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Bouzonville-sur-Orne : Petite histoire d’un hameau apparemment sans histoire

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Petit hameau dépendant de la commune de Puxe, Bouzonville paraît être resté dans l’angle mort de l’Histoire. Pourtant, ce village de quelques âmes est riche d’un passé à la fois long et mouvementé. Un passé qui, en outre, a permis au hameau d’hériter d’un patrimoine remarquable. Brève présentation donc de l’histoire et du patrimoine de ce petit village de la vallée de l’Orne.

Une histoire à la fois longue et mouvementée

Site et situation de Bouzonville

Avant de retracer l’histoire du petit hameau de Bouzonville, il est nécessaire de le situer et de dire quelques mots de sa position géographique. Bouzonville-sur-Orne, que nous appelons ainsi afin d’éviter les confusions avec la ville homonyme située dans le département de la Moselle, se situe dans le Nord du département de la Meurthe-et-Moselle, dans l’arrondissement de Briey et le canton de Conflans-en-Jarnisy. La mention Bouzonville-sur-Orne est attestée dans plusieurs documents anciens, notamment quelques cartes postales éditées au début du XXème siècle. Elle évite effectivement la confusion avec la ville mosellane. Confusion qui, par ailleurs, semble assez courante puisqu’en 2012, un commercial s’est présenté à Bouzonville-sur-Orne alors qu’il devait livrer sa marchandise à Bouzonville, en Moselle … Dépendant autrefois de la seigneurie de Mars-la-Tour, le hameau, qui ne compte qu’une vingtaine d’habitants, appartient aujourd’hui à la commune de Puxe. Le ban communal confine, à l’Ouest, avec la commune de Parfondrupt qui fait partie du département de la Meuse.

Bouzonville-sur-Orne illustration 1

Illustration 1 : A l’entrée du hameau, cette imposante sculpture due au talent de l’artiste local Ghislain Gœuriot, fait fonction de panneau toponymique. L’œuvre indique, en outre, les deux seules rues du village : celle du gué et celle de la chapelle (Crédits photo : Kévin GOEURIOT)

Sur le plan topographique, Bouzonville-sur-Orne se situe aux confins orientaux de la plaine de la Woëvre, dont les terres lourdes et argileuses ont toujours nécessité d’importants moyens de culture. Le hameau lui-même s’est construit sur une terrasse alluviale bordée par la rivière Orne. Un gué semble avoir toujours existé à Bouzonville-sur-Orne. Il permettait et permet toujours de franchir l’Orne pour se rendre vers Olley et la RN3 qui, rappelons-le, emprunte le tracé de l’une ancienne voie romaine via peregrinorum ou « voie des pèlerins » que reliait Verdun à Metz. Cette route, qui fit l’objet d’âpres négociations stratégiques sous le règne de Louis XIV, plaça Bouzonville-sur-Orne dans la mouvance du roi de France. Le finage de Bouzonville-sur-Orne continue d’être mis en valeur de manière traditionnelle. Aux prairies situées dans les zones inondables succèdent, sur les terrasses alentour, les champs de céréales et, plus loin, l’indispensable forêt. Le village s’est construit au contact des prairies et des champs, à proximité immédiate de la rivière. Il ne compte que deux rues : celle de la chapelle et celle du gué. Bien que considérablement remaniées, ces deux rues demeurent les témoins d’une longue et riche histoire.

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Spéléologie : des richesses souterraines de la Meuse

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La Meuse constitue un terrain de jeu idéal pour découvrir le monde naturel souterrain. Les reliefs karstiques des forêts du Barrois sont d’ailleurs uniques en Lorraine pour l’initiation et la pratique de la spéléologie. Cette activité aux multiples facettes, à fois la scientifique, sportive et technique, permet d’explorer des lieux méconnus peuplés de créatures surprenantes, à l’image de la salamandre. Le tout dans des décors fantastiques et fascinants.

Ainsi, autour de la commune de Robert-Espagne, il est par exemple possible d’observer la formation de cavités, des dolines, des gouffres et la grotte des chasseurs.

La Meuse compte plus de 300 cavités. La rivière souterraine la plus importante est le Rupt du puits, qui court sur 21 km. Pour y accéder, il faut descendre en rappel dans un puits de 80 cm de diamètre et de 50 mètres de profondeur.

Onirisme et exotisme du Château de Thorey-Lyautey

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A l’ombre du campanile de la basilique de Sion, sur la rive du Brénon, le petit village de Thorey connut de 1920 à 1924 une certaine effervescence. C’est en effet là, en pleine campagne lorraine, au cœur du Saintois, que le maréchal Hubert Lyautey avait choisi de bâtir un domaine onirique pour finir sa vie avec son épouse Inès de Bourgoing.

Château Thorey-Lyautey (11)

Le Château de Thorey-Lyautey offre un cadre enchanteur (Crédits photo : Patrice GREFF pour le Groupe BLE Lorraine)

Le maréchal fit ainsi construire un véritable château du XXème siècle, prolongeant ainsi majestueusement une petite gentilhommière que lui avait léguée sa tante. Cette élégante et étonnante demeure, sans style particulier, associe harmonieusement des éléments Art déco et des réminiscences du Siècle des Lumières, en s’ouvrant sur un magnifique parc à l’anglaise verdoyant de deux hectares. L’intérieur du château recèle bien d’autres secrets et merveilles encore, à l’image de la bibliothèque, riche de quelques 16 000 ouvrages. La partie la plus surprenante de l’édifice sa cache pourtant sous les combles. A côté du salon d’Indochine et de Madagascar, le visiteur se trouve soudainement transporté au Maroc. Divans, tables basses, marqueteries, tapis, dallage ou encore plateaux en cuivre, tout a été mise en œuvre pour récréer avec fidélité et avec le souci du détail l’atmosphère d’un palais de Fès ou de Rabat. A la demande de Lyautey, plusieurs artisans vinrent expressément du Maroc pour assister l’architecte Albert Laprade dans ces travaux. Ce dernier avait en effet participé à l’aménagement de Casablanca quand Lyautey était encore résident général de France au Maroc. L’illusion est parfaite. Le résultat final n’a d’égal que la démesure du lieu.

Monté en grade au sein des corps coloniaux en Indochine et au Maghreb, Lyautey mena au Maroc une politique d’ouverture et de promotion qui n’avait rien de colonialiste. Selon lui, il était primordial que le Maroc demeure un protectorat français et non une colonie. Il entendait ainsi préparer le royaume à l’indépendance. C’est dans cette optique qu’il ordonna la construction d’infrastructures et d’équipements, dont notamment l’aménagement du port de Casablanca, afin d’assurer l’indépendance économique du pays via l’exportation des phosphates.

Né à Nancy en 1854, Lyautey avait été élevé dans la tradition aristocratique. Il ne concevait donc pas de vie sociale sans enracinement. Mais encore fallait-il pour cela être capable de recevoir sur ses terres. Or le château qu’il avait hérité de ses parents à Crévic, près de Lunéville, avait été totalement incendié par les Allemands le 22 août 1914. Ceux-ci auraient en effet voulu se venger de Lyautey à qui ils attribuaient l’échec de la colonisation du Maroc pour leur compte.

Bien que la commune de Thorey-Lyautey ait ajouté à sa dénomination le nom du maréchal à sa mort en 1934, Lyautey, également ancien ministre de la guerre et membre de l’Académie française, reste encore aujourd’hui largement méconnu du grand public. Un oubli parfaitement orchestré par les autorités et le pouvoir.

Malgré certaines contradictions, Lyautey a été de son vivant victime de la malédiction de ceux qui ont raison trop tôt, contestés autant par les envieux que par les sceptiques. Monarchiste affirmé, il se mit pourtant sans état d’âme au service de la République, tout en brocardant dès qu’il le pouvait le régime parlementaire. Officier issu d’une famille de grands soldats, il encensa dans un article sulfureux « le rôle social de l’officier », aujourd’hui enseigné dans les écoles militaires. Le maréchal pris également à contre-courant la défense de Dreyfus. Il écrivait ainsi en 1895 : « L’opinion hurle à la mort contre ce juif, parce qu’il est juif et qu’aujourd’hui, l’antisémitisme tient la corde ». Ses penchants homosexuels affirmés furent également cruellement moqués par Clemenceau. Enfin, Lyautey écrivit à propos de la traduction française du manifeste d’Adolf Hitler, Mein Kampf, éditée avant la Seconde Guerre mondiale : « Tout Français doit lire ce livre. » Il est aujourd’hui avéré qu’il s’agissait d’un avertissement incitant les Français à prendre conscience de la monstruosité du nazisme, et non d’une quelconque caution délivrée au Führer. Les politiques et les médias de l’époque firent quant à eux un bien vil raccourci qui coûta cher à Lyautey.

Labellisé « Maison des Illustres » en 2012, le Château de Thorey-Lyautey est un témoignage inestimable d’une vie et d’un autre temps.

(Source : RL, juillet 2015)

La Forêt de la Reine, sanctuaire naturel légendaire de Lorraine

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Non loin des Côtes de Meuse et du Toulois, plus de 5 000 hectares de futaies plantées sur un sol gorgé d’eau abritent une quarantaine d’étangs et de mares tourbeuses. Cet océan de verdure, classé Natura 2000, constitue un véritable paradis pour de nombreux oiseaux migrateurs. 5 000 grues y séjournent ainsi l’hiver. Certaines se sont mêmes installées à l’année.

Forêt de la Reine

Panorama sur la Forêt de la Reine, avec au premier plan le village de Boucq dominé par son château et son église (Crédits photo : François BERNARDIN) 

Cette langue de terre marécageuse s’étire au Sud de la Plaine de la Woëvre, entre Meuse et Meurthe-Moselle. Créés par des moines au Moyen-âge pour servir à la pisciculture, les étangs alimentaient en poisson la population vivant autour des abbayes. Ils appartiennent aujourd’hui à des propriétaires privés et sont régulièrement vidangés, le plus souvent à l’automne, avant d’être remis en eau. En lisière de forêt, des prairies humides complètent un panorama ponctué de mares et d’écosystèmes très fragiles.

Selon la légende, le nom de la Forêt de la Reine proviendrait de la présence de Brunehaut, Reine d’Austrasie, ou de sa grande rivale Frédégonde, Reine de Neustrie. Situé à l’écart des principales voies de communication, ce vieux massif forestier giboyeux s’étend sur une quinzaine de communes. 40 % de son territoire fait partie du Parc Naturel Régional de Lorraine. La forêt s’enracine dans la glaise d’un sol argileux imperméable qui a longtemps été réputé pour être infesté de moustiques. Cet univers convient parfaitement au chêne pédonculé, qui apprécie l’humidité ambiante, et dont les troncs, parfois multiséculaires, servent de refuge au pic mar ou au gobemouche à collier. Au pied de l’épaisse végétation, sous la fougère des marais, le sous-bois regorge d’amphibiens. Salamandres, tritons crêtés ou encore rainettes vertes y prospèrent. Chaque printemps, lors de la grande migration annuelle, des milliers de grenouilles et de crapauds convergent vers les étangs pour se reproduire. Le Parc a mis en place des passages à proximité des plans d’eau pour éviter que de nombreux amphibiens ne se fassent écraser. Le filet tendu le long de la chaussée a permis d’en attraper plus de 5 000 pour ensuite les déposer de l’autre côté.

(Source : RL du 17/08/2015)

Grande Guerre : de la crête ensanglantée des Eparges

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La crête des Eparges, située à une vingtaine de kilomètres de Verdun, porte à jamais les stigmates de la violente guerre des mines dont elle a été le théâtre de 1914 à 1915. Les vestiges de ces cratères artificiels donnent encore aujourd’hui le vertige.

tranchée Verdun

L’enfer des tranchées près de Verdun

L’armée allemande prit position sur cette crête de 1,4 kilomètre de long qui culmine à 346 mètres en septembre 1914. Son promontoire, baptisé « Point X » sur les cartes militaires, domine la Plaine de la Woëvre. Les Français s’acharnèrent à le récupérer à tout prix. Ils lancèrent ainsi une série d’offensives de février à avril 1915. Annonciateurs de la boucherie de Verdun en 1916, ces affrontements comptent parmi les plus durs de la Première Guerre Mondiale. « Tu ne peux pas savoir ce que l’homme peut faire contre l’homme : voilà cinq jours que mes souliers sont gras de cervelles humaines, que j’écrase des thorax, que je rencontre des entrailles … », écrivit un soldat à son épouse.

Le 11 avril 1915, la victoire fut proclamée … des deux côtés ! Les Français avaient repris 80 % de la crête, mais pas le Point X. On dénombrait dans chaque camp une dizaine de milliers de tués et de disparus. Et quatre fois plus de blessés. La bataille devînt ensuite souterraine au cours des trois ans qui suivirent. Des galeries furent creusées jusque sous les positions adverses, où furent placés des explosifs. D’où les cratères. Cette guerre des mines est aujourd’hui symbolisée par le monument du Génie et ses sept colonnes dressées vers le ciel, comme autant de composantes de cette arme : pontonniers, télégraphistes, électromécaniciens, sapeurs mineurs, chemins de fer, aérostiers et artificiers. Le sentier, qui courre de part et d’autre de la crête, suit le chemin qu’empruntaient les soldats pour monter à l’assaut de celle qu’ils surnommaient la montagne de boue. Le parcours commence au cimetière militaire français du Trottoir. Sur les 3 000 croix, seule la 42ème de la première tranchée peut être ornée de fleurs naturelles. C’est celle de Robert Pochon, frère d’armes et ami de Maurice Genevoix. L’auteur de Ceux de 14 vînt chaque année jusqu’à sa mort la fleurir. La tradition lui a survécu. Le régiment de l’écrivain marqué à vie par les combats, à savoir le 106ème d’Infanterie, fut d’ailleurs le premier à être engagé. Un buste en bronze de Genevoix a été inauguré il y a trois mois devant la mairie des Eparges. Il y est représenté dans son costume de soldat, tenant un livre et un stylo.

La traversée des vignes et des vergers du Domaine de Muzy constitue une véritable parenthèse enchantée dans l’atmosphère lourde et pesante de la crête des Eparges. L’exploitation créée en 1982 à flanc de coteaux produit une cuvée du Centenaire en hommage aux soldats.

(Source : RL du 22/07/2015)

Le mystère du Pont des fées de Remiremont

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Selon la légende, les fées l’auraient érigé en une nuit, d’où son nom. Le Pont des fées, situé dans le Massif du Fossard, dans les Vosges, près de Remiremont, est aussi rudimentaire que monumental. Sept mètres de haut, treize de large et trente de long, mais aucune arche ni le moindre ruisseau en-dessous. De pont, il n’en a en réalité que le nom. Son usage et son origine restent en effet un mystère pour les archéologues.

Pont des Fées

Le Pont des fées reste une énigme pour les archéologues (Crédits photo : Grandmou)

Le Pont des fées constitue un passage entre le Massif du Fossard et celui du Saint-Mont. Mais dans les « fées », il faudrait plutôt y voir des hêtres, ou fayes en latin. Le Pont des fayes apparaît en effet pour la première fois sur une carte topographique du XVIIIème siècle. Mais de quand date-t-il et à quoi pouvait-il bien servir ? Les blocs de granit rendent impossible toute prospection au radar. Un livre édité en 1848 fait état de la démolition d’un second pont des fées, afin de construire la prison de Remiremont. Des fouilles archéologiques menées sur le Saint-Mont dans les années 1980 ont permis d’émettre plusieurs hypothèses. Une récente campagne a quant à elle mis au jour de nouveaux éléments.

Le Saint-Mont est un site archéologique de premier ordre. Le panorama sur le Massif du Fossard, sur la Moselle, la Moselotte et la Cleurie est exceptionnel. Son origine remonte à 620 après J.-C. Saint Amé et Saint Romary y fondèrent en 640 une abbaye. L’abbé Romary, qui venait de Metz, est d’ailleurs à l’origine du nom de Remiremont. Ce monastère mérovingien était réservé à 84 moniales qui se relayaient toute la journée pour que jamais ne cessent leurs prières. Il faut également savoir que Charlemagne est venu au Saint-Mont. L’abbaye était aussi une résidence princière. La dernière campagne de fouilles a permis de dégager des cuves maçonnées et juxtaposées, appelées formae. Spécifiques aux monastères mérovingiens, ces structures funéraires rarissimes étaient destinées à accueillir les dépouilles des 84 moniales. Il s’agit sans doute du plus grand site du genre en Europe. A noter qu’il est toujours possible d’observer sur le Saint-Mont les chapelles Sainte-Marguerite et Sainte-Claire datant respectivement du XI-XIIIème siècles et du XVème siècle.

Certains ont avancé que les deux ponts constituaient des postes d’observation et de défense d’une forteresse romaine. Cela dit, les traces de castrum retrouvées correspondraient plutôt à une fortification rudimentaire et communautaire édifiée par la population vivant en contrebas pour se protéger des invasions barbares au IVème et au Vème siècles après J-C. Or, les deux ponts auraient favorisé l’accès au site. Ils seraient ainsi liés à la vie sainte du Mont. Ils n’auraient pas servi de points de passage au VIIème siècle à l’évêque de Metz, Saint Arnoult, en ermitage sur le Mont Fossard, pour rendre visite à Saint Romary, mais plutôt aux pèlerinages qui se sont développés vers le IXème siècle, lorsque les religieuses ont quitté le Saint-Mont pour s’installer à Remiremont. Quoi qu’il en soit, ce type d’édifications n’a été retrouvé nulle part ailleurs.

(Source : RL du 21/08/2014)

Magie et mystère de l’Etang de Lachaussée

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Vaste territoire marécageux, la Plaine de la Woëvre a longtemps repoussé. Cette langue de terre argilo-marneuse qui borde les Côtes de Meuse ne semblait en effet guère propice à l’occupation humaine. D’autant plus que selon la légende, elle était le repère de la Vouivre. Cette créature des marais, mi-femme, mi-serpent, cyclope à l’œil de diamant, serait à l’origine de la dénomination de cette plaine humide qui a su préserver l’atmosphère enchanteresse de la myriade d’étangs qui la compose.

Etang Lachaussée

La réserve naturelle de l’Etang de Lachaussée est reconnue à l’échelle internationale (Crédits photo : Lal.sacienne)

L’implantation des moines de Saint-Benoît-en-Woëvre autour du XIème siècle bouleversa pourtant profondément la physionomie des lieux. Bâtisseurs et jardiniers, ces derniers entreprirent alors de domestiquer les milieux humides à des fins matérielles. Les cisterciens ne consomment en effet pas de viande et ne dérogent pas aux périodes de carême. Si bien que la pisciculture s’imposa rapidement comme une alternative particulièrement adaptée au terroir lorrain. Lorsqu’ils rachetèrent l’Etang de Lachaussée, créé en 1273 par le Comte Thiébaut II de Bar, les moines l’aménagèrent en bassin de production. Le site remplit d’ailleurs toujours sa fonction aujourd’hui, sous la houlette de l’Association des Paralysés de France (APF). Propriétaire de ce domaine de 360 hectares situé dans la partie occidentale du Parc Naturel Régional de Lorraine, depuis qu’en 1978 le Comte De Wangen lui en a fait don, l’APF transforme et commercialise le produit de sa pêche.

La vidange précède chaque année la grande pêche d’automne. Cinquante tonnes de poissons, surtout des carpes, sont ramassées dans les filets. La tradition du cycle des assecs contribue également à fidéliser plus de deux cents oiseaux migrateurs friands de ce formidable garde-manger à ciel ouvert qu’offrent les vasières mises à nu entre octobre et mars. L’élégante grue cendrée fréquente ainsi assidûment les lieux. Des migrateurs occasionnels comme les harles ou la buse pattue, qui fuient les grandes vagues de froid au Nord, ou des migrateurs habitués aux lieux comme la cigogne blanche ou noire et la grande aigrette blanche, y font aussi étape.

Bercés par le clapotis, cipres et massettes dessinent les berges et constituent le dernier refuge du butor étoilé, dont le chant caverneux évoque celui d’une corne de brume. Les prairies humides qui bordent l’étang constituent en outre le refuge du busard des roseaux et du balbuzard pêcheur. Riches en invertébrés, notamment de libellules, les vasières accueillent de très nombreuses espèces d’oiseaux. La réserve abrite tout autant d’espèces d’amphibiens, à l’image de la rainette verte ou du triton crêté, ainsi qu’une flore exceptionnelle. Quatre cents espèces végétales, dont onze protégées, y sont en effet recensées. Il est par exemple possible d’y observer la grande douve, belle renoncule à fleur jaune de plus d’un mètre, le séneçon des marées, des roselières ou encore le faux nénuphar qui ondule sur l’eau. L’hiver, les vases exondées deviennent le terrain de prospection de la laîche de Bohème, un minipapyrus qui prospère à la charnière de la rive et de l’étendue plate des limons gorgés d’humidité.

Plusieurs conventions ont été signées, afin de préserver ce site naturel exceptionnel, notamment avec le milieu agricole. L’idée est en effet de limiter l’emprise des grandes cultures en favorisant le maintien des prairies humides qui sont au cœur de cet écosystème sensible. La réserve naturelle de l’Etang de Lachaussée est reconnue d’importance internationale depuis 1991 par la Convention de Ramsar. Elle est également inscrite à l’inventaire Natura 2000. Trois sentiers pédestres balisés et équipés d’observatoires, d’un ensemble de panneaux pédagogiques, d’une table d’orientation et d’une longue-vue panoramique ont été aménagés pour découvrir le site.

(Source : RL du 23/07/2015)

Des essences rares du Parc municipal de Freyming-Merlebach

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Né il y a dix ans de l’imagination des jardiniers de la ville, le Parc municipal de Freyming-Merlebach abrite des essences et des fleurs uniques dans la région. Cet ancien schistier transformé en jardin se situe non loin du centre-ville de Merlebach. On peut y admirer un Ginko Biloba ou arbre aux 40 écus, des tulipiers, un sequoia, ainsi que différents pins et sapins. Certaines essences sont très rares, à l’image du pied de rhubarbe du Brésil qui donne des feuilles de deux mètres de diamètre, ou encore de pousses de papyrus.

De nombreux nénuphars agrémentent les bassins du parc, dont l’un ressemble à s’y méprendre à celui des Nymphéas peintes par Claude Monnet. Les nénuphars protègent du Soleil les carpes Koï et les autres poissons. Ils constituent également le terrain de jeu des deux couples de cygnes, l’un blanc, l’autre noir, qui nagent dans ces labyrinthes de verdure. Le Parc abrite également des pigeons de collection, des oies et des paons.

A noter enfin que plusieurs structures de jeux et des balançoires ont été installées. Elles sont toutes accessibles aux enfants handicapés.

L’Ossuaire de Marville enfin rénové

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Les travaux de rénovation de l’Ossuaire de Marville, en Meuse, ont dernièrement débuté.

Situé dans le cimetière Saint-Hilaire, sur les hauteurs de la commune, l’ossuaire est tout à fait singulier. Toutes les communes doivent disposer d’un ossuaire. C’est inscrit dans le Code des communes. En effet, dès qu’une sépulture est relevée, par exemple à la fin d’une concession, les os doivent être placés dans un ossuaire. Si les premiers ossuaires sont apparus au Moyen-âge, la plupart ont été fermés. Il reste quelques bâtiments, mais très peu sont remplis d’ossements, ils ont été vidés. C’est donc exceptionnel que celui de Marville nous soit parvenu et qu’il ait encore des ossements. Il renfermait d’ailleurs entre 4 000 et 5 000 crânes.

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Entre 4 000 et 5 000 os sont entreposés à l’Ossuaire de Marville (Crédits photo : Tinodela)

Les milliers d’os de l’Ossuaire de Marville ont été disposés avec soin et rigueur contre les murs de ce petit carré de pierre par Constant Motsch, le gardien du cimetière Saint-Hilaire, en 1890.

Ossuaire Marville 2

L’Ossuaire a fait l’objet de travaux de rénovation (Crédits photos : Aimelaime)

Le bâtiment classé et son contenu, cibles de nombreux vols ces dernières années, avaient grand besoin d’être rénovés et sécurisés. A noter que ces travaux de rénovation concernent également la chapelle Saint-Hilaire et l’ancienne maison du gardien. Ils représentent un investissement total de 600 000 euros.

LMAB 2015 : Nouveau record du monde de montgolfières à Chambley !

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Une nouvelle page de l’histoire de l’aérostation s’est dernièrement écrite en Lorraine. Le record du monde de décollage de montgolfières en ligne a en effet été battu dimanche 26 juillet 2015 sur la base de Chambley. 433 ballons d’une quarantaine de nationalités différentes ont pris leur envol simultanément sur trois lignes s’étirant sur près de 7 km, surpassant ainsi le précédent record de 391 montgolfières établi au même endroit en 2013. Le record a été certifié par un huissier de justice.

Chambley LMAB 2015

La magie des montgolfières, c’est à Chambley, en Lorraine, et nulle part ailleurs (Crédits photo : Groupe BLE Lorraine)

Trois files de ballons se sont alignées comme à la parade sous un soleil qui commençait à réchauffer la fraîcheur matinale. Les montgolfières ont ensuite doucement gagné l’azur au rythme cadencé des jets de flammes de propane lâchés par les pilotes. Une myriade de pépites a alors coloré le ciel lorrain. Un spectacle grandiose. Plusieurs milliers de spectateurs s’étaient déplacés pour l’occasion dès 6h. L’un des plus célèbres pilotes au monde, Bertrand Piccard, a également participé au record à bord de sa montgolfière Breitling. Le Suisse reste fidèle à la biennale, dont il n’a manqué aucune édition.

Rappelons que le Lorraine Mondial Air Ballons (LMAB) est devenu le premier rassemblement de montgolfières au monde, devant celui d’Albuquerque au Nouveau-Mexique, aux Etats-Unis, avec plus de 3 000 pilotes et équipages. A noter enfin que l’évènement détient un autre record, celui du plus grand nombre de ballons décollant en une heure avec 408 montgolfières. Ce record a d’ailleurs été homologué par le Guinness.

Bussang : le Théâtre du Peuple fête ses 120 ans

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Le Théâtre du Peuple de Bussang fête ses 120 ans cette année. Cette institution culturelle a été fondée à la fin du XIXème siècle par Maurice Pottecher. Elle associe acteurs professionnels et amateurs. Cette tradition remonte aux origines même du lieu. Dès la première représentation encore en plein air orchestrée par Maurice Pottecher en 1892, des ouvriers des usines de son père sont montés sur les planches. L’idée était en effet de créer un théâtre par et pour le peuple. Un esprit que ses successeurs ont perpétué avec succès, afin de poursuivre cette utopie. Les pièces courtes sont mêmes jouées chez les gens conformément à la mission de décentralisation du théâtre. Ce dernier, tout en bois, a été classé Monument Historique en 1976. Il affiche fièrement une Croix de Lorraine sur son fronton. Ici, pas de siège en velours comme dans de nombreux lieux de représentation traditionnels. Le public prend place sur des bancs en bois, en apportant un coussin, afin de profiter pleinement et confortablement des pièces proposées. Et une fois l’ouverture du fond de scène sur le paysage naturel forestier, la magie opère, toujours autant 120 ans après.

Jardins d’été à Metz

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Un jardin d’été a dernièrement été aménagé sur la Place de la Comédie à Metz. D’une surface de 1 280 mètres carrés, cet écrin de verdure est composé de six espaces qui encerclent le jet d’eau pour former un Soleil. A la fois lieu de rendez-vous, de promenade, de détente, de découverte et de lectures en plein air, le site est ouvert jusqu’au 30 octobre.

Jardin Place Comédie Metz

Le Jardin d’été aménagé Place de la Comédie (Crédits photo : Marc de METZ) 

Un autre jardin, de papier cette fois, aux nuances de noir, de gris et de blanc, est visible à la Porte des Allemands jusqu’au 29 août. Il a été conçu et réalisé par le plasticien messin Tommy Lazlo et l’artiste Benoît Faivre de la compagnie nancéienne La Bande passante. L’idée est de transposer de manière féérique L’Histoire du règne végétal, un corpus de 1 200 planches rédigé à partir de 1772 par le botaniste messin Pierre Joseph Buch’oz. Basé sur la flore du Grand Est, ce fond fait aujourd’hui partie collections des Bibliothèques-Médiathèques de Metz.

Jardin Papier

Jardin de papier sous la Porte des Allemands (Crédits photo : Marc de METZ) 

Reproduites par l’imprimerie municipale sur du papier 300 grammes, ces planches ont été soigneusement découpées au cutter. Elles ont ensuite été mises à la verticale, afin de donner une impression de vie. Des lampes basse tension ont par ailleurs été installées. Grâce à un système motorisé, elles se déplacent lentement le long des plantes de papier, créant ainsi des ombres sur les parois médiévales et donnant l’impression que le peuple végétal est en mouvement. L’ensemble a par ailleurs été complété par une bande son réalisée par Gabriel Fabing à partir d’éléments reproduisant des bruits de végétation.

Art jardins Metz 1

Sculpture d’Alain Vuillemet installée aux Grottes de l’Esplanade (Crédits photo : Marc de METZ) 

A noter enfin que les sculptures d’Alain Vuillemet et les immenses toiles choisie par Rémy Le Guillerm agrémentent différents espaces verts de Metz. Ces œuvres sont visibles jusqu’au 20 septembre. Elles s’inscrivent dans l’exposition L’Art dans les Jardins. Renouvelée chaque année depuis 2010, cette dernière présente à travers la ville des œuvres, généralement monumentales, afin d’offrir un nouveau regard sur les jardins et sur l’art. Les sculptures en inox d’Alain Vuillemet, artiste né à Paris en 1947, ont été installées aux Grottes de l’Esplanade et au Jardin Botanique. Le sculpteur, dessinateur et plasticien Rémy Le Guillerm, également commissaire de l’exposition itinérante Les monumentoiles pour la rue, propose quant à lui une vingtaine d’œuvres d’artistes contemporains imprimées sur des bâches de grand format qui ont été déployées le long des murs du Quai des Régates.

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Les monumentoiles pour la rue de Rémy Le Guillerm le long du Quai des Régates (Crédits photo : Marc de METZ) 

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