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Jeunes talents de Lorraine et de Sarre à la septième édition de Metz en MusiK

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Dans le cadre des Journées franco-allemandes, sept étudiants du Master franco-allemand de l’Unité de Formation et de Recherche (UFR) Etudes Supérieures de Management (ESM) de l’Institut d’Administration des Entreprises (IAE) de l’Université de Lorraine à Metz organisent ce vendredi 29 janvier 2016 la septième édition de Metz en MusiK de 18 heures à minuit à la Salle Koltès du Théâtre du Saulcy. Cette année, le concert part à la découverte de jeunes talents de Lorraine et de Sarre issus d’univers musicaux variés. Cyrielle Gaonac’h responsable communication du projet, a répondu à nos questions pour nous faire partager sa passion de la musique et sa réflexion sur nos deux cultures.

Photo équipe Metz Musik ajustée

L’équipe organisatrice du concert franco-allemand (Crédits photo : Metz en MusiK)

Groupe BLE Lorraine : Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur le concert Metz en MusiK ?

Cyrielle Gaonac’h : « Depuis 2011, les étudiants du Master Affaires Internationales et Management Franco-Allemand sont chargés de réaliser des projets autour des thématiques telles que l’art, la musique, le cinéma ainsi que les spécialités régionales qui visent à promouvoir la culture franco-allemande.

Convaincus de notre rôle à jouer dans la dynamique franco-allemande, surtout dans une région frontalière comme la nôtre, nous souhaitons relever encore une fois le défi de l’organisation de festivités, s’articulant autour de la date clé de la journée franco-allemande du 22 janvier 2016. Ces projets, qui font partie intégrante de notre cursus, constituent pour nous une expérience de terrain intéressante, utile au développement de nos facultés managériales et organisationnelles.

Le projet « Metz en MusiK » s’inscrit donc dans cette dimension et célèbrera le 52ème anniversaire du Traité de l’Amitié franco-allemand (Traité de l’Elysée signé le 22 janvier 1963) en réunissant des artistes venant de l’espace franco-allemand au cours d’une même soirée. »

Metz en MusiK_Affiche ajustée

Pourquoi avez-vous décidé cette année de mettre en avant des artistes de Lorraine et de Sarre ?

C.G. : « Cette année, nous avons décidé de nous distinguer des deux éditions précédentes, qui étaient plus spécialisées sur le rock, en axant notre concert sur la découverte de jeunes talents franco-allemands. Il nous a en effet semblé important de pouvoir mettre en avant des groupes ou des jeunes chanteurs qui n’avaient pas forcément l’occasion de se faire connaître en dehors de leur ville. Nous avons néanmoins décidé de nous concentrer sur les deux régions frontalières de Lorraine et de Sarre, parce que nous considérons que ces deux régions, bien que situées dans deux pays différents, ont beaucoup de points communs, particulièrement au niveau culturel. Nous pensons donc que les artistes de ces deux régions frontalières ont beaucoup à s’apporter. Un tel évènement étudiant peut par ailleurs aider Metz à s’inscrire un peu plus dans la culture étudiante franco-allemande. »

La Lorraine et la Sarre partagent-elle ainsi une même culture musicale ?

C.G. : « En effet, la Lorraine et la Sarre ne sont pas des régions fondamentalement différentes au niveau culturel. Il y a bien sûr des spécificités propres à chaque région, chaque pays. Cependant, dans une région transfrontalière comme celle-ci, les cultures se mélangent. Au travers de cet évènement, nous voulons avant tout montrer que par-delà les frontières, la musique réunit les gens de tout âge et de toute nationalité. »

Les groupes à l’affiche pour cette septième édition nous réservent-ils quelques surprises ?

C.G. : « Oui effectivement, les artistes que nous avons sélectionnés vous réservent quelques surprises ! En particulier Melvin Hein, jeune chanteur allemand que nous avons tout particulièrement retenu comme étant l’artiste « original » de notre soirée. Ce jeune homme a un univers bien à lui et nous souhaitons à travers ce concert l’encourager à cultiver son originalité. Avec les autres groupes, vous pourrez découvrir de nouvelles sonorités, pop-rock pour les uns, blues-folk pour les autres … Une occasion de passer une très bonne soirée ! »

Informations

7ème édition du concert Metz en Musik

Vendredi 29 janvier 2016 de 18 heures à minuit

Salle Koltès – Théâtre du Saulcy à Metz

Groupes et artistes présents :

The One Day Fly (Rhénanie-Palatinat)

Melvin Hein (Sarre)

Don’t Bullshit the Rocco (Lorraine)

Niclas Laux (Sarre)

Riots of Colours (Bade-Wurtemberg)

Entrées : 5 euros en prévente et 7 euros sur place.

Kévin GŒURIOT : une plume fidèle à la Lorraine

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Dans une interview exclusive accordée au Groupe BLE Lorraine, auquel il contribue via des études historiques et des contes, Kévin Gœuriot, tout juste Lauréat du Prix des Conseils départementaux de Lorraine pour son sixième livre intitulé Quand la Lorraine sera française, revient sur le rattachement de la Lorraine à la France qui l’a inspiré. Un épisode de notre histoire qui trouve une résonance particulière à la veille de la dissolution de la Lorraine au sein de l’ACAL.

Groupe BLE Lorraine : Tout d’abord, félicitations Kévin pour ce Prix qui vient couronner votre  travail. Pouvez-vous nous raconter plus en détails la genèse de votre roman historique ?

Kévin Gœuriot : « Merci beaucoup pour vos compliments, qui me vont droit au cœur ! Il est vrai que le roman qui a été couronné à Bar-le-Duc, vendredi dernier [11 décembre 2015, N.d.l.r.], est le fruit d’un long travail d’écriture. En fait, l’idée de consacrer un roman historique au rattachement de la Lorraine et du Barrois à la France a germé dans mon esprit il y a une dizaine d’années, lorsque j’étais étudiant en histoire, à Nancy. Tout petit déjà, j’avais été frappé par un dessin de Jean Morette, sous lequel on lisait : le 23 février 1766, le bon duc Stanislas meurt. Le lendemain, la Lorraine était française. Cette petite phrase avait suffi à piquer ma curiosité. Je me demandais en effet comment la mort d’un monarque dont le nom, à cette époque, ne m’évoquait guère que la place qui porte aujourd’hui son nom, pouvait signer, pour les Lorrains, la fin de leur indépendance.

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Kévin Gœuriot feuilletant son roman : « Les Lorrains peuvent être fiers d’être les héritiers d’un passé à la fois glorieux et douloureux » (Crédits photo : Kévin Gœuriot)

Du coup, je me suis renseigné. A force de lectures, j’ai compris, d’une part, que le rattachement de la Lorraine à la France ne s’était pas fait d’un coup, en 1766, mais qu’il était le fruit d’un long processus, entamé dès le Moyen-âge. L’annexion des Trois-Evêchés en 1552, l’occupation des duchés et leur cession par François III en 1737 sont autant d’événements intéressants. Mais spontanément, c’est vers Stanislas que je me suis tourné. Peut-être aussi parce que, bien qu’étant le moins lorrain de nos ducs, il en reste le mieux connu des Lorrains …

La phase de recherche a donc duré quelques années. Puis, après avoir élaboré un plan (maintes fois remanié d’ailleurs), je suis passé à la phase d’écriture, qui a duré un peu plus d’un an. Je tenais à faire alterner les chapitres qui évoquent la famille Collin, à Bauzemont, avec les lettres, fictives, de Jean-Baptiste Durival, frère du célèbre Nicolas, qui nous a laissé une fidèle description de l’ambiance qui régnait à Lunéville, dans les années 1760 … L’idée était avant tout de plonger le lecteur dans une ambiance. Pour cela, je n’ai pas hésité à émailler les dialogues des paysans de quelques mots patois, expliqués dans un lexique, en fin d’ouvrage.

Le manuscrit, lu et corrigé par mon épouse, a ensuite été proposé aux éditeurs en février dernier. Il a très vite intéressé et en avril 2015, il était disponible en librairie. Une petite fierté, qui tombait à point pour célébrer le prochain 250ème anniversaire du rattachement des duchés de Lorraine et de Bar à la France … »

Groupe BLE Lorraine : Qu’est-ce qui a selon vous convaincu le jury de vous attribuer ce Prix ?

KG : « Je ne sais pas trop, il faudrait demander aux membres de ce jury [rires]. Mais je dois avouer que Monsieur Vetsch, conseiller départemental de la Moselle, m’a confié, en me remettant le prix, qu’il avait ouvert mon roman un soir d’octobre et qu’il n’avait pas pu aller se coucher avant d’en avoir achevé la lecture. Un joli compliment, auquel s’ajoutent les remarques des autres membres du jury. Ces derniers ont salué l’ambiance décrite, les mots patois, l’humour aussi, notamment pendant la veillée, qui est décrite dans le chapitre XIX.

A ma décharge, je dois dire que le jury n’avait reçu qu’une quinzaine de livres. Mais je ne sais pas combien de romans. En outre, c’est mon éditrice qui a eu l’idée de soumettre le roman au concours. Du coup, quand la nouvelle que le prix m’était attribué est tombée, j’étais assez surpris … »

Groupe BLE Lorraine : Au 1er janvier 2016, fusionnée avec l’Alsace et la Champagne-Ardenne, la Lorraine disparaîtra en tant qu’entité administrative et politique. Quelle analogie pouvez-vous établir en tant qu’historien entre la situation que nous vivons actuellement et 1766, année du rattachement de la Lorraine à la France ?

KG : « La nouvelle carte des régions est une chose qui interroge en effet. Mais je me suis toujours efforcé d’être optimiste. Si l’on regarde le passé, la Lorraine n’a fait qu’évoluer, au fil des siècles, dans ses limites et frontières. A tel point que dans notre région, la frontière doit moins être considérée comme une ligne que comme un espace à part entière, avec toute sa profondeur et son épaisseur … En outre, l’unité lorraine est largement discutable et un Lorrain du Pays de Bitche a assez peu à voir, en définitive, avec un Lorrain de Bar, de l’Argonne ou des Hautes-Vosges. Pendant des siècles, l’unité lorraine n’a tenu que parce que les Lorrains adhéraient à certaines valeurs, au premier rang desquelles figuraient la religion et la famille ducale. Aujourd’hui, les Lorrains se retrouvent dans d’autres valeurs. Ils sont fiers de leur patrimoine, de leur gastronomie, de leur histoire aussi, de laquelle ils ont hérité une identité complexe et quelques complexes identitaires.

L’analogie que l’on peut établir entre 1766 et la période actuelle est donc difficile à dresser. Elle forcerait l’historien à mentir ou à déformer une réalité. Nos ancêtres percevaient les choses d’une autre manière que nous ne les percevons. Les médias, la vie politique, n’existaient quasiment pas en 1766 ! La vie elle-même était rythmée par les saisons et non par les élections, les séries télévisées et le calendrier scolaire … Du coup, la comparaison entre les deux périodes me paraît hasardeuse. Surtout qu’il ne faut pas oublier qu’entre temps, une partie de la Lorraine s’est retrouvée par deux fois annexée à l’Allemagne, créant ainsi un véritable traumatisme qui, d’une certaine manière, ajoute encore un peu plus de complexité au débat …

Malgré tout, je voudrais attirer votre attention sur les commémorations du rattachement de la Lorraine à la France. Un opuscule signé du Baron Guerrier de Dumast nous indique qu’en 1866, le centenaire de cette commémoration s’était fait en grande pompe, avec un long défilé de costumes historiques. En 1976, la commémoration a donné lieu à quelques productions littéraires originales, mais la plupart du temps orientées. J’ignore si en février prochain, la mort de Stanislas et la réunion de la Lorraine à la France seront commémorés. Une exposition se prépare au Musée Lorrain de Nancy. Mais le centenaire de la Bataille de Verdun risque de polariser le devoir de mémoire. Ce qui est regrettable à mon avis. Car les Lorrains devraient mieux connaître l’histoire de leur région. Elle n’est pas incompatible avec la « grande histoire » qu’on nous inculque à l’école. Elle est tout simplement complémentaire. Tout Lorrain devrait, à mon avis, avoir entendu parler de René II, de Stanislas et du Saillant de Saint-Mihiel. Tout comme les Bretons devraient entendre parler de la Duchesse Anne ou les Alsaciens de Maître Erwin de Steinbach et des Princes de Rohan … Mais ça, c’est un autre débat … »

Groupe BLE Lorraine : Dans quel état d’esprit étaient les Lorrains à cette époque ? Quels en furent les conséquences directes et concrètes pour eux et leur pays ?

KG : «  Il est toujours très difficile de savoir ce que pensait une société, il y a quelques siècles de cela. Pour autant, on peut s’en faire une idée assez précise grâce aux lettres, documents et témoignages laissés par quelques personnages, généralement les plus instruits. Ils ne sont donc pas toujours représentatifs. On sait par exemple, grâce aux écrits des frères Durival ou à ceux de Dom Calmet, que les Lorrains se méfiaient assez du changement de nationalité. Ils étaient très attachés à la famille ducale et lorsque François III quitta la Lorraine en 1737, nombre de ses portraits furent lacérés en place publique … Ce qui n’empêcha pas les mêmes Lorrains d’aller prier pour le repos de l’âme de ce duc, au mois d’août 1765. Stanislas, qui avait hérité de la Lorraine entre-temps, en fut d’ailleurs assez irrité et semble s’être montré jaloux de l’attachement que les Lorrains continuaient à manifester à leur ancien duc. De même, on sait que l’intendant Antoine-Martin Chaumont de la Galaizière, qui exerçait la réalité du pouvoir et prenait ses ordres à Versailles, s’était attiré l’inimitié des Lorrains en recourant aux corvées et en les accablant d’impôts. La grogne était donc bien présente. Et on a presque peine à comprendre comment les mêmes Lorrains adhèrent, deux générations plus tard, aux idéaux de la révolution … Certainement que l’esprit lorrain s’est révolté, en 1789, contre les injustices plus que contre l’Etat lui-même.

Pour ce qui est du peuple, on ne sait pas vraiment ce qu’il pensait. Mais il est certains que les laboureurs de Lorraine, en 1765-66, se posaient des questions. Ils craignaient certainement qu’une fois devenus français, ils soient accablés de nouveaux impôts et considérés comme des pions sur un échiquier. Ou que le pouvoir central (pour ne pas dire centralisé) fasse moins de cas de leur sort que ne le faisaient les ducs. Craintes justifiées d’ailleurs car la France, une fois la Lorraine entrée dans son giron, va se montrer assez ingrate. Savez-vous par exemple que le mobilier du Château de Lunéville va être dispersé dans toute l’Europe et que le château sera lui-même transformé en caserne de gendarmerie, dès l’automne 1766 ?

Quant à connaître les conséquences du rattachement de la Lorraine à la France, elles sont multiples. Mais j’insiste : la réunion de la province au royaume de France s’est faite sur le long terme. En outre, en 1766, toute la Lorraine n’est pas non plus française puisque les miettes issues de l’empire que sont alors la Principauté de Salm et le Comté de Créhange gardent encore un semblant d’indépendance. De plus, les deux annexions vont amputer une nouvelle fois la Lorraine d’une partie de son territoire et d’une conquête de la province, la France va devoir se lancer, en 1914 et en 1940, dans une reconquête …

Et oui, qui a dit que l’histoire de la Lorraine était simple ? [rires] Les Lorrains peuvent être fiers d’être les héritiers d’un passé à la fois glorieux et douloureux, et dans lequel est née l’idée de paix, en la personne de Robert Schuman. Evidemment, il s’en trouvera toujours pour regretter le temps de l’indépendance et de la Lorraine ducale. Mais la Lorraine, quoiqu’on en dise, est bel est bien française. Elle a d’ailleurs payé, dans son histoire, un tel tribut à la France (tribut humain, économique et moral) qu’elle ne peut mépriser les liens qui l’unissent à la France.

Mon roman n’est pas un pamphlet politique. Son titre est volontairement impertinent. Mais son contenu est tout autre. Il mène le lecteur au cœur d’une période cruciale de l’histoire lorraine, en lui faisant vivre les semailles, les moissons et les veillées d’autrefois d’une part et, d’autre part, l’ambiance léthargique qui devait régner à la cour de Lunéville, dans les années 1760. Le livre qui vient d’être couronné, je l’ai d’abord voulu comme une ode à la Lorraine, à sa personnalité, à son histoire et à son identité. Aussi, comme je le note dans le texte, si chacun de nous entretient dans son cœur, une idée assez noble de ce que peut et doit être la Lorraine, il n’y a pas de crainte à avoir. La Lorraine vivra comme elle a toujours vécu et les chardons continueront de pousser le long de nos chemins. Et les alérions continueront de voler sur nos bannières. Et brimbelles et mirabelles continueront de s’étaler sur nos délicieuses tartes !

Le Groupe BLE Lorraine adresse toutes ses félicitations à Kévin Gœuriot pour son Prix et le remercie pour le temps qu’il nous a accordé pour répondre à nos questions.

Quand la Lorraine sera française, roman historique autour de la mort de Stanislas, par Kévin Gœuriot, Editions du Quotidien, 18 euros.

Interview du Président : Pourquoi je suis candidat aux élections régionales

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Dans une interview exclusive, le Président du Groupe BLE Lorraine, M. Thomas RIBOULET, revient sur les raisons de son engagement sur la liste « Non à l’ACAL, oui à nos régions ! ». Avec la défense de la Lorraine et de la démocratie comme fil conducteur.

Président, vous tête de liste en Meurthe-et-Moselle de la liste « Non à l’ACAL, oui à nos régions ! ». Pourquoi avoir choisi de vous présenter à ces élections ?

Thomas RIBOULET : Je suis profondément attaché à la Lorraine, ce beau pays d’entre deux, pourtant si méconnu. J’ai envie de le faire connaître. Mais au 1er janvier 2016, la Lorraine disparaitra en tant qu’entité administrative. Cette décision nous a été imposée sans concertation et sans consultation, au mépris du Code des collectivités locales et d’un traité international, à savoir la Charte européenne de l’autonomie locale qui a été ratifiée et signée par la France en 2007. Dans un incroyable déni de démocratie accepté et organisé par pratiquement tous les responsables politiques.

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Thomas RIBOULET, Tête de liste en Meurthe-et-Moselle pour la liste « Non à l’ACAL, oui à nos régions ! » (Crédits photo : Groupe BLE Lorraine)

L’ACAL, cette méga-région qui n’aucun sens historique, culturel, économique ou géographique, aura de lourdes conséquences sur notre quotidien. Elle va en effet impacter non seulement les compétences des conseils régionaux (lycées, formation professionnelle, transports, etc.), mais également les différentes agences régionales d’éducation, de santé, de culture, d’économie, de l’environnement, tout comme les comités et les ligues de sports. Un tel monstre administratif complément déconnecté des réalités va voir ses coûts de fonctionnement et de structure littéralement exploser. Rien que l’étude pour savoir si le logiciel de paie utilisé par la Région Champagne-Ardenne est compatible avec celui utilisé par la Région Lorraine coûte plus d’un million d’euros ! Imaginez alors s’il faut faire des modifications pour l’adapter ou en acheter un autre ! Et ce n’est qu’un exemple parmi des dizaines et des dizaines d’autres !

Je n’ai pas envie que la Lorraine fusionne avec l’Alsace et la Champagne-Ardenne et je n’ai pas non plus envie de devoir payer encore plus d’impôts pour ça ! C’est pour toutes ces raisons que j’ai décidé de m’engager sur la liste « Non à l’ACAL, oui à nos régions ! ». Pour refuser ce Diktat et défendre les valeurs de liberté, de démocratie et de citoyenneté dans lesquelles je me retrouve. Je tiens à préciser que je suis inscris sur la liste au titre de Président du Parti Lorrain et non du Groupe BLE Lorraine. Il s’agit de deux choses différentes.

Justement, la liste sur laquelle vous figurez est portée par plusieurs mouvements régionalistes, dont notamment le Parti Lorrain. Quelle est la différence entre le Parti Lorrain et le Groupe BLE Lorraine ?

TR : Elle est de taille. Ce sont deux structures résolument différentes qui ont chacune des statuts, des objectifs et des missions différentes. Le Parti Lorrain est, comme son nom l’indique, un parti politique. Le Groupe BLE Lorraine est un média numérique et un think tank indépendant des éditeurs de presse et des banques. Nous nous réservons par conséquent le droit et la liberté de relayer des informations et des sujets concernant le Parti Lorrain, comme le font d’ailleurs d’autres médias. Mais nous ne sommes en aucun cas affilié ou au service du Parti Lorrain et encore moins contrôlé par celui-ci.

Que propose votre liste ?

TR : C’est simple, le démantèlement pierre après pierre de l’ACAL. Il ne s’agit pas d’un repli sur soi, bien au contraire. Cette liste constitue d’ailleurs la preuve que nous pouvons travailler ensemble en bonne intelligence et en synergie sans pour autant fusionner.  Nous bâtirons sur les cendres de l’ACAL un Conseil Unique de Lorraine. Notre région doit être forte, proche des Lorrains, efficiente et respectueuse du contribuable et de la démocratie. Alors que les zones rurales sont les grandes oubliées de l’ACAL, nous voulons apporter une attention particulière au développement et à la redynamisation de la Meuse, des Vosges et des anciens bassins industriels. Nous officialiserons dans les territoires concernés les langues régionales, à l’image du Lothringer Platt par exemple en Moselle-Est et généraliserons l’offre d’enseignement bilingue à parité horaire. Le Droit Local doit par ailleurs être modernisé et préservé. Nous créerons les conditions juridiques pour que ses bienfaits soient étendus à l’ensemble de la Lorraine. Le nivellement doit se faire par le haut ! Nous renforcerons parallèlement la coopération transfrontalière avec le Luxembourg, la Sarre, la Rhénanie-Palatinat et la Wallonie. Nous soutiendrons nos entreprises à investir dans la recherche-développement pour faire de la Lorraine une région high-tech, à la pointe des matériaux de demain et créatrice d’emplois à forte valeur ajoutée. Enfin, Nous nous opposons catégoriquement à l’enfouissement des déchets nucléaires à Bure, imposé lui aussi sans aucune concertation des habitants. La Lorraine n’est pas une poubelle. C’est pourquoi nous mènerons une politique soucieuse du cadre de vie et de l’environnement, en favorisant notamment les circuits courts.

Ian McLaughlin de la microbrasserie Au Père Fouettard : « Faire revivre le patrimoine brassicole de Saint-Nicolas-de-Port »

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Quelques mois après avoir réalisé un sujet sur la microbrasserie-pub-restaurant Au Père Fouettard à Saint-Nicolas-de-Port, nous sommes retournés à la rencontre de Ian McLaughlin, porteur du projet, afin de connaître l’état d’avancement de ce bel exemple de l’économie sociale et solidaire.

Ian, où en est votre projet de bar-brasserie ? Quels jalons ont été franchis depuis février dernier ?

Ian McLauglin : « Le projet avance ! Le local situé en face du Musée de la Brasserie est aux normes. Le nombre de futurs sociétaires progresse et atteint désormais les 125. On travaille également beaucoup sur la communication pour faire connaître ce beau projet. Je me déplace donc sur plusieurs événements comme « La Lorraine est formidable », « La Fête de la Bière à Tourtel », etc.

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Ian McLaughlin sur le stand de Saint-Nicolas-de-Port au Lac de Madine (Crédits photo : Gilles FRANCOIS)

En plus, j’ai remporté dernièrement le concours Entreprendre 2015, concours récompensant des projets entrepreneuriales, ce qui crédibilise le projet dans son ensemble et surtout le dossier financier. J’ai également gagné un « Fourquet d’argent » (médaille d’argent) lors du Concours National de Bière dans la catégorie « Autres Bières, Amateur » avec une bière noire (Stout) à la framboise.

Autant de bonnes raisons de soutenir Au Père Fouettard ! »

Quelles sont les prochaines étapes de sa réalisation ?

« Nous souhaitons créer la SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif) en septembre et constituer un capital avec nos sociétaires. Ensuite nous pourrons commencer les travaux pour le local, préparer les commandes de matières premières, installer les cuves et élaborer les premiers litres de bière ! Bien sûr, tout cela prend du temps et de manière réaliste on ne pense pas pouvoir ouvrir avant la Saint Patrick, c’est-à-dire mars 2016. »

Pourquoi avoir choisi de vous implanter à Saint-Nicolas-de-Port ?

« Tout simplement parce qu’à Saint-Nicolas-de-Port il y a le Musée de la Brasserie. Avec ses responsables, nous souhaitons redonner les lettres de noblesses à la brasserie lorraine et faire revivre le patrimoine brassicole de la ville. Nous voulons également répondre à la demande en restauration et en animation. C’est pourquoi il y aura également la possibilité de se restaurer sur place et de déguster des produits locaux (pâtés lorrains, charcuterie, fromages, etc.) car nous voulons soutenir l’économie locale et travailler en circuits courts. Ce sera aussi un lieu d’animations avec des événements autour de la bière, festifs et musicaux »

Avez-vous rencontré des freins, des problèmes ?

« Comme dans tout montage d’entreprises, il existe toujours des freins que ce soit au niveau technique ou administratif. Par exemple, au sujet du local, nous avons du attendre les résultats d’une étude de sept mois. Cela nous a ralenti mais ne nous a pas pour autant découragés. Il faut savoir surmonter ces difficultés et comme m’a dit un très bon ami : le talent seul ne suffit pas, il faut persévérer ! ».

Plus d’informations sur : http://auperefouettard.fr/.

Le Groupe BLE Lorraine remercie Ian McLauglin pour le temps qu’il nous a accordé.

Nouveau concept à Metz : Hype-Fish, le poisson autrement !

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Le Groupe BLE Lorraine est allé à la rencontre des entrepreneurs lorrains qui ont ouvert en septembre 2014 un nouveau concept de restauration autour du poisson à Metz. Décryptage.  

Depuis quelques semaines les Lorrains peuvent découvrir Rue Sainte Marie à Metz un étrange poisson orangé. Qui êtes-vous et d’où venez-vous ?

Patrick Hoffmann, cofondateur de Hype-Fish : « Hype-Fish est un établissement de restauration rapide autour des produits de la mer proposant une nourriture saine, de très bonne qualité et à un prix abordable. Nous respectons une charte de qualité et environnementale en utilisant du poisson d’élevage surveillé et/ou du poisson en pêche raisonnée.

Patrick Hoffmann Hype Fisch

Patrick Hoffmann, Chef cuisinier et cofondateur de Hype-Fisch (Crédits photo : Romuald FALTOT pour le Groupe BLE Lorraine)

L’aventure a commencé il a y quelques années quand deux amis d’enfance ont eu l’idée de créer un concept unique en France : la restauration rapide autour des produits de la mer. Un troisième Mosellan, Philippe, conquis et attiré par ce projet, s’est joint à l’aventure. Cette idée originale et notre volonté ont mené à l’ouverture de Hype-Fisch en septembre dernier. Ce local sympathique et convivial accueille les amateurs de poissons et de produits de la mer 6 jours sur 7. »

Votre ambition est de nous faire découvrir « Le poisson autrement ! ». Quelles valeurs se cachent derrière ce slogan et en quoi ce concept est-il unique et innovant ?

« Avec ce concept basé autour des produits de la mer, nous souhaitons démontrer à notre clientèle que même une restauration rapide peut satisfaire des personnes soucieuses d’une alimentation équilibrée. Nous offrons donc le poisson d’une manière différente, afin de répondre aux attentes et aux habitudes des consommateurs d’aujourd’hui. Nous souhaitons en effet faire connaître le poisson et ses bienfaits pour le corps à tous nos clients.

Ce concept est novateur dans la mesure où nous proposons des Fish Burgers avec des steaks de poisson composé de 100 % de chair sans aucun ajout. Ceux-ci sont par ailleurs cuits à l’huile d’olive. Nous proposons également des Fish Sandwichs, Fish & Chips et Fish salades. Ces produits sont de fabrications artisanales. Tout est fait maison, même nos sauces (curry-ananas, remoulade, burger classique, aïoli, sweet honey, etc.). Nous innovons de même chaque mois en élaborant un nouveau produit.

La qualité est notre engagement majeur. Nous avons mis en place une charte de qualité et une traçabilité irréprochable pour le traitement de nos poissons. Nos produits sont préparés sur place dans le plus strict respect de la chaîne du froid et des normes HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point). »

Du poisson si loin des côtes, comment vous est venue cette idée et pourquoi avoir retenu Metz comme point d’entrée ?

« Nous avons effectué une étude du marché en demandant aux passants, âgés entre 21 et 60 ans, leurs habitudes alimentaires relatives aux poissons et aux fruits de mer. 71 % des personnes interrogées ont répondu qu’elles goûteraient volontiers un sandwich à base de poisson. Cette information a confirmé notre ambition.

Notre comportement en termes d’achat de poissons est en adéquation avec la durabilité des espèces. Nous servons ainsi lieu noir, églefin, saumon, haddock, merlu, colin, plie, hareng et cabillaud selon la saison.

Nous avons choisi Metz car c’est la capitale de la Lorraine et du département de la Moselle. Ouverts d’esprit, les Messins sont attirés par les nouveaux concepts. Par ailleurs, la ville s’affirme comme une cité de la communication. Elle est également pionnière en France en matière d’écologie urbaine, politique à laquelle nous adhérons. »

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Hype-Fisch, un nouveau concept de restauration rapide à découvrir à Metz (Crédits photo : Romuald FALTOT pour le Groupe BLE Lorraine)

L’entrepreneuriat en Lorraine. Est-il facile aujourd’hui de se lancer dans notre région et qui plus est dans le monde de la restauration ?

« Il faut effectivement beaucoup de courage pour se lancer dans un projet entrepreneurial dans un environnement économique instable, notamment dans le secteur de la restauration. Toutefois, nous croyons beaucoup à notre idée innovatrice et nous travaillons dur pour atteindre nos objectifs. Nous sommes très reconnaissants d’avoir obtenu le soutien de personnes très professionnelles comme Philippe Guillaume, Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Moselle, et Alain Steinhoff, Président de la Fédération des Commerçants de Metz.

Metz et sa région offrent des emplacements de choix. Nous avons opté pour la Rue Sainte Marie qui est le carrefour des étudiants et des personnes pressées pour leurs pauses-déjeuner. Cette rue a un fort potentiel. Elle propose une large variété de produits alimentaires.

Le secteur de la restauration est un monde difficile. Cela dit, Patrick Hoffman, cofondateur d’Hype-Fish, est diplômé d’un BTS en cuisine et a plus de 20 années d’expérience dans la restauration, dont dix en tant que chef dans un établissement spécialisé en produits de la mer. C’est lui qui a créé toutes nos recettes avec des produits frais. »

Quelles sont vos ambitions à court terme et quelles perspectives envisagez-vous d’ici quelques années ?

« Notre ambition est tout d’abord de nous faire connaître, de fidéliser notre clientèle tout en insistant sur la qualité de nos produits et de notre service irréprochable. D’ici quelques années, nous avons l’intention de créer une chaîne de restauration rapide autour des produits de la mer en Lorraine, en France et pourquoi pas à l’étranger, notamment sous forme de franchise. L’organisation de soirées à thèmes et le lancement régulier de nouveaux produits devraient nous aider à nous développer. En attendant, nous travaillons pour répondre au plus près aux attentes de nos clients. »

Avant de nous quitter, et afin de nous mettre l’eau à la bouche, comment élaborez-vous vos recettes et quels sont vos petits secrets de fabrication ?

« Nous utilisons uniquement du poisson d’élevage surveillé et/ou du poisson en pêche raisonnée. Nos pains proviennent d’une production artisanale régionale et nos pommes de terre viennent d’une ferme mosellane. Le choix de nos fournisseurs est primordial dans l’élaboration de nos recettes. Nos Fish Burgers et nos Fish sandwichs sont préparés devant le client. Nos frites maisons sont épluchées et coupées tous les matins. Toutes nos recettes sont élaborées à partir de produits frais.

Nous devrions bientôt organiser des ateliers « cooking », où notre Chef fera une recette devant les clients en expliquant chaque étape de sa conception avant une dégustation en petit groupe. »

Plus d’informations sur : http://www.hype-fish.com/.

Le Groupe BLE Lorraine remercie les membres d’Hype-Fish pour le temps qu’ils nous ont accordé.

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Interview du Président : « Nous continuerons d’incarner la Lorraine »

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Thomas Riboulet, Président du Groupe BLE Lorraine, monte au créneau et analyse la situation actuelle du Groupe et de la Lorraine dans le contexte de fusion des régions.

Président, comment se porte le Groupe BLE Lorraine en ce début d’année 2015 ?

Thomas Riboulet, Président du Groupe BLE Lorraine : « Le Groupe BLE Lorraine est sur une dynamique de croissance. Les objectifs de fréquentation de nos sites ont été atteints en 2014. Nous allons poursuivre cette année notre développement. Nous portons pour cela plusieurs projets d’investissements pour continuer à grandir dans un souci constant de qualité. Par ailleurs, l’équipe s’est étoffée avec l’arrivée de nouveaux contributeurs.

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Pour le Président, la situation socioéconomique actuelle de la Lorraine est le résultat de politiques successives désastreuses (Crédits photo : Groupe BLE Lorraine)

Sur le plan sportif, les résultats du Groupe BLE Lorraine FC ont été satisfaisants la saison dernière avec l’obtention de deux titres mineurs à Garche et à Grostenquin. Il y a néanmoins encore une belle marge de progression.

Il est clair que le Groupe BLE Lorraine est atypique et unique en son genre en Lorraine et même au-delà. Il faut néanmoins savoir qu’il a énormément évolué depuis sa création en 2008. De contributeurs anonymes, il a en effet pris le virage d’une transparence presque sans équivalent dans le paysage médiatique lorrain. Nous sommes par exemple les seuls à communiquer sur notre fréquentation. Nos valeurs sont néanmoins restées toujours les mêmes, à savoir excellence, indépendance et passion. Elles constituent notre ADN et le socle de notre engagement. »

Comment jugez-vous la situation actuelle de la Lorraine ?

« Il faut bien se rendre à l’évidence que la Lorraine est actuellement dans l’impasse. Malgré quelques grandes réalisations symboliques palliatives comme le Centre Pompidou-Metz, le Center Parcs des Trois Forêts ou encore le nouveau Centre des Congrès de Nancy, elle reste figée dans le chômage de masse, la précarité et les querelles de clochers d’élus dépassés et mués par la satisfaction de leur seul intérêt personnel. La situation actuelle de la Lorraine est le résultat de plusieurs décennies de politiques désastreuses depuis la fin de la sidérurgie, dont la gestion a été calamiteuse, avec notamment la condamnation de toute future exploitation minière par l’ennoyage. Les pseudos reconversions proposées nous ont fait passer d’une mono-industrie à une autre, avec tous les travers que cela peut engendrer. Nous ne pouvons aujourd’hui que constater l’ampleur de l’échec des élus régionaux de tout bord, incapables de s’unir dans les moments cruciaux et d’avoir une vision à long terme. Aux errements de ceux-ci s’est ajouté l’impact des arbitrages contestables des gouvernements français successifs, dont les derniers exemples en date ont été particulièrement violents, notamment socialement, avec la fermeture de Gandrange, l’arrêt définitif des hauts-fourneaux de Hayange et les restructurations militaires. Après avoir exploité les ressources de la Lorraine comme une colonie pour se reconstruire après la Seconde Guerre mondiale, la France l’a laissée tomber comme si c’était une pestiférée en lui refilant en prime ses pires déchets nucléaires pour les enterrer à Bure dans un déni total de démocratie.

On comprend dès lors que toute initiative et que toute solution ne pourront venir que de l’intérieur. On ne peut malheureusement aujourd’hui plus compter sur la solidarité de nos voisins et de la France. La situation de la Lorraine est extrêmement frustrante car notre territoire possède toutes les cartes pour s’en sortir et retrouver le rayonnement qui devrait être le sien. Mais à force de gâcher et de gaspiller des occasions immanquables de se relever, cette situation devient de plus en plus précaire. Au risque d’atteindre un point de non-retour ? Cela dit, il n’est jamais trop tard pour se réveiller et se poser les bonnes questions. La résignation n’a jamais permis d’inverser la tendance.

L’heure est grave. Après la Guerre de Trente Ans, la Guerre de 1870-1871, les deux guerres mondiales et les restructurations en tout genre dans son industrie ayant conduit à la suppression de dizaines de milliers d’emplois, la Lorraine vit sans doute l’une des périodes les plus sombres de son histoire. Engluée dans une dépression socioéconomique depuis 2008, voilà maintenant qu’elle s’apprête à perdre son statut administratif pour être diluée dans un ensemble artificiel dénué de sens, pur produit de l’imagination folklorique des têtes pensantes parisiennes. C’est terrible. »

Justement, la fusion parlons-en. Quel regard et quelle analyse portez-vous dessus ? Le Groupe devra-t-il évolué en conséquence ?

« Le pouvoir central affirme que la fusion des régions entrainera des économies. Mais rien ne nous permet actuellement de les appréhender objectivement. Je crois même sincèrement que tout ceci coûtera plus cher en définitive. Là, le périmètre va juste être agrandi sans que ne soit réduit proportionnellement le nombre d’élus du conseil régional de la nouvelle région. Il aurait été nettement plus logique et plus efficient de conserver les régions actuelles et de supprimer les départements pour former des conseils uniques. En Lorraine, cela aurait déjà permis d’économiser durablement quatre conseils départementaux, soit les indemnités de 157 conseillers généraux !

Par ailleurs, les régions s’apprêtent à fusionner sans connaître les compétences et les ressources fiscales qui leur seront confiées. Cela vaut également pour les départements. Le tout à moins d’un mois des élections départementales. On nage en plein délire !

Le gouvernement français a décidé sans concerter la population, qui reste tout de même la première concernée par ce changement, de fusionner la Lorraine avec l’Alsace et la Champagne-Ardenne, en reniant les spécificités de chaque territoire. Cette façon de procédé, antidémocratique, pose à mon sens un grave problème de légitimité et d’appropriation. La fameuse idée de la taille critique pour rivaliser à l’échelle continentale n’a pas plus de sens ici. La Lorraine représente les trois quarts de la Belgique et est plus grande que certains Länder allemands. Il ne s’agit pas d’un problème de taille mais encore une fois de compétences. De son côté, la Corse, peuplée de 320 000 habitants, a le droit de rester seule. Cherchez l’erreur !

Tout ceci m’amène donc à penser que cette nouvelle carte des régions n’est le fruit que de marchandages politiques éloignés de toute logique économique et territoriale. Ce charcutage régional n’est qu’une caricature de démocratie et de décentralisation. Il est temps que les Lorrains prennent conscience qu’ils sont pris pour des cons depuis des décennies, aussi bien par les gouvernements français successifs, que par les élus régionaux.

Un « vrai » Lorrain ne pourra jamais, au fond de lui, accepter la fusion imposée de la Lorraine avec l’Alsace et la Champagne-Ardenne. Il est inadmissible que la Lorraine soit diluée dans un tel ensemble créé de toute pièce simplement pour que M. Hollande laisse une trace de son quinquennat à la postérité. Fusion ou pas, nous continuerons d’incarner la Lorraine. Le contexte actuel doit marquer le retour d’un Groupe BLE Lorraine à l’esprit « combattant ». Nous ne nous dérobons pas. Nous assumons notre rôle de leadership de la contestation de la fusion en Lorraine. Des annonces seront prochainement faites à ce sujet. »

Interview du Président du Groupe BLE Lorraine

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Le Président du Groupe BLE Lorraine, M. Thomas Riboulet, s’exprimera, dans une interview à paraître sur nos sites mercredi soir, sur l’actualité du Groupe BLE Lorraine et de la Lorraine en ce début d’année 2015.

Jo Nousse de MANNIJO : « Toutes les langues ont droit au même respect »

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A l’occasion de la sortie de Café-Klatsch, nouvel album de MANNIJO, Jo Nousse, compositeur et interprète de ce trio transfrontalier, nous dévoile l’univers polyglotte qui l’inspire et sa passion pour la diversité culturelle.

Comment se porte MANNIJO ?

Jo Nousse : « 17 ans d’âge et pas mal de rides ! Près de 500 concerts au compteur dans toute l’Europe, de Berlin au petit village corse de Calacuccia, en passant par la Lorraine bien sûr ! Notre projet de groupe « transfrontière » polyglotte et d’obédience francique maintient toujours le cap et notre pari d’ambassadeur musical de l’espace transfrontalier francique est tenu. Après la sortie récente de notre cinquième album, Café-Klatsch, notre trio est déjà en train d’échafauder un nouveau programme intitulé Tour de France ! Un surprenant itinéraire en chansons à travers l’hexagone ! Où l’on découvre une France plurilingue et riche de cultures. Ce récital sera prêt pour l’été 2015 ».

Pourquoi avoir décidé de marier la chanson traditionnelle En passant par la Lorraine avec trois couplets des Sabots d’Hélène de Georges Brassens ?

« Il faut savoir que l’ami Georges avait déclaré que la chanson trad’ En passant par la Lorraine l’avait inspiré pour l’écriture de sa chanson Les sabots d’Hélène. La mise en regard de ces deux chansons, qui nous a été suggérée par Walter Liederschmitt – un collègue musicien de Trèves – est une première musicale. Warner Chappell Music France nous a donné l’autorisation de faire figurer cette chanson sur notre album grâce à la bienveillance de Serge Cazzani – neveu de Brassens et seul héritier – qui a été séduit par notre projet. C’est bien sûr devenu le titre-phare de l’album de MANNIJO ».

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Pouvez-vous nous en dire plus sur le tournage du vidéo-clip de la chanson ?

« Le vidéo-clip a été intégralement tourné au Dräilännereck (Pays des Trois Frontières), notamment à l’Auditorium du Château de Malbrouck et au Château des Ducs de Lorraine de Sierck. Ce sont des lieux où nous nous étions déjà produits en concert et qui ont une forte résonance symbolique. C’est le vidéaste messin Cyril Magi qui a réalisé ce clip en intégrant beaucoup des souhaits que nous avions exprimés lors des repérages. On ne pouvait imaginer meilleure « carte postale musicale » lorraine ».

Comment définissez-vous votre trio ?

« MANNIJO est un groupe musical franco-allemand qui a su réunir tous les ingrédients pour faire découvrir à un large public une Europe cordiale de la Chanson. Le groupe a été fondé en 1997 par le Rhénan Manfred « Manni » Pohlmann et moi-même. MANNIJO décline en musique notre passion pour l’interculturalité et notre langue maternelle commune : le francique (la langue ancestrale de Charlemagne !). Grâce à la présence aux claviers et à la direction musicale de Patrick Riollet, MANNIJO s’est rapidement révélé comme l’un des groupes-phares de la scène musicale transfrontalière, élaborant des ré­pertoires aux langues mêlées et complices : français, allemand, francique mosellan, luxembourgeois, ita­lien, corse, breton, anglais, occitan, catalan et yid­dish. Le trio s’applique à conjuguer ambiance réjouissante et interculturalité avec intelligence et convivialité. MANNIJO propose ses programmes polyglottes constitués de chansons traditionnelles, de reprises et de compositions pour de multiples occasions: concerts, fêtes, festivals, jume­lages franco-allemands, soirées privées, animations, café-klatsch, congrès, etc ».

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Le trio MANNIJO, ici au Château de Sierck-les-Bains, se définit comme un « partisan des langues » (Crédits photo : Cyril MAGI)

La musique joue-t-elle un rôle particulier dans la préservation et la promotion du Lothringer Platt ?

« Du fait de sa diffusion facile et universelle, la musique  joue un rôle particulièrement fort pour la promotion de toutes les langues minorées ou moins répandues sur la planète. Le fait que des groupes musicaux s’expriment en Platt a un effet double : cela dynamise les efforts de promotion et en même temps c’est un indicateur qui montre que d’un point de vue socioculturel, quelque chose est en train de vibrer pour cette Sprooch dans son aire linguistique transfrontalière au cœur de l’Europe. Nous sommes, en tant que groupe musical, en même temps un peu acteurs et énormément résultantes de cette situation.

Un exemple : notre précédent album et projet, un CD de chansons enfantines en francique luxembourgeois, a réuni plus de 300 élèves du pays sierckois qui ont chanté en lëtzebuerger Platt. Sur ce projet multipartenarial, nous avons fédéré associations, communauté de communes et institutions départementales et régionales.

MANNIJO aime se définir comme Sproochepartisan (partisan des langues). De la même manière que nous aimons le Platt, nous considérons que toutes les langues, quel que soit leur statut, ont droit au même respect. C’est cette soif d’égalité que nous voulons faire entendre joyeusement sur scène par le biais des chansons qui constituent notre répertoire polyglotte ».

Le refrain en Lothringer Platt :

Ich hann e lotrénger Meedche kannt
Met hölze Scho,
Datt met dräi Kapitän’ bekannt woar
Soten et wär e Baurentrampel
Kee fäi Meedche
Met säin hölze Scho.

Traduction :

J’ai connu une fille lorraine
qui portait des sabots
Elle était connue de trois capitaines
qui disaient qu’elle était une garce paysanne
pas une fille distinguée
avec ses sabots de bois.

Le Groupe BLE Lorraine remercie Jo Nousse pour le temps qu’ils nous accordé.

Julien Strelzyk : « Les problèmes techniques peuvent créer des moments drôles »

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Dans une interview exclusive accordée au Groupe BLE Lorraine, Julien Strelzyk, humoriste lorrain originaire de Metz, nous dévoile les coulisses de son nouveau spectacle et la place qu’il attribue à l’humour dans les relations avec autrui. 

Pouvez-vous nous présentez votre nouveau spectacle ?

Julien Strelzyk : « Mon spectacle s’intitule « En route vers l’Olympia ! » J’ai modifié à deux reprises la mise en scène et de nombreux sketchs. C’est la version 3 du spectacle. Je présente ce qui me stresse : discussions inutiles, l’utilisation du GPS par mon père, les onomatopées par SMS, les interviews de footballeurs … »

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Vous n’en êtes pas à votre première représentation ni à votre première montée sur scène. Avez-vous une anecdote à nous livrer ?

« En presque quatre ans, je suis monté sur scène 400 fois. Je n’ai pas encore la chance d’avoir un régisseur qui assure toutes les dates. Alors les problèmes techniques peuvent créer des moments drôles. Le micro se décroche, ne fonctionne pas, le son n’est pas lancé au bon moment … A chaque fois, c’est un bon exercice d’improvisation ! Parfois, le public nous demande à la fin : « c’était fait exprès ? » C’est un beau compliment d’ailleurs ! »

En quoi les relations entre Metz et Nancy, parfois tumultueuses, vous ont elles inspirées ?

« Dans ce sketch, j’essaie de comprendre d’où viennent cette rivalité et cette tension difficile à cerner. Je suis pour la paix entre ces deux « nations » ! »

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Julien Strelzyk sait improviser quand il le faut (Crédits photo : Julienverslolympia)

Si l’autodérision peut s’apparenter à une certaine d’ouverture d’esprit, comment ne pas froisser certaines susceptibilités ? L’humour permet-il de combattre les clichés ?

« J’interviens parfois dans des séminaires d’entreprise. Et souvent, les organisateurs ont peur des réactions des dirigeants quant aux blagues que je ferai sur l’entreprise. Je pense que si c’est seulement de la dérision, et si c’est bien formulé, cela ne peut pas heurter. En effet, l’humour et les one man shows permettent ce recul et de réfléchir à certains sujets qui n’avaient pas, pour le moment, fait l’objet d’une réflexion. Je joue un sketch sur les interviews de footballeurs. A la fin du spectacle, on me dit : « C’est exactement ça ! »

Julien Strelzyk

Julien Strelzik entend rester sur sa lancée (Crédits photo : Julienverslolympia)

Peut-on rire cependant rire de tout ? Les caricatures et les stéréotypes mis en avant par les Alsaciens dans le cadre d’une éventuelle fusion avec la Lorraine vous ont-ils fait réagir ?

« Toutes les appartenances à des communautés sont des sujets sensibles. J’aime, dans mes sketchs, que l’on ne se sente pas agressé. Cela reflète aussi ma personnalité. Je peux comprendre que des personnes soient choquées par une caricature oui. »

 

Julien Strelzyk est en tournée en Lorraine.

Il sera :

Le 12 décembre au Lycée Daunot de Nancy pour le Téléthon

Le 13 décembre au NEC de Marly au profit du Téléthon également

Le 10 janvier à Sarrebourg au centre socio-culturel

Le 16 janvier en 1ère partie de Jean-Marie Bigard à Créhange

Le 23 janvier à Troussey, en Meuse

Le 30 janvier à la Salle Braun à Metz

Le 31 janvier à la MJC étoile de Vandœuvre-lès-Nancy

Le 20 février, il organise un plateau d’humour réunissant dix humoristes au Capitole de Saint-Julien-lès-Metz.

Le 7 mars, il se produira au CAC de Saint-Avold pour fêter son 4ème  anniversaire scénique.

 

Vous trouverez plus de renseignements sur son site : www.julienverslolympia.fr.

Retrouvez également Julien Strelzyk sur la page consacrée à l’humour lorrain sur BLE Web TV.

Le Groupe BLE Lorraine remercie Julien Strelzyk pour le temps qu’il nous a accordé.