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La fin de la chimie en Lorraine ?

Telle est en effet la question que nous pouvons nous poser depuis quelques années déjà tant les menaces et les restructurations planent au-dessus de cette industrie historique, un peu partout en Lorraine, et peut-être encore plus du côté de la plate-forme de Carling en Moselle-Est. Vous trouverez sur cette page tous les articles faisant référence à ce  sujet douloureux.

Plan de revitalisation Kohler : un exemple à suivre ? 

En mars 2006, le groupe Kohler France annonça la fermeture de son usine Jacob Delafon à Dieuze, laissant 43 personnes sur le carreau. Une terrible décision qui avait à l’époque naturellement suscitée émotion et colère dans cette ville du Saulnois tournée depuis longtemps vers l’industrie chimique. Afin de compenser cette suppression, le groupe a mis sur pied un plan de revitalisation.   

Si bien que comme l’exige le Code du travail, Kohler a mis 172 000 euros sur la table. Le système de ce dispositif est relativement simple. Il s’agit concrètement de verser à toute entreprise créant un CDI sur le bassin d’emploi une aide de 2 000 euros par poste ouvert et 2 500 euros si la personne embauchée est une ancienne de Kohler France ayant subi ledit licenciement. Une telle disposition vaut jusqu’à l’extinction de la somme affectée au départ, soit 172 000 euros dans notre cas. Cette enveloppe a dernièrement été épuisée. Elle a permis à 87 personnes de trouver du travail. 

Ses chiffres sont donc satisfaisants. Ainsi, 40 emplois aidés par ce plan ont déjà été créés dans des entreprises du bassin de Dieuze et 47 autres vont l’être dans les prochains mois, puisque Biosolve va y ouvrir une nouvelle installation. Il s’agit plus précisément d’une unité de production de produits chimiques pour les laboratoires. L’usine devrait démarrer au cours du deuxième trimestre de l’année 2011, après le rachat des locaux de Kohler. Biosolve a choisi d’implanter son unité à Dieuze plutôt qu’à Lille ou Strasbourg sur les recommandations du patron de Kolher. 

Il en résulte que 87 personnes ont été embauchées, ou sont en passe de l’être, grâce au plan de revitalisation Kohler, soit le double des 43 salariés laissés sur le carreau en 2006. Cette revitalisation peut donc en effet être jugée exemplaire. Mais ne soyons pas dupes pour autant, certains ont profité de l’aubaine de cette subvention et auraient recruté quoi qu’il en soit. 

Investissements d’Arkema à Carling

Le chimiste a dernièrement confirmé ses engagements autour de la filière acrylique initiés en juin 2009 en annonçant un investissement de 30 millions d’euros sur son site de Carling-Saint-Avold, en Moselle, pour en faire la référence dans le domaine des acryliques.  Une nouvelle ligne de production d’Adame (Acrylate de dimethylaminoethyle) sera ainsi construite en remplacement d’une ancienne ligne. L’Adame est un dérivé de l’acide acrylique, produit de base pour les floculants utilisés dans le traitement des eaux usées. Cette nouvelle ligne devrait permettre au site mosellan d’augmenter sa capacité de production de 30 % sur un marché extrêmement porteur en Europe et en Asie, du fait du durcissement des normes de qualité des eaux urbaines et industrielles. Arkema entend donc valoriser la production d’acide acrylique, dont le site de Carling est un des tout premiers au monde avec 280 000 tonnes par an. 

A noter également que dans l’enveloppe de 30 millions d’euros figure l’installation d’une nouvelle chaudière.  Le programme d’investissements annoncé l’an passé prévoyait cela dit quarante millions d’engagements. Les dix derniers millions devraient être destinés aux infrastructures du site, ainsi qu’au réseau électrique et de vapeur. Ces travaux devraient être réalisés dans les mois qui viennent. 

Ces investissements ne compensent que partiellement l’arrêt définitif de la filière méthacrylique en 2009, qui avait entrainé plus de 160 suppressions d’emplois (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/06/30/carling-a-nouveau-sacrifie/). 

La chimie lorraine s’associe

La Lorraine vient dernièrement d’adhérer au pôle de compétitivité Axelera, implanté en Rhône-Alpes, un pôle à vocation mondiale. La région Rhône-Alpes est spécialisée dans la catalyse, la Lorraine dans le génie chimique. Il n’est de même pas à exclure que la région Midi-Pyrénées renforce les deux premiers réseaux avec sa chimie fine. L’Ecole Nationale Supérieure des Industries Chimiques (ENSIC) de Nancy sera le fer de lance de cette nouvelle aventure, afin de  mettre en réseau les meilleurs laboratoires et les entreprises. Il est également question de soutenir le développement de la chimie lorraine qui a négocié un virage vert, alors même qu’en 2006 Total Petrochemicals France avait décidé d’arrêter le vapocraqueur n° 2 de Carling avec les conséquences que l’on connaît (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/07/19/enquete-sur-lexplosion-meurtriere-de-carling/). Rappelons que la chimie verte se donne pour mission de réduire et d’éliminer l’usage ou la génération de substances néfastes pour l’environnement. Dans ce cadre, la Lorraine a obtenu en 2010 un soutien de trois millions d’euros pour le projet de développement d’acide acrylique à partir de glycérol (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2010/03/13/carling-un-programme-de-recherche-dans-la-chimie-du-vegetale/). 




5 Commentaires pour “La fin de la chimie en Lorraine ?”


  1. bloggerslorrainsengages écrit:

    Un pipeline pour la chimie lorraine

    Un pipeline acheminant des produits pétrochimiques entre la France et l’Europe du Nord via la Lorraine devrait être réalisé d’ici quatre ans (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/02/05/le-pipeline-avance-dans-les-tetes/), afin d’assurer la pérennité de cette industrie, notamment en Lorraine (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2010/08/04/la-chimie-lorraine-a-laisse-passer-lorage/).

    Rappelons que l’ouvrage doit permettre de garantir aux industriels des approvisionnements sûrs et en quantité suffisantes. Le pipeline représente un investissement de 160 millions d’euros. Il apparait comme stratégiquement nécessaire pour les industriels, consommateurs d’éthylène et de propylène. C’est en tout cas une excellente nouvelle pour Ineos, à Sarralbe.

    Alors que les conditions techniques de cet équipement d’envergure sont désormais réunies et que la faisabilité du projet (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/06/20/pipeline-au-tour-de-letude-de-faisabilite/) lève une hypothèque sur la chimie lorraine, tout n’est pas forcément rose au tableau. En effet, même si le ministre français de l’industrie a mentionné l’approvisionnement en éthylène et propylène pour la plateforme de Carling, il a également évoqué le fait que « la production du vapocraqueur » du complexe pétrochimique lorrain « pourrait s’arrêter à moyen terme ». Total PetroChemicals (TPF) a cependant tenu à nuancer l’approche de Christian Estrosi, puisque le groupe n’envisagerait « nullement d’arrêter son vapocraqueur à moyen terme ». Cela dit, nous pensons de notre côté que Total pourrait bel et bien se servir du prétexte du pipeline pour se retirer de Carling et laisser une nouvelle fois des centaines de personnes sur le carreau (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/02/26/chimie-menacee-la-lorraine-demande-a-paris-de-faire-flancher-total/)…

  2. bloggerslorrainsengages écrit:

    L’annonce de la construction, d’ici quatre ans, d’un pipeline d’éthylène-propylène reliant la France au reste de l’Europe pose la question de déterminer quelles sont les solutions envisagées par TPF pour assurer le maintien du vapocraqueur de Carling. Car la plateforme pétrochimique de Moselle-Est sera forcée de se repositionner par rapport à cette nouvelle donne dans le circuit de l’éthylène et du propylène en Europe.

    Dans tous les cas, il s’agit surtout de préserver l’activité pétrochimique à Carling. Le pipeline ne doit pas constituer un concurrent, voire une menace pour ses activités, mais au contraire être un moteur pour diversifier les installations, en investissant par exemple dans des produits de niche comme les polyéthylènes de spécialité. Carling tient en tout cas à rester un site spécialisé dans la chimie de base.

    Certains syndicats demandent à ce que soit implémentée à Carling la technologie MTO, comme sur le site Total de Feluy en Belgique, c’est-à-dire la fabrication d’éthylène et de propylène sans vapocraqueur et donc sans pétrole, à partir du méthanol, lui-même obtenu lors de la transformation de biomasse ou de gaz. L’idée est ambitieuse car cela impliquerait un investissement dépassant le milliard d’euros.

  3. bloggerslorrainsengages écrit:

    La Lorraine, terre de chimie

    La Lorraine est une terre de chimie. Elle représente un peu plus de 3 % de l’industrie chimique française et génère 2,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires. De grands noms de la chimie se trouvent en effet sur notre territoire, comme Air Liquide, Mersen (ex-Carbone Lorraine), Solvay, Arkema, Total et Saint-Gobain. C’est l’histoire du sel et du charbon qui a par exemple fait sortir de terre la plateforme pétrochimique de Carling-Saint-Avold. La Lorraine abrite par ailleurs les deux dernières soudières de France (Novacarb et Solvay) et la chimie occupe encore aujourd’hui près de 11 000 emplois directs et indirects. Même si l’emploi industriel dans la chimie lorraine diminue, celle-ci continue d’embaucher. Le secteur recrutait avant la crise jusqu’à 500 personnes par an, un chiffre tombé depuis à une centaine.

  4. bloggerslorrainsengages écrit:

    L’arrêt d’un vapocraqueur de Total Petrochemicals à Carling-Saint-Avold a provoqué celui d’une ligne de polypropylène et une centaine de suppressions d’emploi chez Ineos Sarralbe.

    Depuis, l’horizon semble s’éclaircir progressivement pour l’entreprise qui emploie encore 224 salariés, pour un chiffre d’affaires qui devrait approcher les 325 millions d’euros.

    A tel point que la société envisage de relancer une deuxième ligne de polypropylène d’ici la fin de l’année. Cette dernière lui permettrait de faire passer sa capacité de 64 000 tonnes à 90 000 tonnes, ce qui se traduirait par quelques embauches, le temps de remettre en état l’ancienne ligne 2 et de poursuivre les programmes d’investissement établis à 20 millions d’euros sur 5 ans.

    Très actif dans les polymères, Sarralbe dépendait d’Ineos Manufacturing France. En devenant récemment Ineos Olefins & Polymers Sarralbe, le site a gagné en autonomie.

    La production destinée à des marchés de niche qui trouvent des applications dans l’emballage alimentaire, les tuyaux et conduite de gaz, ainsi que les plastiques pour l’industrie automobile constituent les forces de la structure lorraine.

  5. bloggerslorrainsengages écrit:

    Chimie : bonne nouvelle chez Arkema

    L’entreprise Arkema, située sur la plateforme pétrochimique de Carling Saint-Avold, devrait prochainement doubler sa capacité de production de super-absorbant pour répondre aux besoins de la société japonaise Sumitomo-Seika, avec qui elle est en contrat de façonnage depuis 2009. Un signe fort de pérennisation du site, puisqu’à l’horizon 2013, près de 43 000 tonnes de super-absorbant seront produits par an. Pour assurer une telle production, une deuxième tour sera construite, ce qui devrait générer la création d’une dizaine d’emplois.

    Actuellement sous le coup d’un plan de sauvegarde de l’emploi, Arkema envisage désormais l’avenir plus sereinement.


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