Centre de ressources numériques sur la Lorraine

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Réhabilitation du puits Sainte-Marthe à Stiring-Wendel

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Parallèlement à la création d’un nouvel espace culturel à la Coulée verte, la commune de Stiring-Wendel va réhabiliter l’ancien puits de mine Sainte-Marthe, afin d’en faire un espace d’exposition et d’accueil de manifestations.

Puits Sainte-Marthe Stiring-Wendel

Le puits Sainte-Marthe de Stiring-Wendel (Crédits photos : A. Bourgeois)

Classé aux Monuments Historiques, le puits Sainte-Marthe est l’un des derniers chevalements houillers maçonnés de Lorraine et de France. Il a été bâti entre 1849 et 1852 pour servir à extraire le charbon.

Rappelons que les recherches de charbon dans le sous-sol du bassin furent relancées après la création de la Compagnie des Mines de Schœneck. Lors des travaux de prospection, une veine de charbon fut bien trouvée à Stiring-Wendel, mais ce fut de l’eau qui en jaillit avant tout. Les moyens techniques de l’époque ne permettaient en effet pas de contenir le flux. Si bien que le puits Sainte-Marthe fut utilisé dans un premier temps comme réservoir d’eau pour l’usine sidérurgique, avant d’alimenter la commune jusqu’au début des années 1950. Il fut ensuite abandonné.

Le chantier, d’un montant de 250 000 euros, permettra de préserver ce témoin de l’histoire industrielle de la ville.

Le combat de René II rappelé lors de la Fête de la Lorraine et des Lorrains

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Comme il le fait maintenant depuis plusieurs années, le Parti Lorrain (PL) a ravivé samedi dernier à Nancy le 5 janvier, Fête nationale de la Lorraine.

Marquée par la fusion contestée de la Lorraine avec l’Alsace et la Champagne-Ardenne et par le contexte lié à l’état d’urgence, la quatrième édition de la Fête de la Lorraine et des Lorrains a permis de rappeler la vie et l’œuvre du Duc de Lorraine René II et le déroulement de la Bataille de Nancy. Kévin GOEURIOT, historien de la Lorraine, membre de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Lorraine (SHAL) et récent lauréat du Prix des Conseils départementaux de Lorraine pour son roman historique Quand la Lorraine sera française, a ainsi accepté l’invitation du PL pour donner une conférence au caveau de la Brasserie Excelsior de Nancy. Il a notamment pu rappeler que le vainqueur de Charles le Téméraire était également un souverain amoureux des arts et des lettres soucieux du bien-être de son peuple.

conférence KG René II Nancy

Kévin GOEURIOT a retracé l’épopée du Duc de Lorraine René II (Crédits photo : Groupe BLE Lorraine)

Le Président du Parti Lorrain, M. Thomas RIBOULET, a également présenté ses vœux à l’assemblée, invitant les Lorrains à ne surtout pas baisser les bras et à faire preuve de courage et d’abnégation en cette période troublée. La fusion de la Lorraine n’est pas définitive. « Ce n’est pas pour toujours », comme cela est écrit sur la Colline de Sion. La Lorraine a une histoire glorieuse. Elle continuera d’exister tant qu’elle sera dans le cœur et l’esprit des Lorrains. Le Parti Lorrain fera tout pour que notre région historique et culturelle redevienne une entité politique et administrative à part entière.

gerbe 5 janvier 2016

Dépôt de gerbe Place Saint-Epvre (Crédits photo : Groupe BLE Lorraine)

Les cérémonies du 5 janvier 2016 se sont enfin clôturées par le traditionnel dépôt de gerbe au pied de la statue équestre de René II, Place Saint-Epvre.

Quatrième édition de la Fête de la Lorraine et des Lorrains

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Après le succès des trois premières éditions, marquées notamment par la prestation de la compagnie de l’Alérion Médiéval en 2014, qui avait transporté les visiteurs dans l’ambiance de la Bataille de Nancy grâce à différentes manœuvres de piquiers et des démonstrations de combats à l’épée et de tirs d’arquebuses, la Fête de la Lorraine et des Lorrains revient ce samedi 16 janvier 2016. Organisées par le Parti Lorrain (PL), les cérémonies débuteront à 15h00 au caveau de la Brasserie Excelsior de Nancy.

René II ajusté

Le Duc de Lorraine René II à la bataille

Quelques jours après la disparition officielle de la Lorraine en tant qu’entité administrative et politique suite à la fusion avec l’Alsace et la Champagne-Ardenne, les cérémonies commémoratives du 5 janvier revêtiront cette année encore un caractère particulier. A cette occasion, le Parti Lorrain a invité Kévin GOEURIOT. Historien de la Lorraine, membre de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Lorraine (SHAL), contributeur du Groupe BLE Lorraine et auteur de plusieurs ouvrages, Kévin GOEURIOT est le récent lauréat du Prix des Conseils départementaux de Lorraine pour son roman historique Quand la Lorraine sera française. Il donnera à partir de 15 heures une conférence sur le Duc de Lorraine René II, vainqueur de Charles le Téméraire lors de la fameuse Bataille de Nancy le 5 janvier 1477. René II était également un souverain amoureux des arts et des lettres soucieux du bien-être de son peuple. S’en suivra une séance de dédicace de son livre par M. GOEURIOT.

Auparavant, le Président du Parti Lorrain, M. Thomas RIBOULET, présentera ses vœux à l’assemblée. Ensuite, à 17 heures, une gerbe commémorative sera déposée au pied de la statue équestre de René II, Place Saint-Epvre.

Rappelons que la Fête de la Lorraine et des Lorrains, qui se déroule depuis plus de 500 ans, est l’une des plus anciennes fêtes nationales du monde. Elle commémore avec émotion la victoire des Lorrains sur les Bourguignons lors de la Bataille de Nancy. Ce succès assura pendant des décennies l’indépendance et la prospérité de la Lorraine en Europe. Quelques années plus tard, René II fit élever à Saint-Nicolas-de-Port un édifice imposant pour exprimer sa reconnaissance au Saint Patron de la Lorraine. Il décida également d’organiser chaque année un défilé dans les rues de Nancy, afin de commémorer la Victoire Lorraine. Pour rappeler à tous la défaite du Téméraire, la Ville de Nancy adopta comme emblème le chardon et comme devise « non inultus premor », c’est-à-dire « nul ne s’y frotte », ou « qui s’y frotte s’y pique ». Bien plus tard, la France fit interdire cette « Fête nationale lorraine », comme tout ce qui pouvait rappeler le souvenir d’un Etat indépendant et puissant. Face à la répression, les Lorrains célébrèrent leur fête en cachette sous le couvert de la Fête des Rois Mages, mais cela ne l’empêcha pas de tomber dans l’oubli au fil du temps.

Depuis plusieurs années, le Parti Lorrain a ressuscité la Fête de la Lorraine et des Lorrains de manière festive et populaire.

Voir l’évènement sur Facebook : https://www.facebook.com/events/474386226081885/.

Créé en janvier 2010, le Parti Lorrain fonde ses idées sur le respect de la démocratie, du progrès et de l’Europe. Par le mot progrès, le PL a la volonté de faire avancer la société dans un idéal humaniste et de développement qui rejette toute forme de racisme et de xénophobie. Il entend impulser une réforme de l’Etat français jacobin vers une structure résolument moderne et fédérale.

Le Parti Lorrain a participé aux dernières élections régionales. Il a recueilli près de 12 000 voix en Lorraine. Auparavant, il avait déposé plusieurs recours juridiques, notamment au Conseil d’Etat, pour faire annuler la fusion de la Lorraine avec l’Alsace et la Champagne-Ardenne qu’il juge anti-démocratique, incohérente et source de futures gabegies financières. 

Restauration de l’obélisque Sadi Carnot à Nancy

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Les plaques en bronze de l’obélisque Sadi Carnot de Nancy auraient été fondues par les Allemands en 1943. Une autre théorie veut qu’elles aient été démontées, volées et entreposées au Musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg. Plus de 70 ans après leur démontage, la Ville de Nancy a fait refaire les quatre plaques en pierre de lave moyennent un investissement de 22 600 euros. La restauration du monument à l’identique aurait nécessité environ un million d’euros. En effet, en plus des fameuses plaques en bronze, l’obélisque n’arbore plus les sculptures ornementales réalisées par Victor Prouvé et Eugène Vallin pour symboliser l’alliance entre la France et la Russie, ainsi que les feuilles d’or qui recouvraient son pyramidion.

obélisque Sadi Carnot Nancy

L’obélisque Sadi Carnot tel qu’il était à l’origine

L’édification de l’obélisque remonte à 1892 lorsque le Grand-duc Constantin de Russie, alors en cure à Contrexéville, rencontra le président français Sadi Carnot à Nancy. Les deux hommes esquissèrent les prémices d’un rapprochement diplomatique entre les deux Etats qui fut matérialisé en 1893 par la signature de l’Alliance franco-russe. Un plus tard, Sadi Carnot était assassiné. Au nom de la Lorraine, la Ville de Nancy décida d’élever un monument pour la paix des peuples. Financé grâce à une souscription publique, à laquelle participèrent 865 communes lorraines et près de 28 000 souscripteurs, l’obélisque fut inauguré en 1896.

Les nouvelles plaques apposées sur le monument rappellent la couleur et la patine du bronze. Elles sont respectivement dédiées à Sadi Carnot et au Grand-duc Constantin de Russie, au rôle que joua Nancy dans les négociations diplomatiques, aux trois départements lorrains de l’époque, la Moselle faisant alors partie de l’Allemagne, et à des chefs-lieux lorrains.

Cinéma : tournage de « A real Vermeer » au Palais de justice de Metz

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Plusieurs scènes du film A real Vermeer, du réalisateur néerlandais Rudolf Van Den Berg, sont tournées cette semaine au Palais de justice de Metz, notamment dans la salle des assises et l’escalier d’honneur.

Elles retracent le procès de 1947 de Han Van Meegeren, brillant faussaire qui réussit à reproduire dans les années 1930 des tableaux de Vermeer (1632-1675) si bien réalisés que certains d’entre eux furent expertisés comme étant des chefs-d’œuvre du maître flamand. Van Meegeren mit six ans pour copier à la perfection la technique de Vermeer. A tel point que même les spécialistes ne savaient plus distinguer les vraies et les fausses toiles. Suite à la vente du tableau intitulé Le Christ et la femme adultère à Hermann Göring en 1943, Van Meegeren fut condamné en 1947 à un an d’emprisonnement. Lors de son procès, le faussaire démontra lui-même à la cour comment il avait dupé le haut dignitaire nazi. Van Meegeren décéda d’une crise cardiaque dans les jours qui suivirent son jugement.

Pour les besoins du film et afin de recréer le décor et l’atmosphère du procès, la salle des assises, située au rez-de-chaussée du Palais de justice de Metz, a été relookée pour rappeler la salle d’audience du Tribunal d’Amsterdam. En effet, il y a près de 70 ans, celle dernière ne disposait pas de micro, d’écran de télévision et d’un box au vitrage blindé pour l’accusé.

Petite histoire de Hombourg-Haut

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Le berceau de la commune de Hombourg-Haut se trouve à Hombourg-Bas. Le village s’est développé autour d’un château appartenant au dernier Comte de Hombourg, Hugo de Lunéville-Metz. A sa mort en 1152, le Duc de Lorraine et l’évêque de Metz, Etienne de Bar, convoitèrent le château. Le religieux réussit finalement à s’en emparer pour en faire le siège d’une seigneurie épiscopale. Mais ce fut un autre évêque, Jacques de Lorraine, qui donna à la commune sa grandeur, en faisant notamment élever un château sur une colline voisine, qui était surnommé à l’époque « la guérite du monde » ou « le miroir de beauté ». Il en fit le siège de l’avouerie de Hombourg-Saint-Avold. Jacques de Lorraine fit également ériger une ville-forte, avec de longs remparts. L’actuelle vieille porte monumentale constituait l’entrée principale de la forteresse. Hombourg-Bas fut alors annexé à la nouvelle cité pour ne former qu’une seule entité. Des chanoines s’installèrent parallèlement et firent construire une nouvelle église collégiale à partir de 1300 environ, ainsi qu’un hôpital pour les pauvres.

Hombourg-Haut

La vieille ville médiévale de Hombourg-Haut (Crédits photo : Webmasterhombourg)

Cédée à plusieurs reprises, la ville fut relativement épargnée jusqu’à la Guerre de Trente ans. Mais au cours de ce conflit qui ravagea la Lorraine, les remparts de la ville tombèrent et le château fut démantelé. Hombourg-Haut resta désert pendant une trentaine d’années, avant de devenir un bourg rural. Au XVIIIème siècle, l’industrie redonna son essor à la commune, avec l’installation d’une forge par Charles de Wendel, avant que la famille d’Hausen ne suive, puis les maîtres de forge sarrois Gouvy. Chacun imprima sa marque, laissant des bâtiments remarquables. Sur le blason de la commune, deux alérions d’argent et la crosse épiscopale évoquent Jacques de Lorraine, évêque de Metz et fondateur de la ville.

(Source : RL du 31/07/2015)

blason Hombourg-Haut

De la table volante du Château de Lunéville

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Le Château de Lunéville disposait au XVIIIème siècle d’une table volante. Ce mécanisme permettait de faire monter, depuis les caves où se situaient les cuisines du château, un plateau mobile de forme ovale sur lequel les domestiques plaçaient les plats des différents services rythmant le repas. Le plateau ainsi chargé montait ensuite grâce aux poulies et aux contrepoids pour apparaître comme par enchantement au centre d’un anneau fixe, autour duquel prenaient place au niveau supérieur les convives du Duc et de la Duchesse de Lorraine. L’intimité, une notion nouvelle au début du siècle des Lumières, était ainsi préservée avec la mise à distance des servants. Il faut dire que 80 officiers et domestiques (chefs de cuisine, rôtisseurs, pâtissiers, chefs d’office, échanson, etc.) s’affairaient chaque jour dans la ruche bourdonnante des cuisines ducales pour alimenter près de 150 personnes ayant « bouche à cour », selon l’expression consacrée à l’époque.

table volante Lunéville

Reconstitution numérique de la table volante de Lunéville (Crédits image : Château des Lumières de Lunéville / Artefacto)

La table volante du Château de Lunéville fut l’une des toutes premières en Europe. Cette innovation mécanique a eu un effet retentissant dans les différentes cours européennes pendant toute la première moitié du XVIIIème siècle. Elle faisait partie de la mise en scène de la salle à manger privée du Château de Lunéville, telle que son inspiratrice, la Duchesse Elisabeth-Charlotte (1676-1744), épouse du Duc Léopold de Lorraine (1679-1729) et experte dans l’art subtil et délicat de recevoir, l’avait voulue vers 1720. Malheureusement, le château, pionnier en la matière, a perdu presque toutes traces de ce système ingénieux.

Fête Nationale de la Lorraine : tous à vos drapeaux !

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Aujourd’hui, nous sommes le 5 janvier 2016. C’est la 539ème Fête Nationale de la Lorraine. Elle commémore la victoire des Lorrains sur les troupes de Charles le Téméraire lors de la Bataille de Nancy en 1477. Afin de célébrer cet évènement, le Groupe BLE Lorraine invite les Lorraines et les Lorrains à mettre le drapeau lorrain à leurs balcons et fenêtres.

Bonne fête à toutes et à tous !

drapeau lorrain.svg

Kévin GŒURIOT : une plume fidèle à la Lorraine

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Dans une interview exclusive accordée au Groupe BLE Lorraine, auquel il contribue via des études historiques et des contes, Kévin Gœuriot, tout juste Lauréat du Prix des Conseils départementaux de Lorraine pour son sixième livre intitulé Quand la Lorraine sera française, revient sur le rattachement de la Lorraine à la France qui l’a inspiré. Un épisode de notre histoire qui trouve une résonance particulière à la veille de la dissolution de la Lorraine au sein de l’ACAL.

Groupe BLE Lorraine : Tout d’abord, félicitations Kévin pour ce Prix qui vient couronner votre  travail. Pouvez-vous nous raconter plus en détails la genèse de votre roman historique ?

Kévin Gœuriot : « Merci beaucoup pour vos compliments, qui me vont droit au cœur ! Il est vrai que le roman qui a été couronné à Bar-le-Duc, vendredi dernier [11 décembre 2015, N.d.l.r.], est le fruit d’un long travail d’écriture. En fait, l’idée de consacrer un roman historique au rattachement de la Lorraine et du Barrois à la France a germé dans mon esprit il y a une dizaine d’années, lorsque j’étais étudiant en histoire, à Nancy. Tout petit déjà, j’avais été frappé par un dessin de Jean Morette, sous lequel on lisait : le 23 février 1766, le bon duc Stanislas meurt. Le lendemain, la Lorraine était française. Cette petite phrase avait suffi à piquer ma curiosité. Je me demandais en effet comment la mort d’un monarque dont le nom, à cette époque, ne m’évoquait guère que la place qui porte aujourd’hui son nom, pouvait signer, pour les Lorrains, la fin de leur indépendance.

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Kévin Gœuriot feuilletant son roman : « Les Lorrains peuvent être fiers d’être les héritiers d’un passé à la fois glorieux et douloureux » (Crédits photo : Kévin Gœuriot)

Du coup, je me suis renseigné. A force de lectures, j’ai compris, d’une part, que le rattachement de la Lorraine à la France ne s’était pas fait d’un coup, en 1766, mais qu’il était le fruit d’un long processus, entamé dès le Moyen-âge. L’annexion des Trois-Evêchés en 1552, l’occupation des duchés et leur cession par François III en 1737 sont autant d’événements intéressants. Mais spontanément, c’est vers Stanislas que je me suis tourné. Peut-être aussi parce que, bien qu’étant le moins lorrain de nos ducs, il en reste le mieux connu des Lorrains …

La phase de recherche a donc duré quelques années. Puis, après avoir élaboré un plan (maintes fois remanié d’ailleurs), je suis passé à la phase d’écriture, qui a duré un peu plus d’un an. Je tenais à faire alterner les chapitres qui évoquent la famille Collin, à Bauzemont, avec les lettres, fictives, de Jean-Baptiste Durival, frère du célèbre Nicolas, qui nous a laissé une fidèle description de l’ambiance qui régnait à Lunéville, dans les années 1760 … L’idée était avant tout de plonger le lecteur dans une ambiance. Pour cela, je n’ai pas hésité à émailler les dialogues des paysans de quelques mots patois, expliqués dans un lexique, en fin d’ouvrage.

Le manuscrit, lu et corrigé par mon épouse, a ensuite été proposé aux éditeurs en février dernier. Il a très vite intéressé et en avril 2015, il était disponible en librairie. Une petite fierté, qui tombait à point pour célébrer le prochain 250ème anniversaire du rattachement des duchés de Lorraine et de Bar à la France … »

Groupe BLE Lorraine : Qu’est-ce qui a selon vous convaincu le jury de vous attribuer ce Prix ?

KG : « Je ne sais pas trop, il faudrait demander aux membres de ce jury [rires]. Mais je dois avouer que Monsieur Vetsch, conseiller départemental de la Moselle, m’a confié, en me remettant le prix, qu’il avait ouvert mon roman un soir d’octobre et qu’il n’avait pas pu aller se coucher avant d’en avoir achevé la lecture. Un joli compliment, auquel s’ajoutent les remarques des autres membres du jury. Ces derniers ont salué l’ambiance décrite, les mots patois, l’humour aussi, notamment pendant la veillée, qui est décrite dans le chapitre XIX.

A ma décharge, je dois dire que le jury n’avait reçu qu’une quinzaine de livres. Mais je ne sais pas combien de romans. En outre, c’est mon éditrice qui a eu l’idée de soumettre le roman au concours. Du coup, quand la nouvelle que le prix m’était attribué est tombée, j’étais assez surpris … »

Groupe BLE Lorraine : Au 1er janvier 2016, fusionnée avec l’Alsace et la Champagne-Ardenne, la Lorraine disparaîtra en tant qu’entité administrative et politique. Quelle analogie pouvez-vous établir en tant qu’historien entre la situation que nous vivons actuellement et 1766, année du rattachement de la Lorraine à la France ?

KG : « La nouvelle carte des régions est une chose qui interroge en effet. Mais je me suis toujours efforcé d’être optimiste. Si l’on regarde le passé, la Lorraine n’a fait qu’évoluer, au fil des siècles, dans ses limites et frontières. A tel point que dans notre région, la frontière doit moins être considérée comme une ligne que comme un espace à part entière, avec toute sa profondeur et son épaisseur … En outre, l’unité lorraine est largement discutable et un Lorrain du Pays de Bitche a assez peu à voir, en définitive, avec un Lorrain de Bar, de l’Argonne ou des Hautes-Vosges. Pendant des siècles, l’unité lorraine n’a tenu que parce que les Lorrains adhéraient à certaines valeurs, au premier rang desquelles figuraient la religion et la famille ducale. Aujourd’hui, les Lorrains se retrouvent dans d’autres valeurs. Ils sont fiers de leur patrimoine, de leur gastronomie, de leur histoire aussi, de laquelle ils ont hérité une identité complexe et quelques complexes identitaires.

L’analogie que l’on peut établir entre 1766 et la période actuelle est donc difficile à dresser. Elle forcerait l’historien à mentir ou à déformer une réalité. Nos ancêtres percevaient les choses d’une autre manière que nous ne les percevons. Les médias, la vie politique, n’existaient quasiment pas en 1766 ! La vie elle-même était rythmée par les saisons et non par les élections, les séries télévisées et le calendrier scolaire … Du coup, la comparaison entre les deux périodes me paraît hasardeuse. Surtout qu’il ne faut pas oublier qu’entre temps, une partie de la Lorraine s’est retrouvée par deux fois annexée à l’Allemagne, créant ainsi un véritable traumatisme qui, d’une certaine manière, ajoute encore un peu plus de complexité au débat …

Malgré tout, je voudrais attirer votre attention sur les commémorations du rattachement de la Lorraine à la France. Un opuscule signé du Baron Guerrier de Dumast nous indique qu’en 1866, le centenaire de cette commémoration s’était fait en grande pompe, avec un long défilé de costumes historiques. En 1976, la commémoration a donné lieu à quelques productions littéraires originales, mais la plupart du temps orientées. J’ignore si en février prochain, la mort de Stanislas et la réunion de la Lorraine à la France seront commémorés. Une exposition se prépare au Musée Lorrain de Nancy. Mais le centenaire de la Bataille de Verdun risque de polariser le devoir de mémoire. Ce qui est regrettable à mon avis. Car les Lorrains devraient mieux connaître l’histoire de leur région. Elle n’est pas incompatible avec la « grande histoire » qu’on nous inculque à l’école. Elle est tout simplement complémentaire. Tout Lorrain devrait, à mon avis, avoir entendu parler de René II, de Stanislas et du Saillant de Saint-Mihiel. Tout comme les Bretons devraient entendre parler de la Duchesse Anne ou les Alsaciens de Maître Erwin de Steinbach et des Princes de Rohan … Mais ça, c’est un autre débat … »

Groupe BLE Lorraine : Dans quel état d’esprit étaient les Lorrains à cette époque ? Quels en furent les conséquences directes et concrètes pour eux et leur pays ?

KG : «  Il est toujours très difficile de savoir ce que pensait une société, il y a quelques siècles de cela. Pour autant, on peut s’en faire une idée assez précise grâce aux lettres, documents et témoignages laissés par quelques personnages, généralement les plus instruits. Ils ne sont donc pas toujours représentatifs. On sait par exemple, grâce aux écrits des frères Durival ou à ceux de Dom Calmet, que les Lorrains se méfiaient assez du changement de nationalité. Ils étaient très attachés à la famille ducale et lorsque François III quitta la Lorraine en 1737, nombre de ses portraits furent lacérés en place publique … Ce qui n’empêcha pas les mêmes Lorrains d’aller prier pour le repos de l’âme de ce duc, au mois d’août 1765. Stanislas, qui avait hérité de la Lorraine entre-temps, en fut d’ailleurs assez irrité et semble s’être montré jaloux de l’attachement que les Lorrains continuaient à manifester à leur ancien duc. De même, on sait que l’intendant Antoine-Martin Chaumont de la Galaizière, qui exerçait la réalité du pouvoir et prenait ses ordres à Versailles, s’était attiré l’inimitié des Lorrains en recourant aux corvées et en les accablant d’impôts. La grogne était donc bien présente. Et on a presque peine à comprendre comment les mêmes Lorrains adhèrent, deux générations plus tard, aux idéaux de la révolution … Certainement que l’esprit lorrain s’est révolté, en 1789, contre les injustices plus que contre l’Etat lui-même.

Pour ce qui est du peuple, on ne sait pas vraiment ce qu’il pensait. Mais il est certains que les laboureurs de Lorraine, en 1765-66, se posaient des questions. Ils craignaient certainement qu’une fois devenus français, ils soient accablés de nouveaux impôts et considérés comme des pions sur un échiquier. Ou que le pouvoir central (pour ne pas dire centralisé) fasse moins de cas de leur sort que ne le faisaient les ducs. Craintes justifiées d’ailleurs car la France, une fois la Lorraine entrée dans son giron, va se montrer assez ingrate. Savez-vous par exemple que le mobilier du Château de Lunéville va être dispersé dans toute l’Europe et que le château sera lui-même transformé en caserne de gendarmerie, dès l’automne 1766 ?

Quant à connaître les conséquences du rattachement de la Lorraine à la France, elles sont multiples. Mais j’insiste : la réunion de la province au royaume de France s’est faite sur le long terme. En outre, en 1766, toute la Lorraine n’est pas non plus française puisque les miettes issues de l’empire que sont alors la Principauté de Salm et le Comté de Créhange gardent encore un semblant d’indépendance. De plus, les deux annexions vont amputer une nouvelle fois la Lorraine d’une partie de son territoire et d’une conquête de la province, la France va devoir se lancer, en 1914 et en 1940, dans une reconquête …

Et oui, qui a dit que l’histoire de la Lorraine était simple ? [rires] Les Lorrains peuvent être fiers d’être les héritiers d’un passé à la fois glorieux et douloureux, et dans lequel est née l’idée de paix, en la personne de Robert Schuman. Evidemment, il s’en trouvera toujours pour regretter le temps de l’indépendance et de la Lorraine ducale. Mais la Lorraine, quoiqu’on en dise, est bel est bien française. Elle a d’ailleurs payé, dans son histoire, un tel tribut à la France (tribut humain, économique et moral) qu’elle ne peut mépriser les liens qui l’unissent à la France.

Mon roman n’est pas un pamphlet politique. Son titre est volontairement impertinent. Mais son contenu est tout autre. Il mène le lecteur au cœur d’une période cruciale de l’histoire lorraine, en lui faisant vivre les semailles, les moissons et les veillées d’autrefois d’une part et, d’autre part, l’ambiance léthargique qui devait régner à la cour de Lunéville, dans les années 1760. Le livre qui vient d’être couronné, je l’ai d’abord voulu comme une ode à la Lorraine, à sa personnalité, à son histoire et à son identité. Aussi, comme je le note dans le texte, si chacun de nous entretient dans son cœur, une idée assez noble de ce que peut et doit être la Lorraine, il n’y a pas de crainte à avoir. La Lorraine vivra comme elle a toujours vécu et les chardons continueront de pousser le long de nos chemins. Et les alérions continueront de voler sur nos bannières. Et brimbelles et mirabelles continueront de s’étaler sur nos délicieuses tartes !

Le Groupe BLE Lorraine adresse toutes ses félicitations à Kévin Gœuriot pour son Prix et le remercie pour le temps qu’il nous a accordé pour répondre à nos questions.

Quand la Lorraine sera française, roman historique autour de la mort de Stanislas, par Kévin Gœuriot, Editions du Quotidien, 18 euros.

Du chardon de Lorraine

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Symbole de la Lorraine, le chardon lorrain (Onopordum acanthium) est une grande plante épineuse commune des terrains calcaires. Egalement appelé Onopordon à feuilles d’acanthe ou chardon aux ânes, il peut atteindre jusqu’à deux mètre de hauteur. Ses fleurs pourpres s’épanouissent de juin à septembre.

Blason Nancy

L’origine de ce symbole est angevine. C’est en effet René Ier de Naples qui l’a introduit en Lorraine, où il fut par la suite adopté. René II de Lorraine y ajouta la devise Non inultus premor ou Ne toquès mi, je poins (« Ne me touche pas, je pique « plus généralement traduit par « Qui s’y frotte, s’y pique », après la Bataille de Nancy et la victoire lorraine sur les troupes de Charles le Téméraire. Cette expression fait ainsi tout autant référence aux épines du chardon et qu’aux épées des seigneurs lorrains.

De nos jours, le chardon et la devise figurent toujours sur le blason de la Ville de Nancy et le logo de l’AS Nancy Lorraine. Le chardon sert également d’emblème au Parc Naturel Régional de Lorraine. Il conclut enfin le refrain de l’Hymne de la Lorraine.

Chardon lorrain

De l’Excuse des bouchers lorrains

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Le boucher ne tient pas le bon rôle dans la légende de Saint-Nicolas, lui qui découpât les trois petits enfants qui s’en allaient glaner aux champs pour en faire du petit salé. On comprend dès lors que l’image de la profession ne soit pas très glorieuse dans un pays qui a fait de l’évêque de Myre son Saint patron.

Afin d’expier ce qui est toujours considéré comme le péché originel de la profession, les membres de l’Académie gourmande des Chaircuitiers confectionnent depuis 2012 une « Excuse » particulière. Cette spécialité charcutière originale et savoureuse, qui varie chaque année, n’est mise en vente que pendant une courte période, du 6 décembre au 3 janvier précisément cette saison. La qualité de ce produit est un gage de réconciliation.

L’Excuse 2015 est une ainsi une bavaroise de foie gras enfermant une mosaïque de carottes glacées, de pistaches et de ris de veau, posée sur un biscuit de céréales. L’ensemble est surmonté d’un nappage à la griottine avec une tuile de polenta et de céréales, avec en guise de décoration un pic portant une griotte pour rappeler la crosse de Saint-Nicolas.

L’Académie a choisi de reprendre le terme de « Chaircuitiers », corporation médiévale qui était habilitée « à préparer et à vendre de la chair de pourceau, soit crue, soit cuite, soit apprêtée en cervelas, saucisses, boudins et à préparer et vendre les langues de bœuf et de mouton ». 

Origines des alérions lorrains

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Un alérion est un aiglon ou un petit aigle fantastique sans bec ni serre utilisé en héraldique. Il est souvent représenté montrant l’estomac, le vol étendu, mais souvent abaissé. Cette appellation dériverait du mot latin aquilario, diminutif d’aquila, désignant l’aigle.

Blason lorrain

Trois alérions figurent sur le blason de la Lorraine. En héraldique, celui-ci est décrit de la manière suivante : « d’or, à la bande de gueules, chargée de trois alérions d’argent, posés dans le sens de la bande ».

Les alérions lorrains sont symboliques à plus d’un titre. Ils renvoient explicitement à Godefroy de Bouillon, parent lointain des Ducs de Lorraine, qui fut couronné Roi de Jérusalem lors de la première croisade. Selon la légende, celui-ci aurait réussi à embrocher d’une seule flèche trois alérions en vol lors de la prise de la ville. En adoptant les trois alérions comme emblème, les Ducs de Lorraine voulaient affirmer leur affiliation à Godefroy de Bouillon et légitimer l’origine divine de leur pouvoir. La Maison de Lorraine a d’autant plus adopté cet animal légendaire que le mot « alérion » est l’anagramme de Loreina, dénomination latine de la Lorraine.

A noter enfin que Ferry Ier de Lorraine (1143-1206) fut le premier prince de la Maison de Lorraine à arborer l’écu aux alérions.

Ferry Ier

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