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» Catégorie : Religion


Foudroyée, la Chapelle de Vrémy sera restaurée

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La foudre s’est abattue sur la Chapelle de Vrémy, en Pays Messin, le 7 juillet dernier, en début d’après-midi. Le clocher de l’édifice, construit en 1832, s’était alors enflammé. L’ensemble a été sérieusement endommagé. La charpente et la couverture en bois du clocher sont tombées au-dessus de la nef, fragilisant tout l’édifice par de nombreuses fissures. Le risque d’effondrement a contraint le maire à prendre un arrêté de péril imminent pour interdire l’accès du public à la chapelle.

Chapelle Vremy

La Chapelle de Vrémy devrait prochainement retrouver son aspect originel (Crédits photo : Aimelaime)

Depuis la fin de l’été, les experts et les différents corps de métiers se sont déplacés. Ils ont chiffré à 274 016 euros la restauration du monument. Cette dernière sera financée sans subvention, la commune ayant récemment reçu 185 000 euros de provision de l’assurance. Le reste devrait être pris en charge par Vrémy. Des citoyens et des habitants se sont également mobilisés en apportant de l’argent.

Suite au sinistre, le clocher a été bâché fin juillet, afin de le mettre hors d’eau. Une entreprise de couverture doit à présent vérifier l’étanchéité du chœur, qui sera également recouvert de bâches le cas échéant. Les travaux de restauration doivent quant à eux commencer en janvier.

Nancy privé de Saint-Nicolas

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Le maire de Nancy, Laurent Hénart, et le préfet de Meurthe-et-Moselle, Philippe Mahé, ont dernièrement décidé d’annuler les courses, le feu d’artifice, ainsi que le défilé de la Saint-Nicolas, qui devaient respectivement se dérouler le 29 novembre, le 4 décembre et le 5 décembre. L’année dernière, ces trois manifestations phares des festivités de la Saint-Nicolas dans la cité ducale avaient rassemblé dix mille, trente mille et cent cinquante mille personnes.

Festivités Saint-Nicolas Nancy 2015

Les autorités invoquent des raisons de sécurité lié à l’état d’urgence, qui a été prolongé jusqu’au 26 février 2016, consécutif aux attentats du 13 novembre en région parisienne, pour motiver leur décision. Les autres animations et spectacles de rue prévus à Nancy pour la Saint-Nicolas sont néanmoins maintenus. Par exemple, les compagnies qui devaient défiler dans les rues du centre-ville resteront statiques et seront visible sur certaines places de Nancy.

Le Groupe BLE Lorraine condamne cette décision qui ne fait que donner raison aux terroristes et renier nos traditions et fêtes populaires. Le risque sera en effet tout aussi grand, voire même peut-être davantage l’année prochaine une fois que l’état d’urgence sera révolu. En suivant cette logique, il faudrait alors fermer les centres commerciaux à la veille des courses de Noël et vider les enceintes sportives de tous leurs supporteurs. D’aucun ne voit ici qu’un prétexte pour le maire de Nancy de réaliser des économies substantielles sur le dos des Lorrains, petits et grands.

Excepté les feux d’artifice, les festivités de la Saint-Nicolas dans les autres villes de Lorraine ont été confirmées. A Saint-Nicolas-de-Port par exemple, le défilé et la traditionnelle procession aux flambeaux auront bien lieu. De quoi exalter une nouvelle fois le sentiment lorrain, au plus profond de la nuit. A Metz, un village de Saint-Nicolas sera monté Place de la Comédie. Il offrira une multitude de stands, d’activités, de manèges et de points de restauration. Le dimanche 6 décembre, la parade de chars déambulera pendant près d’une heure dans le centre-ville, après que le Saint-Patron de la Lorraine et des Lorrains ne soit apparu au balcon de l’Opéra-théâtre.

La synagogue de Maizières-lès-Vic détruite par un incendie

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Un pan entier de l’histoire et du patrimoine de Maizières-lès-Vic, commune située dans le Pays du Saulnois, est dernièrement partie en fumée. Construit dans les années 1860 pour la petite communauté juive qui vivait autrefois dans le village, l’édifice, inoccupé depuis longtemps, a en effet été ravagé par un incendie.

En mauvais état, la synagogue attendait d’être restaurée. Sa toiture commençait à se dégrader. Mais son propriétaire n’a jamais trouvé les fonds nécessaires pour entreprendre les travaux.

La synagogue de Maizières-lès-Vic était l’un des rares exemples d’édifices judaïques implantés en milieu rural. Elle avait été inscrite à l’inventaire des Monuments historiques en 2012.

Cathédrale de Metz : la cloche de la Mutte sonne à nouveau

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Après cinq ans de travaux d’un montant de 5,5 millions d’euros, la cloche de la Mutte, située tout en haut de la tour civile du même nom intégrée à la cathédrale de Metz, sonne à nouveau à la volée. Elle ne l’avait plus fait depuis 1919. Ce monstre de onze tonnes a averti durant des siècles les Messins des troupes en approche, des catastrophes et des réjouissances.

Tour Mutte Cathédrale Metz

La cloche de la Tour de la Mutte résonne à nouveau (Crédits photo : Marc de METZ)

En effet, lors de la volée célébrant l’Armistice, des pierres tombèrent. La cloche fut donc mise au repos forcé, afin de ne pas risquer de faire écrouler la tour par les vibrations engendrées. La numérisation de la cathédrale en 2000 démontra que le problème venait en réalité des pierres situées près de l’aiguille sommitale qui avaient été remplacées au XIXème siècle. Les plus endommagées ont depuis été changées.   

Si bien que les cloches de la Tour de l’horloge et ses voisines de la Tour de la Mutte, à savoir celle du Tocsin et celle dite de Mademoiselle de Turmel, sonnent désormais juste avant la cloche de la Mutte.

Autour des feux de la Saint-Jean en Lorraine

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La Saint Jean-Baptiste est certainement l’une des fêtes les plus curieuses du calendrier lorrain. Car elle revêt, dans nos contrées, une ferveur toute particulière. Un étonnant résidu de paganisme, à peine teinté de religion …

Située, comme par magie, à proximité du jour le plus long de l’année, la Saint Jean-Baptiste, que l’on se contente souvent d’appeler Saint Jean, voire Saint Jean d’été, est l’occasion d’allumer, dans toute la Lorraine, d’immenses brasiers que la culture populaire désigne encore sous le nom patois de « bûles ». La tradition est d’ailleurs bien ancrée. On la trouve mentionnée dès le XVIème siècle et elle continue d’être populaire auprès des communautés villageoises, depuis l’Argonne jusqu’aux Vosges. Mais au fait, d’où vient cette tradition ? Et pourquoi, à Sierck-les-Bains et dans quelques lieux des Vosges, les gens ne font-ils pas comme tout le monde ?

Feux Saint-Jean roue enflammée Contz-lès-Bains

Roue enflammée lançée depuis le sommet du Stromberg à Contz-lès-Bains pour la Fête de la Saint-Jean (Crédits photo : Thomgege)

Comprendre les origines des feux de la Saint-Jean, c’est remonter, en quelque sorte, au plus profond de nos origines. Bien avant la naissance du Christ, les Celtes avaient déjà coutume de célébrer le solstice d’été en allumant de grands feux. Ces immenses brasiers, qu’ils dédiaient aux dieux de la lumière et de la fertilité, étaient censés illuminer la nuit la plus courte de l’année. Certaines sources affirment qu’une fois que le bûcher était consumé, on le divisait en deux tas de braises entre lesquels on faisait défiler le troupeau de la communauté. Ce rite, païen par excellence, était censé protéger les animaux. Il semblerait qu’il ait été pratiqué en Lorraine jusqu’à des périodes relativement récentes.

Autrefois appelée « Litha », la fête du solstice, que la tradition germano-scandinave continue de désigner sous le nom de « Midsommar » (littéralement, « milieu de l’été ») était considérée comme l’apothéose du règne de la nature. D’après Bède le Vénérable, auteur médiéval d’un ouvrage intitulé De temporum ratione, cette fête était propice à l’amour, à la guérison et à la protection.

Avec ses bûchers, ses danses et ses rites païens, la fête du solstice s’est très vite attirée la méfiance de l’Eglise. Dès les premiers siècles du christianisme, prêtres et évêques tentèrent de faire interdire l’ensemble des cultes en rapport avec le Soleil et le cycle des saisons. En vain, car les peuples paysans (à noter d’ailleurs que « paganus », en latin, signifie aussi bien paysan que païen) continuèrent de célébrer, à leur manière, le jour le plus long de l’année …

Face à ce constat d’échec, l’Eglise s’appliqua alors à christianiser la fête, en choisissant de célébrer, chaque 24 juin, la Saint Jean-Baptiste. Le choix n’est pas anodin. Jean-Baptiste était le cousin du Christ. C’est lui qui l’aurait baptisé, dans les eaux du Jourdain, et l’aurait désigné comme étant l’incarnation de Dieu sur Terre. Emprisonné, il fut finalement décapité sur les ordres du roi Hérode, afin de satisfaire Salomé qui, en récompense d’une danse qu’elle venait d’exécuter devant le monarque, avait précisément demandé la tête de Jean-Baptiste …

En tant que cousin du Christ et dernier prophète à avoir annoncé sa venue, Jean-Baptiste occupe une place de choix dans la tradition catholique. Il est celui qui a baptisé Jésus, celui qui l’a annoncé et établi dans son ministère. Pour toutes ces raisons, on a choisi de le fêter à une date symbolique, étonnamment placé aux antipodes de Noël, qui, est-il besoin de le rappeler, célèbre la naissance du Christ. L’Eglise médiévale pensait alors que le charisme et la personnalité de Jean-Baptiste suffiraient à effacer, peu à peu, les vieux rites païens. Il n’en fut rien.

Car les bûles de la Saint-Jean continuent de flamber, chaque 24 juin, dans toutes les contrées d’Occident. En Lorraine notamment, elles font l’objet d’une incroyable popularité, peut-être parce qu’elles sont aussi l’occasion de réunir le village, la famille. Même à Metz, on dressait autrefois un imposant bûcher, sur la place de l’Esplanade. Les jeunes gens avaient l’habitude de s’y retrouver et d’y danser toute la nuit. Et d’y brûler quelques chats !

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Du cimetière anabaptiste de Gosselming dans le Pays de Sarrebourg

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La commune de Gosselming, dans le Pays de Sarrebourg, abrite un petit cimetière anabaptiste. D’à peine trois ares, celui-ci regroupe une quinzaine de tombes et remonte à 1874.

cimetière anabaptiste Gosselming

Le cimetière anabaptiste de Gosselming (Crédits photo : Wikipédia)

Catherine Hirschy Nafziger, jeune épouse de 25 ans décédée en couches, fut la première défunte à y être inhumée. Elle avait d’abord été enterrée dans le cimetière de Gosselming. Mais comme elle était anabaptiste, cela avait créé des histoires dans le village. Une plainte avait même été déposée et le sous-préfet de l’époque avait convoqué le père, Jean Hirschy, meunier et paysan à Gosselming, afin de trouver une solution. Comme ce dernier désirait entretenir une relation pacifique avec les gens du village, il demanda l’autorisation d’ouvrir son propre cimetière sur l’un de ses terrains. Après l’avoir obtenue, il fit monter des murs. C’est comme cela que le cimetière fut créé. Cette première tombe est toujours visible et le cimetière anabaptiste mennonite de Gosselming continue à accueillir des sépultures. Il s’agit d’ailleurs du seul encore utilisé dans la région. Il en existe pourtant d’autres, comme à Buhl-Lorraine, où le dernier défunt y a été enterré il y a cinquante ans, ou encore à Rhodes, à Haraucourt-sur-Seille et à Repaix. Les cimetières anabaptistes mennonites de Xouaxange et de Lafrimbolle ont quant à eux été abandonnés. Celui de Gosselming est parfaitement entretenu par les familles de cette communauté religieuse, qui vit aujourd’hui dans un triangle composé des communes de Berthelming, Rhodes et Sarrebourg.

L’église en fer de Crusnes vendue à une top-modèle

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Monument Historique depuis 1990, l’église Sainte-Barbe en fer de Crusnes, dans le Pays-Haut, a dernièrement été vendue par l’association diocésaine à une Société Civile Immobilière (SCI) appartenant à Leonor Scherrer, top-modèle parisienne et figure du prêt-à-porter. Le diocèse avait mis officiellement le bien en vente depuis moins de deux ans à 250 000 euros.

église Sainte-Barbe Crusnes 2

L’église en fer de Crusnes a été achetée par une top-modèle (Crédits photo : Raoul GILIBERT pour le Groupe BLE Lorraine)

L’édifice, dédié à la sainte patronne des mineurs, a été construit dans le style Art Déco par l’architecte Ferdinand Fillod en 1939 à la demande de la famille De Wendel. Il devait en effet constitué une église témoin avant un développement commercial à grande échelle. Mais ce dernier n’eut finalement jamais lieu. La Seconde Guerre mondiale, puis la décolonisation ont en effet enterré le projet des maîtres de forges lorrains.

La fille de Jean-Louis Scherrer, créateur de mode de haute couture, entend créer dans cette église, qui a servi de décor au film Les Rivières pourpres 2 réalisé par Olivier Dahan en 2004, un studio d’enregistrement de musique. D’autres projets pourraient également y voir le jour.

Tombée en désuétude et rongée par la rouille, l’église Sainte-Barbe de Crusnes avait fait l’objet d’une vaste rénovation entre 1997 et 2006 d’un montant de deux millions d’euros.

Début des travaux de la nouvelle mosquée de Longwy

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Envisagé dès 2006 par l’Association Cultuelle des Musulmans de l’Agglomération de Longwy (ACMAL), le chantier de la nouvelle mosquée a dernièrement débuté. Situé sur une friche sidérurgique de 1,7 hectare mise à disposition par la communauté de communes dans le cadre d’un bail emphytéotique, le futur bâtiment aura une capacité d’accueil de 1 500 personnes. D’une architecture sobre et moderne, l’édifice s’intégrera parfaitement dans le paysage. En retrait d’une trentaine de mètre par rapport à la route, l’ensemble sera entouré de parkings et de végétation.

Plus que de mosquée, les responsables de l’association préfèrent parler de centre cultuel. Baptisé Tawhid, qui signifie « monothéisme » et « unicité » en arabe, ce dernier sera ouvert au public. Il devrait également accueillir des conférences sur l’islam.

La nouvelle mosquée de l’agglomération de Longwy, qui représente un investissement de 2,5 millions d’euros, sera financée grâce aux dons des fidèles. 682 000 euros ont d’ores et déjà été collectés pour lancer la première tranche des travaux. La structure devrait être opérationnelle d’ici trois ans. Elle permettra d’en finir avec l’actuel centre de prières de la Rue Pasteur à Gouraincourt, où 600 personnes s’entassent dans des locaux vétustes.

Vosges : l’église de Vagney-Zainvillers démolie !

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Les engins mécaniques ont dernièrement attaqué l’église Sainte-Cécile de Zainvillers. Ce magnifique témoignage du XIXème siècle est en cours de démolition. Seul le fronton de la porte d’entrée de l’édifice sera conservé pour laisser place nette à l’extension de l’Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées dépendantes (EHPAD), avec notamment la création d’une unité de vie qui accueillera treize personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Avant l’église, l’ancien bâtiment qui a abrité l’école privée de garçons, qui jouxtait la maison de retraite, avait lui aussi été détruit.

église Sainte-Cécile Zainvillers

L’église Sainte-Cécile de Zainvillers a été rayée de la carte ! (Crédits photo : Rauenstein, Wikipédia)

L’ensemble de l’opération a commencé en 2007, date à laquelle la commune de Vagney-Zainvillers a fait l’acquisition de l’église Sainte-Cécile. L’évêché souhaitait en effet se débarrasser de l’édifice désacralisé qui représentait un entretien coûteux.

La destruction de cette église est un véritable scandale patrimonial !

Retrouvez d’autres monuments du patrimoine lorrain en danger sur BLE Fondation.

L’histoire cachée de la Chapelle de la Visitation du Lycée Poincaré à Nancy

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La Chapelle de la Visitation du Lycée Poincaré de Nancy a été construite à la fin du XVIIIème siècle. Son histoire est liée à celle des Sœurs des Visitandines. Plus d’un siècle plus tôt, celles-ci acquirent la ferme et les terrains agricoles sur lequel leur couvent, devenu établissement scolaire au début du XIXème siècle, a été bâti. A l’époque, le site ne se situait pas à l’intérieur de la ville de Charles III.

intérieur coupole Chapelle Visitation Nancy

Intérieur de la coupole de la Chapelle de la Visitation à Nancy (Crédits photo : François BERNARDIN pour Wikipédia)

Pendant plus de cent ans, les sœurs prièrent dans la grange de la ferme qui est aujourd’hui occupée par le cloître du couvent. La chapelle fut édifiée par le premier évêque du tout jeune diocèse de Nancy, à savoir Louis-Apollinaire de la Tour du Pin-Montauban. Les fonds affluèrent alors de toute l’Europe, parfois clandestinement, dont notamment d’Autriche, refuge des descendants des Ducs de Lorraine. L’architecte s’appuya sur un traité italien. Le style de la chapelle tranche singulièrement avec celui des constructions de l’époque. L’édifice, de plan cubique, est en effet couronné d’une coupole, elle-même atypique. Les carreaux qui y sont dessinés deviennent de plus en plus petits à mesure qu’ils se rapprochent du sommet, de manière à former un trompe-l’œil et à donner une impression de grandeur.

Même la franc-maçonnerie participa au financement de la chapelle. Le neveu d’une mère supérieur obtint en retour son autorisation pour y organiser des réunions. A la mort de sa tante, il réussit à trouver un accord financier avec celle qui lui succéda. C’est la raison pour laquelle plusieurs symboles francs-maçons sont taillés dans les pierres de l’édifice religieux. En 1791, les hordes révolutionnaires françaises détruisirent une grande partie des portraits des Ducs de Lorraine. Le nouvel Etat français transforma alors la chapelle en « musée des saisies révolutionnaires ». Celui-ci rassembla quelques-unes des rares œuvres commandées par la famille ducale de Lorraine telles que L’Annonciation, peinte par Le Caravage en 1608, ou encore une copie des célèbres Noces de Cana de Véronèse, réalisée par Claude Charles en 1702, afin de décorer le couvent des Cordeliers de Nancy. Un professeur de dessin s’installa également en ces lieux pour y donner des cours. La chapelle devînt ainsi en quelque sorte le premier musée lorrain et la première école des Beaux-arts de Lorraine. En 1802, le couvent des Visitandines et celui voisin des Minimes furent reconvertis en lycée impérial.

A noter que la Chapelle de la Visitation est ouverte lors des Journées européennes du patrimoine. Il est également possible de la visiter occasionnellement par petits groupes sur demande. Nous vous conseillons enfin de passer aussi par la bibliothèque voisine qui abrite un fonds ancien remarquable qui a su échapper aux pillages des dernières guerres.

(Source : ER du 18/01/2015)

Patrimoine : du cimetière mennonite d’Haraucourt-sur-Seille

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Bourg typiquement lorrain du Pays du Saulnois, Haroucourt-sur-Seille veille discrètement sur une pépite patrimoniale presqu’unique dans la région, à savoir un minuscule cimetière mennonite.

Le site recèle autant de charmes que de mystères. La végétation, dont il a été la proie durant près d’un siècle, l’a au final protégé des outrages du temps. Le cimetière retrouve même de sa superbe depuis 1998 et la restauration de la quinzaine de tombes encore à fleur de terre entreprise par l’ancienne municipalité soutenue financièrement par le Conseil Général de la Moselle.

Les mennonites se caractérisent par le rejet du baptême et de toute forme de violence. Ils n’ont par ailleurs pas coutume de se recueillir à la Toussaint sur les tombes de leurs ancêtres.

Les documents d’archives et les dates gravées sur le haut des stèles funéraires indiquent qu’ils n’ont été de passage à Haraucourt-sur-Seille que durant la seconde moitié du XIXème siècle. Les noms à consonance germanique, les bribes de messages d’adieux gravés en français ou en allemand sur certaines pierres tombales confirment qu’ils devaient venir de Suisse, contraints de fuir leur région natale pour avoir choisi de suivre, après le schisme de 1690, Menno Simons, maître à penser de ce mouvement dissident du protestantisme. Il n’en resterait aujourd’hui plus que 2 000 adeptes dans l’Est de la France et plus aucun à Haraucourt-sur-Seille.

Sculptées çà et là sur les tombes restaurées, des scènes de vie paysannes montrent que la communauté a vécu ici de l’agriculture. Les mennonites n’avaient généralement pas le droit d’inhumer leurs défunts dans les cimetières catholiques. Ils le faisaient alors sur leurs propriétés. A Hauraucourt-sur-Seille, leur communauté devait être assez puissante pour avoir installé son propre cimetière.

(Source : RL du 30/10/2014)

Le délit de blasphème en Alsace-Moselle

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Le Droit Local en vigueur en Alsace-Moselle demeure une curiosité non seulement pour les personnes qui arrivent d’autres départements mais aussi, bien souvent pour les Alsaciens et les Mosellans eux-mêmes.

On connait les particularités locales sur le régime des cultes et sur le statut scolaire. On connait beaucoup moins les dispositions considérées comme des atteintes aux libertés religieuses. L’Article 166 du Code pénal local (Code pénal allemand) vise les blasphèmes, outrages ou injures. L’Article 167 du même code concerne les entraves au libre exercice du culte. Ces textes, qui n’ont pas d’équivalent dans la France de l’intérieur, font l’objet de peu de jurisprudence et sont souvent confondus.

Ces infractions sont des délits, punis d’une peine d’emprisonnement maximum de trois ans. Aucune peine de prison n’a à ce jour été prononcée mais le Tribunal correctionnel de Metz a appliqué le 21 octobre 1952 l’Article 166 du Code pénal, « considérant que le fait de sonner les cloches, puis de donner un coup au curé en le traitant de « jeune morveux », pendant la cérémonie de baptême, en semaine, dans une église catholique, constituaient des actes injurieux et scandaleux ». Le prévenu fut condamné à 6 000 francs d’amende.

Dans une décision du 30 novembre 2012 sur le régime des corporations obligatoires en Alsace-Moselle, le Conseil Constitutionnel a considéré que l’absence de version officielle en langue française d’une disposition législative portait atteinte à l’objectif de valeur constitutionnelle d’accessibilité de la loi. A la lumière de la décision du Conseil Constitutionnel et de son commentaire, le gouvernement a procédé à la traduction officielle de nombreuses dispositions allemandes dans un décret du 14 mai 2013. La liste des textes adoptés a été également publiée dans le recueil des actes administratifs de la préfecture de la Moselle (arrêté du 15 mai 2013), ainsi que dans ceux des préfectures du Bas-Rhin et du Haut-Rhin (arrêté du 29 août 2013) … en oubliant l’Article 166 du Code pénal local. On peut donc conclure que le délit de blasphème d’Alsace-Moselle, qui est issu d’un texte en langue allemande n’ayant pas fait l’objet d’une publication officielle en français, ce qui lui enlève son caractère opposable, est tout simplement inapplicable.

Bernard ZAHRA, Professeur de Droit en classe préparatoire à l’expertise comptable à Metz, pour le Groupe BLE Lorraine.

M. ZAHRA est l’auteur d’un livre de référence sur les spécificités d’Alsace-Moselle : A la découverte du Droit Local d’Alsace-Moselle (Editions Fensch Vallée).

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