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La fin de la chimie en Lorraine ? (Archives)

Telle est en effet la question que nous pouvons nous poser depuis quelques années déjà tant les menaces et les restructurations planent au-dessus de cette industrie historique, un peu partout en Lorraine, et peut-être encore plus du côté de la plateforme de Carling-Saint-Avold en Moselle-Est. Vous trouverez sur cette page tous les articles faisant référence à ce sujet douloureux.

Carling : un programme de recherche dans la chimie du végétale

Après la possibilité de développer la chimie minérale pour sortir son industrie de la crise, la Lorraine est en train de se lancer dans la chimie du végétal. Elle s’est ainsi engagée aux côtés d’Arkema, groupe implanté sur la plateforme pétrochimique de Carling-Saint-Avold, et de deux laboratoires universitaires afin d’accompagner un programme de recherche sur les «acryliques issus du végétal». Rappelons que l’acide acrylique est un produit qui se retrouve dans de très nombreuses applications comme les peintures et les revêtements, les super absorbants, le traitement de l’eau, le papier ou encore les adhésifs. L’enjeu de ce projet est de proposer de nouveaux dérivés d’acides acryliques «verts» et de développer en Lorraine une véritable filière dans la chimie du végétal.

Ce programme de recherche collaboratif vise ainsi à élaborer un procédé industriel de synthèse du glycérol, co-produit issu de la transformation du colza en bio-diesel, en acide acrylique, substance jusqu’à maintenant produite à partir du propylène qui est une ressource d’origine fossile. L’objectif à terme est de constituer en Lorraine une filière d’expertise de la chimie du végétal et plus particulièrement du glycérol, disponible en grande quantité sur notre territoire.

Ce programme représentera un investissement de près de 11 millions d’euros sur 3 ans. Rappelons qu’Arkema possède à Carling une compétence unique en France en procédés acryliques. Un tel projet structurant devrait enfin permettre d’offrir à la plateforme de Carling de nouvelles perspectives, une plus-value et un savoir-faire au service de la chimie du futur. 

Redémarrage du vapocraqueur n°1 de Carling

Le vapocraqueur de l’usine pétrochimique de Carling-Saint-Avold, arrêté à la suite d’une explosion qui avait fait deux morts et six blessés l’été dernier, redémarrera à la mi-février à 60 % de ses capacités, puis montera à 100 % de son potentiel au second trimestre 2010. Rappelons que 850 personnes travaillent sur le site de Carling, dont une centaine sur le vapocraqueur n° 1. Cet énorme four, qui permet de casser le naphta en molécules plus petites, avait explosé le 15 juillet dernier au cours d’opérations de redémarrage. Cela dit, les autres installations du site, qui fabriquent des matières plastiques commercialisées sous forme de granulés, ont continué à fonctionner en s’approvisionnant en matière première auprès d’autres usines. En activité depuis plus de 55 ans, l’usine de Carling-Saint-Avold, classée Seveso 2, est l’une des trois installations pétrochimiques de Total en France, avec celles de Gonfreville et de Notre-Dame-de-Gravenchon, en Normandie. 

(Source : presse régionale) 

Premières conclusions sur l’accident de Carling

Après l’explosion d’un surchauffeur du vapocraqueur numéro 1, survenue le 15 juillet dernier sur la plateforme pétrochimique de Carling-Saint-Avold, qui a fait deux morts et sept blessés, des enquêtes judiciaires et internes avaient été ouvertes.

Le rapport interne, réalisé par le Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT) de Total Petrochemicals Carling, indique que toutes les barrières techniques de sécurité allumage du surchauffeur n’étaient pas activées. L’analyse de fond de cette catastrophe industrielle montre qu’une de ces sécurités avait été désactivée, dans la mesure où elle n’était pas fiable lors de l’installation de l’équipement, il y a de cela plusieurs dizaines d’années. En marche « normale », les ouvriers peuvent se passer de cette sécurité, mais si elle avait été activée le 15 juillet dernier, le drame aurait pu été évité puisqu’elle aurait stoppé l’arrivée de gaz et ainsi empêché les agents d’allumer le surchauffeur. La question que l’on peut naturellement se poser est de savoir pourquoi cette sécurité n’avait jamais été changée depuis le début, puisque la direction savait qu’elle n’était pas fiable. D’autant plus que le vapocraqueur n’était plus en marche « normale », dans la mesure où son surchauffeur avait été éteint. Le rapport souligne enfin la nécessité de disposer des meilleurs outils d’allumage, avec un système qui interdirait toute présence humaine près d’un surchauffeur. Le vapocraqueur numéro 2 de Carling-Saint-Avold en avait justement un qui interdisait aux agents d’approcher l’équipement. Or, ce dernier outil n’avait pas été éteint, au détriment de celui qui a explosé et qui ne disposait pas d’un système d’allumage à distance. Peut-être pour une raison de rentabilité …     

Carling : redémarrage du vapocraqueur numéro 1 en décembre

La direction de Total Petrochemicals a dernièrement annoncé le redémarrage, d’ici à la fin de l’année, de la plateforme pétrochimique de Carling-Saint-Avold, à l’arrêt depuis l’explosion qui a tué deux ouvriers le 15 juillet dernier. L’unique surchauffeur sera désormais allumé à distance afin d’amorcer une production réduite d’un tiers. Un nouvel équipement d’un coût de 10 millions d’euros remplacera, en avril 2010, le second surchauffeur détruit par l’explosion. A noter qu’une commission doit rendre fin octobre ses premières conclusions sur les causes de l’accident. 

(Source : La Tribune) 

Et si l’avenir passait par la chimie minérale ? 

Les restructurations dans la chimie organique opérées par Total qui a décidé d’arrêter un nouveau vapocraqueur et par Arkema qui stoppe du jour au lendemain sa filière méthacrylate de méthyle (MAM) en Moselle-Est sur la plateforme pétrochimique de Carling-Saint-Avold se répercutent automatiquement dans l’érosion des effectifs, qui passent pour la première fois en Lorraine sous la barre symbolique et fatidique des 6 000 emplois. Le sort réservé à l’industrie chimique dans notre province s’assombrit donc. Avec plus que 5 950 salariés, la chimie lorraine a pourtant réalisé un chiffre d’affaires de plus de 3 milliards d’euros. Les groupes industriels français ne se rendent pas compte de tout le drame social, moral et humain qui se joue une nouvelle fois en Lorraine.

Pourtant, au plus profond de toute cette obscurité, se trouve encore une lueur d’espoir… En effet, la chimie minérale des soudières, parvient quant à elle résister et même à investir en se montrant offensive et pleine d’ambition. Les projets ne manquent d’ailleurs pas, comme c’est le cas chez Novacarb et Solvay Carbonate, les deux dernières soudières de France. C’est là, à Laneuveville-devant-Nancy, en plein cœur du bassin salifère lorrain, que les deux sociétés industrielles ont décidé d’augmenter leur capacité de production de bicarbonates, afin d’anticiper les besoins croissants en verre. Du côté de Novacarb, l’accent est également mis sur l’utilisation des énergies renouvelables avec le projet de centrale biomasse menée en collaboration avec Poweo.

Enfin, notons que la chimie lorraine peut se targuer d’être l’une des plus performantes en termes de sécurité. Avec un taux de fréquence des accidents avec arrêt de travail qui pointe à 5,3, cette dernière est nettement en dessous de la moyenne française établie à 11,8. Néanmoins, le même constat prévalait à l’époque dans nombre de mines en Lorraine. Cela ne les a cependant pas empêché de fermer. 

Enquête sur l’explosion meurtrière de Carling

Le mercredi 15 juillet vers 15h l’explosion du vapocraqueur numéro 1, véritable centre névralgique de la plateforme pétrochimique de Total à Carling-Saint-Avold, classée Seveso 2, a fait deux morts et 6 blessés. Une cellule psychologique a été mise en place afin d’accompagner les salariés traumatisés. La déflagration fut telle qu’elle a été entendue jusque dans les communes avoisinantes comme L’Hôpital. On sait que l’explosion s’est produite au niveau du surchauffeur, qui n’est autre qu’une longue cheminée chargée de surchauffer la vapeur, qui sert ensuite à alimenter les fours de craquage du vapocraqueur. Ce dernier a pour but de « craquer » le naphta, produit obtenu à partir de pétrole brut raffiné, en divers dérivés pétrochimiques, à savoir, éthylène, propylène, méthane ou encore styrène. C’est en fait un énorme four qui permet de casser le naphta en molécules plus petites, après que celui-ci ait été mélangé avec de la vapeur d’eau. Il est ensuite amené à près de 800°C par un passage très bref, d’environ une seconde, dans un surchauffeur qui va donc casser les molécules. Le mélange est alors brutalement refroidi afin de stopper la réaction et d’obtenir les composés désirés. Ces derniers constituent la matière première des autres installations du site, en particulier pour ce qui est de la fabrication des matières plastiques comme le polyéthylène ou le polystyrène. Ces produits sont enfin commercialisés sous forme de granulés. Le vapocraqueur n°1, le seul encore en service sur le site industriel mosellan, puisque le second est en cours de démantèlement, était en phase de redémarrage. Il avait en effet été mis en veille quelques jours plus tôt en raison d’un incident électrique dû à un orage. 

Le bilan meurtrier de cette catastrophe fait de cette dernière la plus grave depuis ces 20 dernières années qui soit survenue sur la plateforme pétrochimique lorraine. Elle intervient d’ailleurs au plus mauvais, dans la mesure où le site industriel déjà fortement fragilisé, fait l’objet de plusieurs plans sociaux chez Total Petrochimicals comme chez Arkema, l’autre grand chimiste de Carling, dont les installations n’ont pas souffert de l’explosion. En effet, ce ne sont pas moins de 4 plans de restructurations qui se sont succédés sur ce site industriel majeur de Moselle-Est depuis 2006, faisant fondre les effectifs comme neige au soleil. Ces derniers vont ainsi être divisés par 2 entre 2006 et 2013. La plateforme qui comptait encore plus de 1 700 salariés en 2006, n’en disposera plus que de 850 en 2013. Celle-ci est victime de la stratégie des grands groupes industriels qui préfèrent privilégier les sites intégrés avec raffinerie ou bien des sites de production au Moyen-Orient ou en Asie. La plateforme de Carling fabrique quant à elle des matières plastiques à partir d’hydrocarbures depuis plus de 55 ans. 

Aujourd’hui, l’accident fait de plus en plus polémique, car il apparaît qu’il aurait pu être évité si le vapocraqueur numéro 1 avait été équipé d’un redémarrage automatique, élément dont disposait le vapocraqueur n°2, qui vient pourtant d’être fermé. Par conséquent, le vapocraqueur n°1, faute de ce dispositif, devait être redémarré manuellement, ce qui signifie que les opérateurs devaient s’approcher au plus près du four. Il n’y aura pas de remise en service du vapocraqueur n°1, qui a été sérieusement endommagé par le souffle de l’explosion, avant que toutes les causes du sinistre n’aient été éclaircies. L’explosion a ainsi provoqué la chute du four et déstabilisé l’infrastructure de l’installation, sans toutefois provoquer d’incendie. Rappelons que le vapocraqueur avait été arrêté en raison des violents orages et des pluies diluviennes qui s’étaient abattus le Pays Narborien. Un problème électrique était alors survenu et l’installation avait été stoppée. Mais il semble indéniable à l’heure actuelle que les intempéries ne soient pas directement à l’origine de l’accident. Selon un ouvrier, il y aurait eu accumulation de gaz, dans la mesure où le surchauffeur s’est éventré en plein milieu. Une piste d’explication ?  Deux syndicats présents sur le site industriel ont enfin révélé qu’une première tentative de redémarrage de l’équipement et de son surchauffeur avait déjà échoué la veille du drame, soit le mardi 14 juillet dans l’après-midi. Une équipe d’opérateurs avait alors tenté d’allumer le surchauffeur, mais la manœuvre n’avait pas fonctionné. De même, le mercredi 15 juillet au matin, une autre équipe aurait encore répété la manœuvre pour rallumer les installations, en vain.   

Le patron du groupe Total, Christophe de Margerie a d’ores et déjà indiqué que le vapocraqueur sera réparé et remis en route dès que l’enquête sur l’accident le permettrait. Il a en outre assuré que le groupe accorderait une vigilance accrue aux surchauffeurs dans ses usines pétrochimiques du monde entier tant qu’on ne connaîtrait pas les causes de l’explosion à Carling. La moindre des choses. Les syndicats commencent désormais à monter au créneau. Certains n’hésitent d’ailleurs pas à déclarer que l’impact des plans successifs, qui entraînent d’importants mouvements d’effectifs et que toutes les réorganisations opérées sur le site de Carling ne sont pas entièrement étrangers au drame du 15 juillet 2009. Et de poser la terrible question : « La compétitivité a certainement un coût humain. Cet accident en fait-il partie ? » Toujours est-il que le fait de réduire inexorablement les effectifs doit avoir une incidence sur l’entretien et la sécurité des équipements. 

A noter que Carling est une plateforme pétrochimique intégrée dont le cœur est le vapocraqueur. Le n°1, qui a plus de 40 ans et où travaillent près de 100 ouvriers, peut traiter quelques 320 000 tonnes d’éthylène par an. Il est géré par Total Petrochemicals France (TPF), filiale chimique du groupe pétrolier français, et fournit notamment la filière PVC du groupe chimique Arkema, située également sur la plateforme de Carling, ainsi que l’usine Ineos de Sarralbe. Si aujourd’hui il apparaît que l’activité de transformation de cette dernière ne sera pas immédiatement affectée par ce drame, la filière acrylique d’Arkema devra quant à elle recourir à un approvisionnement en propylène par d’autres moyens logistiques. En effet, chez Ineos, même si Carling est bien la principale source d’approvisionnement en oléfine, autrement dit en polyéthylène et en polypropylène, l’établissement n’a pas besoin du vapocraqueur n°1 pour fonctionner, dans la mesure où il peut recevoir de l’éthylène depuis d’autres complexes par le biais du pipeline qui le relie à Carling. En ces temps de crise économique, les salariés de Sarralbe ne veulent pas que cet accident serve désormais de prétexte à Total pour mettre en difficulté d’approvisionnement leur usine, alors que les relations entre les deux sociétés s’étaient récemment améliorées. Pour comprendre leurs inquiétudes, il faut avoir en tête le projet de pipeline entre Carling et Ludwigshafen en Allemagne. A moyen terme, cette solution permettrait en effet d’approvisionner Ineos en éthylène. Le futur pipeline, qui serait aussi dimensionné pour transporter du propylène, deviendrait ainsi un atout logistique digne d’une grande plateforme pétrochimique comme celle de Carling-Saint-Avold. Mais un tel projet structurant ne doit en aucune mesure servir d’argument pour précipiter la fin de l’unique vapocraqueur aujourd’hui endommagé.   

Enfin, pour conclure notre exposé, notons que l’explosion a bien entendue été ressentie jusque dans la commune frontalière sarroise de Lauterbach et que les colonnes de fumée rougeâtres ont inquiété la population jusqu’à Völlklingen. Pourtant, chose grave et peut-être à l’origine d’un incident diplomatique, aucune annonce officielle n’a été communiquée à nos amis sarrois, comme le prévoit normalement le dispositif d’information transfrontalière en temps réel. Inquiétant. 

(Source : presse régionale) 

Carling à nouveau sacrifié

Décidément le bassin d’emploi de Saint-Avold n’en fini plus de souffrir au point d’être au bord de l’asphyxie avec la crise. Après Total, voilà que c’est désormais Arkema qui se désengage progressivement de la plateforme pétrochimique de Carling en Moselle-Est. Sur tout le bassin, ce sont ainsi plus de 1 000 emplois qui sont en jeu. Alors que la cokerie menace de plus en plus de disparaître, c’est maintenant toute la filière MAM, c’est-à-dire méthacrylate de méthyle, qu’Arkema a décidé de sacrifier afin de se recentrer sur sa dernière filière encore en place en Moselle, à savoir les acryliques. 40 millions d’euros seront ainsi injectés pour conforter cette dernière. 40 millions d’euros qui apparaissent être un bien maigre lot de consolation à la vue des 163 nouveaux postes supprimés. Dans sa stratégie de rentabilité financière, la société industrielle ne conservera que son site MAM de Rho en Italie, paraît-il plus performant en termes de coût de production. Celui de Carling fermera donc ses portes au 1er janvier 2010. Les salariés sont bien entendus amers et désabusés, dans la mesure où la direction leur avait demandé de fournir des efforts. Ce qu’ils ont pourtant fait. Ils s’estiment par conséquent trompés et trahis par une entreprise ingrate.

Cela dit, de source syndicale, les salariés mosellans n’ont maintenant plus l’intention de se laisser faire et de transparaître comme des pions. La fermeture de la filière MAM de Carling va automatiquement, par effet de levier, entraîner la disparition d’autres emplois chez les partenaires d’Arkema, notamment chez les sous-traitants chargés de la maintenance des installations. 

Ce sont donc bien plus de 163 personnes suis seront donc au final touchés par cette mesure. Un nouveau sale coup pour la Lorraine industrielle, particulièrement exposée face à la crise et la conjoncture économique actuelles.

Pipeline : au tour de l’étude de faisabilité

Une étude de faisabilité se penchera sur l’idée préconisée par François Loos qui consiste à raccorder la plateforme chimique de Carling à Ludwigshafen en Allemagne, joignant ainsi la pétrochimie lorraine au réseau européen. Celle-ci fait suite à la précédente étude d’opportunité, qui concluait à l’intérêt de principe d’un tel raccordement, que ce soit pour remplacer des installations appelées à disparaître ou pour livrer des quantités supplémentaires de matières premières aux industriels du secteur. L’avenir de la pétrochimie en Lorraine en dépend.

En effet, il est sera nécessaire de continuer à alimenter l’industrie mosellane en éthylène et en propylène, alors que son unique fournisseur, l’avide Total Petrochemicals (TPF pour les intimes), se désengage de leur production. Ainsi, si TPF se réjouir de la perspective d’un nouveau marché sur lequel il pourra écouler ses produits avec ce futur pipeline pétrochimique, le groupe risque de ne pas apprécier de se voir retirer le monopole dont il bénéficie actuellement. Mais on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre. La réalisation du pipeline arrangerait en tout cas les sites Arkema de Carling et Ineos de Sarralbe, en Moselle. Elle leur permettrait de sécuriser leurs approvisionnements dans un contexte de restructuration chez leur unique fournisseur, TPF, implanté lui aussi à Carling. Cela dit la Lorraine redoute que l’apparition d’une source d’approvisionnement concurrente à celle de Total Petrochemicals France ne conduise le groupe à annoncer son retrait du site plus tôt que prévu.

Enfin, pour ce qui est du tracé du futur gazoduc, François Loos défend un projet de 150 km à mettre en chantier d’ici à 2019 pour un investissement minimal de 75 millions d’euros. Parmi les 7 hypothèses de tracé reliant Carling et Sarralbe au site de production de BASF à Ludwigshafen (Rhénanie-Palatinat), il privilégie ainsi et à juste titre un itinéraire passant essentiellement par l’Allemagne sur 95 km, permettant d’éviter les parcs naturels régionaux de Lorraine, des Vosges du Nord et de la Forêt palatine. Ce tracé nous semble d’autant plus judicieux qu’il emprunte déjà le parcours du gazoduc actuel entre Ludwigshafen et la station d’arrivée en Lorraine, à Obergailbach, à 15 km de Sarreguemines.

Ce pipeline est à nos yeux un élément structurant de l’avenir de la filière pétrochimique dans notre province et de son développement futur. Et comme toujours il n’y a plus de temps à perdre (pour sauver ce qui peut encore l’être) !

Le photovoltaïque comme voie de reconversion ?

Total Petrochimicals, en collaboration avec son partenaire GDF-Suez, envisage d’implanter une unité de fabrication de plaquettes de silicium photovoltaïques, c’est-à-dire de plaques permettant de transformer de l’énergie solaire en énergie électrique, le tout pour un investissement de 70 millions d’euros. L’usine, qui pourrait démarrer dès la fin 2010, serait construite à quelques kilomètres de la plate-forme chimique de Carling sur l’ancien site minier De Vernejoul à Porcelette, qui constitue aujourd’hui une zone dédiée aux nouvelles technologies que la communauté de communes du Pays Narborien souhaite valoriser.  Cette annonce n’a cependant pas complètement convaincu les syndicats qui estiment qu’il était au départ question d’un projet de 250 à 300 emplois. Or, cette nouvelle unité de production ne devrait au total générer que 80 à 100 emplois. Par conséquent, le compte n’y est pas pour les organisations syndicales au regard des suppressions de postes opérées par Total depuis 2006. Un petit lot de consolation, rien de plus. Décidemment, la Lorraine se fait flouer de partout…

Le dégraissage se poursuit à Carling

Le démantèlement de l’activité chimie lourde opéré par le puissant groupe Total Petrochimicals, qui n’en finit pourtant plus de battre des records de bénéfices, se poursuit en Lorraine, avec la fermeture de nouveaux ateliers sur la plateforme est-mosellane de Carling Saint-Avold. Il devient de plus en plus évident que Total n’a plus vocation à maintenir son activité chimique sur ce site, dans la mesure où il préfère privilégier ses sites portuaires avec raffinerie. Une nouvelle ligne de production de polyéthylène sera supprimée d’ici la fin de l’année. Résultat des courses : 64 emplois de moins. L’atelier clarificateur, c’est-à-dire en charge de la purification des coupes de pétrole, subira malheureusement le même sort au second trimestre 2010, tout comme une ligne de traitement des essences. Ainsi, les coups durs s’accumulent sur la plateforme de Carling et sur l’ensemble de la filière en Lorraine. En effet, une première vague de restructurations avait déjà été décidée en 2006 avec la fermeture d’un vapocraqueur et de la production de styrène. Cela avait engendré la suppression de 243 emplois. Mais d’autres nuages plus menaçants encore planent sur Carling. Beaucoup de personnels pensent que le dernier vapocraqueur de la centrale ne sera pas maintenu au-delà de 2015. D’ici là, il ne restera plus que la production de polystyrène, avec un atelier pouvant fonctionner de manière isolée et en toute autonomie. Aujourd’hui, 780 personnes travaillent encore pour Total sur le site est-mosellan. Avec les sous-traitants, ce sont plus de 2000 emplois qui dépendent de cette activité chimique !

Les syndicats, impuissants, ne peuvent que constater les dégâts déjà opérés. Un immense gâchis. Pour eux, il s’agit purement et simplement d’une casse industrielle au profit de délocalisations des activités au Moyen-Orient, au Qatar et en Algérie… Il est dès lors urgent d’imaginer un nouvel avenir pour le site de Moselle-Est.

Alors que Total a annoncé parallèlement aux centaines suppressions de postes en France des investissements de l’ordre de plusieurs centaines de millions d’euros, Carling ne recevra que des miettes, à savoir 20 millions d’euros, afin de consolider sa production de polystyrène… l’une des plus performantes d’Europe …

4 Commentaires pour “La fin de la chimie en Lorraine ? (Archives)”


  1. Lothar écrit:

    Le photovoltaïque, oui ! Une nouvelle centrale au gaz : NON !

  2. khodja écrit:

    savoir si le mono-metacrylate d’ethylene contiendrait des elements entrant ds la fabrication d’engins explosifs. merci de me répondre.

  3. CAYET écrit:

    On ne fabriquait pas du mono metacrylate d’ethylène mais du méthacrylate de méthyl qui sert a faire du PMMA ou Plexiglas/Altuglas;rien d’explosif .
    Cette fabrication s’arrete hélas ;il sera produit par Arkéma en Italie .
    Concernant le photovoltaique a coté de Carling/Saint avold, Total ne semble pas trop pressé ,ce qui est dommage car la France est en retard et ces équipement démarrent .J’en ai mis 25m2 sur ma maison….
    Et pour une centrale au gaz ,c’est fait ;la SNET va bientot démarrer 2 groupes a cycle combiné -soit 350MW .Tant mieux pour nous

  4. Julien écrit:

    Très intéressant et un peu long à lire :)
    Merci

    Julien


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