Centre de ressources numériques sur la Lorraine

» Catégorie : Tourisme


Restauration de l’horloge astronomique de Stanislas à Nancy

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Une convention de mécénat a dernièrement été signée entre la Ville de Nancy et la Clinique Pasteur d’Essey-lès-Nancy, afin d’entreprendre la restauration de la célèbre horloge astronomique de Stanislas. Cette dernière constitue l’un des joyaux des collections du Musée Lorrain à Nancy.

horloge astronomique Stanislas

Détail de l’horloge astronomique de Stanislas (Crédits photo : Musée Lorrain, Nancy)

Une armoire richement décorée abrite ce bijou réalisé au milieu du XVIIIème siècle par Bernard Joyeux, un Lorrain féru de mécanique. Celui-ci  l’aurait offerte avant 1751 à Stanislas, lui-même passionné de sciences et d’art comme en témoigne les différents aménagements qu’il fit réaliser au Château de Lunéville. Fondée en 1750, l’Académie royale des sciences et des belles-lettres fut d’ailleurs le principal instrument de son ambitieuse politique culturelle et artistique. La Société, qui prit ensuite le nom d’Académie de Stanislas, fit donc au Musée Lorrain de la fameuse horloge astronomique en 1863.

Ce curieux instrument serait composé de 53 fonctions différentes réparties sur 11 cadrans. Selon les spécialistes, elle permettrait d’indiquer l’heure, les jours de la semaine, les jours du mois, les mois de l’année, l’année, la durée des jours et des nuits, le calendrier religieux, le calendrier romain, l’univers héliocentrique, les signes du zodiaque, ainsi que l’étoile polaire et les marées.

Des fortifications allemandes 1914-1918 du Massif du Donon

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La Corbeille, promontoire rocheux perché à 899 mètres d’altitude, situé juste en face du Donon, abrite l’un des vestiges lorrains les plus étonnants de la Première Guerre mondiale, à savoir un tunnel aussi étriqué que surréaliste, long de 100 mètres et dont la traversée paraît interminable. Son entrée apparaît après dix minutes à serpenter dans les tranchées tortueuses envahies d’herbes hautes et de fougères. Les premiers mètres sont angoissants. La lampe torche est indispensable. La lueur du jour ne transperce en effet qu’à deux reprises pour mener aux chambres d’observation. De là, la vue est plongeante sur la vallée de la Plaine. Cent ans après sa construction, la structure est intacte. Deutsche Qualität oblige.

bunkers Donon

Bunkers allemands cachés dans le forêt (Crédits photo : Philippe – Sarrebourg 57400)

Il faut dire que les Allemands ont mis les moyens pour contrôler cette ligne de défense naturelle qui va du Col de l’Engin à celui de Prayé. En son centre trône le Donon, carrefour stratégique qui donne accès à la vallée de la Bruche en direction de Schirmeck, aux Vosges via Raon-l’Etape et à Senones ou à la Moselle par Abreschviller et Saint-Quirin. Conquis par la 25ème Brigade d’Infanterie de la 1ère Armée française du général Dubail le 14 août 1914, le site fut repris sept jours plus tard, le 21 août 1914. Le cimetière militaire non loin témoigne encore de l’apprêté des combats. Les Allemands décidèrent alors d’en faire un élément central de leur dispositif défensif truffé de constructions bétonnées.

Pour le général Falkenhausen, le Massif du Donon occupait une position centrale dans la défense du front qui commençait à se stabiliser à une douzaine de kilomètres. Des travaux titanesques furent donc entrepris à partir de 1915. L’armée allemande mobilisa 10 000 hommes et engagea des moyens matériels et financiers démesurés. Deux voies de chemin de fer, deux téléphériques, l’un en provenance de la Malcôte, dont on aperçoit encore un pilier, l’autre de Grandfontaine, ainsi que des routes furent construits par des prisonniers russes pour acheminer sur cette ligne de crête des armements, munitions, barbelés, ciment et ferraille. Les cuisines étaient installées au Sandplatz et les repas acheminés jusqu’au Col de Prayé par la voie ferrée. Une station de pompage d’eau fut même aménagée. Une vanne est d’ailleurs encore visible au sommet de la Corbeille.

150 abris sont recensés dans le Massif du Donon. La descente vers l’Est, depuis la Corbeille, permet de découvrir l’artillerie de ligne. Trois impressionnantes batteries fixes de quatre canons y sont toujours fixées, comme figées dans le temps. Elles furent construites sur le même modèle, avec des galeries de liaison et une pièce séparée pour les explosifs et la poudre, assemblés sur place. Leurs fenêtres de tirs sont systématiquement orientées vers l’Est et les positions allemandes. En effet, les attaques frontales étaient rares. Généralement, après une percée, les combats répondaient à des mouvements tournants. Les Allemands étaient ainsi persuadés que les Français arriveraient par derrière. Long de 55 mètres, l’imposant blockhaus du Morveux faisait office de Kommandantur. La chambre du commandant, reconnaissable à ses armoires murales, y est encore visible à l’entrée. A l’image de tant d’autres, cette structure colossale n’essuya aucun combat. Ne jugeant plus le Donon prioritaire, les Allemands stoppèrent les frais en 1916, avant que ce système de fortifications ne retrouve un intérêt, moins de trente ans plus tard, lors de la Seconde Guerre mondiale.

(Source : RL du 31/07/2015)

Un orgue de barbarie d’Edith Piaf au Musée de l’art forain et de la musique mécanique de Conflans-en-Jarnisy

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Lorsqu’il céda à la Ville de Conflans-en-Jarnisy sa magnifique collection de manèges, d’orchestrions et d’automates mécaniques en 1984, le patron de cirque Raymon d’Ys affirma que l’un de ses orgues de barbarie avait appartenu à Edith Piaf.

Plus de trente ans plus tard, l’information a été officiellement confirmée par un spécialiste : l’orgue de Conflans est bien celui de Piaf. C’est une certitude. Il s’agit en effet d’un Gavioli, du nom d’un employé de la célèbre fabrique des Frères Limonaire qui se mit ensuite à son compte.

Créé en 1985, le Musée de l’art forain et de la musique mécanique de Conflans-en-Jarnisy n’est malheureusement plus ouvert qu’à l’occasion des journées du patrimoine. Le bâtiment de répond plus aux normes pour accueillir du public.

Réouverture du Musée de la cristallerie à Baccarat

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Trois années de travaux ont été nécessaires pour que le Musée de la cristallerie à Baccarat retrouve son lustre. La structure a dernièrement enfin rouvert ses portes. 260 des plus belles pièces sorties de la célèbre manufacture lorraine y sont exposées.

Le site a été entièrement réaménagé dans l’ancienne maison des directeurs de Baccarat à l’image d’une demeure de collectionneur. Parmi les chefs-d’œuvre que l’on peut y admirer, on retrouve la fameuse aiguière offerte à Charles X, le vase à monture en bronze doré « les trois grâces », présenté lors de l’Exposition Internationale de Nancy de 1909, ainsi que le lustre « Zénith » en cristal clair et rouge. La visite s’achève sur une table dressée de pièces issues de grandes commandes royales ou conçues pour les plus puissants de ce monde à l’instar du Tsar Nicolas II ou de l’Empereur du Japon Mutsuhito. Soit autant de preuves du rayonnement planétaire du cristal de Baccarat.

logo Baccarat

Le Fort du Parmont à Remiremont

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Construit en 1874 entre les places fortes d’Epinal et de Belfort par le général Séré de Rivières sur le Massif du Parmont à plus de 600 mètres d’altitude, le Fort du Parmont domine la ville de Remiremont. L’ouvrage fait partie du rideau défensif de Haute-Moselle, édifié après la Guerre de 1870-1871. Il visait à interdire à l’ennemi de passer de la Vallée de la Moselle au Bassin de la Saône, via l’Augronne en barrant les débouchés routiers et ferroviaires de la Moselle et de la Moselotte. Il permettait également de tenir les cols de La Demoiselle et de Fallières.

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L’entrée du fort (Crédits photo : Comité de Sauvegarde du Fort du Parmont)

D’une superficie de plus de trois hectares, le fort dispose encore de ses organes opérationnels, à savoir :

- un poste de commandement relié à la Place d’Epinal, aux Forts d’Arches et de Rupt, et à ses stations d’observation

- un poste optique à deux directions

- un télégraphe électrique

- des observatoires permanents et de collecte de renseignements.

Fort Parmont 2

Chambre-bureau du gouverneur du fort (Crédits photo : Comité de Sauvegarde du Fort du Parmont)

Ainsi que des organes de combat, dont :

- deux caponnières pour la défense des fossés avec rampes inclinées d’accès

- trois batteries de tir équipées de canons de place répartis sur seize plates-formes d’artillerie séparées par huit traverses-abri dont cinq enracinées

- une casemate en fer laminé pour lutter contre le canon de campagne

- une casemate à tir indirect à usage réglementé

- un magasin à poudre avec vestibule et chambre des lampes

- un magasin à poudre de 27 tonnes devenu, après la crise de l’obus torpille, une cartoucherie.

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Cour en puits (Crédits photo : Comité de Sauvegarde du Fort du Parmont)

Et des organes de vie :

- une chambre-bureau du gouverneur du fort

- deux chambres-guerre pour officiers 

- deux casemates-logement pour sous-officiers 

- huit casemates-logement pour la troupe

- une cuisine mixte officiers et sous-officiers avec un mess différent pour chacune des catégories de personnel

- une cuisine de la troupe avec son local aux viandes fraîches, son cabinet à provisions et sa chambre aux liquides

- une infirmerie pour les soins de première urgence

- une boulangerie de guerre et sa paneterie

- une petite boulangerie pour l’élément de garde et de surveillance.

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Galerie intérieure (Crédits photo : Patrice GREFF pour le Groupe BLE Lorraine)

Le Fort renferme également trois cours : la cour principale, la cour intérieure ou en puits et la cour des officiers.

A l’abandon depuis 1960, le Fort est aujourd’hui en cours de restauration par des bénévoles. Ces derniers ont débroussaillé les abords de l’ouvrage, rénové les cours pavées et restauré l’imposant four de la boulangerie.

(Source : France 3 Lorraine)

Des caves voûtées de la Place Saint-Louis à Metz

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Situées en contrebas des arcades dont elles font le charme, les portes des caves de la Place Saint-Louis, à Metz, renferment bien des secrets d’histoire. Les chaînes et leur cadenas témoignent aujourd’hui de leur renouveau, depuis que bars et restaurants se sont appropriés les lieux avec la piétonisation de l’espace. Auparavant, ces emplacements étaient plus ou moins à l’abandon. En effet, les boutiques de vêtements ne pouvaient pas les utiliser comme réserve dans la mesure où leurs parois, qui sont situées sur le lit de la Seille, sont en salpêtre. Des infiltrations ont par ailleurs été constatées à plusieurs reprises.

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Arcades et caves de la Place Saint-Louis à Metz (Crédits photo : Marc de METZ pour le Groupe BLE Lorraine)

A nouveau ouvertes aux livreurs, certaines caves servent de nos jours d’entrepôts pour les débits de boissons. Elles renferment pour la plupart des salles voûtées remarquables qui communiquaient autrefois entre elles. Il reste encore des vestiges de ces passages secrets. Une des caves comporte ainsi une fenêtre intérieure et une colonne romaine. Une autre a abrité un cabaret au XVIIIème siècle.

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Porte et entrée de cave Place Saint-Louis (Crédits photo : Marc de METZ pour le Groupe BLE Lorraine)

La Tour Dex, joyau des remparts médiévaux de Metz

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Véritable joyau des remparts médiévaux de Metz, la Tour Dex est une canonnière, où figure notamment sur une pierre sculptée une représentation de l’artilleur de Metz, Philippe Dex, en train de montrer son postérieur aux ennemis pour les narguer. L’édifice, classé Monument historique depuis 1932, a dernièrement fait l’objet d’une campagne de restauration qui a principalement permis de le nettoyer et de débroussailler.

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La Tour Dex, en contrebas de la Porte des Allemands et des remparts de Metz (Crédits photo : Marc de METZ pour le Groupe BLE Lorraine)

La tour a été élevée au XVème siècle par le maître échevin Philippe Dex. En plus de l’épigraphe de Dex montrant ses fesses, d’autres motifs de monstres et de chimères entourent les canonnières. Ils avaient pour fonction d’effrayer l’ennemi.

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Détail de l’épigraphe de Dex montrant ses fesses à l’ennemi (Crédits photo : Marc de METZ pour le Groupe BLE Lorraine)

La Tour Dex se situe près de la Porte des Allemands, en contrebas de cette partie du rempart appelée fausse-braie et qui était destinée à protéger le rempart principal.

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La Tour Dex a dernièrement été rénovée (Crédits photo : Marc de METZ pour le Groupe BLE Lorraine)

De l’aqueduc gallo-romain de Metz

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L’aqueduc gallo-romain de Metz est le monument le plus ancien du Pays Messin et le plus important pont de toute la Gaule romaine. Ses vestiges sont encore visibles de nos jours sur chacune des rives de la Moselle à Jouy-aux-Arches et à Ars-sur-Moselle.

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L’aqueduc gallo-romain domine encore la commune de Jouy-aux-Arches près de Metz (Crédits photo : Matthieu BAGANUS pour le Groupe BLE Lorraine)

L’aqueduc a été financé au IIème siècle après J-C par six sevirs augustaux. Sa construction a représenté un investissement de plusieurs millions de sesterces, comme en témoigne l’une des inscriptions de la collection d’épigraphie latine du Musée de la Cour d’Or de Metz. A cette époque, Divodorum Mediomatricorum, le nom de la cité antique de Metz, était en pleine métamorphose urbaine. La pierre commençait à remplacer le bois et les thermes de Sainte-Croix, de Saint-Jacques et de Saint-Pierre-au-Nonnains étaient en construction.

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Les piles d’Ars-sur-Moselle sont en cours de restauration (Crédits photo : Matthieu BAGANUS pour le Groupe BLE Lorraine)

L’eau transportée par l’aqueduc était acheminée depuis la Source des Bouillons à Gorze jusqu’au Sud de Metz, non loin de l’ancien Hôpital Bonsecours. L’ouvrage, long de 22 km, décrivait une pente très faible, d’environ un mètre par kilomètre, c’est dire l’ingéniosité de l’édifice. Les bassins d’Ars-sur-Moselle et de Jouy-aux-Arches étaient reliés par un pont de 30 mètres de haut et d’1,125 km de long au-dessus de la Moselle. L’aqueduc redevenait ensuite souterrain jusqu’à Metz. L’eau alimentait en priorité les fontaines publiques, puis les thermes et enfin les habitations de notables qui disposaient d’une adduction d’eau.

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L’ouvrage a été construit au IIème siècle après J-C (Crédits photo : Matthieu BAGANUS pour le Groupe BLE Lorraine)

A noter que la partie de l’ouvrage située à Jouy-aux-Arches a été restaurée il y a une dizaine d’années. Une seconde campagne de rénovation est actuellement menée du côté d’Ars-sur-Moselle depuis 2013. Les travaux devraient s’achever l’année prochaine. Les premières piles restaurées de l’aqueduc montrent déjà leur couleur blanche caractéristique de la pierre de Savonnières, acheminée depuis la Meuse pour consolider l’édifice.

Sept panneaux d’information traduits en allemand et en anglais ont dernièrement été installés sur la rive d’Ars-sur-Moselle. D’un montant de près de 21 000 euros, ils viennent compléter le parcours déjà aménagé à Jouy-aux-Arches.

Plus gros mangeur de pâtés lorrains à Baccarat

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Organisé par l’Union des Commerçants et Artisans de Baccarat (UCAB), le  Concours du plus gros mangeur de pâtés lorrains a réuni quatorze candidats dans la cité du cristal. C’est un habitant de la ville, Cédric Quignon, tenant du titre, qui a remporté une nouvelle fois l’épreuve après avoir avalé dix pièces en dix minutes.

Baccarat a fêté pendant deux jours le week-end dernier le célèbre pâté lorrain. De nombreux visiteurs de toute la région, ainsi que des marchands, des brocanteurs et des forains ont envahi la ville pour l’occasion. Plus de 15 000 petites spécialités chaudes et dorées ont été dégustées !

De la Voie Sacrée pendent la Grande Guerre

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Longue de 55 km, la Voie Sacrée était l’artère logistique vitale de l’armée française pour la défense de Verdun en 1916, au point de devenir le symbole de la ténacité des Poilus face à l’offensive allemande. Pendant la bataille, de février à octobre 1916, 50 000 tonnes de matériel ont été acheminées chaque semaine depuis Bar-le-Duc sur cette petite route par près de 9 000 véhicules qui y circulaient jour et nuit. L’écrivain Maurice Barrès la surnomma dès 1916 la « Route Sacrée », en référence à l’antique voie sacrée romaine qu’empruntaient les généraux victorieux.

mémorial Voie sacrée

Détail du Mémorial de la Voie Sacrée à Verdun (Crédit photo : Catskingloves)

De la flore maritime de Lorraine dans le Pays du Saulnois

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A plus de 400 km du littoral, la Lorraine possède un patrimoine maritime unique en milieu continental. Dans la partie orientale du Parc Naturel Régional de Lorraine (PNRL), les mares et les prés salées de la vallée de la Seille, près de Marsal et de Vic-sur-Seille, recèlent en effet une flore exceptionnelle sur près de 250 hectares.

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Salicorne dans les mares salées de Marsal (Crédits photo : Conseil Départemental de la Moselle)

Plusieurs variétés halophiles, c’est-à-dire qui aiment le sel, composent l’herbier de ces îlots. On peut notamment y observer la Ruppie maritime, une plante herbacée aquatique coutumière des eaux salées, la Renoncule de Baudot, le Buplèvre grêle ou encore l’Aster maritime, belle marguerite de 20 à 100 cm qui pousse au bord des fossés ou des mares salées. On trouve également deux variétés de Salicorne, la Salicorne de Vic (Salicornia vicensis), qui ne se rencontre qu’à Vic-sur-Seille et nulle part ailleurs, et la Salicorne d’Europe ou Salicorne rougissante (Salicornia brachystachya). Plus répandue, cette dernière, appelée Passe Pierre dans le Saulnois, s’épanouit dans ces milieux halophiles si elle a de la place. Chaque automne, des employés du PNRL coupent les roseaux à la main pour qu’ils ne colonisent pas intégralement l’espace en étouffant le reste. Très rares en Lorraine, ces deux variétés de Salicorne sont sous haute surveillance. La récolte de Passe Pierre est désormais interdite.

Toutes ces plantes halophiles se répartissent de façon plus ou moins concentrique à la périphérie des sources salées, selon un gradient de salinité et d’humidité décroissant. Cet écosystème fragile est la résurgence d’un passé multimillénaire, dont l’origine remonte il y a un peu plus de 200 millions d’années. La Lorraine était alors recouverte par les eaux chaudes et peu profondes de la Mer de Thétys. En se retirant, l’océan laissa au sous-sol bien des richesses. Un or blanc exploité plus tard par l’homme et qui fit la richesse et la prospérité du Pays du Saulnois. L’évaporation d’une lagune dans la vallée de la Seille a permis au sel de s’accumuler avant de cristalliser. Les sédiments argileux venus ensuite recouvrir la couche salifère l’ont toutefois laissée affleurer par endroits, libérant des sources chargées de saumure. On en recense encore une douzaine aujourd’hui dans la plaine alluviale de la Grande Seille et, dans une moindre mesure, dans la vallée de la Nied.

Ces milieux sont le repère d’une multitude d’oiseaux, d’amphibiens et d’insectes, à l’image du courlis cendré, du râle des genêts, du tarier des prés ou encore du crapaud sonneur à ventre jaune.

A noter qu’un sentier pédagogique en bois de quelques centaines de mètres permet de découvrir et de serpenter à travers cet incroyable univers maritime à la sortie de la cité fortifiée de Marsal.

(Source : RL du 30/07/2015)

De la tourbière du Lac de Lispach à La Bresse

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Située à 910 mètres d’altitude en plein cœur du Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges, la tourbière du Lac de Lispach, à La Bresse, offre le spectacle saisissant d’un paysage boréal témoin du passé glaciaire du massif montagneux lorrain.

Ici, le sol est mouvant et la tourbière flotte. Les températures annuelles moyennes n’excèdent pas 5°C. Le climat et les précipitations sont similaires au Sud de l’Islande. En quittant cette dépression il y a 10 000 ans, le glacier a laissé place à un tapis végétal jouant le rôle d’amortisseur hydrique. Au fil des millénaires, la végétation s’est refermée sur le lac glaciaire, au point de le faire complètement disparaître. Plusieurs mètres de hauteur de tourbe, résultant des mousses mortes accumulées à raison d’une croissance d’un millimètre par an, avaient alors recouvert le sol. Ces mousses, appelées feignes, fagnes, faignes ou encore sphaignes, peuvent renfermer jusqu’à 36 fois leur masse en eau.

Lac Lispach

Le Lac de Lispach et sa tourbière à La Bresse (Crédits photo : Cham)

Ce cycle naturel s’est brusquement arrêté au XXème siècle avec la création d’un barrage destiné à alimenter l’industrie textile. Cet aménagement a rétabli artificiellement et de manière spectaculaire un verrou glaciaire, c’est-à-dire une barre rocheuse bloquant l’écoulement de l’eau. Si bien qu’en l’espace de quelques années, le paysage de la tourbière a rajeuni de plusieurs milliers d’années ! De quoi raviver les croyances autour de Cula, lutin légendaire des lieux.

Ces paysages de landes tourbeuses et spongieuses forment des îlots de nature boréale acidophile. Ces espaces ouverts au milieu des sapinières et des hêtraies d’altitude abritent une flore et une faune caractéristiques et fragiles. Le Grand Tétras ou coq de bruyère s’en sert comme places de chant de choix sur lesquelles il vient parader à la saison des amours. Le Nacré de la canneberge constitue un autre exemple emblématique de l’écosystème de la tourbière. Les chenilles de ce papillon se nourrissent exclusivement de cranberry, plante également familière de ces milieux humides. 250 espèces végétales sont recensées dans cette zone classée Natura 2000, dont trois variétés de droséra. Carencée en azote dans ce milieu acide, ces plantes carnivores se sont adaptées en se délectant de petits insectes, de papillons et de libellules.

Au centre, l’œil de la tourbière est complètement isolé par la barrière végétale sur laquelle tentent de survivre quelques bouleaux chétifs. La remise en eau du site les a piégés. La plupart ont dépéri faute de pouvoir s’enraciner dans ce milieu trop humide.

A noter enfin que la tourbière voisine de Machais, située aussi à La Bresse, est quant à elle classée réserve naturelle.

(Source : RL du 26/08/2015)

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