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Le Circuit de Lorraine repart pour un tour
Commentaires » 0La 52ème édition du Circuit de Lorraine aura bien lieu du 16 au 20 mai 2012, malgré l’abandon du Conseil Régional de Lorraine. Tant mieux.
Course régionale et même internationale avec des étapes en Allemagne et au Luxembourg selon les années, le Circuit de Lorraine, qui a repris en 2005 la succession du Circuit des Mines créé en 1956, semblait avoir trouvé son rythme de croisière. C’était oublier les querelles d’ego. La course cycliste phare de la Grande Région vit des heures difficiles après le retrait abrupt et surprise de son principal partenaire, le Conseil Régional de Jean-Pierre Masseret.
Sprint final au Circuit de Lorraine (Crédits photo : Ouest France)
Le 7 novembre 2011, après une réunion qui a duré une minute, l’association du Circuit de Lorraine, dépositaire du label, et son principal partenaire, ont décidé de mettre un terme à leur collaboration. Il faut dire que la Région a toujours mis la pression sur les organisateurs pour élever le niveau de l’épreuve et répondre aux plus grandes exigences de sécurité. C’est d’ailleurs ce qui a permis à l’épreuve lorraine d’obtenir le label UCI (voir : http://forumdeslorrains.forumactif.com/t803-circuit-de-lorraine). Mais il y a un moment où l’exigence légitime des uns vient se heurter frontalement au travail quotidien de ceux qui depuis plus de 50 ans ont œuvré sur le terrain du cyclisme lorrain. Le cahier des charges proposé par le Conseil Régional reflétait sa volonté d’organiser la manifestation de A à Z, à savoir le parcours, les équipes, le protocole, l’hébergement et les villes-étapes. L’ « ultimatum » adressé à l’association l’a définitivement froissée. Cette dernière, qui a donné à la course ses lettres de noblesse, a dénoncé une « attitude dictatoriale ».
Néanmoins, l’abandon du Conseil Régional pose la question de la pérennité de la course. La Région versait en effet 250 000 euros à l’épreuve dont le budget est de 400 000 euros. En dehors de la Région et de Walygator, l’ensemble des partenaires est resté aux côtés du Circuit de Lorraine. Cela dit, il manque aujourd’hui pour l’édition 2013 un ou plusieurs sponsors susceptibles de combler la subvention du Conseil Régional. C’est pourquoi les organisateurs sont en quête de nouveaux partenaires. Le Pôle thermal d’Amnéville est finalement venu en renfort pour 2012.
Les formations sont également rester fidèles à un rendez-vous apprécié dans le milieu, dont l’édition 2012 a été placée sous le haut parrainage de Bernard Thévenet, double vainqueur du Tour de France et d’Eddy Merckx en 1975 et 1977. La course durera cinq jours. Seize équipes de huit coureurs composeront le peloton, dont la FDJ, Vacansoleil et Movistar, trois formations du World Tour, ainsi qu’Europcar, Cofidis et Saur-Sojasun.
Le parcours, qui s’élancera de Rombas, mettra une nouvelle fois à l’honneur les quatre départements lorrains. Cinq étapes figurent au programme de la course : Rombas-Neuves-Maisons (159,5 km), Etain-L’Hôpital (176 km), Pompey-Neufchâteau (210 km), Briey-Metz (160 km) et Thionville-Hayange (158,5 km). Un parcours assez classique, si ce n’est que l’étape des Vosges sera nettement moins ardue que celle des années précédentes. La première étape, assez courte et plutôt nerveuse, est réservée aux puncheurs avec un beau final et la côte de Chaligny (12 %) à 15 km de l’arrivée pour faire la sélection. Le final de l’étape des Côtes de Moselle, entre Briey et Metz, aura lieu aux Arènes et préfigurera l’arrivée du Tour de France le 6 juillet sur le parvis du Centre Pompidou.
Créer une nouvelle aciérie à Gandrange
Commentaires » 1Le Groupe BLE Lorraine soutient l’idée de la Confédération Générale du Travail (CGT) de construire une nouvelle aciérie électrique à proximité du Laminoir à Couronnes et à Barres (LCB) de Gandrange (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/07/10/investissement-a-gandrange/), seul rescapé du cataclysme de 2008 (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/gandrange/). Cette idée a en effet sa logique économique et environnementale.
Continuer ainsi à approvisionner le LCB avec des billettes venant de Duisbourg, de Hambourg ou de Varsovie fragilise plus que jamais l’outil. Ce dernier ne bénéficie pas d’un approvisionnement optimal des billettes, la priorité étant donnée au site allemand de Duisbourg. Il est également pénalisé par le prix élevé de cette matière première livrée de sites de production lointains.
Pourtant, le LCB lorrain fabrique des produits très techniques à haute valeur ajoutée à destination de l’industrie automobile.
La construction d’une aciérie électrique représenterait un investissement de long terme estimé à 120 millions d’euros. Il réduirait considérablement les coûts environnementaux et permettrait aussi de structurer la filière recyclage qui essaye d’émerger en Lorraine. Il répondrait par ailleurs aux doléances de la fédération des ferrailleurs qui cherche des débouchés en France. Son financement reposerait sur un engagement de partenaires industriels, ainsi que sur le soutien du Fonds Stratégique d’Investissement (FSI) et des collectivités territoriales dans le cadre d’une véritable politique industrielle locale.
Mais la clique Mittal ne veut pas entendre parler de ce projet qui n’entre pas dans le cadre de sa stratégie financière spéculative à court-terme (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/09/11/siderurgie-arcelormittal-sacrifie-la-filiere-liquide-lorraine-sur-lautel-des-profits/).
Faire front commun pour sauver Hayange
Commentaires » 0Mittal prendra sa décision cet été sur la relance des hauts-fourneaux de Hayange. Il a néanmoins d’ores et déjà affirmé qu’il n’avait pas besoin de ses installations lorraines, même pas pendant les quatre mois d’arrêt du haut-fourneau de Dunkerque. Et il ne souhaite pas attendre la décision de l’Europe au sujet du Projet ULCOS (voir : http://blefondation.e-monsite.com/pages/actions-et-realisations/projet-ulcos.html) pour se prononcer. C’est la raison pour laquelle les syndicats interpellent les candidats aux législatives et exigent un front commun (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2012/03/14/le-parti-lorrain-soutient-les-siderurgistes/), comme en Allemagne, où les politiques savent parler d’une seule voix sur des sujets aussi graves.
En Allemagne, 80 % des bénéfices sont réinvestis. Chez Mittal, ils vont à l’actionnaire.
La direction d’ArcelorMittal joue sur le soutien des salariés au mouvement de résistance en Lorraine. Les gens ont peur, ils ont besoin de travailler. Ils apportent leur soutien moral, mais pas physique.
Cela dit, Mittal, très sensible à son image renvoyée à l’extérieur, supporte mal la sur-médiatisation de ce conflit social qui en est à sa 14ème semaine.
ONF : Restructurations aussi dans la forêt lorraine
Commentaires » 0Le Contrat de plan entre l’Etat, l’Office National des Forêts (ONF) et les communes forestières 2012-2016 prévoit, de source syndicale, 700 suppressions de postes en France, dont 77 en Lorraine.
Le plan continue de supprimer des emplois et de transformer l’ONF en approvisionneur de bois pour faire de la production à tout va et faire du chiffre. Le tout en mettant la pression sur les personnels, alors que la corporation traverse un profond malaise social marqué par 24 suicides depuis 2005. Les ravages de la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques) ont accéléré la chute des effectifs de 25 %, ces derniers passant de 1 058 à 830 agents ces huit dernières années en Lorraine.
Rappelons que la Lorraine reste la première région forestière de France avec deux tiers de forêts publiques et un tiers de privées.
Le scandale de l’éolienne domestique lorraine
Commentaires » 1L’éolienne à rotor vertical a été inventée par un Lorrain Celle-ci devrait d’ici quelques temps fleurir sur les toits et dans les jardins des particuliers. Mais faute d’intérêt et d’engagement des pouvoirs publics locaux, elle sera industrialisée hors de notre territoire. Toutes les portes poussées par l’ingénieur en électronique sont restées closes. Lamentable. Retour sur ce scandale.
Outre les immenses éoliennes qui poussent sur nos côtes et nos plateaux venteux (voir : http://forumdeslorrains.forumactif.com/f228-eolien), il existe aussi des modèles plus petits, adaptés à nos toits et jardins. L’éolienne à voilure tournante du Lorrain appartient à cette catégorie. Ce dernier remporte avec brio une médaille au Salon des inventeurs de Genève en 2006. La machine fonctionne comme un voilier. Ses rendements sont prometteurs. Le Lorrain cherche alors logiquement des fonds pour réaliser un prototype et des essais en soufflerie. Mais l’inventeur de Bayon (54) est RMIste et ne dispose pas de réseau. Les banques l’ignorent, continuant ainsi à ne pas assumer leur rôle au moment où l’économie et la société en ont le plus besoin. Il contacte par conséquent Oséo Lorraine, organisme de financement de l’innovation et de la croissance des PME. Il envoie un CD d’animation. Aucune réponse non plus. Après un énième appel pour décocher un rendez-vous, son correspondant Oséo lui rétorque « d’arrêter de se prendre pour Léonard de Vinci ». Le père de l’éolienne domestique multiplie les recherches de fonds privés et essuie autant de réponses négatives en Lorraine. En France, certains investisseurs peu scrupuleux essayent de le duper. Dans un dernier espoir, le Lorrain tente d’entrer en contact avec Jean-Yves Le Déaut, député et conseiller régional socialiste. En vain.
L’inventeur met par conséquent son projet de côté pour se consacrer à d’autres recherches. Il est finalement contacté en 2009 par un industriel installé à des centaines de kilomètres de la Lorraine. Celui-ci, qui a appris l’existence de l’éolienne domestique sur internet, souhaite se diversifier dans les énergies renouvelables. Pour être complètement convaincu, il décide de fabriquer un prototype avec l’aide d’Oséo de sa région. Les résultats des tests effectués ensuite en soufflerie sont bons. Le projet est viable économiquement et les premiers clients arrivent. Après six ans de bataille, le projet est désormais en bonne voie d’industrialisation. Les premiers de série pourraient sortir des ateliers en 2013. L’hommes d’affaires vise le marché mondial. Il prévoit à termes une centaine d’embauches, mais hors de la Lorraine.
En conclusion, ce n’est pas tant la volonté de financer ou non le projet qui est scandaleux et source d’inquiétude, mais le respect et l’oreille attentive que l’on porte en Lorraine sur les inventeurs. Alors que sur tous les sites internet institutionnels, on se vante de soutenir l’innovation et la croissance des PME-PMI, ce nouveau scandale renvoie à une toute autre réalité. Le projet d’éolienne domestique n’a jamais eu sa chance. Résultat, il sera industrialisé hors d’une Lorraine qui, bien que déjà sinistrée, rate une nouvelle fois l’occasion de diversifier son économie et de créer des emplois dans l’énergie verte. Et cela est intolérable.
(Source : RL du 19/04/2012)
Proviseur cherche enseignants désespérément
Commentaires » 0Depuis un an et l’autorisation du ministre français de l’éducation de recourir à Pôle emploi pour pallier les absences de professeurs, il n’est pas rare que des établissements déposent des offres. Certains mettent également des annonces en ligne sur des sites dédiés aux bonnes affaires, à l’instar des collèges Jules Ferry à Briey ou Himmelsberg à Sarreguemines. La situation fait bondir certaines associations de parents d’élèves. Ce n’est en effet absolument pas normal que des chefs d’établissements soient contraints de recruter des enseignants pour le compte du rectorat.
Passer par ce genre de sites ne signifie pas pour autant que l’on fait appel à n’importe qui. Avant d’être recruté, le professeur rencontre au préalable l’inspecteur, qui prend la décision. Il s’agit donc uniquement d’accélérer le processus.
En réalité, cette pratique n’est que la triste conséquence de la politique de suppression des postes dans nos écoles, collèges et lycées (voir : http://forumdeslorrains.forumactif.com/t790-ne-touchez-pas-a-nos-ecoles-et-colleges). Celle-ci a réduit à néant le recrutement au niveau des services de remplacement académique.
Si bien que les chefs d’établissement doivent se débrouiller par leurs propres moyens. A tel point que certains déposent des offres sur internet. La majeure partie de celles-ci concerne essentiellement des postes de professeur de langue. Depuis le début de l’année, dans certains collèges sarregueminois, les carences en cours d’allemand peuvent atteindre une quarantaine d’heures et en anglais, une cinquantaine. Ce sont des heures perdues car les plannings ne permettent pas de les rattraper. Si les parents ne prennent pas l’initiative et/ou n’ont pas les moyens de payer des cours particuliers, leurs enfants ne pourront jamais rattraper ce retard. Ils seront en décalage pour le restant de leur scolarité.
Les remplacements ne sont autorisés qu’au-delà de quinze jours d’absence consécutive. Pour les carences qui excèdent cette durée, le rectorat puise dans son vivier de remplaçants-titulaires. Si celui-ci se tarit, l’académie fait appel à son réseau de contractuels et de vacataires, qui n’est pas non plus extensible. Il est en effet plus facile de trouver des remplaçants contractuels à proximité d’un pôle universitaire qu’ailleurs. Si bien qu’après les déserts médicaux (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2010/04/19/un-desert-medical-se-profile-a-lhorizon-en-lorraine/), voici les déserts pédagogiques…
(Source : RL du 17/04/2012)
Communiqué du Groupe BLE Lorraine sur le financement du Skylander
Commentaires » 7L’audit a conclu à un besoin de financement d’environ 200 millions d’euros jusqu’aux premières livraisons de cet avion rustique à hélice (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2012/04/15/intelligence-economique-le-skylander-au-coeur-de-la-bataille-des-experts/), alors que l’Etat français, la Région Lorraine et des investisseurs privés s’étaient engagés début février à financer le programme sur la base de dépenses ne dépassant pas 120 millions d’euros. Craignant un dépassement des coûts, l’Etat a donc décidé de se retirer du programme Skylander, purement et simplement.
Mais pourquoi tout ou rien ? Si l’Etat ne veut pas donner plus d’argent que prévu, ok, qu’il se contente du montant initial, mais qu’il ne fasse pas capoter tout le projet ! En réalité, une telle annonce traduit la véritable volonté de l’Etat, celle du vent et des annonces. Ce dernier n’a jamais souhaité financer ce projet industriel, mais il a fait croire le contraire dans le contexte électoral. Alors maintenant tous les prétextes sont bons pour se désengager et justifier l’injustifiable. Ou comment torpiller quelque chose qui aurait pu réussir.
La Lorraine n’abandonne quant à elle pas ce projet aéronautique porté par la société Geci International. L’audit a en effet confirmé la qualité technique du dossier, ainsi que l’existence d’un marché. La différence de montant dénoncé par l’audit n’est pas à la hauteur du débat. Skylander représente un chiffre d’affaires de plusieurs milliards et des centaines d’emplois dans une région sinistrée. Il est déterminant dans l’exemplarité de ce qui peut être fait comme politique industrielle, alors que tous les candidats parlent de la réindustrialisation de la France.
Ce revirement étatique de dernière minute est étonnant dans la mesure où presque tous les programmes aéronautiques ne respectent pas le budget initial. Quant à la polémique sur le recours aux aides publiques, il est ridicule puisque tous les constructeurs ont bénéficié de subventions pour mener leurs différents programmes.
L’Etat tient un double discours. D’un côté il appelle à avoir des PME-PMI performantes, de l’autre il se réfugie derrière l’éternel tropisme colbertiste à promouvoir uniquement les grands groupes. Si le Skylander avait été conçu par EADS ou Dassault, Paris aurait dépensé des milliards sans sourciller. Et comme par hasard, Geci va devoir maintenant s’adosser à de tels industriels pour sauver son projet. Or le temps presse. L’attitude de l’Etat dans ce dossier démontre la capacité de la France à se tirer une balle dans le pied.
Le Skylander est un pari certes, mais un pari avec des risques maîtrisés et potentiellement très payants. L’avion est en grande partie développé, il fait déjà l’objet de commandes fermes et il est seul sur une niche commerciale prometteuse (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2012/02/05/developpement-du-skylander-sk-105-en-lorraine/). Autrement dit, si le projet aboutit, il créera des centaines d’emplois très qualifiés qui génèreront des milliards d’euros de recettes fiscales sur 20 ou 30 ans. Il s’agit encore une fois d’un investissement à moyen-long terme que le secteur privé est incapable de financer.
Quel manque de vision, de courage et d’audace !
L’aéronautique est une activité industrielle capitalistique, avec des retours sur investissement à moyen-long terme (20 ans). Le secteur privé est incapable de financer un projet sur 10 ans. Les banques, les business angels et les investisseurs individuels exigent un retour sur investissement sur 2 ou 4 ans maximum et une rentabilité immédiate, ce qui est incompatible avec la logique industrielle. C’est pourquoi les banques françaises, qui font tout sauf jouer leur rôle au moment où nous en avons le plus besoin, ne financent pratiquement que de l’immobilier. Les business angels se cantonnent quant à eux à des activités ne nécessitant que très peu d’investissements initiaux, comme des sites de vente sur internet. Seuls les Etats peuvent financer des projets industriels. C’est le cas partout dans le monde. Par exemple, la Chine finance massivement le développement de sa filière aéronautique, tout comme l’Inde, le Brésil (Embraer), le Canada (Bombardier) et même les Etats-Unis, pour lesquels les investissements colossaux nécessaires aux nouveaux projets civils – comme le B787 – sont quasi-entièrement payés par les généreux subsides que le Pentagone octroie à la branche militaire de Boeing (achats massifs de F15, de F35, contrats de développement type « cost plus » etc.). Sans les financements publics français, allemands et anglais, jamais Airbus n’aurait vu le jour et EADS n’existerait pas.
Le Skylander est une nouvelle illustration du drame français. Dans ce celui-ci, la Lorraine souffre plus que tout autre territoire d’une déliquescence de l’industrie. Or cette dernière reste de loin l’une des activités économiques capables d’innover le plus et d’exporter des produits et des services à haute valeur ajoutée.
(Sources : presse régionale et économique ; commentaires sur Le Figaro)
Intelligence économique : le Skylander au cœur de la bataille des experts
Commentaires » 2Aujourd’hui, le Skylander bénéficie de la part de l’Etat français d’une prime d’aménagement du territoire de 2,5 millions d’euros, d’une subvention de 2 millions d’euros, d’une avance remboursable de 7,4 millions d’euros d’Oséo, ainsi que de Crédits d’Impôt Recherche de 11 millions d’euros. Le Conseil Régional de Lorraine a également accordé trois avances remboursables de 9,1 millions d’euros, 7 millions d’euros et 5 millions d’euros. D’autres aides étatiques sont attendues, à savoir 5 millions d’euros de subvention à l’exportation de matériel militaire, 30 millions d’euros du Grand emprunt et 30 millions d’euros du Fonds Stratégique d’Investissement. Soit un total de plus de 100 millions d’euros d’aides publiques sur les 215 qui semblent aujourd’hui nécessaires à la concrétisation du projet Skylander en Lorraine (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2012/02/05/developpement-du-skylander-sk-105-en-lorraine/).
Installations de Sky Aircraft, filiale de Geci Aviation à Chambley en Lorraine (Crédits photo : Sky Aircraft)
Après l’ouverture d’une enquête préliminaire fin janvier 2012 par la Commission européenne sur les aides accordées à Geci Aviation suite à la plainte déposée par un mystérieux particulier, un nouvel obstacle vient encore obscurcir l’horizon de l’entreprise. Selon les conclusions d’un rapport d’experts mandatés par Paris pour auditer le projet, celui-ci serait sous-financé dans son montage actuel. Les « experts » parient en effet sur un coût total de 306 millions d’euros, soit 69 millions d’euros de plus que les 215 millions d’euros prévus, auxquels manqueraient toujours 40 millions d’euros. Ils jugent également le plan d’affaire « optimiste » en termes de marché potentiel et de cadence de production. Ils tablent davantage sur un programme de 1 000 appareils sur 20 ans, soit une cadence de 48 livraisons par an, et non sur 1 500 avions sur 15 ans, en raison d’un marché qu’ils considèrent comme « délaissé par les constructeurs et sur lequel la location et l’occasion assurent une partie de la demande ». Ils prétendent par ailleurs que Sky Aircraft ne laisserait aucune marge aux aléas propres au secteur aéronautique et aux nouvelles adaptations nécessaires dans le cycle de vie de l’appareil.
Pourtant, des experts s’étaient auparavant montrés enthousiastes sur la qualité technique de l’avion, son positionnement sur le marché, le professionnalisme des équipes et sur son industrialisation à Chambley.
Toujours est-il que le rapport décrit plus haut devrait sans doute obliger Geci Aviation à revoir sa copie. L’entreprise pourrait alors s’adosser à un groupe aéronautique comme le souhaitent les pouvoirs publics ou retarder une nouvelle fois son programme.
A la lumière des trop nombreux éléments et évènements marquant ce dossier, le Groupe BLE Lorraine suspecte de plus en plus une nouvelle opération d’intelligence économique (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/08/16/lenim-victime-dune-operation-dintelligence-economique/) en coulisse. Des intérêts extérieurs chercheraient ainsi habillement à soutirer le projet pour qu’il atterrisse ailleurs qu’en Lorraine du fait des retombées qu’il laisse entrevoir.
Sondage du maire de Metz : STOP ou encore ?
Commentaires » 6Nous souhaitons revenir sur le dernier sondage commandé par le maire de Metz qui avait fait polémique il y a quelques semaines. Officiellement, il s’agissait de connaître l’opinion de la population sur certains aspects généraux, comme la qualité de la vie à Metz. Par exemple, 60 % de l’échantillon des 602 Messins interrogés ont déclaré être « satisfaits des transports en commun », alors que la moyenne dans les autres villes de taille similaire se situe à 78 %. Ce qui justifie la restructuration du réseau, mais en aucun cas le choix du Mettis en lieu et place d’un tramway (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/04/25/mettis-de-lart-de-faire-le-bon-choix/).
Le choix des questions et la façon de les tourner posent bien évidemment problème dans un tel sondage. Les résultats peuvent ainsi être diamétralement opposés selon que les questions sont fermées et attendent une réponse binaire (oui ou non), si elles offrent plusieurs réponses classées selon une échelle de valeur ou si elles sont ouvertes et donnent aux personnes sondées la possibilité de développer leur argumentaire. Tout le monde sait que les instituts de sondage sont passés maitres dans l’art de faire dire tout et son contraire à une même population. Les questions peuvent être biaisées et orientées selon que l’on attend telle ou telle réponse pour justifier l’injustifiable et se couvrir d’une couverture populaire. Il n’est donc pas étonnant que l’entreprise sélectionnée pour effectuer l’exercice ait rendu une copie propre à son client : 72 % d’opinion favorable pour le maire.
Mais au final, seule la réalité du terrain compte. Ainsi, comment expliquer les résultats des dernières élections cantonales qui ont vu la défaite cuisante du maire de Metz. Certains avanceront que les Messins, qui chérissent leur maire, veulent le garder pour eux tous seuls. Ils l’auraient donc épargné d’un cumul de mandat. On peut vraiment faire dire n’importe quoi avec un tel outil.
Comme l’exercice devrait être renouvelé chaque année, il n’était pas bon de donner des mauvais chiffres au maire. Un jackpot de 15 000 euros est en effet à ramasser tous les ans.
Ce premier sondage avait enfin et surtout une vertu, celle de redonner le moral au maire.
Circulez, il n’y a rien à voir, du moins, pas encore.
Défenses des langues de Lorraine : le Parti Lorrain, de Metz à Perpignan !
Commentaires » 1Le Parti Lorrain a largement contribué à la journée interrégionale en faveur des langues régionales de France qui s’est tenue le samedi 31 mars 2012 (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2012/03/27/manifestation-pour-la-defense-des-langues-de-lorraine/). Ses membres et ses sympathisants, auréolés de leur magnifique bannière alérionée, ont en effet participé à deux manifestations qui se déroulaient en parallèle, à Metz et à Perpignan. Ces rassemblements avaient pour objectif de faire reconnaître les langues régionales et leur diversité, source de richesses culturelles.
Manifestation pour la défense des langues de Lorraine à Metz (Crédits photo : Pascal Brocard, Le Républicain Lorrain)
Soucieux de la sauvegarde et de la valorisation du patrimoine et de la culture de la Lorraine, le Parti Lorrain est venu défendre le Lothringer Platt (Franciques mosellan, luxembourgeois et rhénan), ainsi que le Lorrain roman (voir : http://parti-lorrain.e-monsite.com/pages/projets-et-actions/langues-de-lorraine.html). Un cortège d’une centaine de personnes, unies derrière la banderole « Nos langues, nos cultures, un droit, une loi, a ainsi traversé, drapeaux lorrains au vent, les rues de la bonne ville de Metz. A Perpignan, plusieurs Lorrains ont également arboré fièrement notre drapeau et participé au lipdub géant organisé par les Catalans.
Outre la ratification par la France de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires adoptée par le Conseil de l’Europe en 1999, le Parti Lorrain exige également la création d’une loi qui donnerait une véritable place aux langues régionales dans la vie publique, l’enseignement et les médias. L’enseignement bilingue français/Lothringer Platt, langue parlée depuis plus de 2 200 ans, doit être autorisé. Or aujourd’hui, un tel enseignement est laissé à la totale discrétion de l’administration scolaire qui ignore et dénigre dans l’académie de Nancy-Metz la demande des parents et des communes. La cité fortifiée de Bitche a ainsi essuyé le refus de l’administration centralisatrice française d’ouvrir une classe bilingue.
Le centralisme français, isolé et anachronique en Europe occidentale, souffre en effet de nombreux paradoxes qui lui sont inhérents. La France est par exemple le seul pays francophone unilingue. C’est pourtant le pays d’Europe de l’Ouest qui possède le plus grand nombre de minorités culturelles et linguistiques sur son territoire. Il est quant même étrange que ceux qui estiment normal que l’Etat canadien reconnaisse la spécificité francophone des Acadiens et des Québécois, dont la langue régionale bénéficie d’un statut public officiel, ne tolèrent pas que des droits analogues soient accordés en France aux minorités régionales et assimilent à un repli identitaire une aspiration qu’ils trouvent éminemment digne d’être soutenue Outre-Atlantique. Par ailleurs, les dirigeants français, qui reprochent aux technocrates bruxellois d’imposer leurs décisions à la France, ne voient aucun inconvénient à ce que Paris décide à la place des régions. Enfin, les mêmes, qui critiquent le centralisme de la Commission Européenne, le pratiquent néanmoins sans état d’âme en France.
Le Parti Lorrain œuvre pour mettre le pouvoir décisionnel au cœur des régions et non à 350 km des réalités quotidiennes locales.

















