandis que ses deux compagnes dansaient devant la porte ou dans le corridor. A l’issue de la chanson, elle quêtait en l’honneur de mai. Parfois, elle recevait des œufs ou du chanvre.

Dans le langage celtique, Trimâzo signifie « trois enfants ».

A Metz, il n’y a pas si longtemps encore, les jeunes filles de chaque paroisse s’assemblaient et choisissaient entre elles celle qui leur paraissait à la fois la plus leste et la plus jolie.

Hexenaat en Moselle

Tradition multiséculaire, la Hexenaat, ou Nuit des Sorcières, est encore très présente en Moselle-Est et dans le Pays de Nied.

Il faut dire que cette partie de la Lorraine regorge de superstitions, d’histoires et de légendes de lutins, de gnomes, de farfadets, de fées et bien entendu de sorcières. On raconte d’ailleurs que ces dernières se retrouvaient le samedi soir pour danser dans de nombreuses forêts de Moselle-Est. Le Chêne des Sorcières de Saint-Avold rappelle encore aujourd’hui ces cérémonies.

Château de Freistroff

La Hexenaat est célébrée chaque année au Château de Freistroff, dans le Pays de Nied (Crédits photo : Groupe BLE Lorraine)

La tradition rapporte également que les sorcières se rassemblaient dans la nuit du 30 avril au 1er mai dans les forêts. Elles étaient alors invoquées pour user de leur magie et chasser définitivement l’hiver. C’était la seule fois de l’année où elles avaient le droit de se manifester. Le désordre et le chaos que symbolisaient les sorcières se retrouvaient en réalité au premier matin de mai. Toutes les communes de Moselle-Est se réveillaient ainsi sens dessus dessous. Les jeunes hommes, généralement les célibataires, déplaçaient en effet pendant la nuit tous les objets non scellés pour les remettre n’importe où dans les villages. Aujourd’hui encore, même si la pratique est moins constatée, il n’est pas rare de retrouver des panneaux modifiés, des poubelles déplacées et des nains de jardin emballés de papier.

La Hexenaat trouverait son origine au XVIème siècle au moment où la chasse aux sorcières faisait rage, en particulier dans le Pays de Nied. Catherine de Vaudreching fut par exemple accusée en 1594 de se métamorphoser en chatte, d’ôter la virilité des hommes et de tuer les animaux domestiques.

La Malédiction du Livre Noir

Au cours du XXème siècle, plusieurs histoires de sorciers ont hanté le secteur de Freyming-Merlebach. Dans leurs bibliothèques, les familles ont conservé des documents qui les évoquent. Les ensorceleurs tiraient leur pouvoir d’un mystérieux livre.

Légendes et traditions de Lorraine dans Actualité livre-noir

Tout a commencé en 1900 lorsqu’un couple a été expulsé d’un logement par les Houillères du Bassin de Lorraine (HBL). Pour se venger, celui-ci auraient jeté un sort sur cette habitation, devenue depuis maudite. Ces sorciers auraient tiré leur pouvoir d’un mystérieux manuscrit, le Septième livre de Moïse, également appelé Livre Noir. Personne ne l’a jamais vraiment vu. Les sorciers en auraient glissé une page sous l’autel du curé, qui l’aurait bénie sans le savoir, leur conférant ainsi leurs pouvoirs. Plusieurs décès inexpliqués eurent alors lieu dans la maison. Le premier en 1910. Le plancher de la chambre à coucher s’est effondré. L’occupant a été retrouvé mort à la cave. En 1926, une femme qui venait d’accoucher trouva mystérieusement la mort avec son nouveau-né. Un père de cinq enfants qui vivait-là fut ensuite tué en 1939 à la mine. Une fillette mourut enfin en 1948 sans raison particulière. Un moine capucin accepta d’exorciser le mal en bénissant toute la maison et en récitant des prières en latin. Les deux sorciers décédèrent peu après, à quelques semaines d’intervalle. Certains affirment qu’ils auraient transmis leurs pouvoirs à leurs enfants. Ces derniers ont essayé de rentrer dans la maison, mais n’ont physiquement pas réussi à franchir la porte. Comme si une force les en empêchait. La maison est toujours habitée, certainement par des gens qui ignorent tout de son passé.

Tous les anciens se souviennent également de l’affaire Ludmila Stuladx, survenue à la même époque, le 20 novembre 1949 dans une cité minière de Merlebach. Une famille échappa de justesse au lynchage. Une Polonaise, dite Ludma, était accusée de sorcellerie et de répandre des maléfices sur les maisons de la Rue d’Oradour au moyen d’arcanes, dont elle avait eu la révélation dans le Septième livre de Moïse. Tous les maux de la population du quartier lui étaient attribués, particulièrement celui de faire périr les enfants de maladie de langueur. Intrigué, un voisin, qui avait remarqué que ses enfants n’arrivaient pas à dormir sur certains coussins les éventra. Il trouva à l’intérieur des morceaux de toile sur lesquels étaient dessinés des oiseaux sans tête et sans queue. Tous les habitants du quartier firent de même avec leurs oreillers et édredons. Tous découvrirent ces fameux arrangements de plumes. Boules, escargots, spirales, étoiles, oiseaux, l’imagination populaire leur attribua toute sorte de formes étranges et les rendit responsables des maux inexpliqués. A l’époque, les sorciers étaient accusés de faire entrer le Malin à distance via des boules de plumes qui se constituaient dans les oreillers et les coussins. Une véritable chasse aux sorcières s’en suivit, la population ayant décidé de se faire justice elle-même. L’idée fut répandue par Jean Schober, surnommé le Lumpendoktor (docteur des chiffons). Se disant maître des sorciers, ce fils et petit-fils de guérisseurs, installé dans une villa frontalière à Lauterbach, prescrivait, à raison de 1 000 francs le rendez-vous, divers traitements pour se débarrasser du mauvais esprit. Il conseillait notamment à ses visiteurs de poser des chiffons un peu partout, afin de couper la route des sorts qui pénétraient dans les maisons. Ludma décéda vingt ans plus tard, en avril 1970. Celle que tout le monde appelait la sorcière de Merlebach s’éteignit le Lundi de Pâques …

Le Tiefe Pfuhl de Woelfling

Dans la forêt de Woelfling-lès-Sarreguemines, au lieu-dit Frohnerwald, se trouve un immense trou qui était jadis un marécage boueux. Selon la légende, ce trou aurait été créé par Dieu pour punir la méchanceté humaine. Les habitants essayèrent plusieurs fois de mesurer sa profondeur, en vain.

L’histoire raconte qu’en des temps bien reculés, un seigneur traversa la forêt de Woelfling-lès-Sarreguemines pour rejoindre Gros-Réderching en empruntant la voie romaine. Ce seigneur était connu pour son caractère sévère, froid et cruel. Il n’était pas aimé de ses sujets, qui tremblaient rien qu’en le voyant passer. Alors que son carrosse cheminait à bonne allure, un enfant se trouvait assis au milieu du chemin au lieu-dit Frohnerwald. Vêtu pauvrement, il portait sur ses genoux un jeune corbeau tombé du nid avec lequel il jouait. Le garçon ne semblait pas vouloir s’écarter du chemin. Le cocher, qui ne voulait pas le renverser, stoppa net le carrosse, tiré par quatre superbes chevaux blancs. Il demanda à l’enfant de se mettre sur le bas-côté, afin de libérer le passage. Mais celui-ci sollicita quelques pièces pour améliorer son quotidien. Le cocher avisa son seigneur, percepteur de profession, du souhait de l’enfant. Le seigneur refusa catégoriquement et ordonna au cocher de reprendre la route et de ne pas se laisser intimider par le jeune garçon. Le cocher obéit à contre cœur et renversa l’enfant. Au même instant, un trou béant s’ouvrit sous le carrosse. Le seigneur, son cocher et son attelage furent engloutis dans cet orifice qui se remplit immédiatement d’eau. Personne ne sait si l’enfant survécu ou non à l’accident.

Aujourd’hui, le Tiefe Pfuhl est à sec depuis la sécheresse de l’été 2003. Toutefois, il y règne encore une atmosphère particulièrement pesante.

Légendes et spectres du château de Châtenois dans les Vosges

Le site de l’ancien château de Châtenois, dans les Vosges, serait hanté par deux fantômes.

Construit sur une pointe escarpée, le château, qui remonterait à l’an 950, est resté dans l’histoire pour avoir appartenu à Gérard d’Alsace, premier Duc de Lorraine, qui régna de 1048 à 1070. Il fut détruit au XVIIème siècle, tout comme la vieille ville, surnommée le « Haut-Bourg », lors de la Guerre de Trente Ans par le Prince de Condé. Ce dernier ordonna en effet le 10 mai 1634 « de faire démolir promptement et de fond en comble et jusqu’aux fondements les murailles, portes et portaux des villes et châteaux de Neufchâteau et Châtenois en sorte qu’il n’y restât pierre sur pierre ». Il ne subsiste aujourd’hui que quelques vestiges des murs, retrouvés par des particuliers, qui entouraient autrefois le château. Le chemin dit « derrière les Muches » évoque également le souvenir des fortifications.

chateau Châtenois

Il ne reste aujourd’hui presque plus rien du château de Châtenois dans les Vosges

Une première légende raconte que sur ce paysage ruiné, on entendrait la nuit tombée d’étranges bruits accompagnés d’une voix plaintive. Certains y auraient également aperçu une jolie princesse à la chevelure dorée, levant ses bras vers le ciel.

Une seconde légende évoque la présence d’un trésor des Ducs de Lorraine qui serait caché dans les passages souterrains de l’ancien château. Un villageois muni d’une pioche et d’une lanterne serait allé un soir à sa recherche, sans plus jamais en revenir. Sa lanterne, qui brûlait encore, fut découverte au matin à côté de sa pioche couverte de sang. Son corps ne fut jamais retrouvé, mais certains prétendent depuis apercevoir certaines nuits la lueur d’une lanterne parmi les ruines. Le fantôme de l’homme du Haut-Bourg devrait chercher, parait-il, encore et encore le trésor des Ducs de Lorraine jusqu’au jour du Jugement Dernier.

Contes et légendes du Rocher de Dabo

Les routes et les chemins qui mènent dans cette contrée lointaine serpentent dans les montagnes et les vallées. Le Rocher attire, irrésistiblement. Menaçant ou protecteur, c’est selon. Erigée à son sommet en 1825, la chapelle rend hommage au Pape Léon IX qui est né à Dabo en 1002. Une statue le représentant trône dans une niche. Autour de l’édifice religieux, deux tables d’orientation offrent une vue imprenable sur les environs.

Au cœur des Vosges mosellanes, le mystérieux Rocher de Dabo surplombe la vallée de la Zorn. De ses 664 mètres d’altitude, il domine le plateau lorrain au loin.

L’atmosphère y est étrange, particulière. Ici, l’on pénètre dans un monde de dragons, de brigands, de fantômes et de farfadets. Les contes et les légendes hantent les lieux depuis des siècles, même si les êtres maléfiques ont été combattus par des héros d’un autre âge.

On raconte que le Prince noir, chevalier ruiné devenu brigand, aurait semé la terreur dans la région avec sa troupe de bandits en détroussant les voyageurs imprudents. Le trésor accumulé serait encore caché près du rocher. Il y a aussi les croyances populaires, qui évoquent par exemple les Druckmännele, ces farfadets malicieux qui se couchent sur la poitrine des nouveau-nés pour les empêcher de respirer. Pour protéger l’enfant, il serait conseillé de placer un couteau de boucher sous son oreiller ou de déposer des excréments sur ses membres. Mais le Rocher de Dabo renferme bien d’autres mystères encore …

Rommelbootzen Naat

La Rommelbootzen Naat, ou Nuit des betteraves grimaçantes, va une nouvelle fois s’emparer du Pays de Nied, en Moselle.

Les betteraves fourragères, derniers légumes récoltés dans les champs, prennent alors d’étranges visages. Eclairées d’une petite bougie, ces lanternes doivent effrayer les mauvais esprits dans la nuit du 31 octobre. Placées sur les rebords des fenêtres ou à la croisée des chemins, chaque « Rommel » reflète parfaitement l’âme de son créateur.

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Le Château de Freistroff prête son cadre mystérieux à la Rommelbootzen Naat (Crédits photo : Moselle Tourisme)

Le cadre envoûtant du Château Saint-Sixte de Freistroff est l’endroit le plus approprié pour célébrer ce passage entre le monde des vivants et celui des morts. L’esprit des fantômes et des sorcières hante en effet les murs de ce château atypique à plus d’un titre.

Ainsi, patrimoine et tradition se marieront à nouveau pour des moments de frissons et d’effroi pour petits et grands les 24, 27 et 31 octobre. 

Vous pouvez retrouver des vidéos sur cette tradition lorraine sur notre site BLE Web TV

Tradition des feux de la Saint-Jean en Lorraine

Célébrés traditionnellement le 24 juin, les célèbres feux de la Saint-Jean font partie intégrante de la culture lorraine. Dans le Toulois, il est coutume de brûler une « chavande », qui était à l’origine un simple tas de bois, mais qui est devenue au fil du temps de plus en plus sophistiquée, presqu’une œuvre d’art en soi parfois (bûcher, château de bois, …). Dans certains villages des côtes, on attachait une « gueniche » au sommet, sorte de poupée de chiffon qui personnifiait les mauvais jours, et dont la combustion marquait le début des festivités et le retour de l’été. Une tradition symbolique perpétuant le cycle des saisons juste après le solstice d’été. 

Malheureusement, cette célébration tend à se perdre en raison de l’essoufflement des bénévoles de certaines associations qui craignent des débordements et les comportements stupides et imbéciles d’individus aussi imbibés d’alcool que mal avisés. 

A Toul, la tradition des feux de la Saint-Jean perdure néanmoins. Elle ne se déroule plus forcément le soir du 24 juin, mais le samedi le plus proche sur la place du champ de foire. 

Rituel spirituel à Cocheren

Les pèlerins qui empruntent les chemins de Saint-Jacques de Compostelle situés en Moselle-Est ont pris pour habitude de faire une halte sur les hauteurs de Cocheren, là où se trouve l’ancienne chapelle Sainte-Hélène, détruite par des affaissements miniers dans les années 1990 et depuis symbolisée par un porche en verre, une plaque de marbre accrochée à un rocher et une sculpture en bois de Sainte-Hélène. C’est à ses pieds que les pèlerins déposent une croix fabriquée quelques minutes plus tôt à l’aide de prêles, plante connue pour ses vertus médicinales. La colline du Hérapel, qui culmine à plus de 330 mètres d’altitude, abrite en effet plusieurs champs de prêles d’hiver, plante très rare en Lorraine. Ce végétal peut atteindre jusqu’à un mètre de hauteur et garde toute l’année sa couleur vert foncé. 

(Source : presse régionale)

Ronde du veilleur de nuit à Fénétrange

Le veilleur de nuit de Fénétrange a dernièrement repris ses rondes en entonnant son célèbre chant.

Instauré au Moyen-âge, le veilleur de nuit avait pour mission de veiller à l’extinction de tous les feux, afin notamment de limiter les risques d’incendie et de chasser manants et autres personnes indésirables qui n’avaient pas le droit de résider à l’abri des murs de la ville fortifiée pendant la nuit. A noter enfin qu’un veilleur de nuit vêtu de la tenue officielle et ancestrale effectuait encore ses rondes à Fénétrange jusqu’au milieu du XXème siècle. Un fait rare en Lorraine.

Procession ancestrale à Grosbliederstroff 

A découvrir jusqu’au 25 septembre 2010 les vendredis, samedis, dimanches (uniquement en juillet/août), ainsi que les jours fériés, à la tombée de la nuit dans les ruelles tortueuses de la cité médiévale mosellane. 

Une procession s’est dernièrement déroulée entre les églises de Kleinblittersdorf et de Grosbliederstroff au son des cantiques religieux entonnés par les paroissiens. 

Il s’agit en réalité d’une tradition ancestrale appelée Bittage ou Rogations, du latin « rogare », qui signifie « demander ». Les Rogations se substituent d’ailleurs à la célébration romaine des Robigalia destinée à protéger les céréales de la maladie et de la rouille. Les prières d’intercessions, qui sont ainsi exprimées au cours des processions de ce type, autrefois à travers la campagne et les champs, ont généralement lieu au cours des trois jours qui précèdent l’Ascension dans le calendrier liturgique chrétien. A Saint-Avold, les premiers documents qui font état des Rogations datent de la fin du Moyen-âge. Avant Vatican II, ces trois jours marquaient le commencement d’une période de trois semaines pendant laquelle la célébration des mariages était interdite, car les fidèles observaient un jeûne. Au cours de la procession, les croyants demandent à Dieu de bénir et de faire fructifier les travaux des champs. Leurs prières peuvent être accompagnées d’une bénédiction de la terre, des champs et des instruments de travail agricoles.

La légende du Trésor de l’Abbaye de Gorze

Gorze est un bourg chargé d’histoires effrayantes à l’image de celles de la Maison des sept pendus, du moine chasseur, de l’apparition de l’enfant mort ou encore du Trésor de l’abbaye.

Gorze tympan Jugement dernier

Le Jugement dernier sur le tympan de la Chapelle Saint-Stéphane de l’Abbaye de Gorze (Crédits photo : Wikipédia)

Située à proximité de Metz, l’Abbaye de Gorze était jadis riche et puissante. Son rayonnement européen avait également pour effet de susciter des convoitises. Redoutant une attaque surprise qui les auraient piégés dans leurs murs, les moines auraient construit un souterrain entre l’abbaye et le Bois des Prêtres pour fuir et se mettre à l’abri sans être vus par les assaillants. Lorsque vînt le jour où l’abbaye fut attaquée, les moines empruntèrent le tunnel emportant avec eux toutes leurs richesses. La légende raconte que pour les punir d’avoir eu ce réflexe vénal, le Malin les aurait empêchés de sortir, les laissant mourir avec leur or dans le souterrain. Le diable s’empara alors de leur trésor.

La sortie du souterrain légendaire se trouve dans les sous-bois, au niveau du trou Robert Fey. Il s’agit d’une cavité naturelle créée par la rupture de la roche. Celle-ci est composée d’un puits de sept mètres de profondeur et d’un boyau long de 40 mètres, fait de deux galeries disposées en vis-à-vis, qui semble partir en direction de l’abbaye. Un kilomètre et un dénivelé de soixante mètres séparent les deux extrémités, ce qui rend l’hypothèse d’un passage assez peu probable.

A noter enfin que la cavité Fey est peuplée de petits et de grands Rhinolophes, deux espèces de chauve-souris protégées.

La Parade du Graoully

Le dimanche 16 mai, le mythe et la procession ancestrale du Graoully seront ressuscités et surtout revisités par le Centre Pompidou-Metz. Le musée les livrera en effet aux petits Messins, dont l’imaginaire constituera une voie royale vers l’art contemporain.

S’il est bien une légende assimilée à Metz, ville aux 3 000 ans d’histoire, c’est bien celle du Graoully, terrifiant dragon. Cette « effigie ridicule et terrible aux enfants, avec des horrifiques mâchoires que l’on fait terrifiquement cliqueter » selon les écrits du XVIème siècle de l’humaniste François Rabelais, était pendant le Moyen-âge et la Renaissance portée en procession dans toute la ville puis fouettée par les enfants en signe de détestation. Sa réplique se trouve aujourd’hui dans la crypte de la cathédrale de Metz. 

En effet, selon la légende, Saint Clément fut envoyé par Saint Pierre pour évangéliser Metz. Mais il découvrit à son arrivée de nombreux serpents installés dans les ruines encore fumantes de l’amphithéâtre qui était pourtant l’un des plus grands du monde romain. L’arrivée de Saint Clément à cet endroit précis, dans cette enceinte où se produisaient les jeux du cirque, à savoir des chasses avec des animaux sauvages et des humiliores avec des crucifixions et des bûchers, n’est pas un hasard. Celui qui fut le premier évêque de Metz, réussi à soumettre le plus grand d’entre eux, le fameux Graoully, qu’il conduisit sur les bords de la Seille pour le noyer.

On perçoit à travers cette légende une symbolique évidente. Le Graoully, montre hideux qui représente les anciennes religions païennes, est terrassé par Saint Clément, envoyé de Rome, signifiant ainsi le triomphe du christianisme. L’évangélisation de la ville est alors accomplie.

Cette légende sera le fil conducteur de la parade du Graoully, qui reliera le centre historique au Centre Pompidou-Metz, construit lui-même non loin de l’ancien amphithéâtre romain. De quoi montrer que l’un ne tourne pas le dos à l’autre, que la cathédrale du XIIème siècle ne s’oppose pas à celle du XXIème siècle. Pour faire, le départ du cortège est donné à 10 heures Places d’Armes. Tous les participants, parents et enfants, devront avoir revêtu un t-shirt blanc. Des crécelles et autres jouets bruyants seront alors distribués, afin de faire le plus de bruit possible. De quoi réveiller une autre tradition de Lorraine. Le cortège accompagnera une effigie du Graoully de presque 30 mètres de long réalisée dans un atelier de Maxéville, près de Nancy. Le monstre aux couleurs de la ville, c’est-à-dire blanc et noir, sera porté par une vingtaine de personnes qui le feront onduler.

En attendant le déroulement de cette manifestation, nous pouvons que nous réjouir de voir revivre cette tradition ancienne et populaire. Nous regrettons toutefois qu’elle ne s’apparente pas à sa forme originelle, à savoir une procession religieuse. Il sera intéressant en tout cas de constater d’un point de vue sociologique si le Graoully, autrefois détesté et craint, ne sera pas au XXIème siècle adulé et loué. De la toiture de la gare de Metz, dont on dit qu’elle serait faite de ses écailles, aux caves des maisons de la ville où il rôderait encore pour effrayer les enfants qui ne seraient pas sages, son ombre continue de planer encore aujourd’hui sur une ville plusieurs fois millénaire … 

La légende du spectre de Boulay

A la fin du XVIIIème siècle et durant la première moitié du XIXème siècle, la ville de Boulay-Moselle fut le théâtre de nombreuses apparitions d’être surnaturels. Plusieurs récits et témoignages relatent des faits étranges qui s’y sont déroulés. Parmi ceux-ci, il est fait mention d’un spectre nocturne surnommé la Massue.

Cette apparition prenait  la forme d’une bête ayant la taille d’un veau ou d’un cheval avec de très longs poils. Les personnes l’ayant vu racontent qu’on ne distinguait que ses yeux flamboyants  et ses deux oreilles pointues. Son épaisse fourrure sombre lui donnait l’apparence d’une masse informe, origine probable de son nom. La Massue traînait des chaînes, dont on entendait le cliquetis. Selon la légende, si ces chaines venaient à toucher quelqu’un, elles se serraient contre lui et la bête immonde apparaissait, sortant de l’obscurité.

Ce spectre aurait été aperçu dans certaines rues de Boulay, à savoir les rues du Four Banal, de la Halle et de l’Eglise, comme l’attestent plusieurs témoignages concordants datant de 1760, 1770, 1820 et 1823. La Massue serait en réalité le spectre du Capitaine Dithau. Gouverneur de Boulay pour le compte du Duc de Lorraine, ce dernier accusa sa tante de sorcellerie et la fit emprisonner pour s’emparer de ses biens et de ses richesses. Le procès dura huit semaines et aboutit en 1635 à la condamnation de la pauvre dame sur les dépositions de son neveu. Brûlée vive, ses cendres furent jetées au vent et ses biens confisqués. Le Capitaine Dithau ne put donc jamais en profiter et fut condamné après sa mort à errer sous cette forme sinistre, en expiation de ses péchés, afin d’effrayer les voyageurs.

Légendes du Fintersbach

Le lieu-dit du Finsterbach, à Enchenberg, dans le Bitcherland, est source de nombreuses légendes. La signification du mot « Finsterbach », qui vient de « Finster » qui signifie « sombre », ou encore de « Finsternis » qui veut dire « ténèbres », a en effet donné libre cours à des créatures fantastiques comme le Finsterbachmännel, un lutin volant, le S’Schniebiwel, lutin malfaisant qui sautait sur le dos des voyageurs afin de se faire transporter, ou encore le Wilde Jäger, chasseur fantôme sauvage qui fréquentait également les environs. 

Traditions : Semaine Sainte en Lorraine germanophone

Dans la partie germanophone de la Lorraine, plus précisément en Moselle-Est, la Semaine Sainte porte le nom de Karwoche, qui vient du vieil allemand « Kara » qui signifie gémissement, tristesse et affliction. Cette semaine particulière dans le calendrier religieux commence le dimanche de la Passion du Seigneur et prend fin à Pâques.

On observe cette tradition depuis le IVème siècle après Jésus-Christ. Le dimanche des Rameaux rappelle quant à lui l’entrée de Jésus dans Jérusalem, assis sur un âne et acclamé par la foule. Afin de commémorer cet évènement, les croyants organisent une procession au cours de laquelle les rameaux, du buis en Lorraine, sont bénis. En Moselle-Est, le retour du Christ est reconstitué au son du chant Lauda Jérusalem. Les rameaux bénis sont ensuite déposés dans les maisons, car ils possèdent la vertu de protéger des guerres et de la peste. Au XVIème siècle, la ville de Saint-Avold achetait le buis distribué aux fidèles lors de l’office. Depuis, de nombreuses autres traditions ponctuent la Semaine Sainte. Par exemple, dans la vie quotidienne, les ménagères effectuent leur nettoyage de printemps. Elles purifient ainsi les maisons, l’hiver est passé. Le Triduum Sacrum, c’est-à-dire le Jeudi Saint, le Vendredi Saint et le Samedi Saint, marque l’importance accordée au sacrifice de Jésus sur la croix. Le Jeudi Saint ou Grundonnerstag, qui vient de « Grienen » ou souffrance, symbolise le dernier repas du Christ avec ses douze apôtres, la Cène, avant son arrestation par les Romains au mont des Oliviers. Jésus lava alors les pieds de ses disciples. La tradition du lavement est reprise dans les églises et à la fin du Moyen-âge les prêtres firent de cet acte un signe d’humilité. En outre, au cours de l’office, dont le cadre est inhabituel, puisque l’autel est dépouillé et les statues et crucifix recouverts d’un voile violet, les servants de messe utilisent leurs crécelles. Ces dernières remplacent les sonneries des cloches parties à Rome. Jusqu’au samedi, des groupes d’enfants sillonnent les rues pour appeler la population aux offices. Chaque village possède ses chants en Platt.

D’origine germanique, la tradition des crécelles remonte au Moyen-âge. Le Vendredi Saint, férié en Moselle, est un moment de jeûne et d’abstinence censé célébrer l’adoration de la croix. Enfin, le Samedi Saint, toutes les croix en bois des défunts de l’année sont brûlées dans les cimetières. En Pays Naborien, les habitants participent au chemin de croix érigé au XVIIème siècle à la chapelle Sainte-Croix. 

(Sources : presse régionale, Société d’Histoire du Pays Naborien) 

47 Commentaires

  1. bloggerslorrainsengages

    30 novembre, 2010 à 0:39

    Il est venu le temps de l’Avent en Lorraine

    La période si particulière de l’Avent, du latin adventus (venue, arrivée du Messie), couvre dans la tradition de l’Église latine les quatre semaines précédant Noël, la dernière pouvant être incomplète. Dans les Églises utilisant le calendrier romain, l’Avent débute le quatrième dimanche avant Noël et marque le début de l’année ecclésiastique ou liturgique.

    Les calendriers de l’Avent comportent vingt-quatre cases ou portes, dans la mesure où on les utilise comme compte à rebours du 1 er décembre au 24 décembre, autrement dit jusqu’à la veille de Noël.

    Sur les couronnes de l’Avent, on allume quatre bougies, les unes après les autres. Chacune d’elle symbolise un dimanche jusqu’à Noël.
    En Lorraine et dans les pays septentrionaux, l’Avent marque traditionnellement le début de la victoire de la lumière du Soleil sur la nuit, qui se couronnera lors de la Fête de la Lumière au moment de la Sainte-Lucie (du latin lux, lumière).

    C’est en effet au début de l’hiver que les jours commencent à rallonger, et donc les nuits à être moins longues. C’est ce qu’on appelle le solstice d’hiver.

    Afin de symboliser cette entrée dans le temps de l’Avent, la Lorraine devrait, comme l’Alsace, faire sonner les cloches de toutes ses églises et chapelles. Cette initiative purement gratuite, mais tellement douce, marquerait à nos yeux, au-delà de toutes considérations religieuses, le signe d’une unité retrouvée. Cela constituerait par ailleurs un message fort envoyé aux Alsaciens et aux touristes pour signifier qu’en Lorraine, plus qu’ailleurs, on sait encore fêter dignement Noël.

  2. bloggerslorrainsengages

    4 décembre, 2010 à 18:06

    Saint-Nicolas et Noël à Nancy

    Le 6 décembre, la Lorraine fête son Saint-Patron, Saint-Nicolas. Une tradition qui remonte au Moyen-âge et qui embrase toute la Lorraine, d’Epinal à Thionville en passant par Nancy et Metz. Dans le sanctuaire sacré de la basilique de Saint-Nicolas-de-Port se déroulera cette année la 765ème procession ancestrale aux flambeaux. La foule entonnera alors le chant de Saint-Nicolas des Lorrains dans une atmosphère magique. A Nancy, plus de 150 000 personnes se retrouvent chaque année dans les rues pour admirer les chars, les fanfares et le célèbre feu d’artifice de la Place Stanislas.

    La fête de la Saint-Nicolas qui précède Noël est ainsi attendue avec impatience par tous les petits Lorrains. Mais attention au Père Fouettard pour les moins sages !

    Si bien que comme de nombreuses villes des Marches de l’Est, Nancy déploie également son marché de Noël qui participe pleinement à l’ambiance féérique des fêtes de fin d’année des pays septentrionaux. 90 chalets ornent une nouvelle fois le centre de la cité ducale entre la gare et le quartier commerçant Saint-Sébastien, d’où émanent odeurs de bonbon, de pains d’épices et de vin chaud …

  3. bloggerslorrainsengages

    10 décembre, 2010 à 18:46

    La Lorraine rayonne grâce à Saint-Nicolas

    Des dizaines et des dizaines de milliers de personnes Place Stanislas et dans les rues adjacentes ont dernièrement suivis sur la façade de l’Hôtel de ville de Nancy la légende du Saint Patron de la Lorraine et admirés le célèbre feu d’artifice qui a embrasé toute la cité ducale. Une foule impressionnante est également venue contempler les 31 chars le long des 6 kms du défilé urbain. Nancy, comme d’autres villes lorraines, mise ainsi sur la légende du saint homme et Noël pour doper son attractivité. Ces deux journées de festivités, qui attirent un monde fou en ville, constituent aussi de merveilleuses réjouissances pour les hôteliers, restaurateurs et brasseries du centre-ville. La vénération de Saint-Nicolas qui dure depuis des siècles en Lorraine se transforme ainsi en fabuleux attrait touristique et commercial. Le maintien des traditions a donc plus que du bon en Lorraine.

    En 2012, les festivités de la Saint-Nicolas seront la pierre angulaire de l’Année Renaissance à Nancy. L’ambition de la ville est que ces célébrations donnent le coup d’envoi pour un mois de festivités allant jusqu’à Noël. Pour y parvenir, la cité ducale travail main dans la main avec Metz. L’intérêt des deux villes est en effet de vendre des packages pour que les gens restent plusieurs jours en Lorraine.

    Il faut dire qu’à la différence de Metz, Nancy joue depuis longtemps la carte du tourisme. Cette année, la cité ducale a multiplié ses efforts de communication et rallié des partenaires privés. Ainsi, pour 130 000 euros, elle s’est offert une formidable campagne publicitaire à Paris, en gare de l’Est et sur les murs du métro, avec distribution de flyers dans les TGV… Rien n’a été négligé pour donner envie aux touristes de venir à Nancy.

    C’est parfait, car c’est exactement ce que nous prônons depuis belle lurette sur ce site, afin de changer l’image de la Lorraine et de la rendre attractive aux yeux des touristes et des investisseurs. Et à l’évidence, ça marche, puisque la centrale de réservation des hôtels nancéiens affichait complet et les trains déversaient des flots de voyageurs venus, avec leurs petites valises, découvrir une Lorraine joyeuse et chaleureuse. Certains ont même eu l’opportunité de participer à la 765ème procession aux flambeaux à Saint-Nicolas-de-Port. Il y avait aussi des tour-opérateurs et des journalistes nippons. Ils ont fait provision d’images et d’émotion. C’est bon pour la Saint-Nicolas 2011 !

  4. bloggerslorrainsengages

    14 décembre, 2010 à 0:06

    Traditions de Noël en Lorraine

    Moment fort du tourisme en Lorraine, les fêtes de Noël revêtent plus qu’ailleurs un attrait particulier. Il faut dire que l’histoire de la Lorraine a grandement contribué à cette réputation.

    Ainsi, la Lorraine est reconnue comme étant le berceau de la tradition du sapin de Noël. Elle est aussi à l’origine des boules de Noël. En effet, l’artisanat du cristal et du verre est très présent en Lorraine, notamment sur les contreforts des Vosges du Nord animés de profondes forêts et d’eaux vives. Ce n’est donc pas étonnant qu’un souffleur de verre de Goetzenbruck eut l’idée en 1858 de fabriquer des boules en verre pour décorer le roi de nos forêts, privé de sa parure naturelle en raison d’une sécheresse. Cette idée fut ainsi le point de départ d’une tradition qui est aujourd’hui toujours scrupuleusement respectée.

    La tradition des marchés de Noël trouve également son origine en Lorraine. De nos jours encore, de nombreuses villes lorraines se parent de mille et une fééries et lumières pour les fêtes de fin d’année. De Plombières-les-Bains à Bar-le-Duc, en passant par Saint-Quirin, Rodemack, Epinal, Metz ou encore Nancy, la célébration de Noël est à nulle autre pareille en Lorraine …

  5. bloggerslorrainsengages

    30 décembre, 2010 à 0:01

    Légendes et traditions d’Haselbourg

    La dame blanche

    La tradition veut qu’il y ait à Haselbourg, sur les contreforts des Vosges mosellanes, un abri immense où les paysans se réfugiaient lors des différentes invasions. Ce souterrain avait une issue près du rocher du Coucou, à 150 mètres du fort Romain. La population emportait généralement ses trésors dans cet abri. Lors du passage des Suédois, pendant la Guerre de Trente Ans, une seule personne survécut. Les nouveaux arrivants cherchèrent plus tard les trésors dont ils avaient entendu parler. Une femme prétendit qu’elle avait vu, un dimanche après les vêpres, une dame blanche, qui lui parut très bonne et qui portait un trousseau de clefs. Cette dame s’adressa à la femme pour qu’elle lui montre l’entrée du fort. Puis elle sembla prendre peur et s’enfuit. Depuis, elle apparait assez fréquemment et elle supplie ceux qu’elle rencontre de la délivrer. On l’entend pleurer les nuits de tempête. Personne n’a encore eu le courage de l’aider et de lui montrer l’entrée du vieux souterrain, ce qui la délivrerait.

    D’autres encore prétendent qu’un couvent se trouvait au sommet de la colline, et que le souterrain qui partait de là avait une issue près de Saverne, sortie que les Suédois auraient détruite. Peu avant l’attaque, des nonnes enfuirent un énorme coffre rempli d’or et d’objets précieux dans le souterrain. Depuis, leurs âmes errent sur cette butte la nuit au lieu dit « Höhe » parce qu’aussi longtemps que ce trésor ne sera pas découvert par une personne, les sœurs ne trouveront pas le repos. De temps en temps, elles apparaîtraient aux gens pour trouver enfin leur délivrance.

    Il y a plus de cent ans, une nuit, un jeune homme vit dans un verger une dame vêtue de blanc. Elle tenait en main un trousseau de clés et le lui tendit avec insistance. Mais le garçon mort de peur, s’enfuit. La dame blanche se montra alors à une jeune fille, mais elle aussi refusa les clés et s’enfuit. La dame fondit en larmes et disparue. Quelque année plus tard, la dame blanche offrit à nouveau ses clés à un garçonnet qui gardait des oies dans un verger pendant la messe dominicale. Mais, très effrayé, il prit ses jambes à son cou et laissa la dame une fois de plus seule.

    Un soir de 1966, une jeune femme, qui allait à la rencontre de son mari, qui était parti se promener avec son chien sur les hauteurs du fort romain, aperçut à une cinquantaine de mètre devant elle une silhouette blanche, ressemblant à une religieuse, qui faisait de grands gestes des mains. La jeune femme observa le phénomène pendant quelques secondes, puis prise de peur, s’en retourna vite chez elle. Peu après, son époux descendit du fort romain avec son chien, prenant le même itinéraire que sa jeune épouse, afin de retourner chez lui. Le jeune homme ne vit absolument rien, mais son chien, qui se serrait contre ses jambes, ne voulu plus faire un seul pas. Son maître fut obligé de le traîner de toutes ses forces sur une dizaine de mètres. Subitement, le chien se remit à marcher normalement. Lorsque le promeneur arriva à la maison, sa femme lui raconta ce qui lui était arrivé. Il constata que le chien avait refusé de continuer sa route au même endroit que la jeune femme avait eu cette apparition. Chose curieuse, la jeune femme n’était pas originaire de Haselbourg et ignorait tout de cette histoire de la dame blanche avant ce jour.

    Le Baptistère de la Chapelle Saint Fridolin

    On raconte qu’une famille d’anabaptistes exploitait jadis une ferme dans le voisinage de la chapelle Saint Fridolin. Un jour, elle eut l’idée de récupérer le baptistère, lourde cuve en pierre, et de le transporter au moyen d’un attelage de six bœufs, dans la cour de la ferme, où il devait servir d’abreuvoir aux bêtes. Ceci fut fait pendant la nuit. Mais le lendemain matin, la famille constata que le baptistère avait disparu et qu’il avait reprit son ancienne place au milieu de la chapelle. Plus tard, la même expérience recommença, mais, malgré les efforts des six bœufs, on ne réussit pas à faire bouger le baptistère de sa place.

    La pierre Saint Martin

    Dans la forêt du Kempel, se trouve la pierre Saint Martin, qui n’est plus que le reste d’un ancien menhir. Cette pierre, qui avait la forme d’une table triangulaire, marque depuis fort longtemps les limites entre Haselbourg, Dabo et l’Alsace. Cette table fut posée en son temps, de sorte que le centre donnait exactement le point de frontière entre les trois territoires. Ainsi les seigneurs de ces trois domaines, qui chassaient fréquemment, se retrouvaient autour de cette table pour festoyer, tout en restant sur leurs propres terres.

  6. bloggerslorrainsengages

    30 décembre, 2010 à 0:27

    Tradition des gardes suisses

    Autrefois, le garde suisse représentait la « police » de l’église. Il veillait à maintenir l’ordre dans les rangs pendant les offices. Les enfants un peu turbulents se faisaient ainsi sermonner une première, puis une deuxième fois avant de recevoir un léger, mais dissuasif coup de bâton sur la tête. Aujourd’hui, le garde suisse joue davantage le rôle de maître de cérémonie. Vêtu d’une veste rouge, d’un pantalon bleu, d’un bicorne noir et de gants immaculés, il ne passe généralement pas inaperçu avec sa tenue richement décorée. Par contre, pour les enterrements, il est entièrement habillé de noir.
    Aux solennités de Noël, de l’Assomption ou de la Fête-Dieu, il introduit la cérémonie en entrant par la grande porte de l’église, armé de sa hallebarde et de son épée.

    Lors des offices ordinaires, le rôle du suisse consiste simplement à arpenter les allées, à frapper le sol avec sa canne à pommeau, pour inviter les paroissiens à se lever de leurs bancs lors des bénédictions, communions et autre Pater Noster.

    Le garde suisse de la paroisse de Vahl-Laning est l’un des derniers de Moselle. Il constitue avec le veilleur de nuit de Fénétrange l’un des rares symboles présents de ces traditions passées.

  7. bloggerslorrainsengages

    4 février, 2011 à 14:51

    Les Schlofkepp à Schoeneck, les Rididis à Forbach … Les sociétés carnavalesques ont dernièrement donné le coup d’envoi des festivités qui vont se succéder tout au long du mois de février. En Moselle-Est, le carnaval est encore un moment privilégié où jeunes et anciens se retrouvent pour faire la fête en assistant aux célèbres Kappensitzungen, comme du côté de Sarreguemines. Il s’agit de soirées de saynètes humoristiques où tout est permis. Le coup d’envoi de ces soirées est donné par tradition à 20h11 tapantes.

    A noter que l’ensemble des sketchs, inspirés de l’actualité, sont présentés en Lothringer Platt. Cela permet ainsi à notre langue de rester vivace.

    A Forbach comme à Schoeneck, les bénévoles travaillent toute l’année, tant sur les décors, que sur les costumes et les scénarios, afin de présenter des spectacles dignes des plus grands cabarets.

  8. Joelle PFEIFFER CARDINI

    7 février, 2011 à 12:47

    Je suis très heureuse de vos documents et l’histoire de la Lorraine puisque j’y ai vécu jusqu’à 16 ans. Malheureusement, je connais très peu de choses et grâce à vous, je vais pouvoir étudier en détail ma région de naissance. Merci beaucoup. Je vais pouvoir donner des renseignements à mes enfants qui n’ont jamais eu l’occasion d’aller en Lorraine. Joelle Pfeiffer Cardini.

  9. Joelle PFEIFFER CARDINI

    7 février, 2011 à 12:54

    je me souviens très bien de Saint-Nicolas qui passait le 6 décembre dans les écoles apporter des friandises et le fameux pain d’épice, et il était d’ailleurs toujours accompagné du Père Fouettard qui avait une hotte sur le dos remplie de baguettes pour les enfants pas sages. Saint-Nicolas était majestueux mais Père Fouettard était noir de suie, ce qui nous faisait peur. A l’époque, les anciens recevaient pour la Saint-Nicolas un paquet avec des fruits (mandarines) bonbons tabac et cigarettes…. tR7S BELLE TRADITION; Joelle Pfeiffer Cardini.

  10. bloggerslorrainsengages

    16 février, 2011 à 18:46

    Sarreguemines grüßt Köln !

    Cette année, le Carnaval de Sarreguemines salue Cologne. Les festivités se dérouleront du 26 février au 9 mars 2011.

    D’influences rhénanes, le Carnaval de Sarreguemines est le plus important de Lorraine. Il a lieu tous les ans une semaine avant le Mardi Gras et se déroule toujours selon le même rituel, avec le couple princier, les Kappensitzungen, la Grande Cavalcade ou encore les bals masqués (Balla-Balla). Il se termine le mercredi des Cendres avec la condamnation du Prince de Carnaval.

    Cette fête authentique et colorée dure plus de 10 jours dans les salles et les rues de la cité des faïences.

    Les Kappensitzungen se dérouleront le samedi 26 février à 20h11 sur la scène de l’Hôtel de Ville. Elles présentent des personnages qui apparaissent au public lors des différentes manifestations. Chacun d’entre eux ayant un rôle bien précis. On y retrouve entre autres le Couple Princier, les Footzers, les Hôtesses du Peuple du Carnaval, les Clowns ou encore le Conseil des Onze.

    La Cavalcade Internationale se déroulera quant à elle le dimanche 27 février à partir de 14h30 dans les rues du centre-ville. Colorée, diversifiée et d’envergure internationale, la Cavalcade a acquis depuis longtemps ses titres de noblesse et connaît chaque année un formidable succès populaire. Elle est toujours très attendue par le public de la Grande Région.

    Les Ballas-Ballas se tiendront le samedi 5 et le mardi 8 mars à partir de 20h11 sur la scène de l’Hôtel de Ville. Ces bals Masqués apportent chaque année une touche de créativité et d’originalité dans les déguisements pour satisfaire petits et grands. Ils attirent chaque année des milliers de carnavaliers.

    Enfin, la Condamnation du Prince de Carnaval aura lieu le mercredi 9 mars à partir de 16h30. Le jugement est ouvert au public. Il est composé du Conseil des Onze, des Hôtesses du peuple du Carnaval et bien sûr de la Princesse. Le jugement est sans appel, les témoignages n’y changeront rien. Le Prince sera conduit sur le Pont de l’Europe. Son dernier geste sera de tendre une brindille de mimosa à sa Princesse. Devant la Princesse en pleurs, le « Strohman », (l’Homme de Paille), sera hissé à la potence. Il sera enflammé et jeté dans la Sarre. Le temps de la débauche et des travestissements sera alors terminé.

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