Centre de ressources numériques sur la Lorraine. Archives du Groupe BLE Lorraine.

» Catégorie : Religion


Ars-sur-Moselle : la chapelle Saint-Roch sera démolie !

Commentaires » 8

Construite entre 1865 et 1867, la chapelle Saint-Roch, située à Ars-sur-Moselle, dans le Sud messin, sera démolie pour laisser place à un projet immobilier de vingt logements. La communauté religieuse ne semble plus avoir les moyens d’entretenir et de réhabiliter l’édifice qui fait partie du patrimoine local.

Chapelle Saint-Roch Ars-sur-Mosellejpg

La Chapelle Saint-Roch d’Ars-sur-Moselle sera détruite pour faire place à un complexe immobilier (Crédits photo : Wikipédia)

Le Groupe BLE Lorraine ne peut que déplorer la décision de démolition prononcée par la municipalité d’Ars-sur-Moselle et appelle les citoyens lorrains à se mobiliser pour sauver la chapelle Saint-Roch. Il est inacceptable que cette dernière disparaisse.

Retrouvez d’autres monuments du patrimoine lorrain en danger sur BLE Fondation.

Déménagement des trésors de l’ancien Collège Saint-Augustin à Bitche

Commentaires » 3

Les bâtiments du Collège Saint-Augustin, vénérable établissement qui a plus de 300 ans d’histoire, renferment des trésors inestimables qui peuvent intéresser les scientifiques du monde entier. Parmi ceux-ci, on trouve une centaine de planches du naturaliste lorrain Jean-Jacques Kieffer qui présentent des milliers d’insectes, d’araignées et de papillons naturalisés, conservés avec soin. Le dernier étage de l’ancien collège abrite également une bibliothèque qui regorge de milliers de livres précieux. Il y a par exemple un exemplaire original de L’Encyclopédie de Diderot, un autre de l’Histoire de Lorraine de Dom Calmet, des livres édités au XVIIIème siècle.

Collège Saint-Augustin Bitche

L’ancien Collège Saint-Augustin à Bitche (Crédits photo : Wikipédia)

Propriétaires de l’évêché, ces trésors seront conservés au Bitcherland. Des conventions ont en effet été passées avec la Ville de Bitche, qui récupère les biens de Jean-Jacques Kieffer, et la communauté de communes, à qui revient la bibliothèque. Les collections naturelles seront provisoirement entreposées à la mairie. Des biens seront également donnés à des associations caritatives, comme les Restos du Cœur. Les objets de culte seront répartis dans les églises et les chapelles du Bitcherland.

Après le transfert, fin mars au cimetière de Bitche, des dépouilles de prêtres ayant vécu sur place et qui reposaient à l’arrière du bâtiment principal, le déménagement du Collège Saint-Augustin, fermé depuis août 2012, marque une nouvelle page de l’histoire de l’établissement qui est sur le point d’être vendu.

(Source : RL du 01/10/2014)

ancien cachet Collège Saint-Augustin Bitche

L’affaire du Christ en Croix du Palais de justice de Metz

Commentaires » 0

Accroché depuis 1866 dans la salle de la Cour d’assises de la Moselle à Metz, le tableau de la Crucifixion de Devilly avait été recouvert en 2000 pour satisfaire ceux qui souhaitaient au nom du principe de la laïcité le retrait de l’œuvre.

La Crucifixion Devillt assises Moselle

La Crucifixion par Devilly a suscité une polémique à Metz dans les années 2000

Le tableau a intégré en toute discrétion en 2007 le chœur de l’abbatiale Saint-Nabor à Saint-Avold. Il a été remplacé en 2013 par une nouvelle peinture : La Levée du siège de Metz par Charles Quint, reproduction de 1928 signée Léon-Charles Canniccioni. Signalons également pour comprendre la suite que depuis la réforme de la Constitution du 23 juillet 2008, mise en application en 2009, le droit de saisir le Conseil constitutionnel (Question Prioritaire de Constitutionnalité) a été étendu aux citoyens qui peuvent maintenant demander le contrôle a posteriori de la constitutionnalité d’une loi à l’occasion d’un procès les concernant.

La croix et la balance (Article paru dans Libération le 5 octobre 2000)

« La salle de la Cour d’assises de la Moselle à Metz est ornée d’un tableau représentant le Christ. Théodore Devilly, l’un des chefs de file de l’Ecole de Metz, l’a peint en 1866. La question peut paraître surprenante pour « la France de l’Intérieur » (expression utilisée par les Alsaciens et les Mosellans), soumise au principe de la laïcité : faut-il garder ce tableau à sa place ou faut-il le décrocher ? Après consultation, les magistrats et autres fonctionnaires des juridictions, ainsi que les avocats du barreau de Metz, se sont prononcés pour le maintien du tableau. Pour l’instant, les responsables de la Cour d’appel de Metz ont choisi un compromis : tendre un rideau devant le tableau litigieux en attendant la décision de la Chancellerie. »

Il convient de replacer cette affaire dans son contexte historique et juridique.

En Alsace-Moselle, la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Eglises et de l’Etat ne s’applique pas et les religions ont une place reconnue dans la société. Le Droit Local, héritage de l’histoire, génère certaines différences avec le régime en vigueur dans le reste de la France :

- d’après la loi du 18 germinal An X (intégrant le Concordat qui est un traité international), les ministres des cultes reconnus (catholique, protestants et israélite) sont rémunérés par l’Etat, mais leur nomination est soumise à l’accord des autorités civiles.

- d’après la loi Falloux de 1850 et le décret de 1974 d’une part, et les ordonnances de 1873 et 1887 d’autre part, un enseignement religieux est donné aux élèves de ces cultes reconnus dans les écoles publiques primaires et secondaires (les dispenses sont cependant possibles).

- d’après un décret du 23 Prairial An XII, les cimetières peuvent être divisés par confession religieuse, qu’il s’agisse de religion du culte reconnu ou non.

Ces textes peuvent apparaître en conflit avec certains principes de la Constitution comme le principe de la laïcité, mais ils ont été incorporés dans l’ordre juridique interne depuis les lois d’introduction de 1924. De plus, l’inconstitutionnalité éventuelle du Droit Local est impossible à sanctionner puisque le Conseil Constitutionnel ne peut contrôler la conformité à la Constitution que des lois à promulguer et non des lois déjà en vigueur.

» Lire la suite

L’église en fer de Crusnes à vendre

Commentaires » 1

Rénovée entre 1997 et 2006 après un investissement de deux millions d’euros, l’église Sainte-Barbe de Crusnes, près de Villerupt, est devenue une telle charge pour son propriétaire, l’évêché de Nancy, que ce dernier cherche à la vendre depuis quelques années.

église Sainte-Barbe Crusnes

L’église Sainte-Barbe de Crusnes est en attente d’un nouveau propriétaire (Crédits photo : Raoul GILIBERT pour le Groupe BLE Lorraine)

Unique au monde, l’église en acier des « hommes du fer » a été construite entièrement en métal entre 1937 et 1939 par la famille de Wendel. Elle a été classé Monument Historique en 1990. Depuis, cela fait longtemps que plus aucune cérémonie religieuse n’y est célébrée. Tous les offices se déroulent en effet en l’église paroissiale Saint-Léger de Crusnes.

Les portes de cet édifice, visible dans Les Rivières pourpres 2, film d’Olivier Dahan tourné en 2004 dans la région, ne sont ouvertes qu’à de trop rares occasions, lorsque des groupes de touristes en font la demande auprès de l’évêché. Une vingtaine de bus s’arrêtent ainsi chaque année pour la visiter.

L’église Sainte-Barbe devait à l’origine servir de modèle en vue d’éventuelles exportations. Elle est aujourd’hui fermée, en attente d’être vendue.

Le Vendredi Saint en Moselle

Commentaires » 4

Le Droit Local du repos dominical et des jours fériés est issu du Code Local des professions, lequel résulte d’une loi d’Empire du 26 juillet 1900. Ces dispositions figurent maintenant dans le nouveau Code du travail entré en vigueur le 1er mai 2008. Grâce au lendemain de Noël et au Vendredi Saint, les Alsaciens et les Mosellans sont en principe au repos le 26 décembre et le vendredi qui précède Pâques. Rappelons cependant la réglementation particulière du Vendredi Saint en Moselle.

Rue Serpenoise Metz

Commerces Rue Serpenoise à Metz (Crédits photo : Google Street View)

I). Le principe du repos des salariés.

Le Droit Local prévoit une législation identique pour les jours fériés et le dimanche. Le principe en Moselle est l’interdiction d’emploi de salariés dans l’industrie et le commerce sauf dérogations. Par rapport au droit général qui compte onze jours fériés, il existe en Alsace-Moselle deux jours supplémentaires : le deuxième jour de Noël (« der zweite Weihnachstag ») et dans les communes ayant un temple protestant ou une église mixte, le Vendredi Saint (« sowie in denjenigen Gemeinden, in welchen sich eine protestantische Kirche oder eine Simultankirche befindet, Karfreitag »). Tous les jours fériés en Alsace-Moselle sont des jours fériés chômés de par la loi. En droit général, seul le 1er mai est un jour férié chômé légal. L’emploi des salariés les autres jours fériés est donc autorisé sauf dispositions conventionnelles.

II). L’ordonnance du 16 août 1892.

Selon les termes de cette ordonnance repris par l’article L.3134-13 du Code du travail, le Vendredi Saint n’est férié que dans les communes où il existe un temple protestant ou une église mixte. L’église mixte ou « simultaneum » est issue d’une réglementation instaurée par Louis XIV qui permettait aux catholiques d’utiliser alternativement avec les protestants leurs temples, afin d’y faciliter la pénétration catholique.

Le Vendredi Saint, qui commémore la crucifixion du Christ, est une fête religieuse importante chez les Chrétiens et tout particulièrement chez les protestants luthériens. C’est la raison pour laquelle, en France, ce jour n’est férié que dans les communes où se trouve un temple protestant ou une église mixte. Les catholiques quant à eux attendent davantage la veillée pascale et donc la résurrection du Christ pour laisser éclater leur joie.

Cela dit, trois précisions s’imposent :

- En Droit Local, les deux cultes protestants reconnus sont l’Eglise Protestante de la Confession d’Augsbourg d’Alsace et de Lorraine (église luthérienne) et l’Eglise Protestante Réformée d’Alsace et de Lorraine (église calviniste). Les luthériens préfèrent nommer leurs lieux de culte églises protestantes plutôt que temples.

- Les églises mixtes sont rares en Alsace. Il est interdit d’en construire de nouvelles et seul l’usage des préexistantes est autorisé. Il n’y a pas d’église mixte en Moselle.

- En Alsace, les usages font que l’on considère le Vendredi Saint comme férié, indépendamment de l’existence ou non d’un temple protestant ou d’une église mixte.

III). Le Vendredi Saint, jour férié ou non en Moselle.

La réglementation du Vendredi Saint concerne les activités de l’industrie et du commerce. Pour les activités ne relevant pas du commerce et de l’industrie, il n’y a pas de réglementation applicable en la matière. Si pour l’industrie, la détermination du jour férié relève de la règle d’origine, à savoir l’existence d’un temple protestant ou d’une église mixte, il en va tout autrement pour le commerce.

Dans un souci de régulation de la concurrence, une loi du 31 décembre 1989 (amendement Masson) permet au préfet de Moselle d’autoriser ou d’interdire l’ouverture des commerces dans l’ensemble des communes du département, indépendamment de la présence d’un temple protestant ou d’une église mixte. Il est à noter que ce pouvoir donné au préfet n’introduit pas de modification de fond quant à la nature du Vendredi Saint : il n’est jour férié légal que dans les communes possédant un temple protestant ou une église mixte.

Depuis 1990, le préfet a toujours interdit l’ouverture des commerces en Moselle. L’arrêté du 9 avril 2019 prévoit néanmoins dans son Article 3 les dérogations permanentes d’ouverture stipulées dans l’arrêté préfectoral du 28 mai 2015 pour les stations-services et services de dépannage d’urgence, les débits de tabacs, la vente de journaux, la vente de fleurs naturelles, les boulangeries, les pâtisseries et les glaciers, les brocanteurs, les antiquaires, les bouquinistes, les commerces de souvenirs et de produits artisanaux locaux, les commerces d’artisanat d’art et les galeries d’art, les loueurs de véhicules et de cycles, les cybercafés, les sandwicheries et les commerces de restauration à emporter, les commerces d’alimentation générale d’une superficie inférieure ou égale à 200 mètres carrés jusqu’à 13 heures, ainsi que les marchés de denrées alimentaires, fleurs et produits manufacturés jusqu’à 13 heures également. L’Article 4 de l’arrêté du 9 avril 2019 autorise aussi l’ouverture des salons de coiffure, mais uniquement de 8 heures à 13 heures.

Les incidences sur la rémunération ne sont pas négligeables et sont donc fonction de l’existence ou non d’un temple protestant dans la commune, ainsi que des dispositions de la convention collective applicable dans la branche professionnelle.

Quatre cas de figures sont possibles :

- Le commerce se situe dans une commune à temple et le salarié travaille dans le cadre des dérogations autorisées. Le Vendredi Saint est un jour férié légal. Les heures de travail effectuées ce jour-là, comme celles qui sont effectuées n’importe quel autre jour férié à l’exception du 1er mai, n’ouvrent droit à majoration que si les conventions collectives ou le contrat de travail le prévoient. Le Droit Local ne prévoit en effet aucune majoration.

- Le commerce se situe dans une commune à temple et le salarié ne travaille pas. Si le salarié est mensualisé, il ne subira aucune réduction de sa rémunération. S’il est payé à l’heure, il n’est pas indemnisé.

- Le commerce se situe dans une commune sans temple et le salarié travaille dans le cadre des dérogations autorisées. Le Vendredi Saint est un jour normal de travail et le salarié est payé normalement.

- Le commerce se situe dans une commune sans temple et le salarié ne travaille pas. Ici, la règle de la mensualisation ne s’applique pas. Le maintien du salaire, qui n’est pas obligatoire, est cependant recommandé par l’Inspection du Travail, avec une éventuelle possibilité de récupération.

Précisions supplémentaires : d’après la jurisprudence, la présence d’un temple ou d’une église mixte s’apprécie par rapport au lieu de travail effectif du salarié et non par rapport à son domicile ou au siège de l’entreprise. Même si la loi sur la journée de solidarité autorise par dérogation le travail des salariés les jours fériés, sont exclus de ce dispositif en Alsace- Moselle : le 1er mai, le Vendredi Saint, ainsi que le 25 et le 26 décembre. En outre, il n’est pas possible de positionner un jour de RTT (Réduction du Temps de Travail) sur un jour férié.

La complexité de cette réglementation aboutit à de nombreuses interprétations divergentes. En Moselle, département qui compte plus de 700 communes, on recense cinquante temples protestants et annexes faisant office d’édifices du culte. D’où un problème juridique supplémentaire : les annexes, une dizaine environ, sont-elles considérées vraiment comme édifices du culte ? En conclusion, la suppression de la référence à l’existence d’un temple protestant ou d’une église mixte ne serait-elle pas une solution pour résoudre ce casse-tête juridique ?

Bernard ZAHRA, Professeur de Droit en classe préparatoire à l’expertise comptable à Metz, pour le Groupe BLE Lorraine.

M. ZAHRA est l’auteur d’un livre de référence sur les spécificités d’Alsace-Moselle : A la découverte du Droit Local d’Alsace-Moselle (Editions Fensch Vallée).

Retrouvez d’autres articles sur le Droit Local en Moselle sur BLE Fondation.

De l’origine de la Braderie de Bouzonville

Commentaires » 0

La Braderie de Bouzonville trouve son origine dans le pèlerinage à la Belle-Croix.

braderie Bouzonville

Depuis des siècles, la vénération des reliques de la Sainte-Croix rapportées de Palestine par le comte Adalbert de Lorraine au XIème siècle était au centre de la piété populaire et attirait de nombreux pèlerins à Bouzonville. Ces reliques furent volées en 1597 par des soldats venus de Metz qui ont essayé, en vain, de les détruire. Elles furent rendues à l’abbaye de Bouzonville le 11 mai 1616 par la duchesse de Crouï. En souvenir de cette restitution, une première croix de pierre fut érigée à cet endroit. Abîmée par les guerres, elle fut réparée et embellie en 1719. On lui donna alors le nom de Belle-Croix. Cette appellation s’explique par le fait qu’elle était plus belle qu’auparavant. Certains pensent aussi que cela permettait de la distinguer d’une autre croix adossée à un mur d’enceinte d’un jardin non loin de là. Les stations d’un chemin de croix furent par la suite installées tout le long du sentier entre l’église abbatiale et le Stockohlz. Ce chemin fut démonté pendant la révolution française et les reliques furent brûlées dans un poêle de l’hôtel de ville. En 1803, le vicaire de la paroisse fit ériger une nouvelle croix au Stockholz puis un oratoire, qui existe encore de nos jours. Le chemin de croix fut reconstitué et béni en 1821. Des processions se déroulaient lors des fêtes de la Sainte-Croix, le 14 septembre pour la Croix Glorieuse et surtout le Vendredi Saint. La procession du Vendredi Saint s’interrompit dans les années 1960, le commerce ayant pris le dessus sur la fête religieuse. Des particuliers ont néanmoins maintenu cette tradition, si bien que la procession aurait officiellement repris en 2003.

(Source : RL du 07/05/2014)

Le statut scolaire en Alsace-Moselle

Commentaires » 1

Le Droit Local alsacien-mosellan est un héritage de l’histoire. En 1870, la Prusse gagna en quelques semaines la guerre contre la France.

Les préliminaires de paix signés à Versailles en février 1871, puis le Traité de Francfort du 10 mai 1871 consacrèrent l’annexion, au profit de l’Empire d’Allemagne créé en janvier 1871, de l’Alsace (à l’exception de Belfort), de la Moselle et d’une partie de la Meurthe et des Vosges.

Le 11 novembre 1918, l’Alsace-Moselle redevînt française, ce qui fut proclamé quelques mois plus tard par le Traité de Versailles du 28 juin 1919. Pendant 47 années d’annexion entre 1871 et 1918, l’Empire allemand  a introduit  progressivement  ses lois tout en maintenant certaines règles anciennes du droit français. Dès lors, le pouvoir exécutif français se trouvait confronté à cet héritage législatif. Fallait-il abroger toutes ces dispositions  et appliquer l’intégralité de la législation française en vigueur, comme cela avait été le cas pour la Savoie et Nice en 1861, ou fallait-il maintenir le Droit Local ? La seconde solution fut choisie pour deux motifs déterminants. Les premières raisons sont d’ordre technique : les lois locales avaient un siècle d’avance sur les codes napoléoniens et donc dans bien des domaines étaient supérieures au droit français (publicité foncière, échevinage des juridictions commerciales, faillite civile, etc.). Les secondes raisons sont d’ordre politique. Les Alsaciens et les Mosellans étaient très attachés aux lois sociales locales, qui avaient fait la preuve de leur efficacité, ainsi qu’aux lois en matière de cultes et d’enseignement. Dans ce dernier cas, il faut bien distinguer le régime des cultes et le statut scolaire. En ce domaine, l’Alsace et la Moselle sont soumises à un régime spécial, comme il en existe en Guyane ou dans d’autres pays européens. En effet, la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat ne s’applique pas.

L’attachement des populations au régime des cultes peut s’expliquer par le rôle particulier de l’Eglise qui sous l’annexion avait été un rempart français alors que les élites s’étaient exilées à Nancy et à Paris. En 1924, le régime concordataire a été menacé lorsque le Président du Conseil, Edouard Herriot envisagea d’introduire en Alsace et en Moselle l’ensemble de la législation française, mais la protestation fut telle que le projet fut abandonné. Le 29 janvier 1929, le Président Poincaré renouvelait solennellement « l’assurance que le statut des cultes dans les trois départements de l’Est ne saurait être modifié qu’avec le plein accord des populations ».

Le statut scolaire en Alsace et en Moselle est en partie lié au régime des cultes reconnus. La législation des cultes est constituée par l’ancienne loi du 18 germinal An X (Concordat de 1801 et Articles Organiques des cultes catholique et protestants) et de nombreux textes d’application, dont le décret de 1808 pour le culte israélite. Les cultes reconnus sont au nombre de quatre : le culte catholique, les deux cultes protestants (Eglise Protestante Réformée d’Alsace et de Lorraine, ainsi que l’Eglise Protestante de la Confession d’Augsbourg d’Alsace et de Lorraine) et le culte israélite. Ils bénéficient d’un statut privilégié puisque leurs ministres du culte sont rémunérés par l’Etat et ont droit à une retraite. De même, les communes, en cas d’insuffisance de revenus des établissements publics du culte ont l’obligation d’entretenir les édifices du culte. Elles sont tenues également d’assurer le logement aux ministres du culte. En contrepartie, l’Etat français contrôle ces ministres du culte. Leur nomination est en effet soumise à l’accord des autorités civiles. Ceci correspond bien en fait à l’idée de Portalis, ministre du culte de Napoléon, selon laquelle le religieux fait partie de la sphère publique. Pour ce dernier, la religion est nécessaire pour une raison pratique : les institutions religieuses ne sont jamais indifférentes au bonheur public.

» Lire la suite

Les rebouteurs d’Hérival

Commentaires » 0

Dans une région aussi escarpée que les Vosges et avec une population qui vivait en grande partie de la forêt et du travail du bois, les accidents de membres, comme les fractures, les foulures, les luxations ou encore les entorses, étaient fréquents. La nécessité d’y remédier a sans doute favorisé l’apparition de talents et de dons particuliers.

guerison

La famille Fleurot, originaire de La Broche avant de s’installer à Hérival, s’est faite une renommée pendant plus de 200 ans en la matière. Les Fleurot auraient reçu les premiers principes de l’ostéologie du Docteur Forget, médecin du Duc Charles IV de Lorraine au cours du séjour que fit le souverain dans le pays, lors de l’invasion des Suédois pendant la Guerre de Trente Ans. On raconte aussi qu’un jour l’un des ancêtres de cette famille aurait fendu le tronc noueux d’un vieux chêne. Cédant sous la violence des coups, l’arbre se serait ouvert et aurait laissé voir l’image d’un crucifix brisé et divisé par la hache. Le pieux Fleurot aurait réussi à le réparer en raccordant les parties cassées et éparses. En récompense de son œuvre dévote, il aurait reçu d’en haut, lui, ainsi que toute sa famille, le don de rejoindre et de rebouter les membres rompus ou disloqués de tout catholique.

Au-delà de la légende, les Fleurot se firent une véritable réputation. A tel point que l’un d’eux fut même appelé à Paris en 1759 par Louis XV, sous les conseils de Stanislas, pour prodiguer ses soins au Duc de Bourgogne. En témoignage de sa reconnaissance, le prince remit au patricien lorrain un magnifique exemplaire du Traité de Monro sur l’anatomie du corps humain. Il écrivit sur le premier feuillet « Donné par moi, le Duc de Bourgogne le 20 mars 1760 ». Impressionné, Louis XV aurait également voulu accorder des lettres de noblesse au Fleurot. Mais ce dernier refusa, de peur que ses descendants oublient la modestie de leur origine et ne méprisent les pauvres. Il accepta seulement que ses descendants soient exemptés de la milice.

Déconstruction de l’église du Plateau de Mont-Saint-Martin

Commentaires » 6

Malgré la colère des opposants à la décision du diocèse de Nancy, la démolition de l’église Notre-Dame-de-l’Assomption, dite du Plateau, de Mont-Saint-Martin est imminente. Une Maison pastorale doit être élevée en lieu et place de l’édifice construit en 1959. Ce dernier étant devenu trop cher à entretenir au vu du faible nombre de fidèles.

église Notre-Dame-de-l'Assomption Plateau Mont-Saint-Martin

L’église Notre-Dame-de-l’Assomption à Mont-Saint-Martin (Crédits photo : Wikipédia)

Des manifestants se sont rassemblés le jour théorique du lancement des travaux de déconstruction, afin de réaffirmer leur attachement à l’église. Il faut dire qu’il aurait été plus judicieux de la réaffecter à des fins culturelles plutôt que de la détruire. Des dessins d’enfants, des fleurs et un bandeau noir ont été symboliquement accrochés aux grilles de protection du chantier.

Plus que la perte d’un symbole, les opposants dénoncent un choix inadapté, aussi bien en termes de coûts que de services. En janvier 2011, une commission « immobilier » composée de décideurs et de représentants des sept paroisses du secteur pastoral du Pays-Haut a été créée. En juin 2012, un projet, élaboré et chiffré avec le concours d’un architecte lorrain, a obtenu l’approbation de la majorité des membres. Evalué à 450 000 euros, ce programme prévoyait de conserver l’église du Plateau en l’état actuel, voire de la vendre à la commune de Mont-Saint-Martin pour la reconvertir en centre culturel. L’investissement aurait alors principalement concerné la réhabilitation de la Maison paroissiale de Longwy-Haut et l’aménagement d’un espace situé sous l’église Saint-Barthélemy de Mont-Saint-Martin en salle de réunion pour 100 personnes. Mais le projet a été abandonné en septembre dernier sans que l’on sache vraiment pourquoi. Le diocèse a alors décidé de procéder à la démolition de l’église et de construire une nouvelle Maison pastorale excentrée. Ce choix représente quant à lui une dépense de 750 000 euros. Incompréhensible.

Glatigny n’est plus maudit pour les juifs

Commentaires » 1

Glatigny, petite commune de moins de 300 âmes du Pays Messin, a dernièrement rendu hommage à Raphaël Lévy, 344 ans après sa mort. Ce juif avait été injustement condamné pour l’enlèvement et le meurtre rituel du petit Didier Lemoine, garçonnet âgé de 3 ans.

Marchand de bestiaux de 56 ans originaire de Boulay, Raphaël Levy s’était rendu à Metz le 25 septembre 1669 à la veille des grandes fêtes juives du Nouvel An pour faire des achats. Il s’était arrêté en chemin pour faire ferrer son cheval. Au même moment, une mère était allée laver son linge avec son petit garçon à une fontaine près de Glatigny. Après avoir été perdu de vue, l’enfant avait été retrouvé mort un mois plus tard dans un buisson.

Au terme d’un procès émaillé de faux témoignages, Raphaël Levy avait été condamné à mort et brûlé vif le 17 janvier 1670 à Metz. Les sources révélèrent plus tard que les témoignages avaient été en général rapportés par des femmes, dont les maris étaient débiteurs de ce marchand.

C’est la raison pour laquelle Glatigny avait été frappé d’un arrêté moral pris par la communauté israélite. Le village était déclaré « gessaert », c’est-à-dire maudit, depuis 1670. L’arrêté interdisait à tout juif d’y passer la nuit, interdiction qui était encore respectée de nos jours et qui est désormais levée.

Une plaque commémorative a été apposée sur une fontaine-lavoir située au centre du village et sur l’ancienne route de Metz, jadis empruntée par Raphaël Lévy. A noter que le Parlement de Nancy l’avait déjà réhabilité en 1699.

La synagogue de Forbach reconvertie en lieu culturel

Commentaires » 0

Le consistoire israélite de Moselle a dernièrement demandé au préfet de procéder à la désaffectation de la synagogue de Forbach.

Les israélites représentaient 10 % de la population de Forbach en 1835, au moment de la construction de la synagogue. Aujourd’hui, la communauté de confession juive n’a plus les moyens humains pour gérer l’entretien de l’édifice situé en plein centre-ville, face à la mairie de Forbach. Le lieu de culte va donc être désaffecté. En raison du Droit Local en vigueur en Alsace-Moselle, il revient au préfet de prononcer la désaffectation des lieux. Ce dernier va donc prendre un arrêté.

Le bâtiment ne sera pas pour autant détruit. La Ville de Forbach est en effet intéressée pour le reconvertir en espace culturel. Un bail emphytéotique devrait être signé dans cette optique avec le consistoire israélite de Moselle. La synagogue pourra alors être confiée à des associations pour organiser des expositions, des concerts ou encore des répétitions.

Des oculus des chapelles de Lorraine

Commentaires » 0

Certaines chapelles de Lorraine possèdent deux orifices circulaires sur leur façade, de part et d’autre de la porte d’entrée. C’est notamment le cas de l’ancienne chapelle de Valmont ou encore des chapelles de Folschviller et de Moulin-Neuf à Macheren. Ces ouvertures permettaient aux personnes non autorisées à entrer dans l’église de suivre l’office religieux de l’extérieur, à l’image des excommuniés, des adeptes d’une autre religion ou encore des malades.

12345...8