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Du particularisme mosellan

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Il existe en Moselle un régime juridique spécifique issu de l’histoire. Le Droit Local, comme on l’appelle, ne coïncide pas avec les frontières d’une entité régionale puisqu’il s’applique à l’Alsace, mais aussi à un département lorrain, la Moselle. De plus, sa légitimité ne repose sur aucun pouvoir législatif propre. Seul le Parlement français a en effet la compétence pour modifier les textes en vigueur. Ce droit concerne un grand nombre de domaines et paraît sur certains points plus élaboré que les règles et usages appliqués dans le reste de la France.

justice

Pourtant, de prime abord, l’appellation « Droit local » a une petite connotation péjorative et passe volontiers pour une survivance désuète, voire folklorique. Le Droit Local prend sa source dans l’Annexion de l’Alsace-Moselle à l’Empire allemand de 1871 à 1918. Les trois départements de l’Est ont hérité d’une législation qui regroupe des dispositions à la fois françaises et allemandes. Actuellement, la législation locale comporte quatre types de dispositions :

-  les dispositions françaises maintenues en Alsace-Moselle en 1871, mais abrogées en France entre 1871 et 1918

-   les dispositions allemandes spécifiques à l’Alsace-Moselle prises durant l’Annexion

-   les dispositions d’Empire allemandes applicables à l’ensemble du Reich

-  les dispositions françaises d’adaptation intervenues après 1918, mais applicables aux seuls départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle.

Faisons un rapide tour d’horizon sur le Droit Local alsacien-mosellan. Comme nous l’avons déjà vu ensemble, certaines dispositions peuvent apparaître anachroniques et faire sourire. Par exemple, les trains circulent à droite en Moselle, comme d’ailleurs sur tout le territoire allemand, et non à gauche comme sur le reste du réseau français, lui-même calqué sur le modèle britannique. Qu’en est-il pour le TGV-Est ? Lorsqu’il se trouve sur la ligne nouvelle à grande vitesse (320 km/h), celui-ci respecte la gauche, par contre, rejoignant les lignes classiques, il respecte le sens de circulation historique et se range à droite comme les autres trains. Le changement de circulation se réalise par le passage d’un « saut-de-mouton » qui permet la modification sans interruption du trafic. De même, pour tenir compte du bilinguisme et des différences de législation en Alsace-Moselle, les fonctionnaires bénéficient d’une indemnité de difficultés administratives. Elle est régie par un décret de 1946 et son montant, calculé selon l’indice du fonctionnaire, n’a pas été réévalué depuis longtemps (ex : 2,28 euros pour un fonctionnaire de l’éducation nationale). Dans un procès devant une juridiction, les débats peuvent également avoir lieu en allemand si l’ensemble du tribunal et des parties maîtrisent la langue locale, tout en n’ayant pas une connaissance suffisante du français. Une loi de 1934 avait en outre interdit en France la vente de produits d’imitation du vinaigre, à savoir ceux ne présentant pas une teneur en acide acétique de 6 grammes pour 100 millilitres. Pour tenir compte des habitudes nées de l’Annexion, une dérogation avait été néanmoins prévue pour le vinaigre MELFOR, qui n’était en vente libre qu’en Alsace-Moselle. Il a fallu attendre un amendement dans les années 1990 pour lever cette interdiction et permettre la commercialisation de MELFOR dans l’ensemble de l’hexagone.

Par ailleurs, certaines dispositions du Droit Local montrent au contraire une avancée sociale évidente :

- Toute commune alsacienne-mosellane est soumise à une obligation générale (ancienne loi d’Empire du 30 mai 1908 sur les indigents) de venir en aide à toute personne dénuée de ressources et âgée de plus de 16 ans. Il n’existe aucune condition liée à la nationalité du demandeur. L’allocation du RSA (Revenu de Solidarité Active) ayant été étendue dans certaines conditions aux jeunes âgés de 18 à 25 ans, l’aide sociale de Droit Local garde tout son intérêt pour la tranche d’âge située entre 16 et 18 ans. Chaque commune est libre de décider de la forme sous laquelle les aides seront accordées (secours en nature ou en espèces, placement dans un établissement d’accueil, fourniture d’un travail ou d’un accompagnement socio-éducatif).

- L’article L.1226-23 du code du travail (ancien article 616 du Code Civil Local) permet aux salariés, dont le lieu de travail se situe en Alsace-Moselle, quelles que soient leur ancienneté et la nature de leur contrat de travail (CDD, intérim, temps partiel, etc.) de bénéficier du maintien de leur salaire en cas d’absence. Il faut que la cause de l’absence repose sur un motif personnel, ne soit pas liée à une faute du salarié et que la durée de l’absence soit relativement peu importante. Si ces conditions sont réunies, le salarié a droit au maintien de sa rémunération dès le premier jour d’absence. Les exemples d’application sont notamment la maladie du salarié ou la garde d’un enfant malade lorsque la présence du salarié à son chevet est indispensable. Par contre sont exclues les absences liées aux aléas météorologiques.

D’autres dispositions du Droit Local présentent des avantages techniques, dont le droit général de « Vieille France » s’est déjà inspiré :

- La faillite civile est possible pour les particuliers en état de surendettement domiciliés en Alsace-Moselle. Tout débiteur qui connaît une situation « d’insolvabilité notoire » peut en cas de redressement judiciaire se voir proposer un plan d’apurement de son passif pouvant s’étaler sur 8 ans. En cas de liquidation judiciaire, ses dettes, sauf cas de fraude, seront effacées, mais, préalablement, ses actifs seront réalisés (une réforme récente instaure dans la France entière une procédure de rétablissement personnel directement inspirée de la faillite civile).

- En Alsace-Moselle, il n’y a pas de Tribunal de Commerce. Les litiges commerciaux relèvent de la chambre commerciale du Tribunal de Grande Instance. Ce tribunal est soumis à un système d’échevinage, à savoir un magistrat de carrière assisté de 2 assesseurs, qui sont eux des commerçants élus.

- La publicité foncière en Alsace-Moselle n’est pas organisée comme dans le reste de la France par la Conservation des Hypothèques qui dépend du ministère des Finances Publiques. Elle y est assurée par le Livre Foncier, tenu par un magistrat spécialisé et relève du ministère de la Justice. Dans les trois départements de l’Est, les recherches d’informations sur les actifs immobiliers (en plus de la présomption d’exactitude) sont plus faciles car la consultation du Livre Foncier est directe.

- En Alsace-Moselle, toutes les associations sont régies par les articles 21 à 79 du Code Civil Local (loi de 1900). Sept personnes sont nécessaires pour créer une association inscrite. L’inscription doit se faire au registre des associations du Tribunal d’Instance. La capacité juridique de l’association est étendue puisqu’il est possible d’accomplir tous les actes de la vie juridique même ceux sans rapport avec le but de l’association. Elle peut acquérir tous les biens, même immeubles sans limitation. Elle peut également recevoir des dons et legs. A noter également qu’une association en Droit Local peut avoir un but lucratif si cela est prévu dans les statuts.

Certaines dispositions enfin, font partie du patrimoine local et les Alsaciens-Mosellans y montrent un attachement certain :

- Les jours fériés : par rapport au droit général qui compte 11 jours de fête, il existe en Alsace-Moselle deux jours fériés supplémentaires, le 26 décembre et dans les communes ayant un temple protestant ou une église mixte, le Vendredi Saint. Tous les jours fériés en Alsace-Moselle sont des jours fériés chômés de par la loi (en droit général, seul le 1er mai est un jour férié chômé légal).

- Le Régime Local d’Assurance Maladie. On peut qualifier ce régime de mutuelle complémentaire obligatoire : la cotisation des assurés est plus élevée (+ 1,5 % de la totalité du salaire brut), mais la prise en charge est plus avantageuse (remboursement de certains médicaments à 90 % et gratuité de l’hospitalisation par le remboursement intégral du forfait hospitalier). La situation d’équilibre  de ce régime complémentaire est assurée par un mécanisme d’autorégulation : une instance de gestion fixe et fait varier les taux de cotisation (dans la limite d’une fourchette comprise entre 0,75 % et 2,5 %) suivant la situation des comptes.

- le régime des cultes. Sur ce dernier point, il faut bien distinguer le régime des cultes et le statut scolaire et bien noter que la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat ne s’applique pas. La législation des cultes est constituée par l’ancienne loi du 18 germinal An X (Concordat de 1801 et Articles organiques des cultes catholique et protestants) et de nombreux textes d’application, dont le décret de 1808 sur le culte israélite. Les cultes reconnus sont au nombre de 4 : le culte catholique, les deux cultes protestants (Eglise Protestante Réformée d’Alsace et de Lorraine, ainsi que l’Eglise Protestante de la Confession d’Augsbourg d’Alsace et de Lorraine) et le culte israélite. Ils se voient dotés d’un statut particulier puisque les prêtres, les pasteurs et les rabbins perçoivent un traitement de l’Etat, bénéficient d’un logement de fonction et ont droit à une retraite. En contrepartie, leur nomination est soumise à l’accord des autorités civiles (ex : les évêques de Metz et de Strasbourg sont nommés à l’initiative du Président de la République après accord du Vatican). Le statut scolaire est quant à lui très marqué par la présence de la religion dans l’école publique. Les écoles primaires publiques sont confessionnelles ou interconfessionnelles et l’enseignement religieux fait partie intégrante des programmes scolaires. L’élève dispensé du cours de religion est tenu en principe de suivre un enseignement de morale de durée équivalente. L’enseignement religieux peut être assuré soit par les maîtres qui se déclarent « prêts à le faire », soit par les ministres des cultes reconnus, soit par des personnes proposées par les autorités religieuses et nommées par le rectorat d’académie. L’enseignement secondaire public (collèges et lycées) est non-confessionnel, toutefois les cours de religion font partie également des programmes. Une possibilité de dispense existe aussi pour tenir compte de la liberté de conscience de chacun.

D’autres particularités contribuent à marquer la spécificité de la Moselle comme les règle sur l’artisanat, sur le droit communal, sur la chasse, etc. L’évolution du Droit Local se déroule actuellement selon trois modes : soit par l’harmonisation qui a entraîné la disparition de certaines dispositions de Droit Local, soit par l’extension du Droit Local au droit général, soit encore par la modernisation des textes locaux.

Bernard ZAHRA, Professeur de Droit en classe préparatoire à l’expertise comptable à Metz, pour le Groupe BLE Lorraine.

M. ZAHRA est l’auteur d’un livre de référence sur les spécificités d’Alsace-Moselle : A la découverte du Droit Local d’Alsace-Moselle (Editions Fensch Vallée).

Retrouvez d’autres articles sur le Droit Local en Moselle sur BLE Fondation.

Confessionnalité des cimetières en Moselle

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Le 1er novembre, à la Toussaint, la fête chrétienne de tous les saints, la pratique est de se recueillir sur les tombes de ses défunts et de les fleurir. En Moselle, il existe une spécificité liée aux cimetières. Il doit en effet y avoir autant de cimetières que de cultes professés dans la commune et à défaut, des séparations doivent marquer les emplacements des défunts des diverses confessions.

cimetière

L’Article L.2542-12 du Code Général des Collectivités Territoriales stipule ainsi que dans les communes où l’on professe plusieurs cultes, chaque culte a un lieu d’inhumation particulier. Lorsqu’il n’y a qu’un seul cimetière, on le partage par des murs, haies ou fossés en autant de parties qu’il y a de cultes différents, avec une entrée spécifique pour chacune, et en proportionnant cet espace au nombre d’habitants de chaque culte. Cette disposition sur l’existence des cimetières confessionnels trouve son origine dans l’Article 15 du Décret du 23 Prairial An XII (12 juin 1804). En Droit général, celle-ci a été abrogée par la loi du 14 novembre 1881 sur la liberté des funérailles. Donc, hors Alsace-Moselle, tout regroupement par confession  sous la forme d’une séparation matérielle du reste du cimetière est interdite. Toutefois, on peut noter une exception puisque des carrés musulmans peuvent être créés dans les cimetières communaux.

Quatre remarques concernant l’Alsace-Moselle sont cela dit à apporter. Premièrement, dans la pratique, les divisions confessionnelles n’ont pas été systématiquement instituées dans les cimetières communaux. En outre, les divisions par religion s’appliquent à tous les cultes, qu’ils soient « reconnus », à savoir les cultes catholique, protestant et israélite, ou « non reconnus ». Le terme « professer » doit par ailleurs être interprété limitativement, c’est-à -dire que l’instauration de divisions confessionnelles n’est réalisée que si une célébration régulière du culte a lieu dans la commune. Par conséquent, quelques habitants isolés ne peuvent contraindre la municipalité à une division confessionnelle du cimetière. Enfin, la communauté juive possède ses propres cimetières, dont la réglementation interne relève du consistoire.

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De l’exil des protestants de Metz

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Le 18 octobre 1685, Louis XIV révoque l’Edit de Nantes. Le protestantisme est interdit. Française depuis un siècle, la ville de Metz subit de plein fouet cette mesure prise à Versailles qui concerne un habitant sur cinq de la cité.

De l’exil des protestants de Metz dans Culture et patrimoine dragonnades

Le Dragon missionnaire : « Qui peut me résister est bien fort » (Crédits image : Wikipédia)

« Un roi, une foi, une loi. Au XVIIème siècle, l’adage est on ne peut plus simple. Cela fait plusieurs années que des mesures sont prises contre les protestants. A Metz, le temple a été rasé. Le terrain est donné aux Jésuites en 1642. Ils font bâtir l’église Notre-Dame, qui fut au cœur de la lutte contre le protestantisme dans la ville.

Le calvinisme a connu son essor au siècle précédent à Metz. En 1550, la moitié de la ville est protestante. En 1685, on ne dénombre plus que 4 300 protestants, soit un habitant sur cinq. Entre les deux dates, des épidémies de peste ont ravagé les familles messines. Les réformés sont surtout présents dans quatre corps de métiers précis : les artisans, notamment les orfèvres, les commerçants, les juristes et les médecins. En dehors de la cité, comme à Longeville-lès-Metz, Montoy, Plappeville, Burtoncourt ou encore Courcelles, il y a également des communautés de paysans. Les protestants sont faciles à reconnaître. Leur tenue est plus sobre et leurs prénoms sont souvent choisis dans l’Ancien testament, à l’image de Moïse, Isaïe, Abraham ou Israël.

Le 22 octobre 1685, les pasteurs sont chassés de Metz. En août 1686, Louis XIV envoie ses Dragons. Les soldats logent chez les Huguenots. Ils ont droit de tout y faire, vol, viol, violence, jusqu’à ce que les familles se convertissent. L’idée n’est pas de tuer, mais s’il y a des morts, personne ne s’en offusque. La réputation des dragonnades est telle que bien des familles se convertissent dès leur arrivée. En général, les juristes, les médecins, les paysans et tous ceux qui ont des charges ou des terres sont devenus de « bons catholiques ». Les artisans et les commerçants ont quant à eux opté pour l’exil. Celui-ci est pourtant interdit car le roi de France veut garder ses sujets. Les fuyards capturés sont envoyés aux galères, leurs femmes sont enfermées dans des couvents et leurs enfants sont confiés à des familles. D’autres choisissent enfin la conversion de façade. Sous surveillance. Mais s’ils refusent l’extrême-onction au moment de mourir, leur héritage est confisqué. Peu résistent. Il y eut cependant des assemblées clandestines à Courcelles.

Entre 1686 et 1688, 3 000 protestants s’enfuirent de Metz. La moitié d’entre eux s’installa en Allemagne, essentiellement dans le Brandebourg et à Berlin. D’autres rejoignirent les Provinces-Unies, l’Angleterre ou encore l’Afrique du Sud. Le départ des protestants fut extrêmement défavorable à l’économie messine. Il fallut attendre deux cents ans et la Première Annexion pour voir renaître une communauté protestante à Metz.

Laïcité vs Droit Local : afficher la charte, oui, mais à l’envers !

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A aucun moment les quinze articles de la charte de la laïcité à l’école du ministre français de l’éducation ne tiennent compte de la situation pour le moins paradoxale qu’ils imposent aux enseignements de Moselle. Un paradoxe que personne, au plus haut niveau de l’Etat français, n’a daigné relever. C’est dire toute la considération qu’ont le pouvoir et les élites parisiennes pour notre territoire.

Certes, la charte ne remet pas en cause l’enseignement religieux obligatoire en vigueur en Moselle. La Cour européenne a d’ailleurs jugé que les cours de religion peuvent être enseignés à condition que la dispense soit de droit. Ce qui est en effet le cas puisque les élèves peuvent y déroger via une dispense. Mais l’affichage de cette charte pose incontestablement un problème dans les établissements publics scolaires du département. Elle peut même s’apparenter à une provocation, tant elle représente une nouvelle atteinte aux spécificités de la Moselle. Elle ouvre la boîte de Pandore au démantèlement du Droit Local mosellan avec toutes les conséquences que cela peut avoir, c’est-à-dire la fin des avantages sociaux, des jours fériés supplémentaires, etc.

C’est la raison pour laquelle le Groupe BLE Lorraine conseille aux directeurs des établissements scolaires publics lorrains de respecter la loi en affichant la charte en question, mais de l’afficher à l’envers et texte face au mur, afin de défendre notre Droit Local.

Plus d’informations sur le Droit Local sont disponibles sur BLE Fondation.

L’assurance vieillesse des ministres du culte en Moselle

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En Alsace-Moselle, les ministres des cultes reconnus, à savoir prêtres, pasteurs et rabbins, perçoivent un traitement de l’Etat français. Ils bénéficient d’un logement de fonction et ont droit à une retraite. L’idée est ici d’apporter quelques précisions sur ce dernier point.

La Loi locale du 15 novembre 1909, qui est toujours en vigueur, reconnaît en effet un droit à pension au profit de l’ensemble des ministres des cultes reconnus. Ce régime spécial de l’Etat est géré par le bureau des cultes à Strasbourg.

L'assurance vieillesse des ministres du culte en Moselle dans Culture et patrimoine eglise-notre-dame-sierck-les-bains

L’église Notre-Dame de Sierck-lès-Bains (Crédits photo : Groupe BLE Lorraine)

Les ministres des cultes reconnus et les personnels administratifs ont droit à une pension de retraite lorsque trois conditions sont réunies. Ils doivent tout d’abord posséder un lien juridique avec un culte reconnu. Un ministre du culte démissionnaire perd ainsi tout droit à une retraite de l’Etat. Ils doivent ensuite avoir effectué au moins dix années de service rémunéré par l’Etat dans l’un de ces cultes reconnus. Enfin, ils doivent être jugé incapables, par suite d’une diminution de leur aptitude physique ou intellectuelle, d’assurer pleinement leur ministère par l’autorité ecclésiastique compétente.

En principe, il n’y a pas d’âge de départ à la retraite fixé pour un ministre du culte. Celui-ci appartient à son Eglise pour toute la durée de sa vie. Toutefois, l’Eglise catholique recommande à ses ministres du culte de demander leur retraite à 75 ans. Dans la pratique, il faut donc que l’autorité religieuse certifie « en son âme et conscience » que le ministre du culte prétendant à la retraite est « incapable de continuer les devoirs de sa charge ». Si l’intéressé a moins de 60 ans, il faut également fournir un certificat médical d’un médecin agréé par l’administration. La pension du ministre du culte n’est dès lors pas une pension de vieillesse mais une pension d’invalidité.

Le montant de la pension de retraite d’un ministre du culte est fonction du montant de son traitement brut au moment de son départ à la retraite et du nombre d’années de service. Par exemple, pour dix années de service, ce montant est égal à 1/3 du dernier traitement brut d’activité. Le maximum est de 3/4 de ce traitement après 40 années de service.

Les ministres du culte ont été assimilés aux fonctionnaires de l’Empire allemand. En cas de décès, ils bénéficient donc du trimestre de grâce au profit de leurs ayants droit, c’est-à-dire au paiement du plein traitement du défunt pendant le trimestre suivant le mois du décès. Ce trimestre de grâce est versé au conjoint survivant ou à l’un des proches parents (enfants, petits-enfants). Il a le caractère d’un secours exceptionnel et il est accordé sous la forme d’un  versement unique. Selon la loi de 1909, les veuves et les enfants mineurs des ministres des cultes ont droit à une pension de réversion. La pension de la veuve est de 50 % de la pension que touchait ou aurait touché le défunt. Celle de chaque orphelin est fixée à 10 % de cette même pension.

Au final, le régime d’assurance vieillesse de Droit Local apparaît plus favorable que le régime particulier des cultes de Droit général. Acquis sans cotisation et sous la condition d’un minimum de service de dix ans, il offre l’avantage supplémentaire d’un trimestre de grâce.

Bernard ZAHRA, Professeur de Droit en classe préparatoire à l’expertise comptable à Metz, pour le Groupe BLE Lorraine.

M. ZAHRA est l’auteur d’un livre de référence sur les spécificités d’Alsace-Moselle : A la découverte du Droit Local d’Alsace-Moselle (Editions Fensch Vallée).

La Chapelle de Morlange, chef d’œuvre de l’art roman en Lorraine

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La Chapelle de Morlange domine de son clocher le petit village éponyme, écart de la commune de Fameck situé à une dizaine de kilomètres à l’Ouest de Thionville. Consacrée à Saint Nicolas et à Saint Roch, elle est classée à l’inventaire des Monuments Historiques depuis le 31 janvier 1845. Il s’agit de l’un des témoignages les plus beaux et les mieux conservés de l’art roman en Lorraine.

La Chapelle de Morlange, chef d'œuvre de l'art roman en Lorraine dans Culture et patrimoine chapelle-morlange-1

La Chapelle de Morlange, chef d’œuvre de l’art roman en Lorraine (Crédits photo : Raoul GILIBERT pour le Groupe BLE Lorraine)

Havre de paix au pied des coteaux du Justemont, la chapelle se dresse au milieu d’un enclos herbeux, dont l’entrée est commandée par un magnifique portail Renaissance étrangement sculpté et surmonté d’armoiries empanachées. Edifiée en 1186 en pierre de Jaumont, cette chapelle à nef unique s’ouvre sur un transept aux croisillons voûtés en berceau et à la croisée voûtée d’ogives primitives. Le mélange des styles romans et gothiques est frappant. De nombreuses sculptures ornent la chapelle. Certains motifs sont empruntés au règne végétal, à l’image de ces feuilles qui se replient ou se déploient sur un certain nombre de chapiteaux. En s’enroulant régulièrement, elles créent de véritables motifs géométriques. Une belle arcade en plein cintre assure la transition entre la nef et le transept. Le calcaire jaune de Jaumont se prête magnifiquement à ce travail raffiné. Dans les coins surgissent de la pierre, parmi les feuillages, des animaux, des masques et des personnages ailés, grotesques et grimaçants.

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Personnage grotesque sortant des feuillages (Crédits photo : Raoul GILIBERT pour le Groupe BLE Lorraine)

La beauté et la richesse de la décoration font de la Chapelle de Morlange est un bijou du patrimoine lorrain.

Des sorcières de Plappeville

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Plappeville est la commune du Pays Messin où furent brûlées le plus de sorcières aux XVIème et XVIIème siècles. Au cours de la seule année 1588, les seigneurs abbés de l’Abbaye de Saint-Symphorien envoyèrent au bûcher vingt-cinq habitants de Plappeville et Tignomont. Certains historiens évoquent même un « réseau » de sorciers et de sorcières entre Plappeville et Woippy. Véritables boucs émissaires, ces derniers étaient officiellement tenues responsables du mauvais temps, de la mort du bétail, des guerres, des famines et des maladies. Pour peu qu’ils aient possédé un don de guérison, on leur prêtait bien des maléfices, comme celui de s’acoquiner avec de malins esprits. Par exemple, si une femme se tenait devant la cheminée pour sécher ses vêtements mouillés, on disait qu’elle se dépouillait devant le diable. Les écrits expédiaient vers les flammes des Enfers celles dont on supposait qu’elles avaient le feu au derrière. Durant l’Inquisition, le clergé ordonnait de « nettoyer » la société. Les femmes de petite vertu y passaient aussi.

Des sorcières de Plappeville dans Histoire sorciere-bucher

Sorcière au bûcher (Crédit photo : Rolfo, Flickr)

De nombreuses sorcières avouèrent à la Source de Marivaux, au lieu-dit des Quatre-Tilleuls, sur les hauteurs de Plappeville, s’être rendues au Sabbat. Le bûcher se tenait quant à lui au Col de Lessy devant la Croix Cueillat, qui se trouve aujourd’hui au cimetière de l’Eglise Sainte-Brigide de Plappeville. En guise de tribunal, les pénitentes étaient jugées par la vox populi qui décidait du châtiment. Pendues ou lapidées, beaucoup furent également torturées jusqu’à ce qu’elles avouent leur crime.

Neuvilly-en-Argonne : l’église retrouve son crucifix

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Un ancien crucifix emporté aux Etats-Unis par un infirmier américain à la fin de la Première Guerre Mondiale a dernièrement été restitué en mains propres par sa petite-fille à l’église de Neuvilly-en-Argonne, en Meuse.

Alfred Hayes, infirmier du 110ème Régiment d’Infanterie américain, avait travaillé plusieurs mois dans l’église lorraine transformée en centre sanitaire. Il avait emporté le crucifix quand il avait quitté les lieux en octobre 1918. Sa petite-fille, qui réside au Kansas, a fait des recherches et a trouvé une photographie de son grand-père dans l’église, ce qui lui a permis de remonter jusqu’à Neuvilly-en-Argonne.

Le crucifix n’est pas la seule pièce à avoir disparu de l’église durant la Guerre de 1914-1918. Le bâtiment était dans un état lamentable à la fin des combats, alors qu’une grande partie de la commune avait été détruite.

La basilique de Saint-Avold menace de s’effondrer

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Selon un diagnostic récemment réalisé, si rien n’est fait, la basilique Notre-Dame de Bon-Secours de Saint-Avold risque de s’effondrer d’ici dix ans.

La dernière grande restauration de l’édifice remonte à la Seconde Guerre Mondiale. Depuis, la basilique ne cesse de se détériorer. Les fissures déchirent son emblématique coupole centrale qui lui donne un petit air de Saint-Pierre de Rome. Les vitraux, œuvres typiques de la fin du XIXème siècle, menacent d’être scindés en deux.

La basilique de Saint-Avold menace de s’effondrer dans Actualité basilique-saint-avold

La Basilique Notre-Dame de Bon-Secours de Saint-Avold risque de s’effondrer d’ici dix ans (Crédits photo : Wikipédia)

Les travaux de restauration sont estimés 1,3 million d’euros. Ils devraient être étalés dans le temps si l’argent est trouvé. L’opération la plus urgente consiste à isoler le lieu de culte et à réaliser une couronne de stabilisation du bâtiment, c’est-à-dire une sorte de ceinture de ciment armé à la base de la coupole. Cette seule tranche représente un investissement de 500 000 euros. La reprise du gros œuvre, avec la réfection de la charpente, de la toiture et des fissures, d’un montant de 400 000 euros, viendrait ensuite. Enfin, la mise en conformité électrique, ainsi que la restauration des peintures, des vitraux et des boiseries nécessiterait 400 000 euros également.

Rappelons que la basilique de Saint-Avold est un lieu de pèlerinage très important. L’édifice historique, qui constitue un haut lieu du tourisme naborien, contribue à la renommée de la ville.

Retrouvez d’autres sites et monuments lorrains à sauver sur BLE Fondation : http://blefondation.e-monsite.com/pages/cercle-de-reflexion/des-monuments-a-sauver.html.

La bannière de Saint-Fiacre de retour à Thionville

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Disparue depuis plus de vingt ans, la bannière de procession de Saint Fiacre a été retrouvée grâce à un incroyable concours de circonstances.

La célèbre bannière était autrefois exhibée lors des fêtes populaires. Elle guidait également la procession annuelle de la Saint-Fiacre qui rassemblait à l’époque des centaines de personnes avant de tomber en désuétude. Au fil du temps, la bannière s’est perdue d’antiquaires en antiquaires, jusqu’au jour où un ancien curé de Thionville ne la reconnaisse en photos sur un site de vente aux enchères mondialement connu. Alertée, une association réussi à interrompre la procédure de vente pour négocier avec le vendeur, un antiquaire de Clermont-en-Argonnes. Un accord est trouvé pour 200 euros. 

La bannière retourne alors à Thionville pour rejoindre la collection municipale du Musée de la Tour aux Puces déjà riche d’une vingtaine de pièces estimables qui témoignent du passé de la ville. La bannière sera à nouveau présentée au public lors de la Fête de la Saint-Fiacre le 30 août 2013.

Pour le retour de l’Alsace Bossue à la Lorraine

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Le Groupe BLE Lorraine veut que l’Alsace Bossue redevienne lorraine.

Ancienne terre du Duché de Lorraine, la région de Sarre-Union a finalement été rattachée à l’Alsace après la révolution française au moment de la création des départements pour des raisons religieuses. En majorité protestants, les habitants craignaient d’intégrer la Lorraine, plus catholique. Cela dit, c’est l’infâme maire de Sarreguemines, Nicolas-François Blaux, qui aurait en réalité été le principal artisan du rattachement de ce territoire au Bas-Rhin. Si bien qu’aujourd’hui, cette petite enclave alsacienne peuplée de 35 000 âmes apparaît comme anachronique, entourée de terres lorraines.

Pour le retour de l’Alsace Bossue à la Lorraine dans Culture et patrimoine alsace-bossue

L’Alsace Bossue doit revenir à la Lorraine (Crédits photo : alsace-bossue.net)

Il faut dire qu’il y a toujours eu beaucoup d’hostilités entre la Lorraine et l’Alsace. Par exemple, quand un homme lorrain mariait une femme alsacienne, il était regardé de travers. Pourtant, à présent, des deux côtés de la « frontière », les clubs de football ou de basket s’unissent, tout comme les écoles et les services périscolaires. Siltzheim et ses 600 habitants sont rattachés à la Communauté d’Agglomération de Sarreguemines. Beaucoup d’habitants d’Alsace Bossue sortent et achètent plus à Sarralbe et à Sarreguemines qu’à Saverne car ils se sentent lorrains, lorrains de cœur. La plupart d’entre eux ne verraient ainsi pas d’un mauvais œil un retour à la Lorraine. Les armoiries lorraines trônent d’ailleurs sur le buffet d’orgue de l’église de Sarre-Union et plusieurs portes d’habitations sont ornées de symboles lorrains.

Enfin, de nombreux Lorrains achètent ici, séduits par les prix attractifs de l’immobilier, nettement moins chers qu’autour de Sarreguemines.

Un tableau chasse l’autre dans la salle des assises de la Moselle

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Dix ans après la polémique lancée par des avocats et des journalistes parisiens lors du procès de Francis Heaulme à propos du tableau de La Crucifixion, la salle des assises de la Moselle devrait recevoir une nouvelle œuvre rappelant le siège de Metz.

Un tableau chasse l’autre dans la salle des assises de la Moselle dans Culture et patrimoine la-crucifixion-devillt-assises-moselle

La Crucifixion par Devilly ne trône plus aux assises de la Moselle à Metz

La polémique avait été tellement gonflée par la dogmatique administration française que le Christ en croix réalisé par Théodore Devilly, peintre majeur de l’Ecole de Metz, qui ornait depuis 1866 la salle des assises de la Moselle, avait fait l’objet d’un référendum au sein du Palais de justice parce qu’il ne concourrait pas au concept de laïcité. Du jamais vu. Soucieux du respect de la tradition, le personnel du tribunal messin, les magistrats et les avocats s’étaient prononcés en faveur du maintien de l’œuvre. Non content de l’issue de cette expression démocratique, Paris et le premier président du tribunal avaient alors décidé de cacher l’œuvre derrière un rideau. Ce diktat réactionnaire de sans-culotte a été maintenu jusqu’en 2007, date à laquelle La Crucifixion a été transférée dans le chœur de l’abbatiale Saint-Nabor de Saint-Avold.

Afin de combler le vide sur le mur situé derrière le président et ses assesseurs, un tableau de trois mètres sur deux représentant le siège de Metz en 1552 devrait être accroché en mai. Il s’agit d’une reproduction signée du Maître Léon-Charles Canniccioni datant de 1928 qui dormait dans les réserves des Musées de la Cour d’Or. L’œuvre originale est exposée à Dijon. A cette époque, le roi de France, Henri II, avait arraché Metz à l’Empereur Charles Quint. Désireux de récupérer la ville, ce dernier rassembla 100 000 hommes pour l’assiéger. Ses troupes furent repoussées par le Duc de Guise. Ce fut alors le début de la fin pour Metz qui vit le déclin chasser sa prospérité.

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