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» Catégorie : Nucléaire


Enfouissement des déchets nucléaires : second accident mortel à Bure

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Un ouvrier lorrain de 42 ans de la société Eiffage est décédé mardi à cause d’un éboulement dans une des galeries du laboratoire de recherches et d’expérimentations pour la conception du centre de stockage CIGEO de l’Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs (ANDRA) à Bure.

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L’accident s’est produit à 12h30 à 490 mètres de profondeur, au bout d’une galerie en cours de creusement. La victime était en train de poser des boulons dans l’optique de réaliser des analyses de diffusion d’eau et d’électricité dans les parois, avant d’être ensevelie sous plusieurs mètres cubes de roche. Un autre ouvrier a été blessé à la main. Une personne sous le choc a également dû être prise en charge par les secours.

Le laboratoire de l’ANDRA a pour but d’évaluer la faisabilité technique et scientifique du confinement pour des millions d’années des déchets nucléaires les plus dangereux dans une couche d’argile vieille de plus de 160 millions d’années. Cet éboulement pose clairement la question de la stabilité réelle de cette roche. En effet, si des fractures souterraines, liées notamment aux forages, sont constatées dans le laboratoire, nous avons tout à craindre pour le futur centre de stockage souterrain, qui plus est s’il est rempli de déchets radioactifs. Que se passera-t-il en cas d’accident ? L’ANDRA affirme qu’elle maîtrise la roche mais subie un éboulement imprévisible. Si elle n’est pas capable d’assurer la sécurité de son propre chantier, comment peut-elle prétendre sécuriser des centaines de kilomètres de galerie sur une période aussi longue ? Cet éboulement confirme que la réversibilité de l’enfouissement est impossible à garantir.

Rappelons par ailleurs qu’en 2001, un ouvrier avait été gravement blessé après une chute sur le chantier. Quelques mois plus tard, le 15 mai 2002, un autre avait trouvé la mort à 226 mètres de profondeur terre lors du creusement d’un des deux puits d’accès.

Ce n’est donc pas étonnant si l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) et une large majorité d’experts indépendants estiment que le calendrier de ce projet complètement fou est beaucoup trop tendu. Tous attendent des preuves sur la sécurité du futur centre de stockage. Mais sous la pression des lobbies, le gouvernement français tente coûte que coûte de passer en force.

Enfouissement des déchets radioactifs à Bure : les coulisses d’un mensonge organisé

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Si le Centre Industriel de stockage Géologique (CIGEO) de l’Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs (ANDRA) est une réalité inscrite dans le paysage lorrain, aucun déchet n’y est encore entreposé pour le moment. Les premiers devraient arriver, si tout va mal, en 2018. Il n’est donc pas trop tard pour faire reculer le pouvoir politique parisien qui impose cette solution finale contre les populations et contre la science elle-même. C’est en tout cas ce qu’ont voulu rappeler au peuple lorrain, les 1 500 marcheurs venus sur le site de Bure le dimanche 7 juin 2015.

A l’issue de la marche répartie en quatre cortèges différents, un pique-nique convivial a eu lieu et une chaîne humaine a entouré le futur site d’enfouissement. Le 18 juillet, un « Alter-tour » cycliste de France a également fait étape à Bure. Pour tous les citoyens hostiles à ce grand projet inutile, le combat continue.

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De son côté, l’ANDRA annonçait que l’exploitation du centre débuterait par une « phase pilote » d’une durée comprise entre cinq et dix ans. Des essais seraient ainsi effectués avec des colis factices représentant 5 % du total des déchets nucléaires de haute activité. Le stockage des colis radioactifs serait enclenché dans la foulée après l’accord de l’Etat français, d’abord en petit nombre, avant de se poursuivre à un rythme industriel de 3 000 colis enfouis par an. Le site sera raccordé au réseau ferré depuis Gondrecourt, situé à une douzaine de kilomètres de Bure. Les colis seront donc essentiellement acheminés par train sans rupture de charge, et non par la route. Rappelons que le centre doit accueillir 3 % du volume des déchets radioactifs français, mais les déchets plus dangereux, c’est-à-dire ceux de haute activité et de moyenne activité à vie longue qui concentrent à eux seuls plus de 99 % de la radioactivité totale. Les plus nocifs émettent un rayonnement radioactif pendant plus d’un million d’années.

L’ANDRA déclarait par ailleurs que la demande d’autorisation de création de CIGEO, initialement programmée en 2015, sera effectuée en deux temps : dès 2015 pour la phase préparatoire, avant une finalisation fin 2017. Ce tour de passe-passe permettra ainsi aux ingénieurs de gagner deux ans d’études.  Un temps précieux quand on sait que l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) affirmait que le dossier CIGEO n’était pas au point et insistait pour qu’une capacité d’entreposage soit prévue au cas où CIGEO ne fonctionnerait pas. Cela dit, sur le fond, rien ne change. Le décret sans débat parlementaire autorisant le démarrage de la construction du centre d’enfouissement devrait toujours être signé à l’horizon 2020. Les premiers aménagements doivent même commencer dès cette année. Le début de l’exploitation reste quant à lui programmé pour 2025.

Nous ne pouvons une nouvelle fois que saluer la performance de l’ANDRA d’avoir accouché d’un nouveau concept pour satisfaire aux apparences et tromper l’opinion publique en faisant semblant de ralentir le calendrier tout en ne changeant strictement rien au projet final. Ces petits ajustements de communication n’apportent en effet aucune réponse aux questions de fond. Ils démontrent au contraire que les études officielles menées jusque-là ne sont pas si sûres qu’on veuille bien nous le faire croire. Par exemple, comment concevoir sérieusement une seule seconde qu’une phase pilote de quelques années permettra de savoir si ce stockage sera sans conséquence sur des millions d’années ?

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Enfouissement des déchets radioactifs français en Lorraine : la démocratie une nouvelle fois bafouée par un procédé scélérat

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En introduisant sournoisement un amendement de dernière minute dans les 300 articles de la loi Macron portant sur l’activité et la croissance juste avant son adoption sans vote par le sulfureux 49-3, les parlementaires Gérard Longuet et Jean-Yves Le Déaut, non Lorrains mais censés représenter et défendre la Lorraine, ont enterré toute possibilité de débat avant l’autorisation de création du centre de stockage souterrain des déchets nucléaires à Bure, pourtant prévu par la loi de 2006 pour fixer les conditions de réversibilité. Alors que ce projet doit engager la responsabilité de plusieurs milliers de générations à venir, comment peut-on être si inconscients ?

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Ce passage en force anti-démocratique est révélateur des méthodes utilisées par le lobby nucléaire. Le sénateur Longuet, qui a déjà à son actif un sacré palmarès une belle carte de visite, est d’ailleurs récidiviste en la matière. Il avait en effet déjà glissé plusieurs amendements dans la loi sur la transition énergétique de Ségolène Royal qui n’avaient au final pas été retenus dans le texte définitivement adopté après le débat parlementaire. Le natif de Neuilly-sur-Seine est néanmoins parvenu à ses fins en dernière lecture de la loi Macron. Dès lors, l’ANDRA (Agence Nationale de gestion des Déchets Radioactifs) peut désormais tranquillement demander l’autorisation de créer le centre d’enfouissement de Bure en 2017. L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) devrait ensuite valider ou non cette autorisation au bout de trois ans d’instruction du dossier. Il suffira alors d’un simple petit décret en Conseil d’Etat pour lancer officiellement les travaux aux alentours de 2020 pour un début d’exploitation du centre en 2025. En attendant, les travaux de recherches archéologiques préventives devraient commencer dès cet automne !

Le Groupe BLE Lorraine trouve inadmissible qu’un telle structure à la technologie non maîtrisée, qui comporte autant de risques et qui est censée tenir pendant des millions d’années, alors même qu’aucun bâtiment humain n’a jusqu’à présent résister plus de 10 000 ans, puisse être adoptée de la sorte en passant par la petite porte et à l’encontre de la volonté du peuple. C’est surréaliste ! Plus de 60 000 personnes ont signé une pétition il y a quelques années pour dire non à ce foutu centre ! Une initiative citoyenne bien entendu jugée illégale par les autorités ! Elle est où la démocratie ? Il est où le respect du peuple et du citoyen ? Elles sont où les perspectives d’avenir de ce territoire lorrain quand les premiers déchets nucléaires de la France entière voire même du monde entier seront enfouis ? Personne ne désire vivre et travailler au-dessus d’une poubelle radioactive ! C’est n’importe quoi !

Nous ne pouvons que retranscrire en conclusion les célèbres paroles de l’un des plus ardents défenseurs de la liberté et de la démocratie incarnés au cinéma. Puissent ces valeurs de vérité triompher à nouveau dans un avenir proche :

« Voilà ! Vois en moi l’image d’un humble vétéran de Vaudeville distribué vicieusement dans les rôles de victime et de vilain par les vicissitudes de la vie. Ce visage, plus qu’un vil vernis de vanité est un vestige de la vox populi aujourd’hui vacante, évanouie. Cependant cette vaillante visite d’une vexation passée se retrouve vivifiée et a fait vœu de vaincre cette vénale et virulente vermine vantant le vice et versant dans la vicieusement violente et vorace violation de la volition !

Un seul Verdict : la Vengeance. Une Vendetta telle une offrande votive mais pas en vain. Car sa valeur et sa véracité viendront un jour faire valoir le vigilant et le vertueux. » 

Enfouissement des déchets radioactifs à Bure : la France tente de passer en force

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Tous ceux qui avaient encore des doutes sur la volonté du gouvernement français d’occulter le débat sur CIGEO à l’Assemblée sont désormais fixés après ses diverses tentatives de passage en force. Pourtant d’après la loi de 2006, l’autorisation de ce futur centre d’enfouissement des déchets nucléaires en Meuse ne peut être délivrée qu’après promulgation d’une loi fixant les conditions de sa réversibilité. De nombreux (ir)responsables et lobbyistes nucléaires semblent craindre ce passage devant les parlementaires. En effet, en juin dernier, le gouvernement français avait essayé de faire passer cette loi en catimini en la noyant au milieu de la « foultitude » d’articles concernant la loi de transition énergétique, avant de finalement y renoncer face à la mobilisation des anti-nucléaires. Le gouvernement française retenta de passer en force une seconde fois via l’Article 72 du projet de loi pour la croissance et l’activité présenté par le ministre de l’économie.

Après la phase laboratoire sans déchets, ce projet de loi imposait une étape laboratoire avec déchets, soit un nouveau et indigne charcutage législatif pour saucissonner le projet CIGEO et faciliter ainsi sa mise en œuvre. L’exercice parlementaire aurait alors été repoussé après la phase pilote, lorsque tout aurait été encore plus ficelé, mettant ainsi les députés devant le fait accompli, c’est-à-dire un centre d’enfouissement, dont les premières galeries auraient déjà été creusées. Si l’article a depuis été retiré, les opposants à Bure exigent un vrai débat démocratique sur cette folie qui doit engager des milliers de générations à venir.

(Sources : CEDRA, RL)

Bure : premières brèches dans le navire de la poubelle nucléaire

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Après le départ de plusieurs cadres de l’ANDRA (Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs) ces derniers mois, dont celui de la directrice générale, c’est à présent le responsable de la maîtrise des risques du méga projet d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure, dans la Meuse, qui quitte le navire.

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Faut-il voir dans cette accumulation de défections et de fuites de compétences la confirmation du questionnement de plus en massif entourant le projet CIGEO ? Présenté voici quelques années comme LA solution allant bien entendu de soi, l’enterrement des déchets radioactifs s’apparente depuis à une spirale emportant les apprentis sorciers. Longtemps cachée, la réalité dévoilée par quelques chercheurs indépendants fait apparaître une quantité impressionnante de risques qui remettent en cause la sûreté d’un tel enfouissement. En 2013, l’ANDRA avouait elle-même que le projet était si complexe qu’il fallait en retarder le calendrier. L’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire), organisme de contrôle de l’ANDRA, ne voulait ensuite plus que les volumineux déchets graphites aillent au fond du trou, alors que les risques de ces derniers avaient toujours été minimisés par l’ANDRA. De son côté, l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire), ne voulait pas mettre dans les premières phases de l’exploitation les colis bitumineux en raison des risques trop évidents d’incendie. Entre temps, d’autres dangers étaient découverts, comme les conséquences de la présence de micro-organismes (bactéries), les scellements innombrables nécessaires et non encore testés ou encore l’impossible maintenance d’installations souterraines irradiées sur des durées aussi longues.

Par ailleurs, les retours d’expérience d’autres programmes s’accumulent. Ils démontrent tous qu’un enfouissement destiné à garder en sûreté de tels poisons n’est pas fiable : WIPP (Waste Isolation Pilot Plant) aux Etats-Unis, Asse en Allemagne, Stocamine en France, etc. Cela ne marche pas !

(Source : CEDRA, Collectif contre l’Enfouissement des Déchets Radioactifs)

Enfouissement des déchets nucléaires en Lorraine : des rapporteurs publics dénoncent le débat bidon de Bure

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Qualifié de bidon par les opposants, le « débat » public sur CIGEO (Centre Industriel de Stockage Géologique) relatif à l’enfouissement des déchets radioactifs français à Bure, en Meuse, est à présent dénoncé par trois des cinq membres de la commission particulière chargée d’organiser l’événement dans un article publié sur Médiapart. 

Ces derniers estiment ainsi que « la Commission Particulière du Débat Public (CPDP) s’est transformée, malgré elle, en agence de communication au service du projet ». Celle-ci s’était d’ailleurs auto-félicitée il y a quatre mois, lors de la présentation de ses conclusions, d’avoir assuré l’essentiel, malgré le boycott des antinucléaires ayant empêché la tenue des réunions publiques. En poursuivant le débat sur internet ou via la création d’une conférence de citoyens, « la CNDP a réussi à exclure les perturbateurs, mais a aussi finalement privatisé le débat et la démocratie. […] Forcer le débat, quitte à le vider de son public et de son territoire : telle aura été la ligne de la CNDP en partie responsable de sa faillite. » Les trois rapporteurs déplorent par ailleurs que le « débat » n’ai porté que « sur les caractéristiques du projet et non sur l’opportunité de le réaliser ou non. L’accepter comme il a été posé par la CPDP signifiait ainsi implicitement accepter le projet dans son principe. » Et de conclure que « la CPDP s’est privée d’une partie de son public par le choix de refuser d’entendre ceux qui, en remettant en cause les fondements de la politique nucléaire française, rejetaient le projet. »

(Sources : Médiapart et RL du 18/06/2014)

GIM-Est : 200 postes à pourvoir par an pendant dix ans dans le Nord lorrain

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Les entreprises du GIM-Est (Groupement des Industriels de Maintenance de l’Est), qui interviennent notamment à la centrale nucléaire de Cattenom, s’apprêtent à recruter en Lorraine-Nord 200 personnes par an, hors intérim, pendant au moins dix ans. 2 000 salariés travaillant pour des prestataires de services devraient en effet être mobilisés quotidiennement à Cattenom lors des quatre principaux pics d’activités du grand projet industriel visant à augmenter la durée de vie de la centrale.

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Des centaines de personnes seront recrutées dans les prochains mois pour travailler sur les différents chantiers prévus à la centrale nucléaire de Cattenom en Moselle (Crédits photo : Wikipédia)

Les entreprises de ce secteur connaissent cela dit des difficultés de recrutement. Outre la sensibilité de la filière nucléaire, certains jeunes formés en Lorraine filent au Luxembourg en quête de meilleures rémunérations. C’est pourquoi de nombreux emplois générés principalement par la centrale de Cattenom ne sont pas pourvus. En 2013, 121 demandeurs d’emploi avaient cependant été embauchés. 101 supplémentaires avaient par la suite été recrutés ou sont en cours de recrutement suite à des actions de formation.