Centre de ressources numériques sur la Lorraine

Déchets nucléaires

Cette page est exclusivement consacrée aux enjeux et aux problématiques d’un potentiel et futur enfouissement de déchets radioactifs en Lorraine. Elle référence et regroupe tous les articles publiés à ce sujet.

Voir létude sur la question des déchets nucléaires en Lorraine publiée sur BLE Fondation.

Déchets nucléaires ou l’éternité empoisonnée

Primé à de nombreuses reprises, Info Eternity, un film réalisé par Michael Madsen, évoque les questions, les enjeux et les problèmes du site d’enfouissement des déchets nucléaires finlandais. Comparable à la poubelle radioactive de Bure, cette nécropole souterraine, creusée à 500 mètres de profondeur, ne recèlerait-elle pas une face délibérément cachée ?

Image de prévisualisation YouTube

Il faut dire que le nom donné par les Finlandais à ce cimetière souterrain est sans équivoque : « Onkalo », ce qui signifie la cachette, en finnois. Autrement dit, une appellation en forme de message subliminal qui reflète bien l’intention partagée par tous les docteurs Folamour des pays nucléarisés. Plus révélateur encore, la Belgique a donné le nom de « HADES » à son site, ce qui renvoie directement aux Enfers de la mythologie grecque. La France, pour son site de Bure, s’est quant à elle très longtemps cachée derrière le pseudonyme de « laboratoire » avant que l’ANDRA, promoteur de la poubelle souterraine, ne lance tout récemment une improbable appellation : « Cigéo ». Un mytho peut donc en cacher un autre. 

Car il s’agit tout de même d’une décharge radioactive démesurée creusée pour y déposer les pires déchets que l’homme n’ait jamais produits. Des poisons dont la radioactivité reste mortelle sur des temps invraisemblables, sur 6 000 générations au bas mot. Des poisons qu’aucun pays au monde ne sait rendre inoffensifs. Dès lors, nous pouvons tous nous poser des questions : notre génération n’aurait-elle pas joué avec un feu qu’elle ne maîtrise pas ? N’aurait-elle pas joué à l’apprenti sorcier avec cette énergie nucléaire ? N’est-elle pas, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, en train de léguer un héritage empoisonné à ses descendants, et aux descendants de ses descendants ? 

Néanmoins, il se pourrait bien que la curiosité des générations à venir n’ait pas à s’exercer. L’exemple français est un cas d’école. En effet, l’eau constitue le pire ennemi d’un stockage nucléaire souterrain. En dégradant les fûts, cette dernière se gorge de radioactivité et véhicule le poison au gré des déplacements des nappes phréatiques. Une équipe de scientifiques indépendants a dernièrement tiré la sonnette d’alarme : le sous-sol de Bure est gorgé d’eau et strié d’une multitude d’anciennes failles verticales que les séismes vosgiens tout proches pourraient rouvrir, conduisant très rapidement les eaux dans le stockage souterrain. Ce risque majeur est d’autant plus sérieux que le creusement d’une poubelle transformerait la zone souterraine en un véritable gruyère. Un chiffre longtemps tenu secret parle de lui-même : la longueur des galeries et autres alvéoles avoisinerait les 200 km, tant les masses de déchets nucléaires s’accumulent.    

Enfin, comment interpréter le fait que dans le pays qui déclare à la face du monde comme celui des droits de l’homme, l’avis des populations soit aussi superbement ignoré ? Comme si seuls quelques scientifiques et élus, c’est-à-dire une fraction infime de la société, s’étaient arrogés le pouvoir de décider pour tous et pour des millénaires. Fait quasi unique dans l’hexagone, les populations de Lorraine et de Haute-Marne ont elles-mêmes lancé une pétition pour demander un référendum local. Résultat : 45 000 signatures… balayées d’un coup de main par les autorités ! 

(Source : CEDRA) 

Image de prévisualisation YouTube

Image de prévisualisation YouTube

Déchets nucléaires : la menace fantôme se confirme en Lorraine

La décision dans cinq ans d’autoriser d’implanter dans le Sud de la Meuse un site de stockage géologique de déchets nucléaires hautement radioactifs se prépare dans l’ombre.

labobureaerien1.jpg

Le Centre Industriel de stockage Géologique à Bure (Crédits photo : ANDRA)

Des travaux de reconnaissance géologique sismique à deux et à trois dimensions vont en effet prochainement être menés dans la Zone d’Intérêt pour une Recherche Approfondie (ZIRA). L’acquisition de données permettra la construction d’un modèle détaillé de la couche géologique (épaisseur, profondeur …) avec une précision de quelques mètres, ainsi que la vérification de l’absence de failles mineures et le contrôle de la constance des propriétés de la couche à l’échelle de la ZIRA. Rappelons que le tracé de cette dernière a été proposé par l’Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs (ANDRA) dans un rapport remis au gouvernement français en octobre 2009. Elle a été validée par Jean-Louis Borloo le 9 mars 2010 sur avis de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) et de la Commission Nationale d’Evaluation (CNE). Si la France se lance dans la construction d’un stockage de déchets radioactifs de Haute et de Moyenne Activité à Vie Longue (HA-MAVL) issus principalement des combustibles irradiés sortis des centrales exploitées depuis plus de trente ans, cela se fera dans des galeries creusées à 500 mètres sous terre, qui occuperont en surface 15 km2 situés à l’intérieur des 28 km2 de cette ZIRA.

Quant à l’avis des sept communes du Sud de la Meuse, dont le territoire est concerné par cette ZIRA, tout le monde s’en balance. En effet, si l’une d’entre elles s’avisait à consulter ses citoyens-électeurs par référendum, celui-ci serait déclaré « illégal », puisque l’établissement de la ZIRA comme l’implantation du futur centre de stockage relèvent, selon la loi française, de la compétence du gouvernement et non de la commune. Tout a donc été verrouillé pour que la Lorraine accueille les déchets nucléaires de la France. Et l’avis négatif du conseil municipal de la commune de Bonnet, seul sur les sept à avoir délibéré, pourrait tout au plus être assimilé à un vœu de charité. C’est scandaleux. Là, il y a vraiment danger. Il est grand temps que les Lorrains s’en rendent compte ! 

Dans les panneaux d’affichage des mairies un nouveau règlement a déjà été intégré. Un arrêté préfectoral du 23 mars 2010 qui donne « autorisation de pénétrer dans les propriétés publiques et privées en vue d’acquérir des données scientifiques permettant de délimiter les zones susceptibles de recevoir la construction d’un centre de stockage en couche géologique profonde pour les déchets radioactifs à haute activité et à vie longue ». Celui-ci stipule encore que le personnel de l’ANDRA et ceux des entreprises de travaux accréditées par cet établissement public « pourront pénétrer dans les propriétés publiques et privées closes ou non closes, (à l’exclusion des locaux consacrés à l’habitation) et dans les bois soumis au régime forestier. Ils pourront y planter des balises, y établir des jalons, piquets et repères, y pratiquer des relevés topographiques, des travaux d’arpentage et de bornage, des opérations de recherche géophysiques ainsi que des sondages, forages et carottages associés, y faire des abattages et élagages nécessaires et autorisés par la loi et autres travaux ou opérations que les études rendront indispensables ». Selon Paris, ces travaux doivent être menés « de sorte que la demande d’autorisation d’un stockage réversible puisse être instruite en 2015, dans la perspective d’une mise en exploitation en 2025 ». 

Dans cinq ans, le stockage géologique des déchets hautement radioactifs dans le sous-sol lorrain pourrait devenir bien réel. Terrifiant. Dans une autre logique, le président du conseil général de la Meuse s’est dernièrement emporté pour qu’une révision des fonds d’accompagnement du projet, pour l’instant établis équitablement à 30 millions d’euros par an pour chacun des départements de Meuse et de Haute-Marne, soit entamée. Si les galeries doivent être creusées dans le sous-sol de la Meuse, il demande dès maintenant 50 millions d’euros par an. Bien peu de chose en comparaison de la taxe professionnelle d’une centrale nucléaire implantée en surface… 

(Source : Energies nouvelles) 

Bonnet dit non à l’enfouissement des déchets nucléaires

Le conseil municipal de Bonnet, dans la Meuse, a dernièrement approuvé une délibération qui confirme son opposition à l’enfouissement des déchets nucléaires dans le sous-sol communal, au nom du principe de précaution. Cette sage et lucide décision constitue un signal fort envoyé au gouvernement de Paris, à qui l’ANDRA (Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs) a soumis une proposition de zone de 30 km² dite « d’intérêt pour la recherche approfondie » sur le territoire des communes de Bonnet, Bure, Ribeaucourt et Mandres-en-Barrois, entre Gondrecourt-le-Château et Montiers-sur-Saulx. Le maire de Bonnet, qui soutient la pétition lancée dans le village pour demander l’organisation d’un référendum local, ne désespère pas de parvenir à empêcher le stockage souterrain des déchets radioactifs, même s’il sait que nombre de ses homologues risquent d’être corrompus par l’ANDRA. 

Déchets nucléaires : Bonnet de retour à la raison

Les BLE tiennent à féliciter le conseil municipal de la commune de Bonnet, dans la Meuse, pour s’être prononcé à l’unanimité contre le projet d’enfouissement de déchets radioactifs sur le site de Bure. Une telle décision, même tardive, nous apparaît en effet courageuse et exemplaire. Les BLE invitent de même l’ensemble des 33 communes situées dans le périmètre de 10 km du laboratoire souterrain de Bure à faire de même, afin que la Lorraine ne devienne pas la poubelle nucléaire de la France. En cette période de fêtes de fin d’année, la décision du conseil municipal de Bonnet représente un beau cadeau fait au peuple lorrain, qui tient à être préservé des nombreuses incertitudes et des conséquences lourdes sur le long terme des projets d’enfouissement des déchets radioactifs sur notre beau territoire. Cette mesure porte enfin en elle un signe de résistance et d’espoir de voir notre combat aboutir.

Lorraine : une motion contre les déchets nucléaires

Le conseil régional de Lorraine a dernièrement adopté une résolution exprimant clairement son opposition à la création d’un centre d’enfouissement de déchets radioactifs à faible activité et à vie longue (FAVL) sur notre territoire. Les BLE se félicitent d’une telle décision qui va dans le sens de leurs revendications, face à la constante pression exercée par l’ANDRA (Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs). A noter que les régions et Etats limitrophes de la Lorraine ont à plusieurs reprises exprimé leur crainte de voir notre province devenir une terre à fort risque nucléaire, avec déjà la centrale nucléaire de Cattenom et le laboratoire de Bure. Ainsi, le Land de Sarre et le conseil parlementaire de la Grande Région ont officiellement fait part de leurs préventions, provoquées par l’appel à candidatures lancé en 2008 auprès de 3 115 communes, afin d’accueillir un centre d’enfouissement de déchets nucléaires. Alors qu’à l’automne 2008, quelques communes lorraines s’étaient portés candidates, elles se sont désormais et heureusement rétractées face à la contestation générale. Mais l’ANDRA, face à ce cuisant échec, a décidé de relancer sa prospection. Le combat continue donc pour la Lorraine.

La Lorraine dit non à l’ANDRA ! 

Alors que tout le Grand Est de la France est toujours pressenti pour accueillir un centre de stockage et d’enfouissement de déchets nucléaires à vie longue en 2019, du fait de nombreux terrains géologiques présumés favorables, la Lorraine refuse, à juste titre, de devenir la poubelle radioactive de Paris. Une seule commune en Moselle, à savoir Baronville, avait dans un premier temps souhaité que l’Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs (ANDRA) étudie sa candidature, fin octobre 2008. Cette dernière avait ainsi fait miroiter au maire la création d’environ 150 emplois et une potentielle manne financière et économique. Heureusement, 6 mois plus tard, la commune décidait d’abandonner la perspective d’un tel projet, préférant éviter la stigmatisation de « village fantôme de l’atome ». Le préfet de la Moselle, à savoir Bernard Niquet, n’avait alors absolument pas apprécié ce refus, prétextant que ces « réactions négatives » correspondaient à des signaux envoyés aux investisseurs », dans une province fortement touchée par la crise économique.

A travers la rédaction de cet article, les BLE ne peuvent que s’insurger et condamner la position du représentant de l’Etat français. Car le renouveau lorrain et la revitalisation de notre territoire ne peut et ne doit en aucune manière passer par l’enfouissement de déchets nucléaires quelque soit leur nature. La Lorraine n’a encore une fois pas la vocation à devenir la poubelle radioactive de la France. Ce n’est absolument pas dans l’intérêt de notre belle province et de ses habitants que de risquer de dégrader ses magnifiques paysages naturels et de mettre en danger la santé publique avec un projet et une technologie dont on ne maîtrise toujours pas à l’heure actuelle les tenants et les aboutissements. La Lorraine n’a pas besoin maintenant d’être cataloguée comme centre d’enfouissement nucléaire. Il est de même tout bonnement inacceptable et intolérable de se servir du prétexte de crise économique pour affirmer et justifier le contraire.

Bien que l’ANDRA annonce encore disposer d’une trentaine de candidatures, dont 6 en Lorraine, qui n’ont toutefois pas la même qualité géologique, ce n’est pas un hasard si sur les 3 115 communes du Grand Est présélectionnées d’office, à peine 42 (soit 1,35 % du total) avaient émis un avis positif, afin d’autoriser des investigations géologiques plus en profondeur. Et ce n’est pas les récents accidents et déclarations sur le nucléaire qui rassureront les Lorrains. Face à ce puissant désaveu, que l’ANDRA a d’ailleurs encore du mal à digérer, le calendrier de la construction du futur centre de stockage a d’ores et déjà été décalé. Enfin, rappelons que sur les 12 communes qui se sont depuis rétractées, il y a les deux villages de l’Aube d’Auxon et de Pars-lès-Chavanges. Sur le ban d’un de ces ceux-là, un dépôt nucléaire existe déjà. Et comme par hasard, ou pas, le taux de cancer a fortement augmenté dans les alentours en raison des couloirs de vent. Alors, à bon entendeur… 

La tentation des déchets radioactifs se dissipe peu à peu

Baronville, paisible village de 300 habitants situé à la limite du Pays du Saulnois, était la seule commune de Moselle à avoir accepté une étude préalable au sujet de l’accueil d’un site d’enfouissement de déchets radioactifs à faible activité à vie longue (FAVL). Etait car aujourd’hui la commune, candidate sérieuse hier, a finalement renoncé à ce projet. Heureusement. Le maire a enfin entendu la fronde populaire qui montait de plus en plus. Sage décision, la Lorraine n’a pas vocation à devenir la décharge nucléaire de la France. En effet, au fil des semaines, agriculteurs, défenseurs de l’environnement, habitants de Baronville et de la ville voisine de Morhange avaient vivement contesté cette décision, certains n’hésitant pas à planter des panneaux sur leur façade, voire à quelques dizaines de mètres de la mairie… Une pétition a également circulé. Aux dernières nouvelles, elle comptait près de 300 signatures. Un revirement qui ne sied absolument pas à l’ANDRA. On imagine pourquoi. Mais qu’importe

Rappelons que 37 communes de l’Est de la France ont répondu de manière positive au pacte de l’ANDRA. Moins de 10 se situent en Lorraine. Cela dit, il faudra au moins deux ans d’investigations pour vérifier la faisabilité d’un projet. « Seules » deux ou trois communes candidates seront désignées au final pour recevoir les futurs centres d’enfouissement. Toujours est-il qu’au cas où un dossier lorrain serait sélectionné, cela risquerait de mettre à mal les bonnes relations transfrontalières. En effet, la Sarre n’acceptera pas une densification des activités radioactives dans le secteur frontalier qui a déjà de son point de vue suffisamment assumé ses responsabilités avec des sites comme la centrale nucléaire de Cattenom et le laboratoire de recherche de Bure.

Cela dit, la Sarre aurait-elle son mot à dire dans cette histoire ? Ceci est une autre question. Mais Baronville n’était pas la seule commune concernée en Lorraine. La situation semble également s’améliorer dans le Nord meusien où, après avoir dans un premier temps accepté l’idée d’accueillir sur leur ban des déchets faiblement radioactifs, deux villages viennent de revenir sur leur décision, par 10 voix sur 11 à Rouvrois-sur-Othain et par 6 voix sur 9 à Billy-lès-Mangiennes. Il reste néanmoins encore 3 communes meusiennes candidates à une décharge souterraine, à savoir Gondrecourt-le-Château, Montigny-lès-Vaucouleurs et Chassey-Baupré. 

Le  PNRL dit non au stockage de déchets radioactifs

Le Parc Naturel Régional de Lorraine (PNRL) a refusé et à juste titre l’implantation d’un site de stockage de déchets nucléaires de faible activité à vie longue (FAVL), proposée par l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (ANDRA). La décision a été soutenue par la Fédération des Parcs naturels régionaux de France. 

En effet, l’implantation d’un tel équipement n’est pas compatible avec les objectifs d’un Parc naturel régional, qui doivent notamment assurer la protection et la valorisation du patrimoine naturel d’un territoire. Ainsi,  le PNRL a rappelé que l’article L.331-1 du code de l’environnement  stipule clairement qu’il importe d’assurer la protection des territoires des parcs, aussi bien leur sol que leur sous-sol,  en les préservant des dégradations et des atteintes susceptibles d’en altérer la diversité, la composition, l’aspect et l’évolution. Au-delà de la contradiction écologique évidente de l’objectif d’un parc naturel et d’un centre de stockage de déchets nucléaires, le PNRL a déploré l’absence totale de consultation de la part de l’ANDRA et de l’Etat français sur un tel projet d’enfouissement. Pourtant, le PNRL avait demandé à plusieurs reprises d’être associé à la réflexion. En vain. Le principe de précaution, l’absence de débat et de consultation du Parc par les services français et l’ANDRA, malgré la demande exprimée, ainsi que la mise en danger de l’exigence de qualité et d’image justifient complètement cet avis défavorable selon la Fédération des Parcs naturels régionaux de France. 

Pour rappel, les BLE avaient ainsi mis en garde les collectivités et leurs lecteurs du danger que constituaient les mauvaises intentions de l’ANDRA pour notre belle province. La démarche aussi obscure que sournoise de l’ANDRA et la décision du PNRL ne peuvent que confirmer notre avis et nos craintes. Nous réitérons donc nos appels en direction du peuple lorrain qui doit bien prendre conscience de cette menace pour sa province et sa qualité de vie. En aucune manière, la Lorraine ne doit devenir le cimetière radioactif de Paris !  

8 communes lorraines acceptent le pacte diabolique de l’ANDRA

Huit communes lorraines, dont quatre dans la Meuse, trois dans les Vosges, une en Moselle et donc zéro en Meurthe-et-Moselle acceptent d’être étudiées dans la perspective d’un stockage souterrain de déchets radioactifs. 3 115 communes de France, presque toutes situées en Lorraine et en Champagne-Ardenne ont été consultées par l’Agence Nationale des Déchets Radioactifs (ANDRA), qui cherche un terrain susceptible d’abriter des résidus faiblement radioactifs, issus le plus souvent d’activités médicales et de l’industrie informatique. S’ils sont déclarés être « faiblement radioactifs », ces déchets ont néanmoins la vie longue, d’où la nécessité de disposer d’un sous-sol à dominante argileuse ou marneuse. Ces structures géologiques devant normalement être capables de bloquer sans faille et « quasiment  pour l’éternité » tout rayonnement. 

Cela dit, pour les communes lorraines ayant accepté ce premier pas vers un pacte avec le diable leur promettant d’accueillir sur leur banc nombre d’emplois et d’activités de développement, tout n’est pas encore ficelé. En effet, il ne s’agit ici et pour l‘instant que d’y autoriser l’étude des sols et la faisabilité du projet, l’ANDRA souhaitant trouver un terrain de 120 hectares d’un seul tenant, ce qui n’est pas forcément évident. En cas de validation d’un projet par l’ANDRA, les élus assurent qu’il faudra en reparler…     

Houdelmont montre la voie

La petite commune meurthe-et-mosellane de 230 habitants dit finalement non à l’installation sur son banc d’un site de stockage de déchets radioactifs à faible activité et à longue durée. Houdelmont ne sera donc pas retenu par l’Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs (ANDRA) au grand soulagement de ses habitants. La commune revient ainsi sur sa décision du mois dernier, qui avait débouchée sur un accord de principe. En effet, le conseil municipal s’était d’abord déclaré favorable au projet. Selon les dires du maire, M. Peultier, le conseil s’est cette fois prononcé en connaissance de cause.

Nous avions déjà tenté d’alerter l’opinion publique sur le risque de voir devenir notre Lorraine la poubelle nucléaire de la France dans un précédent article. Pour les BLE, c’est clair, la petite commune d’Houdelmont montre, par son refus catégorique, la voie à suivre. Espérons que les autres communes lorraines concernées en viennent à la même conclusion.  

Déchets nucléaires : la Lorraine en première ligne

Il y a encore quelques semaines, M. Namy, président du Conseil général de la Meuse, menaçait de mettre un terme au projet de l’ANDRA (Agence nationale des déchets radioactifs) à Bure. Le laboratoire d’enfouissement des déchets nucléaires servait en quelque sorte de monnaie d’échange par rapport aux restructurations militaires qui planaient sur la ville de Commercy. Aujourd’hui ce délicieux ultimatum paraît bien loin tout comme les militaires de Commercy qui vont s’apprêter à quitter la ville. La faute aux énormes pressions et aux offres sonnantes et trébuchantes de l’ANDRA.   

En effet, les communes prêtes à accueillir un centre de stockage bénéficieraient par la même occasion d’un projet de développement économique d’envergure, notamment en partenariat avec EDF, Areva et Rhodia, tous producteurs de déchets nucléaires de par leurs activités. Une véritable opportunité empoisonnée pour une commune sinistrée par la sidérurgie ou la réforme des armées ou tout simplement rurale. Dès lors la tentation est forte pour les maires d’apposer leur signature au bas du contrat, comme ce fut déjà le cas à Gondrecourt-le-Château (Meuse) et malgré l’opposition des habitants. Ajoutez à cela des sols extrêmement favorables pour de tels enfouissements en Lorraine, à savoir de l’argile ou des marnes dits presqu’imperméables, couplez encore cela à la situation financière parfois critiques de nombreuses communes rurales ou situées dans des bassins miniers en reconversion et vous obtenez un véritable risque de voir notre belle province devenir la poubelle radioactive de la France. Et par la même occasion de poser les fondations d’un futur nouveau scandale. 

Nous avions déjà envisagé dans un précédent article cette sinistre éventualité au moment de l’annonce des restructurations de l’armée. Mais nous étions loin d’imaginer que le phénomène pourrait prendre une telle ampleur. La menace est belle et bien réelle. D’autant plus que la Lorraine compte déjà sur son territoire plus de 386 sites pollués ou potentiellement pollués sous surveillance. On ne peut renier notre passé industriel. Mais on peut encore imaginer, par la mobilisation de l’opinion publique, proposer une autre alternative et un autre devenir pour notre Lorraine que le stockage de déchets radioactifs. 

C’est pourquoi les BLE, profondément engagés et soucieux d’un développement sain et d’avenir durable pour la Lorraine, appellent à la mobilisation générale. Le peuple lorrain doit prendre conscience des nouveaux nuages qui planent sur la Lorraine. Car nous avons l’intime conviction que seule une véritable mobilisation et sensibilisation permettront de faire pencher la balance. En effet, devant les promesses alléchantes de l’ANDRA, le premier magistrat de votre commune peut se sentir bien seul et n’avoir pas d’autre choix que d’accepter et d’autoriser le stockage de déchets nucléaires sur son banc. 

Afin de pallier cette si sombre possibilité et par là même d’éviter tout effet de contagion de tels projets sur l’ensemble de la Lorraine, les BLE demandent à chaque Lorrain de maintenir la pression sur ses élus et réclament avec insistance l’ouverture d’un vaste débat public autour de ce sujet particulièrement épineux, ainsi que la diffusion d’une information claire sur les intentions de chaque commune potentiellement concernée par un enfouissement de déchets radioactifs. Nous voulons que tous les citoyens lorrains soient au courant de tous les enjeux tant économiques, qu’énergétiques et écologiques liés à ce dossier. 

23 Commentaires pour “Déchets nucléaires”


1 2 3
  1. bloggerslorrainsengages écrit:

    En réalité, quand Edf fait pousser un blockhaus à Bure pour y stocker ses archives, l’entreprise se fait en quelque sorte un cadeau à elle-même.

  2. bloggerslorrainsengages écrit:

    Déchets nucléaires en Lorraine : la sécurité passera après

    Lors de sa dernière visite dans la Meuse, Henri Proglio, PDG d’EDF, n’a trouvé sur place que des encenseurs. Il faut dire que ce beau monde avait pris soin de s’enfermer dans un cordon de gendarmes des plus impressionnants. Aucun citoyen et aucune association n’ont donc pu émettre des critiques argumentées et donc poser des questions embarrassantes, mais pertinentes. Pourtant, de bien mauvaises choses pour la Lorraine et les Lorrains se trament en coulisse, le tout sous l’approbation ouverte des élus…

    Selon le journal Les Echos, Henri Proglio aurait écrit une lettre au ministère français de l’environnement, car il s’inquiéterait de l’explosion des coûts de l’enfouissement des déchets nucléaires à Bure. Car il est presque acquis désormais qu’EDF souhaite enfouir ses déchets « moyenne et haute activité vie longue » sur ce site. En effet, la facture officielle de 15 milliard d’euros passerait à 35 milliards, au vu des nouvelles normes de sûreté, sachant que ce chiffre ne serait « pas définitif ». Ce qui pose la question du coût réel d’un tel projet, en partie financé par les consommateurs d’électricité et les contribuables. En tout état de cause, 35 milliards d’euros, pour un pays qui n’a plus un sou vaillant en caisse, cela laisse tout de même perplexe !

    En réalité, lorsque Monsieur Proglio pousse un tel coup de gueule, ce n’est bien entendu pas pour défendre le porte-monnaie des consommateurs-contribuables, mais bien pour se débarrasser au moindre coût des encombrants déchets de l’industrie nucléaire. En effet, il faut savoir que d’un point de vue légal, EDF doit financer 80 % du centre de stockage, contre 15 % pour le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA). Les autres producteurs de déchets comme Areva & Co se partageant le reste. Il n’est donc pas étonnant dans ce cas qu’EDF souhaite assurer lui-même la construction du projet de stockage profond des déchets nucléaires prévu dans la Meuse, alors que c’est actuellement l’ANDRA (Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs) qui exerce la maîtrise d’ouvrage de la partie traitement des déchets nucléaires.

    Entre sûreté et économie, le choix est donc vite fait, d’autant qu’en raison de failles géologiques locales, le projet d’enfouissement à Bure, si par inconscience il se faisait, ne serait pas … étanche. Par conséquent, la sûreté s’avère un mythe, ou pire, un mensonge.

    (Sources : Communiqué de l’association CEDRA, Les Echos, Le Républicain Lorrain)

  3. bloggerslorrainsengages écrit:

    Les déchets nucléaires se sont dernièrement invités bruyamment dans la campagne des cantonales en Meuse, avec, au cœur de la polémique, le laboratoire de Bure. Ainsi, le maire de Verdun appelle à résister contre l’implantation de cette « poubelle nucléaire » à court terme, puisque la loi prévoit la mise en service du centre d’enfouissement dès 2025.

    « Face à cette trahison condamnable qui insulte l’avenir en agressant notre jeunesse d’aujourd’hui et de demain, il n’y a plus d’autre solution que d’en appeler à l’opinion et à la mobilisation publiques ».

    C’est pourquoi le Groupe BLE Lorraine appelle chaque Meusien et chaque Lorrain à résister encore et toujours, afin de préserver l’avenir de notre belle province et de ses générations futures.

  4. bloggerslorrainsengages écrit:

    Laboratoire et site d’enfouissement des déchets nucléaires de Bure en Lorraine : comment on nous roule dans la farine

    L’avertissement de l’office parlementaire, dernièrement formulé à l’Assemblée Nationale française, est cinglant : gouvernement et industriels sont priés de se conformer aux procédures fixées par la loi. EDF et son PDG Henri Proglio, nommément cité, sont accusés de privilégier la rentabilité au détriment de la sécurité. Certaines estimations chiffrent en effet la facture globale du centre d’enfouissement des déchets nucléaires de Bure, dans la Meuse, entre 20 et 30 milliards d’euros, au lieu des 13 milliards d’euros initiaux. Or, l’adition doit être supportée à 80 % par EDF. Ce supplément résulte d’un mélange d’inflation, de hausse des matières premières et de surcoût lié à la pseudo-réversibilité du stockage.

    L’État français est également suspecté de ne pas jouer le jeu de la procédure arrêtée par la loi. Ainsi, depuis qu’elle a été créée en 2006, la Commission Nationale d’Evaluation Financière n’a jamais été réunie. Par ailleurs, l’Élysée est accusé d’entretenir un climat de tension au sein de la filière du nucléaire.

    Néanmoins, dans leur rapport, les parlementaires ne citent à aucun moment le nom de « Bure ». Une hypocrisie de plus, puisqu’il est précisé que le stockage ne pourra se faire que près d’un laboratoire. Or, il n’y qu’un laboratoire, c’est celui de Bure, où en 16 ans, plus d’un milliard d’euros a été investi.

    Ces non-dits sont à l’image de « la fausse transparence » qui entoure ce dossier sensible. Les citoyens sont mis à part. Les associations spécialisées n’ont jamais été auditionnés. Pourtant, en l’espace de deux ans, une pétition a réuni 40 000 signatures de personnes en Lorraine et en Champagne-Ardenne qui ne veulent pas de ce centre de stockage. Malheureusement, quelques élus locaux ont décidé qu’il en serait autrement.

    Il faut en effet savoir que ce sont les résidus hautement ou moyennement radioactifs à vie longue (des centaines de milliers d’années pour certains) et issus du retraitement des combustibles brûlés dans les centrales qui seront stockés dans le sous-sol meusien. Si leur volume est relativement faible (44 000 mètres cube en 2007, 56 000 mètres cubes en 2030), ils concentrent à eux-seuls 99,9 % de la radioactivité totale des déchets nucléaires français. Ces substances sont actuellement stockées à La Hague, dans la Manche, et à Marcoule, dans le Gard. La loi du 8 juin 2006 prévoit de les enfouir à 500 mètres de profondeur dans les couches d’argile sur le site du laboratoire expérimental de l’Agence Nationale pour la gestion des Déchets Nucléaires (ANDRA), à Bure, dans la Meuse. Le calendrier fixé par la loi programme un débat public en 2013. Il sera suivi d’une enquête publique et d’une demande d’autorisation en 2015, pour une mise en service du stockage des déchets en 2025. Ces déchets resteront accessibles pendant une durée de 100 ans, au cas où une nouvelle technologie de traitement permettrait de les déstocker. C’est ce qu’on appelle la réversibilité. Or, selon des experts indépendants, cette réversibilité est impossible. Cette notion aurait ainsi été « inventée », afin que le projet d’enfouissement puisse être plus facilement accepté par la population. C’est le premier mensonge de ce dossier.

    Par ailleurs, certaines acquisitions foncières de l’ANDRA aux environs de site d’enfouissement de Bure sont suspectes. D’une part, car les élus ruraux ne sont pas au courant de ce qui se trament. D’autre part, en raison de leur ampleur : 600 hectares. Au sujet de l’acquisition de ces terrains, pourquoi l’ANDRA ne divulgue-t-elle pas leur prix ? Pire, pourquoi les cache-t-elle ? En réalité, des tractations s’effectueraient pour acheter des fermes pour des échanges ultérieurs contre des exploitations à Bure ou dans les environs. L’ANDRA solliciterait également les propriétaires forestiers, car elle rechercherait 150 hectares à proximité de Bure pour se débarrasser des montagnes de gravats attendus par le creusement de la méga poubelle souterraine. Des grabats qui vont où, en attendant, actuellement ? C’est la question.

    De même, il faut savoir que l’ennemi n°1 de l’enfouissement des déchets radioactifs, c’est l’eau. Car l’eau corroderait l’emballage des déchets, ce qui libèrerait alors les particules radioactives et les entraînerait au fil des circulations souterraines et contaminerait de très vastes régions. A Bure, l’ANDRA a martelé pendant des années que le sous-sol était idéal car opportunément sec. Or, des géologues plus « libres » que ceux qui travaillent pour le lobby de l’atome ont fini par faire avouer à l’agence qu’en réalité « le sous-sol de Bure contient des millions de mètres cube d’eau ». Ce qui est d’ailleurs logique, puisque la couche géologique supérieure est composée de calcaire (oxfordien). Or celui-ci est truffé de gouffres et de cavités, autant d’éléments qui ne peuvent que piéger l’eau en grande quantité. A tel point que ce secteur est localement qualifié de « château d’eau ».

    Aujourd’hui la zone de Bure est un bloc homogène, coincé entre deux fossés d’effondrement majeurs : le fossé de Gondrecourt-le-Château et la vallée de la Marne. Si le projet d’enfouissement allait à son terme, le sous-sol, c’est-à-dire à 500 mètres de profondeur ici, se verrait transformé en véritable gruyère par la multitude de galeries creusées. Le bloc ne serait alors plus homogène. Il subirait les effets de séismes réguliers se produisant à seulement quelques dizaines de kilomètres, à l’image de celui de Saint-Dié-des-Vosges survenu le 22 février 2003 et qui s’était ressenti dans un rayon de 200 à 300 km. Des failles et des microfailles apparaitraient, drainant et entraînant les eaux supérieures vers le cimetière radioactif souterrain. Or, dans la mesure où les couches géologiques de la région de Bure ne sont pas horizontales mais inclinées vers l’Ouest, les circulations d’eaux souterraines porteraient essentiellement et irrémédiablement leur contamination vers la vallée de la Marne, avant de se diffuser dans tout le Bassin Parisien. La complexité de l’hydrogéologie locale laisse également à penser qu’une partie des contaminations suivrait le Bassin Mosan (Meuse), et de là tout son aval. C’est là le second, et non des moindres, mensonges de ce dossier.

    La question sous-jacente est ici : que faire des déchets radioactifs à toxicité quasi éternelle et comment les gérer ? Ceux qui ont lancé le monde dans l’aventure nucléaire ont longtemps affirmé qu’on trouverait « plus tard » des solutions aux déchets produits. Le « plus tard » ayant sans cesse été repoussé, les gestionnaires avisés n’ont rien trouvé de mieux que de se débarrasser de ces poisons violents en les enfouissant à plusieurs centaines de mètres de profondeur.

    Enfin, une dernière question nous hante : si une fuite survient à 500 mètres sous terre, que pourra-t-on faire ?

    Plus d’informations sur BLE Fondation.

    (Sources : Le Républicain Lorrain, CEDRA, Fédération STOP Déchets Nucléaires Grand Est)

  5. bloggerslorrainsengages écrit:

    Entre la centrale nucléaire de Cattenom et ses 4 réacteurs au Nord, celle de Chooz dans les Ardennes à 150 km à l’Ouest de Longwy et celle de Fessenheim en Alsace à 140 km à l’Est d’Epinal, les possibilités d’échappatoire en cas de scénario catastrophe pour les Lorrains sont rares. D’autant plus qu’avec le futur centre d’enfouissement des déchets radioactifs à vie longue dans le Sud de la Meuse à Bure, nous serons complètement cernés. Le stockage devrait y démarrer en 2025. Une date à laquelle l’étau nucléaire se refermera définitivement sur la Lorraine.

  6. bloggerslorrainsengages écrit:

    Si les déchets français sont enfouis à Bure, qui dit que la France n’acceptera pas de stocker les déchets d’autres pays, afin de faire un peu de business nucléaire au détriment de la Lorraine ? Pour certains, toutes les rentrées d’argent sont bonnes, non ?

  7. bloggerslorrainsengages écrit:

    Comment l’industrie nucléaire achète les élus meusiens

    Bure, village de moins de 100 habitants situé à l’extrême Sud de la Meuse, a dernièrement inauguré une salle des fêtes flambant neuve. La commune s’apprête également à lancer la construction d’un hôtel-restaurant de 14 chambres. Ces équipements font en fait partie de l’accompagnement économique d’un territoire qui a accepté d’accueillir les cochonneries nucléaires de la France entière.

    Si certaines organisations, comme le Groupe BLE Lorraine, continuent de contester le projet, les réticences restent assez faibles, compte tenu des retombées économiques, notamment en termes d’emploi, et de la manne financière que cela représente. Les responsables économiques locaux souhaitent en effet l’installation et le développement d’une filière industrielle centrée autour des métiers du nucléaire. Il faut dire qu’avec l’argent du nucléaire, les « volontaires » ont eu 80 % de subventions pour refaire leurs façades. Tous les ans, chacun a un bon de 35 euros pour fleurir devant sa maison.

    Depuis 2005, il existe un pseudo laboratoire souterrain chargé de vérifier la faisabilité du projet. C’est seulement après le débat public en 2013 et la décision politique de créer ou non un centre de stockage en 2016, que pourraient commencer les travaux pour un montant, au bas mot, de 15 milliards d’euros.

    Depuis 2000, les producteurs des futurs déchets nucléaires sont tenus de payer une taxe qu’un Groupement d’Intérêt Public (GIP) pour la Meuse reversent ensuite à des projets locaux qui y postulent. Ces fonds, qui proviennent à 78 % d’EDF, à 17 % du Comité à l’Energie Atomique (CEA) et à 5 % d’Areva, sont de plus en plus importants. Depuis l’an dernier, ils atteignent 30 millions d’euros par an. Ils permettent de financer la réhabilitation et la construction de locaux d’entreprises, de logements, de routes ou encore récemment d’une unité Alzheimer. Certaines communes deviennent même dangereusement dépendantes des fonds du GIP pour leurs projets, à l’image de Bar-le-Duc, qui finance un tiers de sa nouvelle gare multimodale, la requalification de son centre-ville et son festival Renaissance grâce à ces fonds. L’argent sert également à créer de nouvelles activités ou à en relocaliser d’autres. Par exemple, à Bure, EDF a construit un centre pour ses archives industrielles et une plateforme logistique où seront stockées et réparées toutes les pièces de rechange des centrales nucléaires françaises. 65 emplois ont été générés par cette opération. Par ailleurs, un projet de gazéification de la biomasse est à l’étude et Areva a créé une zone d’activité, un centre d’archivage et une base logistique. Le site fait actuellement travailler près de 400 personnes. L’Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs (ANDRA) estime que le centre de stockage devrait employer entre 500 et 800 personnes en permanence durant un siècle.

    Néanmoins, il convient de bien comprendre que ces retombées économiques sont artificielles et ne dureront qu’un temps. Elles servent à masquer des choses nettement moins avouables. En outre, la création d’une telle déchèterie radioactive va réduire à néant les atouts du département que sont le tourisme vert et l’agriculture.

    Rappelons qu’une pétition lancée il y a deux ans a récolté plus de 40 000 signatures. Aucun pouvoir public n’y prête attention ! Un véritable scandale qui prouve une fois de plus les valeurs de notre démocratie et de la république à la française. Mais que ce soit par adhésion, indifférence ou pragmatisme, les résistances restent timides devant cette manne financière à portée de main. Même une partie de la cinquantaine d’élus qui sont opposés à l’enfouissement des déchets radioactifs accepte les fonds du GIP !

    Pour plus d’informations, se reporter à notre page spéciale sur BLE Fondation.

  8. bloggerslorrainsengages écrit:

    Malgré le soutien de son conseil municipal, le maire de Bonnet reste isolé parmi les élus du secteur. Sa commune de 217 habitants a beau être située sur la ZIRA (Zone d’Intérêt pour la Reconnaissance Approfondie), et percevoir, à ce titre, des subventions à hauteur de 500 euros par habitant et par an, il demeure un opposant farouche au centre d’enfouissement. « Contrairement à ce que nous raconte l’ANDRA, le dossier n’est pas mûr. Mais le débat est clos avant même d’avoir eu lieu : l’enfouissement est devenu la solution unique », objecte l’édile.

    Opposé sur le fond, il dénonce tout autant la méthode des pouvoirs publics, qu’il juge suspecte : « Je n’ai jamais vu des entreprises débarquer avec des valises de billets pour faciliter leur implantation. En général, c’est l’inverse qui se produit ». Pour lui, « acheter ainsi les consciences, c’est trop facile », soupire celui qui fustige aussi les rivalités exacerbées au sein de la communauté des 19 communes du Val d’Ornois, entre celles qui bénéficient des aides financières et les autres.

    (Source : Le Républicain Lorrain du 25/08/2011)

  9. bloggerslorrainsengages écrit:

    L’hérésie de l’ANDRA à Bure prolongée !

    L’Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs (ANDRA) a dernièrement obtenu la prolongation jusqu’au 31 décembre 2030 de son autorisation d’exploiter son laboratoire souterrain situé à Bure, dans la Meuse, selon un décret paru au Journal Officiel. Le document précise que « les investigations, expérimentations et essais en laboratoire souterrain ont pour objet de réunir les données nécessaires à l’exploitation d’un éventuel stockage de déchets radioactifs en couche géologique profonde. Les recherches menées doivent notamment permettre d’« approfondir la connaissance des phénomènes physico-chimiques, mécaniques et thermiques », de « développer, optimiser et mettre au point les méthodes de construction et d’exploitation d’un stockage » et de « mettre au point des méthodes de scellement des ouvrages et de remblaiement de galeries ».

    Rappelons que l’ANDRA développe chez nous depuis 1998 un projet de « tombeau » des déchets radioactifs les plus dangereux produits en France par le nucléaire civil et militaire qui devrait être mis en service en 2025. Le Centre Industriel de Stockage Géologique (Cigéo) doit servir à confiner pendant des siècles plus de 100 000 mètres cube de déchets nucléaires à haute et moyenne activité radioactive et à vie longue (HA/MA-VL).

    Le laboratoire de Bure est composé d’installations en surface (locaux administratifs, ateliers, laboratoires et bâtiment d’accueil du public), sur une superficie d’environ 17 hectares, ainsi que de plus de 700 mètres d’installations souterraines situées à 445 et à 490 mètres de profondeur.

    Avec cette nouvelle phase, l’ANDRA entend désormais passer à « la démonstration » en vue d’une demande d’autorisation de construction du stockage prévue pour 2016.

    Le Groupe BLE Lorraine est opposé depuis le début à l’édification de cette poubelle nucléaire française en terre lorraine.

  10. bloggerslorrainsengages écrit:

    Dans les entrailles de son laboratoire de Bure, l’ANDRA développe depuis 1998 un projet controversé de tombeau des déchets radioactifs les plus dangereux produits en France par le nucléaire civil et militaire.

    Le Centre Industriel de stockage Géologique (Cigéo) devrait être mis en service en 2025. Il devra confiner pendant des siècles 100 000 mètres cube de déchets nucléaires à Haute et Moyenne Activité radioactive et à Vie Longue (HA/MA-VL) à 500 mètres sous terre.

    Ces déchets sont composés de produits de fission (césium 134 et 137, strontium 90), mais aussi de résidus liés au fonctionnement des installations nucléaires françaises.

    Les HA/MA-VL émettront pendant des dizaines de milliers d’années entre 100 000 et 10 milliards de becquerels (Bq) par gramme.

    Il est actuellement proposé de réaliser le stockage sous un petit polygone de 15 km², à cheval sur quatre communes meusiennes, Mandres-en-Barrois, Bonnet, Ribeaucourt et Bure.

    Ces expérimentations ont évidemment un coût : 100 millions d’euros par an réglés selon un principe pollueur-payeur inscrit dans la loi par EDF (80 %), le groupe nucléaire public Areva (15 %) et le Commissariat à l’Energie Atomique. Mais cela n’est rien au regard des 15 milliards d’euros nécessaires pour le Cigéo. Ce coût pourrait même dépasser les 35 milliards d’euros pour tenir compte de nouvelles normes de sûreté.

1 2 3

Laisser un commentaire