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Coopération transfrontalière

Vous trouverez sur cette page spécialement consacrée à la coopération transfrontalière toutes les problématiques, les enjeux et les projets liés à cette thématique, que cela concerne le Luxembourg, l’Allemagne ou encore la Belgique. Car la Lorraine est la seule province à partager ses frontières avec trois pays différents. Mais ces frontières existent-elles encore vraiment ?

Les Entretiens de Malbrouck

Initiés par le Conseil Générale de la Moselle, les Entretiens franco-allemands de Malbrouck visent à (re) placer la Moselle dans son rôle de « pivot territorial des relations franco-allemandes ». Dans le cadre somptueux du château éponyme, à Manderen, ces entretiens entendent s’imposer comme le « séminaire annuel de référence sur l’Allemagne contemporaine ».

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Le Château de Malbrouck à Manderen (Crédits photo : Groupe BLE Lorraine)

Un paradoxe résume l’ambigüité de la relation franco-allemande actuelle. Les deux pays entretiennent d’une part une relation économique et commerciale unique au monde. On ne retrouve nulle part ailleurs une telle intensité des échanges. Mais d’autre part, on constate un incompréhensible désintérêt des populations. De nos jours, seuls 2 % des Français et 1,8 ¨% des Allemands considèrent en effet qu’il est nécessaire de maîtriser la langue du voisin. Les Entretiens de Malbrouck naviguent entre ces deux extrémités.

Avec une centaine de participants pour une première édition, ils représentent déjà une victoire pour la Moselle qui gagne ainsi en visibilité. C’est en effet le département lorrain qui a été désigné par l’Ambassade de France pour organiser cet événement miroir au séminaire franco-allemand qui se tient chaque année à Fischbachau en Bavière. Il faut dire que le Conseil Générale de la Moselle est présent depuis 10 ans à Berlin. Dans l’imaginaire allemand, ce département occupe d’ailleurs une place particulière, liée à l’histoire et à la culture. L’objectif est d’atteindre dès 2013, pour le cinquantenaire du Traité de l’Elysée, un niveau d’excellence comparable à l’événement bavarois qui, 45 ans après son lancement, n’avait toujours aucun équivalent en France.

Pour une meilleure visibilité sur le marché du travail de la Grande Région

Le marché de l’emploi transfrontalier de la Grande Région souffre de deux problèmes structurels, à savoir sa trop grande complexité et son manque de visibilité. Ceci entraîne une certaine incompatibilité entre l’offre et la demande. Par exemple, les services publics de l’emploi des cinq territoires (Lorraine, Luxembourg, Rhénanie-Palatinat, Sarre et Wallonie) sont obligés de consulter les annonces d’offres d’emploi dans les quotidiens, afin d’obtenir une approche du marché de l’emploi dans la région voisine. De même, quelqu’un qui veut accéder aux offres d’emploi ou même les intermédiaires que sont Pôle emploi, Arbeitsamt sarrois, Adem luxembourgeois ou Abeo de Wallonie, ne disposent pas d’un site sur lequel se connecter pour connaître les opportunités d’emploi chez le voisin. 

Or, aucun autre territoire en Europe n’affiche un nombre aussi élevé de frontaliers que la Grande Région. En effet, plus de 200 000 personnes travaillent aujourd’hui dans un pays voisin, ce qui traduit une très forte mobilité. Par ailleurs, les marchés de l’emploi des différents territoires ont tendance à se regrouper autour du marché du travail luxembourgeois. Les marchés régionaux ne sont donc pas des îlots complètement isolés, mais dépendent en grande partie du climat socio-économique de la Grande Région.  

En augmentant la transparence des différents marchés de l’emploi de part et d’autre de la frontière, il serait donc possible d’accroître leur complémentarité. Employeurs et salariés ne pourraient qu’en profiter.  

En Lorraine, la barrière de la langue redevient cependant un obstacle, dans la mesure où les jeunes pratiquent de moins en moins la langue allemande, contrairement à leurs aînés. De même, du côté de Sarreguemines, en dépit d’infrastructures favorables avec notamment la présence d’un train-tram qui circule quotidiennement entre la cité des faïences et Sarrebruck, les frontaliers sont moins mobiles qu’il y a dix ans. Enfin, la question primordiale de la qualification de la main d’œuvre lorraine, qui éprouve de réelles difficultés à répondre au recrutement de l’autre côté de la frontière, pose encore problème depuis la fermeture des mines. 

Phénomène transfrontalier : la Lorraine sous la perfusion luxembourgeoise 

La Lorraine est sous l’influence économique croissante du Luxembourg, à l’image de Singapour pour la Malaisie. La question est néanmoins de savoir si une telle perfusion constitue une réelle opportunité ou est au contraire un terrible aspirateur à compétences. Certainement un peu des deux à la fois. 

Toujours est-il qu’une étude de l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques) publiée en septembre 2010 montre que le travail frontalier s’enracine profondément en Lorraine. Celui-ci n’a ainsi pas d’équivalent dans les autres territoires français. Qui plus est, la tendance est à l’augmentation quasi-constante, pour un impact toujours plus fort dans l’économie lorraine. En 1990, il y avait environ 32 000 frontaliers lorrains. En 2006, on en recensait 82 000, soit environ 2,5 fois plus. Autrement dit, la population active lorraine est à 8,5 % frontalière. Bien que le phénomène transfrontalier ne soit pas nouveau dans la Grande Région, la donne a changé dans le temps.

Ainsi, jusque dans l’après-guerre, les Sarrois étaient la population qui se rendait le plus en Lorraine, tandis qu’aujourd’hui, 20 000 Lorrains franchissent quotidiennement la frontière pour aller travailler en Sarre. Au Luxembourg, le nombre de frontaliers a augmenté dans tous les secteurs d’activités, plus particulièrement dans le secteur tertiaire qui a vu ses effectifs bondir de 75 %. L’attractivité luxembourgeoise passe aussi par la recherche de profils et de compétences de plus en plus diversifiés, souvent au détriment des entreprises lorraines. L’INSEE a en effet plusieurs fois montré que les frontaliers luxembourgeois sont mieux diplômés que les actifs occupés sur le sol lorrain. 

(Source : INSEE Lorraine) 

Le poste frontière de Zouffgen est révolu ! 

Nous vous avions déjà parlé de cet anachronisme en pleine construction européenne à la frontière entre la Lorraine et le Luxembourg. Tous les travailleurs transfrontaliers savent très bien de quoi nous parlons : du fameux poste de douane de Zoufftgen (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/12/22/poste-frontiere-de-zoufftgen-un-anachronisme-qui-dure/).

Ce dernier constitue un véritable vestige d’un temps aujourd’hui passé et révolu. Zoufftgen, c’est tout simplement l’aberration de ces panneaux de signalisation qui « recommandent » à tout un chacun de réduire sa vitesse jusqu’à 10km/h sur autoroute. Une matérialisation stricte de la frontière qui, en vertu des accords de Schengen, ne devrait d’ailleurs plus exister en tant que telle. Zoufftgen, ce sont également ces embouteillages monstres qui se produisent matin, midi et soir et à chaque fois que les douaniers décident de mener une opération coup-de-poing. Il n’y a d’ailleurs plus que l’administration française des douanes qui s’accroche encore à l’édifice, telle une moule à son rocher. Celle-ci ne renoncerait d’ailleurs pour rien au monde à ce check point tombé du ciel, qui lui permettrait, selon la version officielle, de réaliser des « saisies record » à intervalles réguliers. Mais l’absurdité de cette théorie vient d’être démontrée avec le démantèlement d’un réseau de trafiquants de drogue comprenant un Français résidant aux Pays-Bas, une passeuse belge qui acheminait les stupéfiants jusqu’à Kayl, où un autre Français, domicilié sur place, assurait la grande distribution sur des parkings d’hypermarchés luxembourgeois pour les dealers venus de Lorraine. Une tonne au moins de substances illicites aurait ainsi traversé les frontières entre novembre 2009 et avril 2010. Et sans la moindre opposition du poste de Zoufftgen… Alors maintenant place aux pelleteuses !!!  

Transports transfrontaliers : à quand une action ? 

Le microcosme des transports s’est dernièrement agité au Pays des Trois Frontières, où l’éventualité de la création d’une ligne transfrontalière baptisée Moz’l depuis Yutz par le transporteur luxembourgeois Weber a fait bondir la CGT (Confédération Générale du Travail) de la société mosellane TransFensch. L’occasion pour nous de faire le point sur la situation des transports dans cette partie de la Lorraine. Comme un cris du cœur et de colère des travailleurs frontaliers qui n’en peuvent plus de cette cacophonie politique. 

Il faut dire que bizarrement depuis le succès incontestable de Vilavil et sa fameuse ligne 300, tout, mais alors tout est bloqué de par et d’autre de la frontière. Un immobilisme politique frappant et accablant, d’autant plus à l’heure de l’Union Européenne et de la libre circulation des hommes et des marchandises dans l’espace Schengen. Où ça ? Schengen. Ah oui au Luxembourg, non loin de là. Pourtant, les frontaliers lorrains plébiscitent et apprécient énormément ce nouveau moyen de transport collectif. Mais bon, apparemment certains n’écoutent pas, ou plutôt n’entendent pas leurs doléances. Depuis février 2009 et le refus de Paris au Luxembourg d’ouvrir trois lignes au niveau de Yutz, Garche et Basse-Ham (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/04/23/le-transport-frontalier-freine/), plus rien ne bouge. Alors déjà que cela avait mis un certain temps, pour ne pas dire un temps certain, pour s’activer, les frontaliers lorrains ne sont pas prêts de voir le bout du tunnel.

De même, la demande de TransFensch de créer une ligne 301 entre Gasperich, Howald et la Cloche d’Or, déjà tracée, n’a bien entendu pas abouti non plus. Pensez-vous, le Luxembourg n’a fait que répondre du berger à la bergère. Si bien que dans cette partie de ping-pong politicienne, c’est toujours les travailleurs frontaliers qui trinquent et qui subissent les désagréments dans leur quotidien.

Il faudrait vraiment maintenant que les élus lorrains et luxembourgeois, via les services de la préfecture, acceptent sans polémique ni politique, simplement dans l’intérêt général de leur concitoyens, de travailler ensemble une fois pour toute afin de dégager des solutions pratiques et concrètes ! Ca urge ! Il est grand temps que cesse cet incroyable surplace ! 

Intermat, premier cluster transfrontalier

Les pôles Matéralia, le Lorrain, Mecatech, le Liégeois et Surfmat, le Luxembourgeois, ont dernièrement décidé de se rapprocher afin de créer Intermat, le premier cluster transfrontalier sur les matériaux. Celui-ci devrait renforcer leur taille critique, leur donner plus de visibilité et leur permettre d’obtenir plus facilement des financements européens.

Ensemble, ces trois clusters pèsent tout de même 230 entreprises et un gros ensemble de structures de recherche publique, 172 projets labellisés pour un budget de 354 millions d’euros et 123 projets financés pour un budget de plus de 266 millions d’euros. Du lourd en somme. Intermat donne à ce regroupement une certaine cohérence géographique, ainsi qu’une dimension presque mondiale autour d’une thématique commune, à savoir l’excellence en mécanique dans les matériaux et les procédés. Nous ne pouvons que nous réjouir de cette création sur un territoire dont le passé industriel est semblable. A noter que dans un proche avenir, Intermat pourrait s’étoffer en essayant d’accrocher un cluster allemand à cette opération.

Enfin, le président de Matéralia veut aussi mettre en avant les acteurs universitaires présents dans les matériaux, afin de faciliter la tâche des PME qui sont en quête de personnel maîtrisant les compétences des matériaux. 

Les frontaliers lorrains font plier Paris

Le coup de gueule des frontaliers lorrains a été entendu très loin, même jusqu’à Paris. Et il a immédiatement été suivi d’effet, puisque par un courrier adressé à la Caisse Nationale des Allocations Familiales (CNAF), le gouvernement français a cédé en demandant la suspension immédiate du décret instituant une modification importante du calcul de l’Allocation familiale Différentielle (ADI) en vigueur depuis le 1er janvier. Il faut dire que cette mesure avait été jugée particulièrement discriminatoire par les Lorrains travaillant au Luxembourg et ayant des enfants en bas âge à faire garder pendant leur absence. La Prime d’Accueil Jeune Enfant (PAJE) sera ainsi versée comme par le passé jusqu’au 1er avril prochain. Et ce n’est pas une blague. Les cotisations sociales des assistantes maternelles et autres nounous continueront de même à être prises en charge par la CAF jusqu’au 1er juillet. Cette suspension du décret, bien que provisoire, est considérée par les frontaliers lorrains comme une première victoire. Ces derniers doivent désormais veiller à ce que ce problème soit résolu durablement.   

14 Commentaires pour “Coopération transfrontalière”


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  1. bloggerslorrainsengages écrit:

    Essor du trafic transfrontalier entre Lorraine et Sarre

    En 15 ans, le trafic routier a augmenté de 47 % sur 14 points de passage entre la Sarre et la Moselle-Est. Alors qu’en 1995 74 300 véhicules franchissaient quotidiennement la frontière dans les deux sens, 109 000 véhicules par jour enjambent désormais une frontière devenue imaginaire en termes de déplacements. Sur l’A320, à Stiring-Wendel Brême d’or ou sur le pont international entre Grosbliederstroff et Kleinblitterdorf, le passage de voitures et camions a doublé, passant de 15 000 à 30 000 véhicules par jour. Par contre, avec à peine 1 200 voyages par jour, les transports en commun sont faiblement utilisés et ne représentent qu’un déplacement transfrontalier sur cent. C’est pour cette raison que l’extension à l’échelle de toute la Moselle-Est de l’offre de tram-train est actuellement à l’étude. En plus de la ligne Sarreguemines-Sarrebruck (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/01/12/zoom-sur-le-tram-train-de-sarreguemines/), qui est une incontestable réussite, de nouvelles lignes pourraient à terme voir le jour comme Forbach-Sarrebruck et Saint-Avold-Sarrebruck.

  2. bloggerslorrainsengages écrit:

    La Grande Région existe et personne ne la voit. C’est pourtant le cœur battant de l’Europe. Il y a là une acceptation de la transgression des frontières qui n’existe nulle part ailleurs. C’est un grand laboratoire européen, une incroyable masse de réflexion qu’il nous incombe de faire connaître et prospérer.

  3. bloggerslorrainsengages écrit:

    Athlétisme : Premier championnat transfrontalier de la Grande Région

    Le premier championnat de la Grande Région s’est dernièrement déroulé à l’Anneau, la halle d’athlétisme de Metz. Il a réuni 200 athlètes. Les 5 entités territoriales de la Grande Région, à savoir la Sarre, la Rhénanie-Palatinat, la Lorraine, la Wallonie et le Luxembourg, avaient constitué une équipe. L’Alsace a également participé à ces jeux transfrontaliers, intéressée par cette compétition attractive d’un niveau supérieur à celui des championnats interrégionaux. Un titre de champion de la Grande Région a été attribué au vainqueur de chaque épreuve. Un protocole conséquent, avec notamment en ouverture un défilé des délégations, a été mis en place pour donner à l’événement un faste international. Un classement par équipes a été également été établi (voir ci-dessous). Avec aucune victoire à domicile, la Lorraine finit bonne dernière.

    Classement par délégation :

    1. Wallonie
    2. Sarre
    3. Rhénanie-Palatinat
    4. Alsace
    5. Luxembourg
    6. Lorraine.

  4. bloggerslorrainsengages écrit:

    De l’eau de Sarre à Leiding

    Le petit village de Leiding, annexe de Heining-lès-Bouzonville, avait déjà la particularité de partager sa bien nommée Rue de la Frontière avec la commune allemande de Leidingen. Bientôt, les 25 habitants du hameau bénéficieront également d’une eau potable directement approvisionnée par la source allemande de Wallerfangen, via le réseau sarrois. Une convention de partenariat a dernièrement été signée en ce sens entre le Syndicat intercommunal des eaux de Bouzonville et le Wasserleitungszweckverband Gau Sud.

    Jusqu’ici, l’alimentation en eau de Leiding était assurée depuis Heining par une seule canalisation vétuste. Dans le but de fiabiliser et de remettre aux normes le réseau d’eau du hameau, il a été décidé de réaliser une interconnexion avec le réseau de Leidingen. Cette solution permet en outre de réduire le montant des travaux et de répartir de manière équitable les actions à mener à bien (enfouissement des réseaux, assainissement, voirie, éclairage public, etc.) entre Allemands et Lorrains.

    (Source : RL du 11/04/2012)

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