Centre de ressources numériques sur la Lorraine

» Catégorie : Environnement


Réintroduction de lynx en Allemagne et dans les Vosges du Nord

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Une vingtaine de lynx, une espèce qui a quasiment disparu d’Europe occidentale, notamment en raison du braconnage au XIXème siècle, sera réintroduite à partir de mars dans les forêts du Palatinat, en Allemagne, et donc dans les Vosges du Nord attenantes. D’ici six ans, 45 prédateurs, aussi solitaires que discrets, devraient peupler un vaste territoire de 30 000 km² qui inclut le Bitcherland.

Lynx

Le Lynx s’apprête à faire son grand retour dans les Vosges du Nord (Crédits photo : Martin Mecnarowski)

L’opération représente un investissement total de 2,75 millions d’euros. Elle est en partie financée par l’Union Européenne et menée par la Fondation Nature et Environnement de Rhénanie-Palatinat avec le soutien du Parc Naturel Régional des Vosges du Nord.

Les lynx qui seront relâchés dans les forêts du Palatinat et des Vosges du Nord seront au préalable capturés dans les Carpates ou dans le Jura suisse. Ils seront ensuite mis en quarantaine plusieurs semaines pour être vaccinés et équipés d’un collier GPS et d’une puce électronique. L’idée est de pouvoir les géolocaliser en temps réel. Chaque lynx devrait s’approprier un territoire de 100 à 400 km².

Rappelons que le lynx avait déjà été réintroduit dans les Vosges dans les années 1980 avec un faible succès. Il ne resterait en effet plus qu’un seul individu en liberté. Au total, près de 8 000 lynx vivraient encore en Europe, principalement en Europe de l’Est et en Scandinavie. Longtemps considéré comme une espèce nuisible et chassé pour sa précieuse fourrure, ce grand prédateur avait progressivement disparu de nos contrées. Après le loup, il signe donc lui aussi son retour en Lorraine.

Météorologie : une année 2015 douce et sèche

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Avec des maximales au-delà des 16,5°C enregistrées en Lorraine, décembre 2015 est le mois le plus chaud du genre depuis 1900. L’écart par rapport à la normale est supérieur à 4 degrés Celsius, loin devant les années 1934, 1974 et 2000. Il faut dire que le début de cet hiver est particulièrement doux et sec. Seuls six jours de gel avec des températures minimales en dessous de zéro ont été enregistrés en décembre 2015 en Lorraine, contre 14 jours généralement en moyenne.

En 2015, la moyenne annuelle des températures se situe à 1,3°C au-dessus de la normale, faisant de l’année dernière la seconde plus chaude jamais enregistrées en Lorraine depuis 115 ans, juste derrière 2014. 2015 a également été marquée par le manque d’eau, caractérisé notamment par l’épisode de sécheresse de l’été et de l’automne. La Lorraine accuse des déficits pluviométriques de l’ordre de 30 % en moyenne. Ceux-ci ont même atteints 100 % dans les Vosges en juillet dernier. 2015 est ainsi la 5ème année la plus sèche jamais recensée en Lorraine.

GFA Mutuel des Côtes de Toul : le Groupe BLE Lorraine soutient l’installation de nouveaux vignerons dans le Toulois

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L’assemblée pré-constitutive du Groupement Foncier Agricole (GFA) Mutuel des Côtes de Toul s’est déroulée devant une salle comble le samedi 12 décembre 2015 au Complexe des Triboulottes à Bruley. Il s’agissait de l’ultime étape avant la constitution de la société à proprement parlé au printemps 2016. L’élan de générosité et la participation de 153 souscripteurs, parmi lesquels M. Thomas RIBOULET, Président du Groupe BLE Lorraine, a permis de récolter 179 000 euros. Ce capital servira à acquérir et à aménager du foncier pour installer deux nouveaux viticulteurs dans la zone d’Appellation d’Origine Contrôlée (AOC) des Côtes de Toul.

réunion GFA Côtes de Toul

Le Groupe BLE Lorraine soutient l’installation de nouveaux vignerons dans le Toulois (Crédits photo : Groupe BLE Lorraine)

Les nouveaux exploitants se partageront prochainement 5,5 hectares divisés en plusieurs parcelles situées sur le ban des communes de Domgermain, Charmes, Mont-le-Vignoble, Blénod-lès-Toul et Bulligny, afin de produire du vin de manière biologique.

Lancé il y a deux ans, le GFA Mutuel des Côtes de Toul s’inscrit dans le cadre du plan Côte à Côte Vignoble 2020 qui vise à reconvertir des anciennes friches en vignoble. Rappelons que la zone AOC recouvre une superficie de 600 hectares sur huit communes. Mais seulement près d’une centaine est exploitée. Le morcellement des parcelles et la multitude des propriétaires freinent le développement du vignoble et l’installation de jeunes vignerons. La zone AOC comprend en effet environ 6 400 parcelles de 5,3 ares en moyenne qui appartiennent à 2 000 propriétaires différents.

Par l’intermédiaire de son Président, le Groupe BLE Lorraine contribue donc au renouveau et à la renaissance du vignoble lorrain en étant un acteur des Côtes de Toul.

Du chardon de Lorraine

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Symbole de la Lorraine, le chardon lorrain (Onopordum acanthium) est une grande plante épineuse commune des terrains calcaires. Egalement appelé Onopordon à feuilles d’acanthe ou chardon aux ânes, il peut atteindre jusqu’à deux mètre de hauteur. Ses fleurs pourpres s’épanouissent de juin à septembre.

Blason Nancy

L’origine de ce symbole est angevine. C’est en effet René Ier de Naples qui l’a introduit en Lorraine, où il fut par la suite adopté. René II de Lorraine y ajouta la devise Non inultus premor ou Ne toquès mi, je poins (« Ne me touche pas, je pique « plus généralement traduit par « Qui s’y frotte, s’y pique », après la Bataille de Nancy et la victoire lorraine sur les troupes de Charles le Téméraire. Cette expression fait ainsi tout autant référence aux épines du chardon et qu’aux épées des seigneurs lorrains.

De nos jours, le chardon et la devise figurent toujours sur le blason de la Ville de Nancy et le logo de l’AS Nancy Lorraine. Le chardon sert également d’emblème au Parc Naturel Régional de Lorraine. Il conclut enfin le refrain de l’Hymne de la Lorraine.

Chardon lorrain

Fréquentation record et nouveautés 2016 au Parc animalier de Sainte-Croix

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Le Parc animalier de Sainte-Croix, à Rhodes, a franchi en 2015 la barre symbolique des 300 000 visiteurs, soit une augmentation de 10 % du nombre d’entrées par rapport à l’année précédente. Ce résultat est le fruit d’une politique d’investissements volontariste menée depuis plusieurs années qui a profondément transformé le parc spécialisé dans la faune européenne en le rendant toujours plus attractif.

De même, l’aménagement de nouveaux hébergements insolites dans l’enceinte du parc face à la plaine des cerfs a permis de battre un second record avec plus de 11 000 nuitées comptabilisées.

glouton

Le Parc animalier de Sainte-Croix accueillera un couple de gloutons l’an prochain (Crédits photo : Wikipédia)

Après les pandas roux et les renards polaires cette année plusieurs nouveautés sont par ailleurs attendues en 2016 avec notamment l’arrivée d’un couple de gloutons, mythiques prédateurs du Grand Nord et de la toundra. Cousin de la martre, de la belette et de la loutre, le glouton ressemble à un petit ours solitaire qui n’hésite pas à sortir les crocs face à une meute de loups toute entière. Méconnu du grand public et rarement présenté dans les parcs animaliers, le glouton est une espèce vulnérable, menacée par le braconnage, la fragmentation de son habitat, un faible taux de reproduction et une forte mortalité des jeunes. Si bien qu’il n’y aurait plus à l’heure actuelle que 2 300 gloutons en Europe.

Le parc accueillera aussi l’an prochain une nouvelle meute de loups gris d’Europe composée de deux mâles et d’une femelle, ce qui portera à quatre le nombre de meutes à Sainte-Croix : deux meutes de loups gris européens, une meute de loups noirs Timberwolf et une meute de loups blancs arctiques. Un nouveau  couple de lynx est également annoncé, tout comme des varis noirs et blancs de Madagascar, espèce classée en danger critique d’extinction, sur l’île aux lémuriens.

A noter enfin qu’un nouveau point d’observation de la plaine des cerfs avec un nouvel affût pour photographes semi-enterré au cœur de la forêt, ainsi que de nouveaux points de vision sur les loups noirs et les loups blancs ont été aménagés.

Création d’un Centre de sauvegarde de la faune en Lorraine

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Les travaux de construction du Centre de Sauvegarde de la Faune Lorraine (CSFL) se sont achevés cet automne sur le site de la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) à Valleroy, dans le Pays-Haut. Il devrait désormais ouvrir début 2016.

La Lorraine dispose enfin d’un tel équipement que nous appelions de nos vœux déjà en 2009. Celui-ci accueillera prochainement les animaux sauvages blessés (oiseaux, mammifères, etc.). Ils seront soignés par un vétérinaire spécialisé et suivis pendant leur convalescence par des personnes compétentes, avant d’être relâchés une fois guéris. Le centre, qui dispose de volières et de box à mammifères, sera également un outil de sensibilisation auprès du public.

Des fossiles de dinosaures à Faulquemont

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Faulquemont se situe sur le sol du Muschelkalk, un type de roche calcaire constituée de restes d’organismes datés de près de 240 millions d’années. C’est la raison pour laquelle on y retrouve de nombreux coquillages. A certaines époques, la mer y était de faible profondeur, ce qui explique la présence de térébratules, crustacés qui ressemblaient aux coques que l’on peut de nos jours ramasser à marée basse sur les plages de l’Atlantique, mais aussi de fossiles d’animaux marins et d’autres d’animaux terrestres qui vivaient sur les côtes.

Des vertèbres, des côtes et des omoplates de reptiles marins (Ichtyosaure, Nothosaure, etc.) ont ainsi été retrouvés à Faulquemont, tout comme un œuf vieux de plus de 235 millions d’années, une empreinte de pied de dinosaure et plusieurs exemplaires de pemphyx, ancêtre de l’écrevisse.

Les fossiles se constituent de la manière suivante : un être vivant tombe au fond de la mer. Il est par la suite recouvert d’un substrat carbonaté qui, au fil du temps, se transforme en calcaire et conserve l’objet dans sa forme, souvent même avec sa couleur. Certains de ces fossiles sont inclus dans des nodules qu’il faut fracturer, d’autres se trouvent à la surface d’une plaque calcaire.

(Source : RL du 20/09/2015)

Météo : la fin des clichés en Lorraine ?

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La Lorraine est l’une des régions les moins pluvieuses en France. Selon le classement réalisé par L’Internaute à partir des données de Météo France, la Lorraine pointe à la 14ème place sur 22 des régions où il a le plus plu depuis le début de l’année 2015. Selon ce même classement, la Corse est la région de France où il pleut le plus depuis janvier dernier avec 334 mm de précipitations. L’Aquitaine, la Franche-Comté et Rhône-Alpes suivent l’Île de Beauté.

En ce qui concerne l’ensoleillement, la Lorraine se situe au 15ème rang, avec 297 heures de Soleil cumulées depuis janvier. La Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), la Corse et le Languedoc-Roussillon trustent logiquement le podium. La Haute-Normandie présente quant à elle le plus faible nombre d’heures cumulées de Soleil en 2015.

Enfin, côté températures, la Lorraine n’est que 18ème sur 22, avec 19°C en moyenne, loin derrière les 27°C de PACA.

Aménagement de la confluence de la Sarre et de l’Albe à Sarralbe

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D’importants travaux sont actuellement menés le long des berges de l’Albe et de la Sarre à Sarralbe, ainsi qu’autour du centre culturel.

Une halte fluviale avec un relais vélo à l’entrée du centre-ville est en cours d’aménagement. Une passerelle cyclable et piétonne enjambant l’Albe est parallèlement en train d’être posée. Un chemin piétonnier sera par ailleurs réalisé entre la passerelle et la confluence de la Sarre et de l’Albe. Un skate parc et un ponton seront également construits. Ce dernier permettra de mettre à l’eau les kayaks et les canoës depuis le parking du Quai de l’Albe. Un belvédère, avec vue sur la Sarre, sera de même créé à l’arrière du centre culturel. Plusieurs ouvrages en béton de l’ancienne station d’épuration seront démolis. Les berges de l’Albe et de la Sarre seront débroussaillées et de nouveaux arbres seront plantés.

A noter enfin que l’aménagement de ces divers équipements représente un investissement de 230 723 euros. Ils devraient permettre de mettre en valeur la confluence de la Sarre et de l’Albe, un site unique qui a donné son nom à la ville. Le lien avec le parc et le centre culturel et sportif sera alors créé.

Création d’un laboratoire biologique dans la réserve naturelle des Vallons de Gorze

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La réserve naturelle des Vallons de Gorze s’étend sur une superficie de 160 hectares. Un bout de ce territoire, qui fait également partie de la Forêt domaniale du Graoully, est en train de devenir un véritable laboratoire de la vie l’état sauvage. Les agents de l’Office National des Forêts (ONF) n’interviennent en effet plus pour abattre ou favoriser des arbres. Ils laissent faire la nature. Si bien que les hêtres et les chênes prennent des formes étranges. Les arbres morts restent à l’endroit où ils sont tombés, leurs troncs sont colonisés par des insectes, des champignons et des petits animaux qui y trouvent un refuge. Seul le grand gibier, en particulier les sangliers, y est régulé. Si tel n’était pas le cas, le nombre de bêtes créerait un déséquilibre écologique et causerait de nombreux dégâts dans les champs situés aux alentours.

Forêt Graoully Gorze

Erablaie des pentes froides à éboulis grossiers dans les Vallons de Gorze (Crédits photo : F. SCHWAAB)

Au fur et à mesure que l’on descend doucement vers le fond des vallons, baptisés Parfond Val et Fond Cugnot, la température baisse et la lumière se fait de plus en plus rare. Une végétation de montagne se mêle alors aux essences sylvestres. Des éboulis indiquent que le fond est proche. Large de 10 à 20 mètres, celui-ci bénéficie d’un microclimat nettement plus froid que celui des côtes. L’eau de pluie s’infiltre dans le calcaire, creuse des grottes dans lesquelles vivent des chauves-souris, avant de ressurgir ailleurs. Des araignées, des mollusques et des amphibiens y prospèrent. En étudiant et en observant ces réserves sanctuarisées, les scientifiques comprennent de mieux en mieux comment fonctionne l’écosystème. Ils peuvent également mesurer la diversité de la faune et de la flore qui s’adaptent lorsqu’elles ne sont plus régulées par l’homme.

(Source : RL du 08/08/2015)

De la flore maritime de Lorraine dans le Pays du Saulnois

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A plus de 400 km du littoral, la Lorraine possède un patrimoine maritime unique en milieu continental. Dans la partie orientale du Parc Naturel Régional de Lorraine (PNRL), les mares et les prés salées de la vallée de la Seille, près de Marsal et de Vic-sur-Seille, recèlent en effet une flore exceptionnelle sur près de 250 hectares.

salicorne Marsal

Salicorne dans les mares salées de Marsal (Crédits photo : Conseil Départemental de la Moselle)

Plusieurs variétés halophiles, c’est-à-dire qui aiment le sel, composent l’herbier de ces îlots. On peut notamment y observer la Ruppie maritime, une plante herbacée aquatique coutumière des eaux salées, la Renoncule de Baudot, le Buplèvre grêle ou encore l’Aster maritime, belle marguerite de 20 à 100 cm qui pousse au bord des fossés ou des mares salées. On trouve également deux variétés de Salicorne, la Salicorne de Vic (Salicornia vicensis), qui ne se rencontre qu’à Vic-sur-Seille et nulle part ailleurs, et la Salicorne d’Europe ou Salicorne rougissante (Salicornia brachystachya). Plus répandue, cette dernière, appelée Passe Pierre dans le Saulnois, s’épanouit dans ces milieux halophiles si elle a de la place. Chaque automne, des employés du PNRL coupent les roseaux à la main pour qu’ils ne colonisent pas intégralement l’espace en étouffant le reste. Très rares en Lorraine, ces deux variétés de Salicorne sont sous haute surveillance. La récolte de Passe Pierre est désormais interdite.

Toutes ces plantes halophiles se répartissent de façon plus ou moins concentrique à la périphérie des sources salées, selon un gradient de salinité et d’humidité décroissant. Cet écosystème fragile est la résurgence d’un passé multimillénaire, dont l’origine remonte il y a un peu plus de 200 millions d’années. La Lorraine était alors recouverte par les eaux chaudes et peu profondes de la Mer de Thétys. En se retirant, l’océan laissa au sous-sol bien des richesses. Un or blanc exploité plus tard par l’homme et qui fit la richesse et la prospérité du Pays du Saulnois. L’évaporation d’une lagune dans la vallée de la Seille a permis au sel de s’accumuler avant de cristalliser. Les sédiments argileux venus ensuite recouvrir la couche salifère l’ont toutefois laissée affleurer par endroits, libérant des sources chargées de saumure. On en recense encore une douzaine aujourd’hui dans la plaine alluviale de la Grande Seille et, dans une moindre mesure, dans la vallée de la Nied.

Ces milieux sont le repère d’une multitude d’oiseaux, d’amphibiens et d’insectes, à l’image du courlis cendré, du râle des genêts, du tarier des prés ou encore du crapaud sonneur à ventre jaune.

A noter qu’un sentier pédagogique en bois de quelques centaines de mètres permet de découvrir et de serpenter à travers cet incroyable univers maritime à la sortie de la cité fortifiée de Marsal.

(Source : RL du 30/07/2015)

De la tourbière du Lac de Lispach à La Bresse

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Située à 910 mètres d’altitude en plein cœur du Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges, la tourbière du Lac de Lispach, à La Bresse, offre le spectacle saisissant d’un paysage boréal témoin du passé glaciaire du massif montagneux lorrain.

Ici, le sol est mouvant et la tourbière flotte. Les températures annuelles moyennes n’excèdent pas 5°C. Le climat et les précipitations sont similaires au Sud de l’Islande. En quittant cette dépression il y a 10 000 ans, le glacier a laissé place à un tapis végétal jouant le rôle d’amortisseur hydrique. Au fil des millénaires, la végétation s’est refermée sur le lac glaciaire, au point de le faire complètement disparaître. Plusieurs mètres de hauteur de tourbe, résultant des mousses mortes accumulées à raison d’une croissance d’un millimètre par an, avaient alors recouvert le sol. Ces mousses, appelées feignes, fagnes, faignes ou encore sphaignes, peuvent renfermer jusqu’à 36 fois leur masse en eau.

Lac Lispach

Le Lac de Lispach et sa tourbière à La Bresse (Crédits photo : Cham)

Ce cycle naturel s’est brusquement arrêté au XXème siècle avec la création d’un barrage destiné à alimenter l’industrie textile. Cet aménagement a rétabli artificiellement et de manière spectaculaire un verrou glaciaire, c’est-à-dire une barre rocheuse bloquant l’écoulement de l’eau. Si bien qu’en l’espace de quelques années, le paysage de la tourbière a rajeuni de plusieurs milliers d’années ! De quoi raviver les croyances autour de Cula, lutin légendaire des lieux.

Ces paysages de landes tourbeuses et spongieuses forment des îlots de nature boréale acidophile. Ces espaces ouverts au milieu des sapinières et des hêtraies d’altitude abritent une flore et une faune caractéristiques et fragiles. Le Grand Tétras ou coq de bruyère s’en sert comme places de chant de choix sur lesquelles il vient parader à la saison des amours. Le Nacré de la canneberge constitue un autre exemple emblématique de l’écosystème de la tourbière. Les chenilles de ce papillon se nourrissent exclusivement de cranberry, plante également familière de ces milieux humides. 250 espèces végétales sont recensées dans cette zone classée Natura 2000, dont trois variétés de droséra. Carencée en azote dans ce milieu acide, ces plantes carnivores se sont adaptées en se délectant de petits insectes, de papillons et de libellules.

Au centre, l’œil de la tourbière est complètement isolé par la barrière végétale sur laquelle tentent de survivre quelques bouleaux chétifs. La remise en eau du site les a piégés. La plupart ont dépéri faute de pouvoir s’enraciner dans ce milieu trop humide.

A noter enfin que la tourbière voisine de Machais, située aussi à La Bresse, est quant à elle classée réserve naturelle.

(Source : RL du 26/08/2015)

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