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» Catégorie : Découverte


Du mythe de la pierre d’Euville en Meuse

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Depuis l’année dernière, une exposition magistrale raconte la fabuleuse aventure industrielle de la pierre d’Euville dans des anciens ateliers réhabilités.

Situé non loin de Commercy, le Hameau des Carrières est le théâtre d’un paysage surprenant. Des portiques imposants repeints en bleu ou en jaune, des rails incrustés dans le sol, ainsi quelques petits pylônes ayant un jour porté des câbles électriques témoignent de l’activité industrielle qui régnait ici jusque dans les années 1960. Au milieu du XIXème siècle, près de 3 000 hommes s’activaient en ces lieux. Il ne reste aujourd’hui plus qu’une petite équipe de carriers. Il faut dire que la pierre d’Euville est difficile et onéreuse à exploiter. Très dure, il faut en effet enlever le découvert pour l’extraire.

carrières Euville

Les carrières d’Euville en 1899 (Crédits photo : Adolphus PEPPER)

La pierre d’Euville est exploitée à ciel ouvert depuis le Moyen-âge. Les premières galeries d’extraction ont été ouvertes en 1907. Creusées à même la falaise, certaines d’entre elles impressionnent toujours les visiteurs. A l’époque, 700 carriers travaillaient sur vingt chantiers différents répartis sur un kilomètre de front de taille. La végétation en a recouvert depuis les sommets.

Matériau noble, la pierre d’Euville a servi dans de nombreux chantiers, à l’image de l’édification du Château de Commercy, de la réalisation de la Place Stanislas à Nancy ou encore plus tard lors de la construction du Canal de la Marne au Rhin et de la ligne de chemin de fer entre Paris et Strasbourg. En pleine révolution industrielle, l’expansion économique permise par ces deux nouvelles voies de communication amena la pierre d’Euville jusqu’à la capitale française. Plus de 739 895 mètres cubes du matériau furent ainsi acheminés à Paris entre 1853 et 1890. La pierre fut utilisée pour bâtir le Paris haussmannien au tournant du XXème siècle, le soubassement de l’hôtel de ville encore le Pont Neuf. Le prestige de ces réalisations a contribué à forger le mythe de la pierre d’Euville. L’intense exploitation industrielle des carrières vît apparaitre les premières cités ouvrières de Lorraine pour attirer et retenir sur place la main d’œuvre.

La Communauté de Communes du Pays de Commercy a investi un million d’euros il y a quelques années pour rénover deux bâtiments de la grande carrière. Outre l’exposition, ceux-ci abritent des portiques et des scies géantes qui ont largement servi.

Plus gros mangeur de pâtés lorrains à Baccarat

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Organisé par l’Union des Commerçants et Artisans de Baccarat (UCAB), le  Concours du plus gros mangeur de pâtés lorrains a réuni quatorze candidats dans la cité du cristal. C’est un habitant de la ville, Cédric Quignon, tenant du titre, qui a remporté une nouvelle fois l’épreuve après avoir avalé dix pièces en dix minutes.

Baccarat a fêté pendant deux jours le week-end dernier le célèbre pâté lorrain. De nombreux visiteurs de toute la région, ainsi que des marchands, des brocanteurs et des forains ont envahi la ville pour l’occasion. Plus de 15 000 petites spécialités chaudes et dorées ont été dégustées !

Création d’un laboratoire biologique dans la réserve naturelle des Vallons de Gorze

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La réserve naturelle des Vallons de Gorze s’étend sur une superficie de 160 hectares. Un bout de ce territoire, qui fait également partie de la Forêt domaniale du Graoully, est en train de devenir un véritable laboratoire de la vie l’état sauvage. Les agents de l’Office National des Forêts (ONF) n’interviennent en effet plus pour abattre ou favoriser des arbres. Ils laissent faire la nature. Si bien que les hêtres et les chênes prennent des formes étranges. Les arbres morts restent à l’endroit où ils sont tombés, leurs troncs sont colonisés par des insectes, des champignons et des petits animaux qui y trouvent un refuge. Seul le grand gibier, en particulier les sangliers, y est régulé. Si tel n’était pas le cas, le nombre de bêtes créerait un déséquilibre écologique et causerait de nombreux dégâts dans les champs situés aux alentours.

Forêt Graoully Gorze

Erablaie des pentes froides à éboulis grossiers dans les Vallons de Gorze (Crédits photo : F. SCHWAAB)

Au fur et à mesure que l’on descend doucement vers le fond des vallons, baptisés Parfond Val et Fond Cugnot, la température baisse et la lumière se fait de plus en plus rare. Une végétation de montagne se mêle alors aux essences sylvestres. Des éboulis indiquent que le fond est proche. Large de 10 à 20 mètres, celui-ci bénéficie d’un microclimat nettement plus froid que celui des côtes. L’eau de pluie s’infiltre dans le calcaire, creuse des grottes dans lesquelles vivent des chauves-souris, avant de ressurgir ailleurs. Des araignées, des mollusques et des amphibiens y prospèrent. En étudiant et en observant ces réserves sanctuarisées, les scientifiques comprennent de mieux en mieux comment fonctionne l’écosystème. Ils peuvent également mesurer la diversité de la faune et de la flore qui s’adaptent lorsqu’elles ne sont plus régulées par l’homme.

(Source : RL du 08/08/2015)

De la flore maritime de Lorraine dans le Pays du Saulnois

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A plus de 400 km du littoral, la Lorraine possède un patrimoine maritime unique en milieu continental. Dans la partie orientale du Parc Naturel Régional de Lorraine (PNRL), les mares et les prés salées de la vallée de la Seille, près de Marsal et de Vic-sur-Seille, recèlent en effet une flore exceptionnelle sur près de 250 hectares.

salicorne Marsal

Salicorne dans les mares salées de Marsal (Crédits photo : Conseil Départemental de la Moselle)

Plusieurs variétés halophiles, c’est-à-dire qui aiment le sel, composent l’herbier de ces îlots. On peut notamment y observer la Ruppie maritime, une plante herbacée aquatique coutumière des eaux salées, la Renoncule de Baudot, le Buplèvre grêle ou encore l’Aster maritime, belle marguerite de 20 à 100 cm qui pousse au bord des fossés ou des mares salées. On trouve également deux variétés de Salicorne, la Salicorne de Vic (Salicornia vicensis), qui ne se rencontre qu’à Vic-sur-Seille et nulle part ailleurs, et la Salicorne d’Europe ou Salicorne rougissante (Salicornia brachystachya). Plus répandue, cette dernière, appelée Passe Pierre dans le Saulnois, s’épanouit dans ces milieux halophiles si elle a de la place. Chaque automne, des employés du PNRL coupent les roseaux à la main pour qu’ils ne colonisent pas intégralement l’espace en étouffant le reste. Très rares en Lorraine, ces deux variétés de Salicorne sont sous haute surveillance. La récolte de Passe Pierre est désormais interdite.

Toutes ces plantes halophiles se répartissent de façon plus ou moins concentrique à la périphérie des sources salées, selon un gradient de salinité et d’humidité décroissant. Cet écosystème fragile est la résurgence d’un passé multimillénaire, dont l’origine remonte il y a un peu plus de 200 millions d’années. La Lorraine était alors recouverte par les eaux chaudes et peu profondes de la Mer de Thétys. En se retirant, l’océan laissa au sous-sol bien des richesses. Un or blanc exploité plus tard par l’homme et qui fit la richesse et la prospérité du Pays du Saulnois. L’évaporation d’une lagune dans la vallée de la Seille a permis au sel de s’accumuler avant de cristalliser. Les sédiments argileux venus ensuite recouvrir la couche salifère l’ont toutefois laissée affleurer par endroits, libérant des sources chargées de saumure. On en recense encore une douzaine aujourd’hui dans la plaine alluviale de la Grande Seille et, dans une moindre mesure, dans la vallée de la Nied.

Ces milieux sont le repère d’une multitude d’oiseaux, d’amphibiens et d’insectes, à l’image du courlis cendré, du râle des genêts, du tarier des prés ou encore du crapaud sonneur à ventre jaune.

A noter qu’un sentier pédagogique en bois de quelques centaines de mètres permet de découvrir et de serpenter à travers cet incroyable univers maritime à la sortie de la cité fortifiée de Marsal.

(Source : RL du 30/07/2015)

Cœur de Massif : fromage au lait de vache vosgienne

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Un nouveau fromage est actuellement en préparation dans la cave d’affinage de la ferme « Au petit gravier » à Saulxures-sur-Moselotte dans les Vosges. Baptisé « Cœur de Massif », celui-ci devrait présenter une pâte souple et fruitée. Mais il sera avant tout le premier fromage élaboré à base de lait de vaches vosgiennes.

Le projet, qui a commencé il y a deux ans, vise à promouvoir et à développer la race vosgienne dans le massif. Les producteurs entendent par la suite présenter un dossier d’inscription à l’Indication Géographique Protégée (IGP) et un autre pour obtenir l’Appellation d’Origine Contrôlée (AOC).

logo race bovine vosgienne

De la tourbière du Lac de Lispach à La Bresse

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Située à 910 mètres d’altitude en plein cœur du Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges, la tourbière du Lac de Lispach, à La Bresse, offre le spectacle saisissant d’un paysage boréal témoin du passé glaciaire du massif montagneux lorrain.

Ici, le sol est mouvant et la tourbière flotte. Les températures annuelles moyennes n’excèdent pas 5°C. Le climat et les précipitations sont similaires au Sud de l’Islande. En quittant cette dépression il y a 10 000 ans, le glacier a laissé place à un tapis végétal jouant le rôle d’amortisseur hydrique. Au fil des millénaires, la végétation s’est refermée sur le lac glaciaire, au point de le faire complètement disparaître. Plusieurs mètres de hauteur de tourbe, résultant des mousses mortes accumulées à raison d’une croissance d’un millimètre par an, avaient alors recouvert le sol. Ces mousses, appelées feignes, fagnes, faignes ou encore sphaignes, peuvent renfermer jusqu’à 36 fois leur masse en eau.

Lac Lispach

Le Lac de Lispach et sa tourbière à La Bresse (Crédits photo : Cham)

Ce cycle naturel s’est brusquement arrêté au XXème siècle avec la création d’un barrage destiné à alimenter l’industrie textile. Cet aménagement a rétabli artificiellement et de manière spectaculaire un verrou glaciaire, c’est-à-dire une barre rocheuse bloquant l’écoulement de l’eau. Si bien qu’en l’espace de quelques années, le paysage de la tourbière a rajeuni de plusieurs milliers d’années ! De quoi raviver les croyances autour de Cula, lutin légendaire des lieux.

Ces paysages de landes tourbeuses et spongieuses forment des îlots de nature boréale acidophile. Ces espaces ouverts au milieu des sapinières et des hêtraies d’altitude abritent une flore et une faune caractéristiques et fragiles. Le Grand Tétras ou coq de bruyère s’en sert comme places de chant de choix sur lesquelles il vient parader à la saison des amours. Le Nacré de la canneberge constitue un autre exemple emblématique de l’écosystème de la tourbière. Les chenilles de ce papillon se nourrissent exclusivement de cranberry, plante également familière de ces milieux humides. 250 espèces végétales sont recensées dans cette zone classée Natura 2000, dont trois variétés de droséra. Carencée en azote dans ce milieu acide, ces plantes carnivores se sont adaptées en se délectant de petits insectes, de papillons et de libellules.

Au centre, l’œil de la tourbière est complètement isolé par la barrière végétale sur laquelle tentent de survivre quelques bouleaux chétifs. La remise en eau du site les a piégés. La plupart ont dépéri faute de pouvoir s’enraciner dans ce milieu trop humide.

A noter enfin que la tourbière voisine de Machais, située aussi à La Bresse, est quant à elle classée réserve naturelle.

(Source : RL du 26/08/2015)

Bouzonville-sur-Orne : Petite histoire d’un hameau apparemment sans histoire

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Petit hameau dépendant de la commune de Puxe, Bouzonville paraît être resté dans l’angle mort de l’Histoire. Pourtant, ce village de quelques âmes est riche d’un passé à la fois long et mouvementé. Un passé qui, en outre, a permis au hameau d’hériter d’un patrimoine remarquable. Brève présentation donc de l’histoire et du patrimoine de ce petit village de la vallée de l’Orne.

Une histoire à la fois longue et mouvementée

Site et situation de Bouzonville

Avant de retracer l’histoire du petit hameau de Bouzonville, il est nécessaire de le situer et de dire quelques mots de sa position géographique. Bouzonville-sur-Orne, que nous appelons ainsi afin d’éviter les confusions avec la ville homonyme située dans le département de la Moselle, se situe dans le Nord du département de la Meurthe-et-Moselle, dans l’arrondissement de Briey et le canton de Conflans-en-Jarnisy. La mention Bouzonville-sur-Orne est attestée dans plusieurs documents anciens, notamment quelques cartes postales éditées au début du XXème siècle. Elle évite effectivement la confusion avec la ville mosellane. Confusion qui, par ailleurs, semble assez courante puisqu’en 2012, un commercial s’est présenté à Bouzonville-sur-Orne alors qu’il devait livrer sa marchandise à Bouzonville, en Moselle … Dépendant autrefois de la seigneurie de Mars-la-Tour, le hameau, qui ne compte qu’une vingtaine d’habitants, appartient aujourd’hui à la commune de Puxe. Le ban communal confine, à l’Ouest, avec la commune de Parfondrupt qui fait partie du département de la Meuse.

Bouzonville-sur-Orne illustration 1

Illustration 1 : A l’entrée du hameau, cette imposante sculpture due au talent de l’artiste local Ghislain Gœuriot, fait fonction de panneau toponymique. L’œuvre indique, en outre, les deux seules rues du village : celle du gué et celle de la chapelle (Crédits photo : Kévin GOEURIOT)

Sur le plan topographique, Bouzonville-sur-Orne se situe aux confins orientaux de la plaine de la Woëvre, dont les terres lourdes et argileuses ont toujours nécessité d’importants moyens de culture. Le hameau lui-même s’est construit sur une terrasse alluviale bordée par la rivière Orne. Un gué semble avoir toujours existé à Bouzonville-sur-Orne. Il permettait et permet toujours de franchir l’Orne pour se rendre vers Olley et la RN3 qui, rappelons-le, emprunte le tracé de l’une ancienne voie romaine via peregrinorum ou « voie des pèlerins » que reliait Verdun à Metz. Cette route, qui fit l’objet d’âpres négociations stratégiques sous le règne de Louis XIV, plaça Bouzonville-sur-Orne dans la mouvance du roi de France. Le finage de Bouzonville-sur-Orne continue d’être mis en valeur de manière traditionnelle. Aux prairies situées dans les zones inondables succèdent, sur les terrasses alentour, les champs de céréales et, plus loin, l’indispensable forêt. Le village s’est construit au contact des prairies et des champs, à proximité immédiate de la rivière. Il ne compte que deux rues : celle de la chapelle et celle du gué. Bien que considérablement remaniées, ces deux rues demeurent les témoins d’une longue et riche histoire.

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Spéléologie : des richesses souterraines de la Meuse

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La Meuse constitue un terrain de jeu idéal pour découvrir le monde naturel souterrain. Les reliefs karstiques des forêts du Barrois sont d’ailleurs uniques en Lorraine pour l’initiation et la pratique de la spéléologie. Cette activité aux multiples facettes, à fois la scientifique, sportive et technique, permet d’explorer des lieux méconnus peuplés de créatures surprenantes, à l’image de la salamandre. Le tout dans des décors fantastiques et fascinants.

Ainsi, autour de la commune de Robert-Espagne, il est par exemple possible d’observer la formation de cavités, des dolines, des gouffres et la grotte des chasseurs.

La Meuse compte plus de 300 cavités. La rivière souterraine la plus importante est le Rupt du puits, qui court sur 21 km. Pour y accéder, il faut descendre en rappel dans un puits de 80 cm de diamètre et de 50 mètres de profondeur.

Color of Time : explosion de joie colorée à Metz

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Après le feu d’artifice samedi soir et le traditionnel corso fleuri dimanche après-midi, les 65èmes Fêtes de la Mirabelle de Metz se concluent par une explosion de joie et de couleur au centre-ville. Inspiré d’une fête indienne, le spectacle Color of Time a éclaboussé de poudre de maïs colorée les participants dans la bonne humeur.

Découvrez notre reportage ci-dessous (Crédits photo : Romuald FALTOT pour le Groupe BLE Lorraine).

Colour of Time 1

Colour of Time 2

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Onirisme et exotisme du Château de Thorey-Lyautey

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A l’ombre du campanile de la basilique de Sion, sur la rive du Brénon, le petit village de Thorey connut de 1920 à 1924 une certaine effervescence. C’est en effet là, en pleine campagne lorraine, au cœur du Saintois, que le maréchal Hubert Lyautey avait choisi de bâtir un domaine onirique pour finir sa vie avec son épouse Inès de Bourgoing.

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Le Château de Thorey-Lyautey offre un cadre enchanteur (Crédits photo : Patrice GREFF pour le Groupe BLE Lorraine)

Le maréchal fit ainsi construire un véritable château du XXème siècle, prolongeant ainsi majestueusement une petite gentilhommière que lui avait léguée sa tante. Cette élégante et étonnante demeure, sans style particulier, associe harmonieusement des éléments Art déco et des réminiscences du Siècle des Lumières, en s’ouvrant sur un magnifique parc à l’anglaise verdoyant de deux hectares. L’intérieur du château recèle bien d’autres secrets et merveilles encore, à l’image de la bibliothèque, riche de quelques 16 000 ouvrages. La partie la plus surprenante de l’édifice sa cache pourtant sous les combles. A côté du salon d’Indochine et de Madagascar, le visiteur se trouve soudainement transporté au Maroc. Divans, tables basses, marqueteries, tapis, dallage ou encore plateaux en cuivre, tout a été mise en œuvre pour récréer avec fidélité et avec le souci du détail l’atmosphère d’un palais de Fès ou de Rabat. A la demande de Lyautey, plusieurs artisans vinrent expressément du Maroc pour assister l’architecte Albert Laprade dans ces travaux. Ce dernier avait en effet participé à l’aménagement de Casablanca quand Lyautey était encore résident général de France au Maroc. L’illusion est parfaite. Le résultat final n’a d’égal que la démesure du lieu.

Monté en grade au sein des corps coloniaux en Indochine et au Maghreb, Lyautey mena au Maroc une politique d’ouverture et de promotion qui n’avait rien de colonialiste. Selon lui, il était primordial que le Maroc demeure un protectorat français et non une colonie. Il entendait ainsi préparer le royaume à l’indépendance. C’est dans cette optique qu’il ordonna la construction d’infrastructures et d’équipements, dont notamment l’aménagement du port de Casablanca, afin d’assurer l’indépendance économique du pays via l’exportation des phosphates.

Né à Nancy en 1854, Lyautey avait été élevé dans la tradition aristocratique. Il ne concevait donc pas de vie sociale sans enracinement. Mais encore fallait-il pour cela être capable de recevoir sur ses terres. Or le château qu’il avait hérité de ses parents à Crévic, près de Lunéville, avait été totalement incendié par les Allemands le 22 août 1914. Ceux-ci auraient en effet voulu se venger de Lyautey à qui ils attribuaient l’échec de la colonisation du Maroc pour leur compte.

Bien que la commune de Thorey-Lyautey ait ajouté à sa dénomination le nom du maréchal à sa mort en 1934, Lyautey, également ancien ministre de la guerre et membre de l’Académie française, reste encore aujourd’hui largement méconnu du grand public. Un oubli parfaitement orchestré par les autorités et le pouvoir.

Malgré certaines contradictions, Lyautey a été de son vivant victime de la malédiction de ceux qui ont raison trop tôt, contestés autant par les envieux que par les sceptiques. Monarchiste affirmé, il se mit pourtant sans état d’âme au service de la République, tout en brocardant dès qu’il le pouvait le régime parlementaire. Officier issu d’une famille de grands soldats, il encensa dans un article sulfureux « le rôle social de l’officier », aujourd’hui enseigné dans les écoles militaires. Le maréchal pris également à contre-courant la défense de Dreyfus. Il écrivait ainsi en 1895 : « L’opinion hurle à la mort contre ce juif, parce qu’il est juif et qu’aujourd’hui, l’antisémitisme tient la corde ». Ses penchants homosexuels affirmés furent également cruellement moqués par Clemenceau. Enfin, Lyautey écrivit à propos de la traduction française du manifeste d’Adolf Hitler, Mein Kampf, éditée avant la Seconde Guerre mondiale : « Tout Français doit lire ce livre. » Il est aujourd’hui avéré qu’il s’agissait d’un avertissement incitant les Français à prendre conscience de la monstruosité du nazisme, et non d’une quelconque caution délivrée au Führer. Les politiques et les médias de l’époque firent quant à eux un bien vil raccourci qui coûta cher à Lyautey.

Labellisé « Maison des Illustres » en 2012, le Château de Thorey-Lyautey est un témoignage inestimable d’une vie et d’un autre temps.

(Source : RL, juillet 2015)

Une mystérieuse construction révélée sous la collégiale de Marsal

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Selon Bruno Wirtz, docteur en mathématiques âgé de 52 ans, le sous-sol de la collégiale Saint-Léger de Marsal abriterait des vestiges monumentaux. Le scientifique a sondé l’édifice fondé au XIIème siècle avec un radar de sol et des procédés qu’il a lui-même mis au point. En cartographiant le signal réceptionné en trois dimensions, il a révélé une succession de demi-cercles centrés à quatre mètres de profondeur sous l’entrée de la collégiale. Le plus haut de ces demi-cercles fait environ cinq mètres de diamètres et le plus bas, un peu moins de vingt mètres de diamètre. Ils s’échelonnent environ tous les trente centimètres pour former une structure circulaire.

collégiale Saint-Léger Marsal

Une construction monumentale se trouverait sous l’entrée de la collégiale Saint-Léger de Marsal (Crédits photo : Wikipédia)

Il est impossible de déterminer la nature et l’origine de cette construction souterraine qui ne pourra peut-être jamais être fouillée. Certains émettent d’ores et déjà l’hypothèse d’un temple romain ou d’une tombe celtique.

La Forêt de la Reine, sanctuaire naturel légendaire de Lorraine

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Non loin des Côtes de Meuse et du Toulois, plus de 5 000 hectares de futaies plantées sur un sol gorgé d’eau abritent une quarantaine d’étangs et de mares tourbeuses. Cet océan de verdure, classé Natura 2000, constitue un véritable paradis pour de nombreux oiseaux migrateurs. 5 000 grues y séjournent ainsi l’hiver. Certaines se sont mêmes installées à l’année.

Forêt de la Reine

Panorama sur la Forêt de la Reine, avec au premier plan le village de Boucq dominé par son château et son église (Crédits photo : François BERNARDIN) 

Cette langue de terre marécageuse s’étire au Sud de la Plaine de la Woëvre, entre Meuse et Meurthe-Moselle. Créés par des moines au Moyen-âge pour servir à la pisciculture, les étangs alimentaient en poisson la population vivant autour des abbayes. Ils appartiennent aujourd’hui à des propriétaires privés et sont régulièrement vidangés, le plus souvent à l’automne, avant d’être remis en eau. En lisière de forêt, des prairies humides complètent un panorama ponctué de mares et d’écosystèmes très fragiles.

Selon la légende, le nom de la Forêt de la Reine proviendrait de la présence de Brunehaut, Reine d’Austrasie, ou de sa grande rivale Frédégonde, Reine de Neustrie. Situé à l’écart des principales voies de communication, ce vieux massif forestier giboyeux s’étend sur une quinzaine de communes. 40 % de son territoire fait partie du Parc Naturel Régional de Lorraine. La forêt s’enracine dans la glaise d’un sol argileux imperméable qui a longtemps été réputé pour être infesté de moustiques. Cet univers convient parfaitement au chêne pédonculé, qui apprécie l’humidité ambiante, et dont les troncs, parfois multiséculaires, servent de refuge au pic mar ou au gobemouche à collier. Au pied de l’épaisse végétation, sous la fougère des marais, le sous-bois regorge d’amphibiens. Salamandres, tritons crêtés ou encore rainettes vertes y prospèrent. Chaque printemps, lors de la grande migration annuelle, des milliers de grenouilles et de crapauds convergent vers les étangs pour se reproduire. Le Parc a mis en place des passages à proximité des plans d’eau pour éviter que de nombreux amphibiens ne se fassent écraser. Le filet tendu le long de la chaussée a permis d’en attraper plus de 5 000 pour ensuite les déposer de l’autre côté.

(Source : RL du 17/08/2015)

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