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» Catégorie : Histoire


Musée virtuel de la photographie aérienne à Chambley

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L’entreprise « L’Europe vu du ciel » a dernièrement créé un web-musée, c’est-à-dire une salle d’exposition virtuelle depuis la base aérienne de Chambley, où s’envolent tous les deux ans les montgolfières du Mondial Air Ballons. Plus de 30 000 photos de la Lorraine sont présentées. Cette véritable encyclopédie photographique en ligne permet aujourd’hui de préserver ce patrimoine vieux de 150 ans.

Le musée virtuel présente également l’histoire de la photographie aérienne avec une salle des portraits des pionniers, une salle des matériels et un hangar qui répertorie les machines volantes qui ont servi à la production de ces nombreux clichés. Une part importante de l’histoire de la photographie aérienne s’est d’ailleurs jouée en Lorraine lors de la Première Guerre mondiale (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2010/06/17/la-lorraine-terre-daventures-et-daeronautique/). Les pages électroniques déjà disponibles permettent de mesurer les progrès réalisés depuis les premiers clichés pris en 1858.

Le web-musée devrait encore se développer. La société est en effet convaincue que des trésors dorment dans des armoires. L’objectif est d’inciter les gens à communiquer et de publier d’autres documents.

A noter enfin qu’une exposition réelle se tient sur l’aérodrome de Chambley Planet’Air tous les jours de 14h à 17h.

Dans le passé, il y a eu une source inépuisable d’innovations. « Se priver du passé, c’est se priver de futures bonnes idées ».

La renaissance de l’Amos, la bière de Metz

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En 1868, le jeune brasseur Gustave Amos installa sa brasserie à Metz-centre, avant de déménager dans le quartier du Sablon. Un siècle plus tard, la marque messine était livrée jusqu’à Paris, Marseille, en Espagne et même aux Etats-Unis, faisant ainsi connaître au monde entier la porte des Allemands, représentée sur l’étiquette. Au début des années 1970, la bière comptait 150 dépositaires et plus de 3 800 points de vente. L’aventure familiale se termina en 1993, alors que l’usine employait encore une centaine de salariés, qui furent tous reclassés. Certains rejoignirent la brasserie Licorne de Saverne pour y perpétuer la tradition Amos. Si bien que la fabrication, même si elle devint confidentielle, ne s’est jamais arrêtée.

La renaissance de l’Amos, la bière de Metz dans Actualité logo-Amos-Metz

La Bière de Metz est de retour (Crédits photo : pinkgron.nl)

Aujourd’hui, le consommateur cherche de plus en plus à s’identifier à une bière, si possible locale. La brasserie de Saverne, qui appartient au géant allemand Karslberg, souhaite remettre en goût du jour l’Amos qui a moussé à Metz pendant 125 ans (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/05/27/pour-un-grand-musee-de-la-biere-a-metz/). L’industriel estime en effet qu’il y a à nouveau une place sur le marché pour cette bière à forte identité, très importante aux yeux des Lorrains. Il a donc fait appel à des agences spécialisées, afin de relooker la marque et de la rajeunir.

En 2011, 10 000 hectolitres d’Amos ont été produits, essentiellement en fûts, ce qui représente 3 à 4 % de la production de la brasserie de Saverne.

Tradition du Vin de Pâques à Villey-Saint-Etienne

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A Villey-Saint-Etienne (54), petit village paisible et préservé qui surplombe la vallée de la Moselle et son superbe écrin de verdure, la tradition du Vin de Pâques se perpétue encore et toujours.

Tradition du Vin de Pâques à Villey-Saint-Etienne dans Actualité vin-de-P%C3%A2ques

Vin de Pâques à Villey-Saint-Etienne (Crédits photo : commune de Villey-Saint-Etienne)

C’est à la mairie, ancienne propriété des chanoines que le Goniche, c’est-à-dire l’habitant de Villey-Saint-Etienne, a coutume d’appeler «  la grosse maison », que se déroule chaque dimanche pascal, comme un pèlerinage, cette tradition. Sur les coups de 11 heures, les habitants quittent leurs logements munis d’une bouteille vide pour la remplir de vin rouge, aux frais de la municipalité.

Cette tradition, qui dure depuis près de quatre siècles, est l’héritage d’un ancien maire du village. Soucieux d’acheter son salut, le sieur Davignon avait en effet décidé, en 1631, de léguer aux paroissiens 160 litres de vin le jour de Pâques. La coutume est entrée en vigueur trois ans plus tard. Une « vigne de Pâques » était même spécialement dédiée à l’événement, mais elle ne résista pas à la percée du canal de la Marne au Rhin.

Depuis ces temps reculés, quelques évolutions sont apparues. Ainsi, à cause de la révolution française, ce n’est plus l’Eglise qui assure le service, mais la municipalité. Et depuis la Grande guerre, la ration a été limitée à un litre de breuvage par famille.

De nos jours, 400 litres tirés des Côtes de Toul sont distribués. Pendant que les enfants vont chercher leurs chocolats dans les jardins de la mairie, les adultes prennent leur bouteille.

A noter cependant que cette tradition est uniquement réservée aux habitants du village.

Histoire et patrimoine à Mirecourt

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Si les luthiers de talent ont bâti une renommée mondiale à Mirecourt grâce à leurs violons, la cité vosgienne est riche de bien d’autres histoires.

A Mirecourt, trois musées méritent le détour. Le premier est dédié à la musique mécanique. Des registres anciens indiquent que près de 200 facteurs d’orgue travaillaient à l’époque dans la bourgade. A cette corporation, il faut ajouter celles des ébénistes, des fondeurs d’étain et des tanneurs de peau. Il n’en fallait pas plus pour lancer une activité de fabrication de boîtes à musique. De cette folle aventure commencée au XVIIIème siècle, il ne reste malheureusement plus rien, puisque le dernier facteur d’orgue s’est éteint en 1954.

Histoire et patrimoine à Mirecourt dans Culture et patrimoine Lutherie-Mirecourt

Lutherie à Mirecourt (Crédits photo : www.vosges.fr)

La dentelle a bien failli elle-aussi disparaître dans l’indifférence générale. Mais une poignée d’amatrices a décidé de reprendre le flambeau et de lui octroyer une deuxième naissance. Dans le Musée de la dentelle, le cliquetis des fuseaux qui valsent entretiennent une atmosphère d’antan. Des centaines de femmes assuraient alors la réputation de la dentelle vosgienne.

Le Musée de la lutherie, ancré au pied du Madon, complète la visite.

Mirecourt présente enfin un dernier petit bijou, la chapelle de l’Oultre, un joyau architectural du XIème siècle, agrandi successivement au XVème siècle et au XVIème siècle. Surplombant la rivière, l’édifice raconte l’histoire des premiers habitants.

Vallée de la Saulx : un crime de guerre impuni

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Le 29 août 1944, vers 15 heures, les Allemands ont rassemblé 49 hommes sur la voie de chemin de fer à Robert-Espagne. Trois mitrailleuses mises en batterie leur ont tiré dessus, puis les soldats ont achevé les blessés. Ce jour-là, deux autres hommes et une jeune fille tombèrent également sous les balles ailleurs dans le village.

Vallée de la Saulx : un crime de guerre impuni dans Histoire massacres-vall%C3%A9e-Saulx

« Robert-Espagne incendié » (Crédits photo : http://martyrsdelasaulx.blogspot.fr/)

Selon une enquête de gendarmerie menée en avril 1945, une vingtaine d’hommes est arrivée dans le village vers 10h30. Le procès-verbal rapporte qu’après l’explosion du bureau de poste, « des groupes de soldats entrèrent dans chaque maison, surexcités, en se faisant servir du vin qu’ils buvaient à la bouteille ». Ils ordonnèrent aux hommes du village de se rendre place de la Gare, soi-disant pour y construire une tranchée.

Après ce massacre sans raison, les Allemands ont mis le feu aux maisons. Le village a été détruit à 95 %. Sa reconstruction n’a débuté que dans les années 1950. De cette journée terrible, il ne reste aujourd’hui que deux poutres calcinées, posées en croix à l’entrée du village. Le seul souvenir d’un crime de guerre demeuré impuni.

Les massacres de la vallée de la Saulx, près de Bar-le-Duc, ont touché quatre villages : Robert-Espagne, Couvonges, Beurey-sur-Saulx et Mognéville. Robert-Espagne a connu le bilan le plus lourd avec 52 victimes au total, sur les 86 recensées ce 29 août 1944. A chaque fois, des pillages ont eu lieu et des maisons ont été incendiées.

Chaque année, quatre cérémonies de commémoration distinctes sont organisées dans les quatre communes. Un monument unique devait être érigé entre Robert-Espagne et Beurey-sur-Saulx. La première pierre en avait même été posée par le général de Gaulle, lors de sa visite le 28 juillet 1946. Mais le monument n’a finalement jamais vu le jour.

Yves Entenich a réalisé un documentaire intitulé Un crime de guerre pour la télévision sur ces atrocités. D’après lui, une telle barbarie est l’œuvre de « fanatiques », des militaires de la Wehrmacht très entraînés. Ils avaient voulu recruter des unités dans la région de Bar-le-Duc, mais ceux-ci refusaient. Son travail l’a amené à privilégier le témoignage à l’analyse, pour proposer un film « humain ».

Les massacres de la vallée de la Saulx sont moins connus que d’autres, comme celui d’Oradour-sur-Glane par exemple, car les villages incendiés ont été reconstruits.

La ville neuve de Charles III à Nancy

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La ville neuve de Nancy, par opposition à la vieille ville, a été édifiée à la fin du XVIème siècle sous le règne du Duc Charles III de Lorraine.

La ville neuve de Charles III à Nancy dans Culture et patrimoine

Ce quartier Renaissance a conservé ses caractéristiques initiales avec ses artères rectilignes formant un vaste damier, dont seule la rue Saint-Nicolas, survivance du vieux faubourg, rompt l’ordonnance. Des fortifications bastionnées protégeaient cette ville neuve, qui ne communiquait avec la vieille ville, au tracé médiéval irrégulier, que par une esplanade ouverte au Sud de la place de la Carrière. Les entrées extérieures s’effectuent au Sud, à l’Ouest et à l’Est par des portes défensives, les fameuses Portes Saint-Nicolas, Saint-Georges et Saint-Jean. Diverses fabriques, manufactures de toile de coton, de chaussures, de chandelles, chapelleries (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2012/01/25/des-chapeaux-de-lorraine/), filatures ou encore imprimeries, étaient installées le long des remparts non loin de la Porte Saint-Nicolas. Si certains bâtiments ont été détruits, d’autres offrent encore de vastes espaces intérieurs, le plus souvent aérés et lumineux.

La Perle romane de la Meuse

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Sur les contreforts de l’Argonne, l’église millénaire de Notre-Dame de Mont veille sur les 110 habitants de Mont-devant-Sassey, paisible village meusien situé entre Dun-sur-Meuse et Stenay. Au Nord-Ouest du département, ce joyau de l’art roman est comme posé sur un coteau. Le site est grandiose, presque irréel.

La Perle romane de la Meuse dans Culture et patrimoine Mont-devant-Sassey-%C3%A9glise_1

L’église de Notre-Dame de Mont surgit face à l’Argonne (Crédits photo : Jacques Mossot)

C’est au XIème que les Dames Chanoinesses d’Andenne, chassées par les invasions barbares, s’établirent en ces lieux magiques dominant la vallée de la Meuse. Elles entreprirent la construction d’un édifice primitif. Le plan est typique de l’art rhéno-mosan avec trois nefs au-dessus d’une crypte remarquable à doubles colonnades à arcs rehaussés. L’ensemble construit en pierre blanche de Meuse est d’une grande cohérence et d’une sobre élégance. L’église symbolise l’époque romane. Mais au cours des siècles des éléments gothiques puis baroques se sont ajoutés. Ce ne fut qu’au XIXème siècle que les transformations successives prirent fin.

Avec la crypte, la plus grande richesse de cette église qui pourrait avoir rang de basilique, tant elle est imposante et précieuse, réside en son somptueux portail sculpté du XIIIème siècle. Il s’agit du plus ancien témoignage conservé de cette époque en Lorraine. Il présente de fortes similitudes avec le portail royal de la cathédrale de Reims. Cet art de la pierre s’apparente à l’esprit des maîtres sculpteurs de Trèves. Il est unique de par son statuaire intact. On y a retrouvé les marques de passage des compagnons bâtisseurs du Moyen-âge. Le tympan est orné de bas-reliefs où l’on distingue encore des traces de polychromie.

Bien que classée Monument Historique, l’église sombrait dans l’oubli. Son mauvais état général faisait même craindre le pire. Mais c’était sans compter sur une poignée de passionnés qui entreprend depuis 1994 un travail pharaonique de rénovation, de reconnaissance et de promotion de ce joyau architectural auprès du grand public. L’association a ainsi pour but d’aménager et de restaurer le périmètre extérieur de ce superbe édifice, afin de lui rendre toute son expression architecturale et de permettre aux visiteurs d’effectuer une découverte complète et circulaire de ce lieu estimé depuis le Moyen-âge. La sacristie a ainsi été reconstruite avec fenêtres à vitraux et remeublée. De même, les pierres tombales ont été remises en place et le cimetière primitif a été dégagé de ses ronces. C’est d’ailleurs dans celui-ci que la chapelle Notre-Dame protectrice des Petits Enfants fut longtemps l’objet d’un pèlerinage. En effet, une eau de source avait été qualifiée de miraculeuse et guérissait des maladies infantiles.

Des aîtres fortifiés de la vallée du Rupt-de-Mad

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La vallée pittoresque du Rupt-de-Mad recèle bien des trésors. Avec ses cinq aîtres fortifiés situés à Onville, Waville, Vandelainville, Bayonville, Arnaville et Villecey-sur-Mad, il s’agit de la plus importante concentration de ce type d’édifices en Europe.

Des aîtres fortifiés de la vallée du Rupt-de-Mad dans Culture et patrimoine Eglise-Onville

L’église Saint-Rémy d’Onville remonte au XIIème siècle (Crédits photo : Wikipédia)

Lieu d’asile, l’aître, ou atrium, était primitivement au Moyen-âge le cimetière, avant de devenir l’église. Il prenait les traits d’une halle destinée à accueillir les habitants lors d’invasions extérieures. Dans la vallée du Rupt-de-Mad, un bloc de bâtiments à caractère défensif s’étalait sur 6 km, au pied d’un vignoble déjà bien en place avant l’An mille. Des passerelles permettaient de rejoindre l’aître en toute quiétude depuis les plus proches maisons.

A Onville, l’église austère et massive est perchée sur les hauteurs de ce petit village blotti dans le creux de la vallée. Il se dégage comme un air protecteur de cette bâtisse plusieurs fois séculaire. D’ailleurs, on peut encore observer la forme en fer à cheval si caractéristique du ruban de maisons encerclant l’aître.

A Vandelainville, l’aître est situé à l’écart du village. Il tourne le dos à celui d’Onville car sa propriétaire, l’abbesse de Saint-Pierre-aux-Nonnains, n’était pas toujours en bons termes avec ses voisins. Le quartier a conservé une disposition proche de celle du Moyen-âge. Un escalier en pierre, qui était autrefois en bois, permet d’accéder aux maisonnettes. Mais c’est le clocher, désolidarisé de quelques mètres de l’église, qui interpelle le plus. Il communiquait néanmoins avec la nef médiévale. C’est impressionnante tour carrée, de style roman, est classée monument historique. Ses meurtrières rappellent encore sa fonction défensive.

Huit bornes explicatives ont été installées pour les visiteurs et les randonneurs dans les villages de la vallée. Il faut dire que plus de 100 km de sentiers ont été tracés. Deux d’entre eux font la part belle aux aîtres fortifiés.

Des tranchées de Verdun à Mogeville

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A Mogeville, village paisible situé à 15 km de Verdun, dans la Meuse, des passionnés ont reconstitué dans le jardin d’un particulier une tranchée 1914-1918.

Des tranchées de Verdun à Mogeville dans Culture et patrimoine Tranch%C3%A9e-de-Morgeville

Les tranchées plus vraies que nature de Mogeville (Crédits photo : jensen)

La propriétaire du terrain, âgée de 75 ans, fille d’un combattant de la Grande Guerre, l’a en effet prêté pour une durée indéterminée à une poignée de villageois, afin qu’ils recréent une tranchée. Si bien que son jardin, autrefois planté d’arbres fruitiers, est devenu un véritable champ de bataille qui a vu défiler plus de 34 000 visiteurs depuis juillet 2006. Une initiative aussi originale que réussie.

Il faut dire que le village, entièrement détruit pendant la guerre, était sur la ligne de front, en secteur français. Il était traversé par plusieurs lignes de tranchées. Mais ces dernières ont toutes été rebouchées. Les Allemands se trouvaient à 800 mètres à vol d’oiseau.

Il a fallu deux hivers pour construire cette tranchée. Tout a été fait manuellement, à la pelle et à la pioche. Et dans les mêmes conditions qu’en 1914. C’est-à-dire avec les mêmes difficultés racontées que dans les récits des soldats qui ont combattu dans la plaine de Woëvre. L’eau n’est qu’à un mètre de profondeur. Impossible de creuser plus profondément. Par conséquent, il a fallu construire une tranchée en gabionnage, c’est-à-dire en surélevant les contours par des sacs de terre. Dès qu’il y avait un dégel, les passionnés pataugeaient dans la boue. Cela leur a au moins permis de comprendre le mal des tranchées, à savoir la gangrène des pieds.

Petit à petit, c’est un véritable décor de cinéma qui a été créé. Les volontaires se sont basés sur des photos pour restituer l’atmosphère de l’époque. Les murs sont ainsi tapissés de fines branches de noisetiers ramassées dans la forêt et entrecroisées selon la technique de clayonnage. La cloche est là pour prévenir des attaques au gaz, tout comme les câbles téléphoniques qui courent le long des boyaux. Des dessins de pin-up ont également été punaisés dans les abris et des lits à grillage superposés, baptisés « cercueil à deux places » ou « villa des totos », en référence aux poux qui y avaient pris leurs quartiers, ont été installés. Enfin, à côté de la minuscule persienne qui permet de monter la garde, une inscription frissonnante résonne dans toute la tranchée : « Interdiction de s’asseoir, interdiction de dormir. Une seule peine : la mort ! ».

A noter que ce musée à ciel ouvert se poursuit à la surface, avec la reconstitution d’un camp retranché. On y retrouve les ateliers du couturier et du cordonnier, mais aussi un dépôt de munitions et une infirmerie, ainsi que le bistrot des poilus doté de boîtes de maquereau et de dentifrice d’époque. Un four à pain et des douches sont en projet.

Cathédrale de feu à Uckange

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Enorme cité grondante et fumante, l’usine sidérurgique d’Uckange n’est plus. Des 6 hauts-fourneaux, dont les sommets culminaient à près de 70 mètres, il n’en subsiste désormais plus qu’un, l’U4 (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/06/09/uckange-une-memoire-de-fer/).

Cathédrale de feu à Uckange dans Culture et patrimoine U4-Uckange

L’impressionnant complexe sidérurgique à Uckange (Crédits photo : Norbert Guirkinger)

Ces « cathédrales de feu » ont pourtant caressé le ciel pendant près d’un siècle à partir de 1891. Dans les entrailles de ces géantes, l’alchimie du gaz, du coke, du fer et du feu produisait de la fonte liquide. Un alliage brûlant de 1 300°C, qui terminait sa course folle dans des moules pour former des lingots de 12 à 16 kg, naguère appelés « caramels ». Au plus fort de sa production, Uckange exportait jusqu’à un million de tonnes de fonte par an. 1 200 personnes travaillaient sur le site. Depuis 1991, le monstre s’est refroidi, sacrifié sur l’autel de la rentabilité et de la finance. A Uckange, comme dans tout le bassin industriel lorrain, cette décision a suscité la réaction virulente de tous les sidérurgistes.

Toute la vie des habitants s’articulait autour du site. Une « Cité idéale », celle de l’entre-deux-guerres, où les industriels développaient une culture paternaliste, apportant aux ouvriers des avantages sociaux, politiques ou économiques, mais aussi éducation, logements salubres, salaires corrects, soins médicaux, produits de consommation à bas prix, cercles de loisirs et lieux de culte. Mais ce paternalisme n’a pas forcément rendu que des services aux ouvriers, notamment à l’heure de leur reconversion et à la nécessité de se prendre en charge. Certains n’avaient par exemple jamais vu une facture d’électricité auparavant !  

Laissé à l’abandon pendant 15 ans, le gigantesque ensemble du haut-fourneau d’Uckange a heureusement échappé à la destruction. Il est aujourd’hui devenu un lieu de mémoire et fait partie du patrimoine industriel de Lorraine (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2009/11/03/jardins-et-merveilles-du-monstre-de-fer/). Il a été classé Monument Historique en 2001. C’est le seul exemple de haut-fourneau avec des bennes Staehler à fond ouvrant qui subsiste en France. Il faut dire que cette technique de chargement originale était peu courante. La visite est effectuée par d’anciens sidérurgistes. Comme un peu d’humanité qui surgit au milieu de ce cadavre d’acier définitivement réduit au silence.

Une scène de course-poursuite a été tournée à l’U4 dans le film Les Rivières Pourpres II, dont l’intrigue se déroule en Lorraine.