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Centre Pompidou (Archives 2)

C’est l’un sinon le plus important chantier de Lorraine. C’est aussi peut-être le projet qui donnera à notre province toute la reconnaissance qu’elle mérite. Toujours est-il que pour de nombreuses personnes, un tel constat ne semble pas aussi évident. En effet, le futur centre messin, qui ouvrira ses portes au public au printemps 2010, est au coeur de nombre de débats, voire de polémiques, notamment en ce qui concerne son coût. Pourtant, au regard des autres constructions européennes et mondiales de ce type, le Centre Pompidou-Metz apparaît bon marché … Puisse t-il avoir tout le succès qu’on lui promet !

Répartition du budget du Centre Pompidou-Metz

On en sait maintenant un peu plus sur la composition et la répartition du budget annuel de fonctionnement du futur centre d’art contemporain messin. Ainsi, dès 2010, la Lorraine y injectera 4 millions d’euros, la France mettra un million, la ville de Metz 400 000 euros, Metz Métropole 3,6 millions. Des recettes annuelles d’un montant d’un million d’euros viendront enfin boucler le budget qui sera donc au total de 10 millions d’euros.

Centre Pompidou-Metz : l’exemple de Bilbao

Alors que strictement aucun bâtiment ne pousse derrière le nouveau centre d’art contemporain, dans ce que l’on nomme communément la ZAC de l’Amphithéâtre, il est intéressant de comparer ce qui s’est passé et se passe encore aujourd’hui du côté de Bilbao, dans le Pays Basque espagnol, ville qui a accueilli il y a dix maintenant une antenne du prestigieux musée Guggenheim de New York. La ZAC de l’Amphithéâtre serait-elle alors vraiment un vide sidéral à combler par d’énormes infrastructures et des équipements de haut niveau, afin de donner à Metz l’ambition qui devrait être la sienne ? Assurément oui, mais parfois mieux vaut ne pas trop se précipiter, car l’important est de bien arriver. La ville de Bilbao a ainsi construit un fantastique musée d’art moderne sur une ancienne friche sidérurgique. Depuis son ouverture, il semble désespérément seul. Les abords immédiats du centre sont seulement en cours d’aménagement. Mais, malgré ce handicap « visuel » dont souffrira aussi le futur musée messin, le Guggenheim de Bilbao, avec son architecture éblouissante, a immédiatement réussi à attirer 300 000 visiteurs. A noter maintenant qu’ils sont 700 000 par an à franchir ses portes. Un formidable succès. Les sommes colossales gagnées par la municipalité espagnole ont d’abord été utilisées pour restaurer la vielle ville, afin de la rendre de nouveau accueillante et de lui redonner de l’attrait. Aujourd’hui et dix ans après son ouverture, les grues, véritables sentinelles du progrès et du développement, ainsi que les gros chantiers qui les accompagnent, ont seulement commencé à pointer le bout de leur nez. Pour terminer la comparaison, nous aurons nous aussi un fantastique bâtiment à l’architecture incroyable. Reste maintenant à savoir s’il connaîtra un destin similaire à son homologue basque. Nous voulons y croire.   

Centre Pompidou-Metz : une flèche pour atteindre des sommets

Le Centre Pompidou-Metz vient de prendre son allure définitive avec la pose de sa flèche d’acier de 24 mètres qui pèse plus de 4 tonnes. Voilà le centre d’art contemporain qui culmine maintenant à 77 mètres de hauteur, faisant ainsi référence, selon la conception des architectes Shigeru Ban et Jean de Gastines, à 1977, date d’ouverture du centre parisien. Tout un symbole. Il ne reste désormais plus qu’à faire les finitions. Mais les finitions d’un bâtiment de plus de 10 000 mètres carrés de surfaces intérieures, ça prend du temps. Ainsi, plus de 150 ouvriers seront encore mobilisés afin de peindre, d’installer les escalators, les faux-plafonds, l’électricité, … Un travail titanesque. De tout point de vue, le Centre Pompidou-Metz offre un volume impressionnant qui se répartira de la manière suivante : tout d’abord, les visiteurs seront accueillis dans le forum, imaginé comme un espace ouvert tel un véritable hall de gare et qui offrira une vue remarquable sur la charpente en bois du chapeau chinois. C’est également là que se trouveront la billetterie, le vestiaire et un café. La grande nef constituera quant à elle l’un des cœurs du centre messin. Avec 1 200 mètres carrés de surface d’exposition, une hauteur sous plafond oscillant entre 5,70 et 18 mètres, son volume est tout simplement époustouflant et surtout unique en Europe ! Même s’il y a bien le Turbin Hall de la Tate Modern de Londres, ce dernier n’est pas climatisé. Des œuvres sur trois galerie de 80 mètres de long entièrement modulables et qui offrent chacune une vue admirable sur des joyaux architecturaux de Metz : la gare impériale, l’église Sainte-Thérèse ainsi que la cathédrale Saint-Etienne et le centre-ville. A noter enfin que le Centre Pompidou-Metz disposera également d’un studio de création, d’un auditorium et d’un restaurant d’une centaine de couverts. 

L’exposition inaugurale, intitulée Chefs d’œuvres ?, et qui se proposera d’aborder une réflexion sur l’évolution des goûts et des jugements artistiques, s’annonce quant à elle exceptionnelle. Elle réunira ainsi des œuvres des plus grands musées du monde : le Louvre, le Quai Branly, Orsay, le Mudam de Luxembourg, la Fondation Beyeler de Bâle, le MoMA de New-York, … tous ont ainsi consentis à faire des prêts incroyables. A cette liste s’ajoute bien sûr 500 œuvres issues des très riches collections du Centre Pompidou-Paris. Cet octroi constituera ainsi la plus grande opération de prêt jamais réalisée. Il y aura vraiment de belles surprises. Des œuvres remarquables comme la Tristesse du Roi d’Henri Matisse, mais aussi d’autres de Picasso, Braque, Man Ray, Raysse ou encore Kandinsky seront exposées. 

En attendant l’ouverture au printemps 2010, les abords immédiats du Centre Pompidou-Metz commencent tout doucement à être aménagés. Il est en ainsi des jardins Nord et Sud. Le dernier fera d’ailleurs partie intégrante du musée. Il constituera un espace clos et intimiste, dans lequel pourront être exposées des œuvres. Son homologue sera quant à lui composé d’un jardin « plissé » particulièrement novateur. Il pourra en effet recueillir les eaux de pluies de la toiture du centre d’art contemporain. Par contre, derrière celui-ci, plusieurs dizaines d’hectares de terrains sont malheureusement toujours dépourvus de toute construction et de grues dans le Quartier de l’Amphithéâtre. Un véritable désert. Le retard de la halle commerciale bordant le parvis du musée est un exemple parmi d’autres, même si un permis de construire devrait normalement être délivré prochainement. Sa construction de verre et d’acier pourrait cela dit s’avérer assez rapide. Mais, quoi qu’il en soit, aucune construction ne sera achevée aux abords du centre Pompidou messin. Ce dernier sera tout simplement entouré de verdure, en attendant les immeubles. Un moindre mal.   

Le public conquis par Constellation

La manifestation de préfiguration du Centre Pompidou-Metz, dont nous vous avons à plusieurs reprises déjà parlé, affiche une très bonne moyenne de fréquentation. En effet, les sites principaux accueillent de 500 à 700 personnes en semaine et de 1 000 à 1 200 les jours de week-end. Un premier succès qui en appelle donc d’autres pour le centre d’art contemporain. 

A noter que de nombreuses œuvres ont investi différents lieux historiques de Metz. Celles-ci constituent autant de manières de les redécouvrir et de les apprécier d’une façon pour le moins insolite, originale et contrastée, comme c’est le cas par exemple à la chapelle des Trinitaires. D’autant plus que les expositions sont gratuites, alors autant en profiter. Vous pourrez ainsi admirer les 5 610 flammes installées Rue Serpenoise de Daniel Buren, l’auteur des fameuses et pour le moins controversées colonnes de la cour du Palais Royal à Paris. Le visiteur est enfin accueilli dans les différents lieux d’exposition par un médiateur qui lui donne des clés pour comprendre ce qu’il a devant les yeux. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il y a une curiosité et une réception forte des gens. A tel point que les conservateurs du Centre Pompidou-Paris redécouvrent eux-mêmes leur propre collection ! 

(Source : presse régionale) 

3,9 millions d’euros de plus pour Pompidou-Metz

Comme nous vous l’avions annoncé il y plusieurs mois, l’entreprise de BTP Demathieu & Bard avait exigé de Metz Métropole 7,2 millions supplémentaires liés aux surcoûts de construction du Centre Pompidou-Metz. La communauté d’agglomération messine avait alors refusé de payer l’addition en contestant le montant demandé. Afin d’essayer de concilier les deux parties, un médiateur avait été nommé. Ce dernier a réussi à négocier une somme inférieure pour Metz Métropole qui ne payera dès lors plus que 3,9 millions d’euros à Demathieu & Bard, ce qui fera donc passer le coût total (actuel) du centre d’art contemporain de 60 à 64 millions d’euros. Cela dit, il faudra encore ajouter à cette somme le montant de l’assurance décennale qui n’a d’ailleurs toujours pas été signée. Selon certains, celle-ci pourrait avoisinait les 2% du montant total du projet, soit pour le moment 1,3 millions d’euros. Affaire à suivre donc.

80 000 visiteurs pour la maison du Centre Pompidou !

Même s’il n’ouvrira ses grandes portes que dans un an, le Centre Pompidou Metz suscite déjà pas mal la curiosité. De très bonne augure puisque la maison du centre, située à la proximité immédiate du chantier, a récemment accueilli son 80 000ème visiteur. Ce beau succès, tout comme celui du premier week-end de Constellation, l’exposition de préfiguration, qui avait drainé plus de 50 000 personnes, laisse à croire que le futur musée sera bel et bien le fer de lance du développement touristique et économique de Metz. A noter que la maison du centre à l’architecture originale et  dessinée par Shigura Ban devrait être démontée cet été. Le projet devenant maintenant réalité et afin de poursuivre les aménagements des abords du Centre Pompidou-Metz, cette dernière n’a ainsi plus vraiment lieu d’être. Il faut dire qu’elle aura parfaitement rempli son office. La ville de Metz, qui en est l’actuel propriétaire, envisage pour le moment deux options pour le bâtiment. La première serait de lui faire faire la promotion, non plus du futur centre d’art contemporain, mais cette fois de tout le quartier de l’Amphithéâtre. Ce qui équivaudrait à la déplacer de quelques dizaines de mètres. La seconde, plus coûteuse dans la mesure où celle-ci devra être démontée puis remontée, l’enverrait du côté du Parc archéologique de Bliesbruck où le département de la Moselle a un projet pour elle. Quoiqu’il en soit, nous lui souhaitons longue vie !

Aménagement des abords du Centre Pompidou-Metz

L’aménagement des abords du Centre Pompidou-Metz débutera prochainement avec la mise en œuvre du parvis et de ses jardins, au moment même où la végétalisation du mur antibruit le long de la voie ferrée s’achève. Il s’agira ici de mettre en scène les abords du centre d’art contemporain afin de créer une dynamique, à l’instar de la Piazza devant le centre de Paris. Le projet prévoit dans cette optique la réalisation d’un parvis minéral en légère pente et agrémenté d’arbres. Il sera baptisé « Parvis des Droits de l’Homme » et sera amené à devenir un lieu de vie où pourront se dérouler des spectacles et des expositions en cohérence avec la programmation du Centre Pompidou-Metz.

Le parvis sera relié en outre au centre-ville par l’intermédiaire de 2 passerelles situées au-dessus de la rue aux Arènes. Une halle commerciale, dite Michelin du nom de son architecte, longue de 170 mètres et située à la droite du parvis, sera de même animée de commerces, de bistrots, de restaurants et de galeries d’art. Deux jardins, un au Nord, l’autre au Sud, jouxteront le centre d’art contemporain messin. Le jardin Sud sera intimiste et donnera directement sur le centre Pompidou. Il pourra d’ailleurs accueillir des expositions extérieures et sera constitué de végétaux qui formeront une vaste canopée. Le jardin Nord sera quant à lui plus grand et doté d’une fonction particulière. En effet, des noues recueilleront les eaux de pluie de la toiture du centre et du parvis afin d’être stockées avant d’être évacuées vers la Seille. Les promeneurs pourront les traverser grâce à des passerelles posées sur leur partie haute. A noter que les jardins seront également jalonnés de chemins de promenades et de traverses, notamment pour accéder à la rue aux Arènes.

Enfin, avant le début de la construction du centre Pompidou, des fouilles archéologiques avaient permis la redécouverte de l’ancien amphithéâtre romain et de nombreux vestiges de l’époque gallo-romaine. Ces derniers devraient être mis en valeur par un marquage physique qui reste encore à déterminer. Cela dit, les autorités souhaitent une mise en relief sobre afin de préserver la neutralité du lieu et d’éviter toute collision avec les espaces alentours. On sera tout de même très loin de la qualité des mises en valeur archéologiques proposées sous le parvis de Notre-Dame de Paris ou à Mayence par exemple.

Metz : la halle Michelin relancée

Le grand projet de nouveau quartier de l’Amphithéâtre est actuellement et malheureusement paralysé par des désaccords entre les différents promoteurs, que tout le monde soupçonne d’ailleurs, et à juste titre, de vouloir temporiser un peu, histoire de laisser passer la crise. Du coup, la halle dite Michelin du nom de l’architecte qui l’a imaginé, qui devait offrir 4 000 mètres carrés de commerces et 1 560 mètres carrés de bureaux, est elle aussi bloquée. Elle constitue pourtant un élément essentiel du dispositif d’aménagement autour du Centre Pompidou-Metz, qui lui avance heureusement à toute allure. Cela dit, sous l’impulsion de la CA2M (Communauté d’Agglomération de Metz Métropole), les changes pourraient changer et surtout redémarrer pour ce qui est de la halle Michelin. En effet, il serait question de dissocier le bâtiment du reste des îlots à bâtir et de s’adresser à un autre promoteur.

Toujours est-il que plus le temps passe, plus Metz se prive du potentiel économique de la halle dans laquelle seront installée des restaurants et des boutiques pour les touristes. Il est en tout cas clairement évident qu’elle ne sera pas prête à l’ouverture du Centre Pompidou. Dommage …

Pour que brille Constellation

En attendant l’ouverture du Centre Pompidou-Metz, Constellation, exposition de préfiguration, invite les Lorrains et les visiteurs à découvrir, du 15 mai au 4 octobre 2009, des œuvres majeures de la collection du Centre Pompidou, dans des lieux phares du patrimoine et de la vie culturelle de l’agglomération messine et de la Grande Région. Ainsi, des artistes de renommée internationale ont conçu des projets spécifiquement pour cette manifestation. Constellation met également en lumière le patrimoine architectural créé depuis 1905 en correspondance avec le champ chronologique de la collection du Centre Pompidou. Expositions et lieux patrimoniaux, exceptionnellement ouverts pour l’occasion, dessinent des parcours inédits. Le lancement de Constellation sera marqué par trois jours d’événements, les 15, 16 et 17 mai, avec des concerts, des performances, de la danse, des conférences, des projections de films et des moments festifs. Entièrement gratuits, ces trois jours seront ponctués d’une grande fête le samedi 16 mai, avec un spectacle pyrotechnique autour du futur Centre Pompidou-Metz. 

1,6 milliards d’euros pour Chefs d’œuvre ? 

Telles est la valeur totale des œuvres qui seront présentées à l’occasion de l’exposition d’inauguration du Centre Pompidou-Metz, intitulée Chefs d’œuvre ? en mai 2010 ! Ce chiffre a été révélé par Laurent Le Bon, directeur du Centre messin.  

Constellation : pour que Metz brille de mille feux ! 

Avec l’exposition « Constellation », le Centre Pompidou Metz proposera une avant première de ses riches collections. Une découverte à ne pas manquer qui s’accompagnera d’une multitude d’évènements, avec pour point d’orgue une mise en lumière spectaculaire du Centre Pompidou Metz le samedi 16 mai 2009. Jamais une exposition n’aura aussi bien porté son nom…  

Plus précisément, cette manifestation de préfiguration se déroulera de mai à octobre 2009 à Metz et dans toute son agglomération, mais aussi partout en Lorraine et dans la Grande Région. « Constellation » sera lancée par trois jours d’évènements les 15, 16 et 17 mai 2009, suivis de cinq mois d’expositions et de projets éphémères dans la ville, du 15 mai à la prochaine Nuit Blanche, début octobre 2009. Les lieux emblématiques du très riche patrimoine messin seront ainsi investis et exceptionnellement ouverts de jour comme de nuit. De même, des parcours guidés insolites seront proposés aux visiteurs. On attend tout cela avec impatience !  

Et si la reconnaissance venait de New-York ?

Chaque année, le célèbre New York Times publie un classement des 44 meilleures destinations pour la nouvelle année. Et pour 2009, une excellente nouvelle pour la Lorraine et la ville de Metz en particulier, a traversé l’Atlantique. En effet, dans la liste établie par les journalistes Américains Seth Sherwood et Gisela Williams figure la cité mosellane. Metz arrive à la 39ème place et est cité pour son futur Centre Pompidou, à une heure de Paris en TGV, le « trains le plus rapide du monde ». Autre surprise pour ceux qui ne connaîtraient pas Metz qui méritait largement (et enfin) une telle distinction, la ville de Beyrouth qui caracole en tête du classement devant Washington. Il est pour l’heure encore difficile de mesurer  l’impact d’une telle publication dans le New York Times, mais l’Office de Tourisme messin  a déjà annoncé tirer profit de ce référencement dans ses différentes publications. Cela dit, aucune action ne sera entreprise par la ville en direction de l’immense marché américain, sauf dans l’Etat de Géorgie avec qui la région a de bons contacts. Rappelons que l’Institut technologique Georgia Tech est installé sur le Technopole de Metz. Un bulle d’oxygène pour une ville qui s’apprête à souffrir des restructurations militaires et dont l’image peine encore, malheureusement, à correspondre à la richesse de son patrimoine historique et culturel. Et si Metz jouait dans la cour des grands de l’art contemporain ? Toujours est-il que le pèlerinage Pompidou est né … Ainsi, c’est dans la catégorie culture que le NY Times a particulièrement distingué Metz. Le Centre-Pompidou y est pour beaucoup, les 3 000 mille ans d’histoire de la ville, qui fascinent tant les américains, aussi. Le NYT a d’ailleurs choisi d’illustrer Metz avec son Temple neuf. Dans cette catégorie, Metz côtoie les lieux suivants : Berlin, Vienne, Monterrey, Dallas, Doha, Dakar, Chicago, Rome, Cuba, Copenhague, Cologne, Deauville, Buffalo, le Kazakhstan et la Tasmanie. Prestigieux n’est-ce pas ? 

Faut-il s’inquiéter des coûts du Centre Pompidou-Metz ?

Projet phare du nouveau quartier de l’Amphithéâtre, le Centre Pompidou-Metz inquiète, par ses dérives budgétaires et ses complexités architecturales, de plus en plus de contribuables de l’agglomération. 

Il aurait dû être inauguré au moment de l’arrivée du TGV-Est à Metz, selon les doux rêves de l’ancien maire de la ville Jean-Marie Rausch. Aujourd’hui, il est toujours en construction, bien que depuis quelques semaines le chantier avance vite. Ce retard interpelle à plus d’un titre et se présente à nos yeux comme un premier hic. L’explication a pourtant le mérite d’être claire : la base du futur centre d’art contemporain repose sur 405 pieux de 11 mètres coulés dans le calcaire de l’ancien lit de la Seille. Au dessus, trois immenses galeries de 80 mètres de long, 14,5 mètres de large pour 6 de haut sont fixées sur un minimum d’appuis. Le but étant de maximiser le dégagement pour le visiteur. La longueur du chantier provient de la nécessité d’avoir terminé une galerie pour en raccorder une autre. 

Mais la facture pour le contribuable s’annonce au final, elle, moins limpide et surtout plus indigeste. En apparence cependant. Si le coût total du projet est passé successivement de 35 millions d’euros à 45 puis 60 millions d’euros, les dérapages budgétaires sont certes critiquables, mais pas excessifs pour un bâtiment de cette envergure. A titre de comparaison, l’hôtel de ville de Montpellier de Jean Nouvel, actuellement lui aussi en construction, est chiffré à 120 millions d’euros. De même, la future antenne du Louvres à Lens n’avoisinera pas moins de 100 millions d’euros, même s’il est vrai que le rapport à la population (coût du projet par habitant) est moins avantageux pour le Centre Pompidou Metz. En outre, l’entreprise en charge du chantier, Demathieu & Bard, annonce d’ores et déjà une note supplémentaire de 7 millions d’euros. Les motifs apparents étant les retards et les difficultés techniques liées à cette audace architecturale signée Shigeru Ban et Jean de Gastines. En effet, point sensible du projet, le toit hexagonal, d’une envergure de 90 mètres, s’inspire de la forme d’un chapeau traditionnel chinois. Les architectes ont d’ailleurs dû revoir légèrement leur copie tellement la charpente apparaissait comme un problème insoluble pour les entreprises du bâtiment. Si bien qu’au final, en tenant des péripéties du chantier (retrait d’un cabinet d’architecture anglais), des assurances qui peinent à donner leur accord suite à la catastrophe du controversé nouvel aérogare de Roissy Charles de Gaulle, des plus values et des aménagements extérieurs et intérieurs, l’enveloppe globale devrait approcher les 80 millions d’euros, soit un prix au mètre carré de 4 220 euros quand ce coût pour une telle structure oscille plutôt entre 4500 et 7100 euros. Le projet reste malgré tout l’un des moins chers d’Europe. Sauf qu’avec le nouvel investissement pour des transports en commun en site propre si cher à la ville, la municipalité messine n’exclut pas d’augmenter les impôts locaux au grand dam, bien évidemment, de l’opposition. Autre point jugé sensible, le fonctionnement du centre, chiffré annuellement à 10 millions d’euros, comprenant entre autres les salaires d’une cinquantaine de personnes, l’entretien et les frais du bâtiment ainsi que le projet artistique. La CA2M (Communauté d’Agglomération de Metz Métropole) mettra 80% du montant sur la table, les 20 % restants venant de fonds propres. Trop cher encore pour le maire de Metz, Dominique Gros, pour qui un retour à un budget annuel de fonctionnement de 7 millions d’euros est impératif. De nouvelles négociations avec les dirigeants de la maison-mère parisienne et avec l’Etat devraient être engagées. En effet, le Centre Pompidou de Paris ne compte pas verser un seul centime pour son antenne messine. Si bien que pour faire baisser la facture, un appel à des financiers privés n’est plus à exclure. Ce qui est en réalité plus contestable dans toutes ces dérives budgétaires, ce sont les hésitations et les tâtonnements autour des différents organismes gravitant autour de la sphère Pompidou Metz, avec la multiplication des agences et autres associations de développement et de promotion formant une véritable constellation, aux missions floues et aux budgets opaques, ainsi que les changements dans la direction et la maîtrise du projet. 

Il serait néanmoins véritablement irrévérencieux etingrat de jeter la pierre sur cette formidable opportunité pour Metz et toute la Lorraine. Car si le Centre Pompidou Metz présente des dépassements budgétaires plus ou moins conséquents, son coût final reste acceptable par rapport à d’autres projets tout aussi ambitieux et osés. D’autant plus que selon les estimations officielles, ce centre d’art contemporain devrait attirer entre 250 000 et 400 000 visiteurs par an, ce qui représente une manne non négligeable, notamment pour les commerçants. De même les tarifs qui y seront pratiqués, entre 5 et 10 euros l’entrée, restent abordables. Il convient donc de voir le Centre Pompidou Metz plus comme un investissement culturel, un pari sur l’avenir, que comme une simple sortie d’argent. Le rendez-vous est fixé au printemps 2010. On pourra vérifier si tout l’engouement populaire déjà manifesté pour la maison du projet se prolongera jusqu’à l’exposition inaugurale Chef d’œuvres ? qui regroupera entre autres, La femme à la guitare de Georges Braque, La tristesse du roi d’Henri Matisse, L’aubade, nu couché et musicien de Pablo Picasso et Le violon d’Ingres de Man Ray. Chefs d’œuvres ?, qui sera l’une des plus importantes expositions jamais organisées en France, occupera tout l’espace du centre, c’est-à-dire les trois galeries superposées, ainsi que la nef monumentale. Suivront de nouvelles expositions régulièrement alimentées et renouvelées par les 60 000 œuvres du plus grand fond d’art contemporain d’Europe.

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