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Déchets nucléaires

Cette page est exclusivement consacrée aux enjeux et aux problématiques d’un potentiel et futur enfouissement de déchets radioactifs en Lorraine. Elle référence et regroupe tous les articles publiés à ce sujet.

Voir létude sur la question des déchets nucléaires en Lorraine publiée sur BLE Fondation.

Déchets nucléaires ou l’éternité empoisonnée

Primé à de nombreuses reprises, Info Eternity, un film réalisé par Michael Madsen, évoque les questions, les enjeux et les problèmes du site d’enfouissement des déchets nucléaires finlandais. Comparable à la poubelle radioactive de Bure, cette nécropole souterraine, creusée à 500 mètres de profondeur, ne recèlerait-elle pas une face délibérément cachée ?

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Il faut dire que le nom donné par les Finlandais à ce cimetière souterrain est sans équivoque : « Onkalo », ce qui signifie la cachette, en finnois. Autrement dit, une appellation en forme de message subliminal qui reflète bien l’intention partagée par tous les docteurs Folamour des pays nucléarisés. Plus révélateur encore, la Belgique a donné le nom de « HADES » à son site, ce qui renvoie directement aux Enfers de la mythologie grecque. La France, pour son site de Bure, s’est quant à elle très longtemps cachée derrière le pseudonyme de « laboratoire » avant que l’ANDRA, promoteur de la poubelle souterraine, ne lance tout récemment une improbable appellation : « Cigéo ». Un mytho peut donc en cacher un autre. 

Car il s’agit tout de même d’une décharge radioactive démesurée creusée pour y déposer les pires déchets que l’homme n’ait jamais produits. Des poisons dont la radioactivité reste mortelle sur des temps invraisemblables, sur 6 000 générations au bas mot. Des poisons qu’aucun pays au monde ne sait rendre inoffensifs. Dès lors, nous pouvons tous nous poser des questions : notre génération n’aurait-elle pas joué avec un feu qu’elle ne maîtrise pas ? N’aurait-elle pas joué à l’apprenti sorcier avec cette énergie nucléaire ? N’est-elle pas, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, en train de léguer un héritage empoisonné à ses descendants, et aux descendants de ses descendants ? 

Néanmoins, il se pourrait bien que la curiosité des générations à venir n’ait pas à s’exercer. L’exemple français est un cas d’école. En effet, l’eau constitue le pire ennemi d’un stockage nucléaire souterrain. En dégradant les fûts, cette dernière se gorge de radioactivité et véhicule le poison au gré des déplacements des nappes phréatiques. Une équipe de scientifiques indépendants a dernièrement tiré la sonnette d’alarme : le sous-sol de Bure est gorgé d’eau et strié d’une multitude d’anciennes failles verticales que les séismes vosgiens tout proches pourraient rouvrir, conduisant très rapidement les eaux dans le stockage souterrain. Ce risque majeur est d’autant plus sérieux que le creusement d’une poubelle transformerait la zone souterraine en un véritable gruyère. Un chiffre longtemps tenu secret parle de lui-même : la longueur des galeries et autres alvéoles avoisinerait les 200 km, tant les masses de déchets nucléaires s’accumulent.    

Enfin, comment interpréter le fait que dans le pays qui déclare à la face du monde comme celui des droits de l’homme, l’avis des populations soit aussi superbement ignoré ? Comme si seuls quelques scientifiques et élus, c’est-à-dire une fraction infime de la société, s’étaient arrogés le pouvoir de décider pour tous et pour des millénaires. Fait quasi unique dans l’hexagone, les populations de Lorraine et de Haute-Marne ont elles-mêmes lancé une pétition pour demander un référendum local. Résultat : 45 000 signatures… balayées d’un coup de main par les autorités ! 

(Source : CEDRA) 

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Déchets nucléaires : la menace fantôme se confirme en Lorraine

La décision dans cinq ans d’autoriser d’implanter dans le Sud de la Meuse un site de stockage géologique de déchets nucléaires hautement radioactifs se prépare dans l’ombre.

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Le Centre Industriel de stockage Géologique à Bure (Crédits photo : ANDRA)

Des travaux de reconnaissance géologique sismique à deux et à trois dimensions vont en effet prochainement être menés dans la Zone d’Intérêt pour une Recherche Approfondie (ZIRA). L’acquisition de données permettra la construction d’un modèle détaillé de la couche géologique (épaisseur, profondeur …) avec une précision de quelques mètres, ainsi que la vérification de l’absence de failles mineures et le contrôle de la constance des propriétés de la couche à l’échelle de la ZIRA. Rappelons que le tracé de cette dernière a été proposé par l’Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs (ANDRA) dans un rapport remis au gouvernement français en octobre 2009. Elle a été validée par Jean-Louis Borloo le 9 mars 2010 sur avis de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) et de la Commission Nationale d’Evaluation (CNE). Si la France se lance dans la construction d’un stockage de déchets radioactifs de Haute et de Moyenne Activité à Vie Longue (HA-MAVL) issus principalement des combustibles irradiés sortis des centrales exploitées depuis plus de trente ans, cela se fera dans des galeries creusées à 500 mètres sous terre, qui occuperont en surface 15 km2 situés à l’intérieur des 28 km2 de cette ZIRA.

Quant à l’avis des sept communes du Sud de la Meuse, dont le territoire est concerné par cette ZIRA, tout le monde s’en balance. En effet, si l’une d’entre elles s’avisait à consulter ses citoyens-électeurs par référendum, celui-ci serait déclaré « illégal », puisque l’établissement de la ZIRA comme l’implantation du futur centre de stockage relèvent, selon la loi française, de la compétence du gouvernement et non de la commune. Tout a donc été verrouillé pour que la Lorraine accueille les déchets nucléaires de la France. Et l’avis négatif du conseil municipal de la commune de Bonnet, seul sur les sept à avoir délibéré, pourrait tout au plus être assimilé à un vœu de charité. C’est scandaleux. Là, il y a vraiment danger. Il est grand temps que les Lorrains s’en rendent compte ! 

Dans les panneaux d’affichage des mairies un nouveau règlement a déjà été intégré. Un arrêté préfectoral du 23 mars 2010 qui donne « autorisation de pénétrer dans les propriétés publiques et privées en vue d’acquérir des données scientifiques permettant de délimiter les zones susceptibles de recevoir la construction d’un centre de stockage en couche géologique profonde pour les déchets radioactifs à haute activité et à vie longue ». Celui-ci stipule encore que le personnel de l’ANDRA et ceux des entreprises de travaux accréditées par cet établissement public « pourront pénétrer dans les propriétés publiques et privées closes ou non closes, (à l’exclusion des locaux consacrés à l’habitation) et dans les bois soumis au régime forestier. Ils pourront y planter des balises, y établir des jalons, piquets et repères, y pratiquer des relevés topographiques, des travaux d’arpentage et de bornage, des opérations de recherche géophysiques ainsi que des sondages, forages et carottages associés, y faire des abattages et élagages nécessaires et autorisés par la loi et autres travaux ou opérations que les études rendront indispensables ». Selon Paris, ces travaux doivent être menés « de sorte que la demande d’autorisation d’un stockage réversible puisse être instruite en 2015, dans la perspective d’une mise en exploitation en 2025 ». 

Dans cinq ans, le stockage géologique des déchets hautement radioactifs dans le sous-sol lorrain pourrait devenir bien réel. Terrifiant. Dans une autre logique, le président du conseil général de la Meuse s’est dernièrement emporté pour qu’une révision des fonds d’accompagnement du projet, pour l’instant établis équitablement à 30 millions d’euros par an pour chacun des départements de Meuse et de Haute-Marne, soit entamée. Si les galeries doivent être creusées dans le sous-sol de la Meuse, il demande dès maintenant 50 millions d’euros par an. Bien peu de chose en comparaison de la taxe professionnelle d’une centrale nucléaire implantée en surface… 

(Source : Energies nouvelles) 

Bonnet dit non à l’enfouissement des déchets nucléaires

Le conseil municipal de Bonnet, dans la Meuse, a dernièrement approuvé une délibération qui confirme son opposition à l’enfouissement des déchets nucléaires dans le sous-sol communal, au nom du principe de précaution. Cette sage et lucide décision constitue un signal fort envoyé au gouvernement de Paris, à qui l’ANDRA (Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs) a soumis une proposition de zone de 30 km² dite « d’intérêt pour la recherche approfondie » sur le territoire des communes de Bonnet, Bure, Ribeaucourt et Mandres-en-Barrois, entre Gondrecourt-le-Château et Montiers-sur-Saulx. Le maire de Bonnet, qui soutient la pétition lancée dans le village pour demander l’organisation d’un référendum local, ne désespère pas de parvenir à empêcher le stockage souterrain des déchets radioactifs, même s’il sait que nombre de ses homologues risquent d’être corrompus par l’ANDRA. 

Déchets nucléaires : Bonnet de retour à la raison

Les BLE tiennent à féliciter le conseil municipal de la commune de Bonnet, dans la Meuse, pour s’être prononcé à l’unanimité contre le projet d’enfouissement de déchets radioactifs sur le site de Bure. Une telle décision, même tardive, nous apparaît en effet courageuse et exemplaire. Les BLE invitent de même l’ensemble des 33 communes situées dans le périmètre de 10 km du laboratoire souterrain de Bure à faire de même, afin que la Lorraine ne devienne pas la poubelle nucléaire de la France. En cette période de fêtes de fin d’année, la décision du conseil municipal de Bonnet représente un beau cadeau fait au peuple lorrain, qui tient à être préservé des nombreuses incertitudes et des conséquences lourdes sur le long terme des projets d’enfouissement des déchets radioactifs sur notre beau territoire. Cette mesure porte enfin en elle un signe de résistance et d’espoir de voir notre combat aboutir.

Lorraine : une motion contre les déchets nucléaires

Le conseil régional de Lorraine a dernièrement adopté une résolution exprimant clairement son opposition à la création d’un centre d’enfouissement de déchets radioactifs à faible activité et à vie longue (FAVL) sur notre territoire. Les BLE se félicitent d’une telle décision qui va dans le sens de leurs revendications, face à la constante pression exercée par l’ANDRA (Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs). A noter que les régions et Etats limitrophes de la Lorraine ont à plusieurs reprises exprimé leur crainte de voir notre province devenir une terre à fort risque nucléaire, avec déjà la centrale nucléaire de Cattenom et le laboratoire de Bure. Ainsi, le Land de Sarre et le conseil parlementaire de la Grande Région ont officiellement fait part de leurs préventions, provoquées par l’appel à candidatures lancé en 2008 auprès de 3 115 communes, afin d’accueillir un centre d’enfouissement de déchets nucléaires. Alors qu’à l’automne 2008, quelques communes lorraines s’étaient portés candidates, elles se sont désormais et heureusement rétractées face à la contestation générale. Mais l’ANDRA, face à ce cuisant échec, a décidé de relancer sa prospection. Le combat continue donc pour la Lorraine.

La Lorraine dit non à l’ANDRA ! 

Alors que tout le Grand Est de la France est toujours pressenti pour accueillir un centre de stockage et d’enfouissement de déchets nucléaires à vie longue en 2019, du fait de nombreux terrains géologiques présumés favorables, la Lorraine refuse, à juste titre, de devenir la poubelle radioactive de Paris. Une seule commune en Moselle, à savoir Baronville, avait dans un premier temps souhaité que l’Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs (ANDRA) étudie sa candidature, fin octobre 2008. Cette dernière avait ainsi fait miroiter au maire la création d’environ 150 emplois et une potentielle manne financière et économique. Heureusement, 6 mois plus tard, la commune décidait d’abandonner la perspective d’un tel projet, préférant éviter la stigmatisation de « village fantôme de l’atome ». Le préfet de la Moselle, à savoir Bernard Niquet, n’avait alors absolument pas apprécié ce refus, prétextant que ces « réactions négatives » correspondaient à des signaux envoyés aux investisseurs », dans une province fortement touchée par la crise économique.

A travers la rédaction de cet article, les BLE ne peuvent que s’insurger et condamner la position du représentant de l’Etat français. Car le renouveau lorrain et la revitalisation de notre territoire ne peut et ne doit en aucune manière passer par l’enfouissement de déchets nucléaires quelque soit leur nature. La Lorraine n’a encore une fois pas la vocation à devenir la poubelle radioactive de la France. Ce n’est absolument pas dans l’intérêt de notre belle province et de ses habitants que de risquer de dégrader ses magnifiques paysages naturels et de mettre en danger la santé publique avec un projet et une technologie dont on ne maîtrise toujours pas à l’heure actuelle les tenants et les aboutissements. La Lorraine n’a pas besoin maintenant d’être cataloguée comme centre d’enfouissement nucléaire. Il est de même tout bonnement inacceptable et intolérable de se servir du prétexte de crise économique pour affirmer et justifier le contraire.

Bien que l’ANDRA annonce encore disposer d’une trentaine de candidatures, dont 6 en Lorraine, qui n’ont toutefois pas la même qualité géologique, ce n’est pas un hasard si sur les 3 115 communes du Grand Est présélectionnées d’office, à peine 42 (soit 1,35 % du total) avaient émis un avis positif, afin d’autoriser des investigations géologiques plus en profondeur. Et ce n’est pas les récents accidents et déclarations sur le nucléaire qui rassureront les Lorrains. Face à ce puissant désaveu, que l’ANDRA a d’ailleurs encore du mal à digérer, le calendrier de la construction du futur centre de stockage a d’ores et déjà été décalé. Enfin, rappelons que sur les 12 communes qui se sont depuis rétractées, il y a les deux villages de l’Aube d’Auxon et de Pars-lès-Chavanges. Sur le ban d’un de ces ceux-là, un dépôt nucléaire existe déjà. Et comme par hasard, ou pas, le taux de cancer a fortement augmenté dans les alentours en raison des couloirs de vent. Alors, à bon entendeur… 

La tentation des déchets radioactifs se dissipe peu à peu

Baronville, paisible village de 300 habitants situé à la limite du Pays du Saulnois, était la seule commune de Moselle à avoir accepté une étude préalable au sujet de l’accueil d’un site d’enfouissement de déchets radioactifs à faible activité à vie longue (FAVL). Etait car aujourd’hui la commune, candidate sérieuse hier, a finalement renoncé à ce projet. Heureusement. Le maire a enfin entendu la fronde populaire qui montait de plus en plus. Sage décision, la Lorraine n’a pas vocation à devenir la décharge nucléaire de la France. En effet, au fil des semaines, agriculteurs, défenseurs de l’environnement, habitants de Baronville et de la ville voisine de Morhange avaient vivement contesté cette décision, certains n’hésitant pas à planter des panneaux sur leur façade, voire à quelques dizaines de mètres de la mairie… Une pétition a également circulé. Aux dernières nouvelles, elle comptait près de 300 signatures. Un revirement qui ne sied absolument pas à l’ANDRA. On imagine pourquoi. Mais qu’importe

Rappelons que 37 communes de l’Est de la France ont répondu de manière positive au pacte de l’ANDRA. Moins de 10 se situent en Lorraine. Cela dit, il faudra au moins deux ans d’investigations pour vérifier la faisabilité d’un projet. « Seules » deux ou trois communes candidates seront désignées au final pour recevoir les futurs centres d’enfouissement. Toujours est-il qu’au cas où un dossier lorrain serait sélectionné, cela risquerait de mettre à mal les bonnes relations transfrontalières. En effet, la Sarre n’acceptera pas une densification des activités radioactives dans le secteur frontalier qui a déjà de son point de vue suffisamment assumé ses responsabilités avec des sites comme la centrale nucléaire de Cattenom et le laboratoire de recherche de Bure.

Cela dit, la Sarre aurait-elle son mot à dire dans cette histoire ? Ceci est une autre question. Mais Baronville n’était pas la seule commune concernée en Lorraine. La situation semble également s’améliorer dans le Nord meusien où, après avoir dans un premier temps accepté l’idée d’accueillir sur leur ban des déchets faiblement radioactifs, deux villages viennent de revenir sur leur décision, par 10 voix sur 11 à Rouvrois-sur-Othain et par 6 voix sur 9 à Billy-lès-Mangiennes. Il reste néanmoins encore 3 communes meusiennes candidates à une décharge souterraine, à savoir Gondrecourt-le-Château, Montigny-lès-Vaucouleurs et Chassey-Baupré. 

Le  PNRL dit non au stockage de déchets radioactifs

Le Parc Naturel Régional de Lorraine (PNRL) a refusé et à juste titre l’implantation d’un site de stockage de déchets nucléaires de faible activité à vie longue (FAVL), proposée par l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (ANDRA). La décision a été soutenue par la Fédération des Parcs naturels régionaux de France. 

En effet, l’implantation d’un tel équipement n’est pas compatible avec les objectifs d’un Parc naturel régional, qui doivent notamment assurer la protection et la valorisation du patrimoine naturel d’un territoire. Ainsi,  le PNRL a rappelé que l’article L.331-1 du code de l’environnement  stipule clairement qu’il importe d’assurer la protection des territoires des parcs, aussi bien leur sol que leur sous-sol,  en les préservant des dégradations et des atteintes susceptibles d’en altérer la diversité, la composition, l’aspect et l’évolution. Au-delà de la contradiction écologique évidente de l’objectif d’un parc naturel et d’un centre de stockage de déchets nucléaires, le PNRL a déploré l’absence totale de consultation de la part de l’ANDRA et de l’Etat français sur un tel projet d’enfouissement. Pourtant, le PNRL avait demandé à plusieurs reprises d’être associé à la réflexion. En vain. Le principe de précaution, l’absence de débat et de consultation du Parc par les services français et l’ANDRA, malgré la demande exprimée, ainsi que la mise en danger de l’exigence de qualité et d’image justifient complètement cet avis défavorable selon la Fédération des Parcs naturels régionaux de France. 

Pour rappel, les BLE avaient ainsi mis en garde les collectivités et leurs lecteurs du danger que constituaient les mauvaises intentions de l’ANDRA pour notre belle province. La démarche aussi obscure que sournoise de l’ANDRA et la décision du PNRL ne peuvent que confirmer notre avis et nos craintes. Nous réitérons donc nos appels en direction du peuple lorrain qui doit bien prendre conscience de cette menace pour sa province et sa qualité de vie. En aucune manière, la Lorraine ne doit devenir le cimetière radioactif de Paris !  

8 communes lorraines acceptent le pacte diabolique de l’ANDRA

Huit communes lorraines, dont quatre dans la Meuse, trois dans les Vosges, une en Moselle et donc zéro en Meurthe-et-Moselle acceptent d’être étudiées dans la perspective d’un stockage souterrain de déchets radioactifs. 3 115 communes de France, presque toutes situées en Lorraine et en Champagne-Ardenne ont été consultées par l’Agence Nationale des Déchets Radioactifs (ANDRA), qui cherche un terrain susceptible d’abriter des résidus faiblement radioactifs, issus le plus souvent d’activités médicales et de l’industrie informatique. S’ils sont déclarés être « faiblement radioactifs », ces déchets ont néanmoins la vie longue, d’où la nécessité de disposer d’un sous-sol à dominante argileuse ou marneuse. Ces structures géologiques devant normalement être capables de bloquer sans faille et « quasiment  pour l’éternité » tout rayonnement. 

Cela dit, pour les communes lorraines ayant accepté ce premier pas vers un pacte avec le diable leur promettant d’accueillir sur leur banc nombre d’emplois et d’activités de développement, tout n’est pas encore ficelé. En effet, il ne s’agit ici et pour l‘instant que d’y autoriser l’étude des sols et la faisabilité du projet, l’ANDRA souhaitant trouver un terrain de 120 hectares d’un seul tenant, ce qui n’est pas forcément évident. En cas de validation d’un projet par l’ANDRA, les élus assurent qu’il faudra en reparler…     

Houdelmont montre la voie

La petite commune meurthe-et-mosellane de 230 habitants dit finalement non à l’installation sur son banc d’un site de stockage de déchets radioactifs à faible activité et à longue durée. Houdelmont ne sera donc pas retenu par l’Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs (ANDRA) au grand soulagement de ses habitants. La commune revient ainsi sur sa décision du mois dernier, qui avait débouchée sur un accord de principe. En effet, le conseil municipal s’était d’abord déclaré favorable au projet. Selon les dires du maire, M. Peultier, le conseil s’est cette fois prononcé en connaissance de cause.

Nous avions déjà tenté d’alerter l’opinion publique sur le risque de voir devenir notre Lorraine la poubelle nucléaire de la France dans un précédent article. Pour les BLE, c’est clair, la petite commune d’Houdelmont montre, par son refus catégorique, la voie à suivre. Espérons que les autres communes lorraines concernées en viennent à la même conclusion.  

Déchets nucléaires : la Lorraine en première ligne

Il y a encore quelques semaines, M. Namy, président du Conseil général de la Meuse, menaçait de mettre un terme au projet de l’ANDRA (Agence nationale des déchets radioactifs) à Bure. Le laboratoire d’enfouissement des déchets nucléaires servait en quelque sorte de monnaie d’échange par rapport aux restructurations militaires qui planaient sur la ville de Commercy. Aujourd’hui ce délicieux ultimatum paraît bien loin tout comme les militaires de Commercy qui vont s’apprêter à quitter la ville. La faute aux énormes pressions et aux offres sonnantes et trébuchantes de l’ANDRA.   

En effet, les communes prêtes à accueillir un centre de stockage bénéficieraient par la même occasion d’un projet de développement économique d’envergure, notamment en partenariat avec EDF, Areva et Rhodia, tous producteurs de déchets nucléaires de par leurs activités. Une véritable opportunité empoisonnée pour une commune sinistrée par la sidérurgie ou la réforme des armées ou tout simplement rurale. Dès lors la tentation est forte pour les maires d’apposer leur signature au bas du contrat, comme ce fut déjà le cas à Gondrecourt-le-Château (Meuse) et malgré l’opposition des habitants. Ajoutez à cela des sols extrêmement favorables pour de tels enfouissements en Lorraine, à savoir de l’argile ou des marnes dits presqu’imperméables, couplez encore cela à la situation financière parfois critiques de nombreuses communes rurales ou situées dans des bassins miniers en reconversion et vous obtenez un véritable risque de voir notre belle province devenir la poubelle radioactive de la France. Et par la même occasion de poser les fondations d’un futur nouveau scandale. 

Nous avions déjà envisagé dans un précédent article cette sinistre éventualité au moment de l’annonce des restructurations de l’armée. Mais nous étions loin d’imaginer que le phénomène pourrait prendre une telle ampleur. La menace est belle et bien réelle. D’autant plus que la Lorraine compte déjà sur son territoire plus de 386 sites pollués ou potentiellement pollués sous surveillance. On ne peut renier notre passé industriel. Mais on peut encore imaginer, par la mobilisation de l’opinion publique, proposer une autre alternative et un autre devenir pour notre Lorraine que le stockage de déchets radioactifs. 

C’est pourquoi les BLE, profondément engagés et soucieux d’un développement sain et d’avenir durable pour la Lorraine, appellent à la mobilisation générale. Le peuple lorrain doit prendre conscience des nouveaux nuages qui planent sur la Lorraine. Car nous avons l’intime conviction que seule une véritable mobilisation et sensibilisation permettront de faire pencher la balance. En effet, devant les promesses alléchantes de l’ANDRA, le premier magistrat de votre commune peut se sentir bien seul et n’avoir pas d’autre choix que d’accepter et d’autoriser le stockage de déchets nucléaires sur son banc. 

Afin de pallier cette si sombre possibilité et par là même d’éviter tout effet de contagion de tels projets sur l’ensemble de la Lorraine, les BLE demandent à chaque Lorrain de maintenir la pression sur ses élus et réclament avec insistance l’ouverture d’un vaste débat public autour de ce sujet particulièrement épineux, ainsi que la diffusion d’une information claire sur les intentions de chaque commune potentiellement concernée par un enfouissement de déchets radioactifs. Nous voulons que tous les citoyens lorrains soient au courant de tous les enjeux tant économiques, qu’énergétiques et écologiques liés à ce dossier. 

23 Commentaires pour “Déchets nucléaires”


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  1. bloggerslorrainsengages écrit:

    En collaboration avec 80 autres laboratoires de recherche, l’ANDRA développe depuis plus d’une dizaine d’années à Bure des systèmes de conditionnement et d’entreposage qu’elle veut croire d’une sûreté absolue.

    Dans un kilomètre de galeries, des milliers de mesures sont effectuées chaque jour par des centaines de capteurs pour tester la roche, la vitesse d’infiltration des fluides et les barrières techniques susceptibles de ralentir celle-ci, voire de l’empêcher.

    Acier, béton et verre sont parallèlement testés pour l’emballage des « colis » de déchets radioactifs. La France devra stocker 50 700 mètres cube de déchets HA/MA-VL en 2020 et 56 100 mètres cube en 2030.

  2. bloggerslorrainsengages écrit:

    A Bure, un ascenseur descend en huit minutes à 500 mètres de profondeur. Les installations souterraines s’étendent aujourd’hui sur un kilomètre et il est prévu d’en doubler la taille. Le site de stockage se situera à trois kilomètres de là.

    Les dépôts y seront surveillés pendant 100 ans à compter de la date du premier enfouissement, puis ils seront scellés pour une durée indéfinie. Ces dépôts sont censés rester hermétiques pendant 100 000 ans au moins, après quoi la radioactivité des déchets ne devrait pas être plus élevée que celle émanant de l’environnement naturel. Le premier site de stockage géologique du monde devrait être opérationnel en Finlande en 2015, le deuxième en Suède au début des années 2020 et le troisième en France en 2025.

  3. bloggerslorrainsengages écrit:

    Enfouissement des déchets radioactifs français à Bure : volte-face d’Hollande

    Pourquoi le président Hollande autoriserait-il à Bure le projet d’enfouissement des déchets radioactif que le député Hollande a combattu et refusé en Corrèze ?

    En son temps, Hollande s’était en effet vivement opposé à ce projet lorsqu’il risquait de toucher à sa chère Corrèze. C’était sous Jospin, en 2000. Alors que le site d’enfouissement de Bure, en terre argileuse, venait d’être autorisé, une « mission granit » devait étudier l’implantation d’un second laboratoire de recherches. Le site de Saint-Julien-le-Vendômois, dans la circonscription du député et alors patron du PS, était pressenti. Or le Conseil Régional du Limousin, dont Hollande était également vice-président, a voté à l’unanimité une motion d’urgence pour s’opposer à « ces éventuelles implantations qui sont incompatibles avec la politique d’accueil des hommes et des activités poursuivie depuis plusieurs années ». En mai 2000, le bulletin de liaison des sites opposés à l’enfouissement des déchets radioactifs, baptisé « Bien profond », citait François Hollande comme étant « opposé au projet ici et ailleurs ». Au bout du compte, la mission granit s’est enlisée. Si bien qu’il n’y a eu qu’un seul centre d’enfouissement en France, à Bure, alors que la loi Bataille de 1991, votée par Hollande, prévoyait d’expérimenter plusieurs types de sites. Pour Hollande et la Corrèze, les déchets radioactifs, c’est oui, mais pas dans leur jardin.

  4. Groupe BLE Lorraine écrit:

    Transparence, démocratie et réversibilité des déchets. Les deux premiers termes sont bafoués à Bure depuis des années. Le troisième est impossible à réaliser. Comment voulez-vous sortir les colis radioactifs une fois que le temps aura fait son œuvre ?

  5. Groupe BLE Lorraine écrit:

    Les territoires qui accepteraient de recevoir dans leurs sous-sols des déchets radioactifs pendant des millions d’année veulent des compensations. Ils réclament non seulement des retombées sonnantes et trébuchantes, mais aussi des retombées économiques, c’est-à-dire l’installation de sites industriels amenant des emplois et de l’activité réelle sur le terrain. Ils demandent aussi plus de transparence et de collaboration de l’ANDRA, en particulier pour ce qui est des lieux exacts où l’agence entend poser ses installations de surface.

    Rappelons que les collectivités territoriales ont, à l’heure actuelle, seulement accepté l’installation d’un laboratoire de recherche à près de 500 mètres de profondeur, en place depuis 2001, mais pas celle d’un centre de stockage de déchets nucléaires.

  6. Groupe BLE Lorraine écrit:

    Géothermie vs déchets nucléaires à Bure.

    Selon une étude du cabinet suisse Geowatt, spécialisé dans la géothermie, commandée par le CLIS (Comité Local d’Information et de Suivi), le sous-sol de Bure présenterait un potentiel géothermique indéniable qui pourrait compromettre les plans diaboliques de l’ANDRA (Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs), porteur du projet de centre d’enfouissement des pires déchets que l’homme n’ait jamais produits.

    Chargée de trouver un site pour son cimetière nucléaire profond, l’agence d’Etat doit respecter les critères édictés par l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire), comme par exemple celui d’éviter les « zones pouvant présenter un intérêt exceptionnel en termes de ressources souterraines ». L’ANDRA a au contraire toujours minimisé le potentiel meusien. C’est la raison pour laquelle six associations l’ont assignée fin avril au TGI (Tribunal de Grande Instance) de Nanterre pour « dissimulation délibérée de l’intérêt de la ressource géothermique du site », dans le but de faciliter la réalisation et l’acceptabilité du projet. Selon les experts de Geowatt, il est possible « d’obtenir des débits du même ordre de grandeur que ceux obtenus en région parisienne », soit entre 100 et 400 m3/h. A tel point que les ressources géothermiques des environs de Bure « peuvent être exploitées économiquement ». On est donc loin des 5 m3/h évoqués par l’ANDRA. Pour ses opposants, il s’agirait donc d’un « énième mensonge » de l’agence.

  7. Groupe BLE Lorraine écrit:

    La réversibilité constitue une question centrale du stockage des déchets radioactifs dans le sous-sol de Bure

    Pour le grand public, la réversibilité est la possibilité d’aller retirer un colis quel que soit le motif et à tout moment, y compris après la fermeture du stockage. Si c’est bien ce sens qui est donné au mot réversibilité, il apparaît clairement que l’appellation stockage géologique réversible est abusive car le concept est par définition définitif, pour des raisons de sûreté. En effet, le stockage profond des déchets radioactifs est une installation destinée à être fermée définitivement pour limiter les charges supportées par les générations futures. Il fera ensuite l’objet d’un suivi de sûreté passif.

    Reste à savoir quand le couvercle sera scellé ? La loi de 2006 table sur une réversibilité d’au moins 100 ans. Soit le temps nécessaire à l’exploitation du centre et à l’enfouissement de tous les colis. Un siècle, c’est une goutte d’eau à l’échelle du temps nucléaire et de déchets qui mettront des millions d’années à devenir inoffensifs.

    Ce concept de réversibilité a été élaboré pour faire croire à la faisabilité du centre et faciliter son acceptabilité sociale. Il a notamment permis de faire sauter un verrou psychologique chez nombre d’élus locaux. Or, concrètement, comment récupérer techniquement et financièrement les colis dans un gruyère de 300 km de galeries qui va subir des pressions extraordinaires.

    L’ANDRA, qui planche sur une fermeture progressive du centre, voit un intérêt majeur à cette réversibilité. Celle-ci permet de laisser aux générations futures le choix de modifier ou d’orienter le processus de stockage, de retirer les colis stockés et de les entreposer si un autre mode de gestion était envisagé.

    Entre 2015 et la date d’autorisation de création d’un centre de stockage, l’Assemblée nationale française doit promulguer une loi fixant les conditions de la réversibilité. Ce calendrier est jugé incohérent, l’ANDRA devant déposer la demande d’autorisation du centre après le débat public. Il serait logique que celle-ci intervienne au contraire après l’adoption de la loi sur la réversibilité, afin d’éviter tout risque de contradiction entre les deux. Par ailleurs, les délais laissés à la recherche par ce calendrier sont beaucoup trop courts.

  8. Groupe BLE Lorraine écrit:

    La ruralité constitue une cible privilégiée pour l’industrie nucléaire. Toutes les régions désignées pour accueillir les déchets radioactifs ont pour point commun d’être en perte de vitesse, appauvries et dépeuplées. Elles constituent en ce sens des proies faciles. Deux exemples sont particulièrement révélateurs en Lorraine : le projet Cigéo d’enfouissement des déchets de haute activité à vie longue à Bure, en Meuse, et le village d’Avricourt en Moselle. En 2008, une partie de la population de ce dernier s’était opposée, avec succès, à l’accueil d’un centre de stockage des déchets de faible activité à vie longue. Comme si de si petites communes pouvaient porter à elles seules l’avenir de la filière nucléaire.

  9. Groupe BLE Lorraine écrit:

    Pourquoi vouloir réaliser Cigéo si vite alors que les expériences scientifiques faites sont insuffisantes ? Le parallèle avec les précédentes catastrophes de Stocamine en Alsace ou de la mine de sel d’Asse en Allemagne fait froid dans le dos. A chaque fois, les discours en amont étaient les mêmes, pétris de certitudes.

  10. Groupe BLE Lorraine écrit:

    Enfouissement des déchets nucléaires en Lorraine : des rapporteurs publics dénoncent le débat bidon de Bure

    Qualifié de bidon par les opposants, le « débat » public sur CIGEO (Centre Industriel de Stockage Géologique) relatif à l’enfouissement des déchets radioactifs français à Bure, en Meuse, est à présent dénoncé par trois des cinq membres de la commission particulière chargée d’organiser l’événement dans un article publié sur Médiapart.

    Ces derniers estiment ainsi que « la Commission Particulière du Débat Public (CPDP) s’est transformée, malgré elle, en agence de communication au service du projet ». Celle-ci s’était d’ailleurs auto-félicitée il y a quatre mois, lors de la présentation de ses conclusions, d’avoir assuré l’essentiel, malgré le boycott des antinucléaires ayant empêché la tenue des réunions publiques. En poursuivant le débat sur internet ou via la création d’une conférence de citoyens, « la CNDP a réussi à exclure les perturbateurs, mais a aussi finalement privatisé le débat et la démocratie. […] Forcer le débat, quitte à le vider de son public et de son territoire : telle aura été la ligne de la CNDP en partie responsable de sa faillite. » Les trois rapporteurs déplorent par ailleurs que le « débat » n’ai porté que « sur les caractéristiques du projet et non sur l’opportunité de le réaliser ou non. L’accepter comme il a été posé par la CPDP signifiait ainsi implicitement accepter le projet dans son principe. » Et de conclure que « la CPDP s’est privée d’une partie de son public par le choix de refuser d’entendre ceux qui, en remettant en cause les fondements de la politique nucléaire française, rejetaient le projet. »

    (Sources : Médiapart et RL du 18/06/2014)

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