Centre de ressources numériques sur la Lorraine

» Catégorie : Découverte


Cryothérapie à Amnéville-lès-Thermes

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Le centre thermal Thermapolis d’Amnéville-lès-Thermes a dernièrement investi dans une cabine de cryothérapie. Il est désormais possible de passer trois minutes dans un environnement aspergé d’azote liquide réfrigéré à -150°C en Lorraine. Un effet saisissant.

Le procédé permet de perdre 600 calories rapidement lors d’une cure d’amaigrissement. Le froid raffermit la peau. L’organisme brûle de l’énergie pour le combattre. La cryothérapie est également préconisée comme traitement médical à des patients atteints de maladies inflammatoires, comme la polyarthrite rhumatoïde, la sclérose en plaques, le psoriasis ou encore l’arthrose.

Thermapolis entend aussi attirer des sportifs, dans la mesure où la récupération par le froid est bien connue. Le froid stimule en effet le métabolisme et prévient des blessures. Pendant la séance, le sang est amené en priorité aux muscles qui sont donc régénérés.

A noter enfin qu’une séance de cryothérapie de trois minutes est facturée 50 euros.

Restauration de l’horloge astronomique de Stanislas à Nancy

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Une convention de mécénat a dernièrement été signée entre la Ville de Nancy et la Clinique Pasteur d’Essey-lès-Nancy, afin d’entreprendre la restauration de la célèbre horloge astronomique de Stanislas. Cette dernière constitue l’un des joyaux des collections du Musée Lorrain à Nancy.

horloge astronomique Stanislas

Détail de l’horloge astronomique de Stanislas (Crédits photo : Musée Lorrain, Nancy)

Une armoire richement décorée abrite ce bijou réalisé au milieu du XVIIIème siècle par Bernard Joyeux, un Lorrain féru de mécanique. Celui-ci  l’aurait offerte avant 1751 à Stanislas, lui-même passionné de sciences et d’art comme en témoigne les différents aménagements qu’il fit réaliser au Château de Lunéville. Fondée en 1750, l’Académie royale des sciences et des belles-lettres fut d’ailleurs le principal instrument de son ambitieuse politique culturelle et artistique. La Société, qui prit ensuite le nom d’Académie de Stanislas, fit donc au Musée Lorrain de la fameuse horloge astronomique en 1863.

Ce curieux instrument serait composé de 53 fonctions différentes réparties sur 11 cadrans. Selon les spécialistes, elle permettrait d’indiquer l’heure, les jours de la semaine, les jours du mois, les mois de l’année, l’année, la durée des jours et des nuits, le calendrier religieux, le calendrier romain, l’univers héliocentrique, les signes du zodiaque, ainsi que l’étoile polaire et les marées.

Natation : le Sporting Thionvillois, premier club de Lorraine

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Premier club lorrain de natation et septième en France, le Sporting Thionvillois développe une politique sportive ambitieuse axée sur la formation et le recrutement. Le club a parallèlement réussi à ouvrir une classe sportive au Lycée Hélène Boucher de Thionville. Celle-ci est d’ailleurs en plein développement puisqu’après avoir compté trois puis sept élèves, elle est aujourd’hui passée à dix-neuf. Le Sporting Thionvillois entend mettre fin à l’exode des meilleurs nageurs lorrains en Alsace ou ailleurs. C’est dans cette optique qu’il est en train de se doter de structures performantes.

logo Sporting Thionvillois natation

Une saprée raousse !

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« Dégage d’ici, espèce de tauré, ou je m’en vas te coller une saprée raousse ! ». C’est ce que hurlait toujours le voisin de mes parents lorsqu’il m’avait surpris la nuit tombée dans son jardin en train de butiner à quatre pattes toute sa récolte de framboises et de fraises. Mais d’où vient donc le mot raousse ?

Dans ma dernière production, je vous ai rappelé que le Parler Lorrain avait essentiellement une origine romane puisqu’il était issu du latin. Cependant, la caractéristique de notre région est que l’influence linguistique y est double puisqu’elle est aussi germanique. Et pas seulement en Moselle.

C’est peut-être le cas du mot raousse ou raouste ou rouste, que d’autres font dériver du latin rustum pour ronce, afin d’évoquer une « volée de bois vert ». Les occupations d’un territoire par un peuple étranger marquent toujours durablement le pays occupé. Notamment lorsque les occupants sont des Teutons, gens réputés pour leur sens de la discipline et leur hospitalité guerrière. Ainsi, en 1870-1871, 1914 ou 1939, de nombreux Français se sont fait expédier manu militari de leur logis par un tonitruant « heraus ! ». En d’autres termes : « dehors ! ». Le ton de l’invitation était si péremptoire et la mine de la soldatesque tudesque si patibulaire que non seulement les braves Français sont sortis sans tambour ni trompette de leur pénates, mais qu’ils ont associé du même coup l’expression « heraus ! » à une menace de violentes rétorsions en cas de rébellion. Heraus est donc devenu synonyme de schlague, de taugnée, de tripatouillée, de torgnole, de raclée, de correction, de bastonnade, de baston, sens qu’il a ensuite conservé en Lorraine. Voilà pour la dimension sémantique du mot. Attachons nous maintenant à sa dimension phonétique.

Chacun sait que l’occupé déforme la langue de l’occupant pour l’accommoder à la sienne : ainsi le « t » de raouste, présent dans rustum, est absent de heraus. Ce que l’on sait moins, c’est que l’occupant, généralement d’origine populaire, déforme aussi sa langue natale. Ainsi, heraus appartient bien à l’allemand classique, le « Urdeutsch », mais sa prononciation n’a pas été très académique. En effet, d’une part, le « Urdeutsch » accentue la seconde syllabe des mots, sans toutefois supprimer la première (HerAUS), d’autre part, il prononce « au », « ao » et non pas « aou » (HerAOS). L’ordre de notre soldat qui aurait dû être en germanique classique « HerAOS ! » a donc été en germanique populaire « RAOUSSE ». Et c’est très exactement le terme qu’ont ensuite adopté les Lorrains. Pourquoi ? Pour une fois, ils ont été tellement impressionnés qu’ils n’ont pas pu résister !

Jean-Paul BOSMAHER, professeur de lettres à la retraite et écrivain pour le Groupe BLE Lorraine.

M. BOSMAHER est l’auteur de plusieurs ouvrages de références sur la Lorraine, dont notamment le Parler Lorrain paru en 2014 aux Editions du Quotidien.

Le Petit Nicolas traduit et édité en Vosgien

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Après la traduction de Tintin et l’affaire Tournesol en 2008, vendu à 5 000 exemplaires, trois associations de sauvegarde et de promotion du Vosgien, à savoir les seniors du Priolet à Xertigny, Lâ Patoisant dâ Tro R’Vères au Val d’Ajol et La Voye à Fresse-sur-Moselle, ont traduit et fait éditer six histoires tirées de La rentrée du Petit Nicolas. Elles ont été rassemblées dans un ouvrage bilingue couleur vert sapin de 144 pages.

Petit Nicolas Vosgien

L’œuvre de Goscinny et de Sempé avait déjà été traduite en Picard, en Breton, en Corse et en Créole. Sa version en Vosgien a depuis été inscrite au catalogue d’IMAV Editions dans la collection « Langues de France ». Chacune des trois associations vosgiennes a traduit deux histoires. Elles ne pouvaient en effet pas travailler ensemble sur une même histoire parce le Vosgien possède quelques variantes. Par exemple, d’une vallée à l’autre, le mot « soulier » se dit solè, seula ou sola. La traduction de l’ouvrage a été d’autant plus difficile qu’il existe que très peu d’écrits en Vosgien, en dehors de quelques dictionnaires et livres de grammaire parus au XIXème siècle. Il faut dire qu’à l’instar d’autres langues régionales de Lorraine, il y a un siècle, un enfant qui parlait Vosgien à l’école était puni par ses maîtres au nom de la république française. L’élève était alors humilié debout au milieu de la classe avec ses sabots autour du cou.

On recense aujourd’hui à peine quelques centaines de patoisants vosgiens, la plupart regroupés dans des associations de sauvegarde. A noter qu’un nouveau dictionnaire Vosgien-Français est en projet pour 2016.

En attendant, Lé p’tit Colâs en vosgien est édité par IMAV Editions. Les commandes peuvent être passées sur le site internet www.girmont.org. Les 650 premiers exemplaires sont numérotés et disponibles dès à présent. La vente en librairie débutera le 6 décembre 2015 pour la Saint-Nicolas.

Le Fort du Parmont à Remiremont

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Construit en 1874 entre les places fortes d’Epinal et de Belfort par le général Séré de Rivières sur le Massif du Parmont à plus de 600 mètres d’altitude, le Fort du Parmont domine la ville de Remiremont. L’ouvrage fait partie du rideau défensif de Haute-Moselle, édifié après la Guerre de 1870-1871. Il visait à interdire à l’ennemi de passer de la Vallée de la Moselle au Bassin de la Saône, via l’Augronne en barrant les débouchés routiers et ferroviaires de la Moselle et de la Moselotte. Il permettait également de tenir les cols de La Demoiselle et de Fallières.

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L’entrée du fort (Crédits photo : Comité de Sauvegarde du Fort du Parmont)

D’une superficie de plus de trois hectares, le fort dispose encore de ses organes opérationnels, à savoir :

- un poste de commandement relié à la Place d’Epinal, aux Forts d’Arches et de Rupt, et à ses stations d’observation

- un poste optique à deux directions

- un télégraphe électrique

- des observatoires permanents et de collecte de renseignements.

Fort Parmont 2

Chambre-bureau du gouverneur du fort (Crédits photo : Comité de Sauvegarde du Fort du Parmont)

Ainsi que des organes de combat, dont :

- deux caponnières pour la défense des fossés avec rampes inclinées d’accès

- trois batteries de tir équipées de canons de place répartis sur seize plates-formes d’artillerie séparées par huit traverses-abri dont cinq enracinées

- une casemate en fer laminé pour lutter contre le canon de campagne

- une casemate à tir indirect à usage réglementé

- un magasin à poudre avec vestibule et chambre des lampes

- un magasin à poudre de 27 tonnes devenu, après la crise de l’obus torpille, une cartoucherie.

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Cour en puits (Crédits photo : Comité de Sauvegarde du Fort du Parmont)

Et des organes de vie :

- une chambre-bureau du gouverneur du fort

- deux chambres-guerre pour officiers 

- deux casemates-logement pour sous-officiers 

- huit casemates-logement pour la troupe

- une cuisine mixte officiers et sous-officiers avec un mess différent pour chacune des catégories de personnel

- une cuisine de la troupe avec son local aux viandes fraîches, son cabinet à provisions et sa chambre aux liquides

- une infirmerie pour les soins de première urgence

- une boulangerie de guerre et sa paneterie

- une petite boulangerie pour l’élément de garde et de surveillance.

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Galerie intérieure (Crédits photo : Patrice GREFF pour le Groupe BLE Lorraine)

Le Fort renferme également trois cours : la cour principale, la cour intérieure ou en puits et la cour des officiers.

A l’abandon depuis 1960, le Fort est aujourd’hui en cours de restauration par des bénévoles. Ces derniers ont débroussaillé les abords de l’ouvrage, rénové les cours pavées et restauré l’imposant four de la boulangerie.

(Source : France 3 Lorraine)

Des caves voûtées de la Place Saint-Louis à Metz

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Situées en contrebas des arcades dont elles font le charme, les portes des caves de la Place Saint-Louis, à Metz, renferment bien des secrets d’histoire. Les chaînes et leur cadenas témoignent aujourd’hui de leur renouveau, depuis que bars et restaurants se sont appropriés les lieux avec la piétonisation de l’espace. Auparavant, ces emplacements étaient plus ou moins à l’abandon. En effet, les boutiques de vêtements ne pouvaient pas les utiliser comme réserve dans la mesure où leurs parois, qui sont situées sur le lit de la Seille, sont en salpêtre. Des infiltrations ont par ailleurs été constatées à plusieurs reprises.

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Arcades et caves de la Place Saint-Louis à Metz (Crédits photo : Marc de METZ pour le Groupe BLE Lorraine)

A nouveau ouvertes aux livreurs, certaines caves servent de nos jours d’entrepôts pour les débits de boissons. Elles renferment pour la plupart des salles voûtées remarquables qui communiquaient autrefois entre elles. Il reste encore des vestiges de ces passages secrets. Une des caves comporte ainsi une fenêtre intérieure et une colonne romaine. Une autre a abrité un cabaret au XVIIIème siècle.

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Porte et entrée de cave Place Saint-Louis (Crédits photo : Marc de METZ pour le Groupe BLE Lorraine)

Des fossiles de dinosaures à Faulquemont

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Faulquemont se situe sur le sol du Muschelkalk, un type de roche calcaire constituée de restes d’organismes datés de près de 240 millions d’années. C’est la raison pour laquelle on y retrouve de nombreux coquillages. A certaines époques, la mer y était de faible profondeur, ce qui explique la présence de térébratules, crustacés qui ressemblaient aux coques que l’on peut de nos jours ramasser à marée basse sur les plages de l’Atlantique, mais aussi de fossiles d’animaux marins et d’autres d’animaux terrestres qui vivaient sur les côtes.

Des vertèbres, des côtes et des omoplates de reptiles marins (Ichtyosaure, Nothosaure, etc.) ont ainsi été retrouvés à Faulquemont, tout comme un œuf vieux de plus de 235 millions d’années, une empreinte de pied de dinosaure et plusieurs exemplaires de pemphyx, ancêtre de l’écrevisse.

Les fossiles se constituent de la manière suivante : un être vivant tombe au fond de la mer. Il est par la suite recouvert d’un substrat carbonaté qui, au fil du temps, se transforme en calcaire et conserve l’objet dans sa forme, souvent même avec sa couleur. Certains de ces fossiles sont inclus dans des nodules qu’il faut fracturer, d’autres se trouvent à la surface d’une plaque calcaire.

(Source : RL du 20/09/2015)

La Tour Dex, joyau des remparts médiévaux de Metz

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Véritable joyau des remparts médiévaux de Metz, la Tour Dex est une canonnière, où figure notamment sur une pierre sculptée une représentation de l’artilleur de Metz, Philippe Dex, en train de montrer son postérieur aux ennemis pour les narguer. L’édifice, classé Monument historique depuis 1932, a dernièrement fait l’objet d’une campagne de restauration qui a principalement permis de le nettoyer et de débroussailler.

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La Tour Dex, en contrebas de la Porte des Allemands et des remparts de Metz (Crédits photo : Marc de METZ pour le Groupe BLE Lorraine)

La tour a été élevée au XVème siècle par le maître échevin Philippe Dex. En plus de l’épigraphe de Dex montrant ses fesses, d’autres motifs de monstres et de chimères entourent les canonnières. Ils avaient pour fonction d’effrayer l’ennemi.

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Détail de l’épigraphe de Dex montrant ses fesses à l’ennemi (Crédits photo : Marc de METZ pour le Groupe BLE Lorraine)

La Tour Dex se situe près de la Porte des Allemands, en contrebas de cette partie du rempart appelée fausse-braie et qui était destinée à protéger le rempart principal.

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La Tour Dex a dernièrement été rénovée (Crédits photo : Marc de METZ pour le Groupe BLE Lorraine)

La Bicof, bière rare de Jarny

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Avec une production totale qui n’excède pas 5 000 litres par an, la Bicof, la bière de Jarny, est une bière rare. Créée en 2002, elle se décline en blonde, brune, rousse et stout à l’image de la Guiness irlandaise. Tout est fait à la main et artisanalement, de la fabrication à la commercialisation en passant par l’étiquetage. La microbrasserie jarnysienne dispose d’un tank de 320 litres. Elle s’approvisionne en malt depuis la Belgique. Celui-ci cuit à 58°C. Après avoir été lavé à l’eau claire, le houblon est laissé infuser pour transmettre ses arômes. Les quatre variétés de levure donnent enfin au breuvage tout son caractère.

logo Bicof

« Mon Dieu don, qu’il est peut ! »

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C’est ce que s’exclamait ma grand-mère lorsque je n’étais pas passé « au » coiffeur depuis deux mois ou que j’avais le visage tout « marmousé » pour m’être goinfré de tout le contenu du pot de confiture de mûres. Et, ensuite, comme je faisais inévitablement ma tête de cochon, elle récidivait en clamant les mains sur les hanches : « Et maintenant, arrête-voir un peu de faire le peut ! »

C’est que le mot « peut » était en patois lorrain synonyme de sale, de repoussant, de répugnant, de vilain, de désagréable.

Or, là comme souvent en parler lorrain, le terme provient du latin. En l’occurrence de l’adjectif putidus qui recouvre les mêmes connotations péjoratives. Si le sens s’est conservé, le mot a évolué en suivant les règles de la phonétique historique selon laquelle tous les mots latins perdent leur finale : putidus » a donné peut.

Les plus délurés n’auront pas été sans remarquer que le « peut » de ma grand-mère est fort proche de la « pute » omniprésente dans la bouche de nos (jeunes) sauvageons mal éduqués. C’est qu’ils ont la même origine. Dès les temps les plus reculés, et sans doute sous l’influence de la morale chrétienne, la péripatéticienne grecque est devenue une « peute », une « pute », c’est-à-dire une femme laide, repoussante et peu fréquentable. Quand au doublon « putain », il s’explique par la persistance en ancien-français de deux cas de la déclinaison latine : le cas sujet et le cas régime. C’est pourquoi l’évêque Cauchon contemplant Jeanne d’Arc en flammes sur son bûcher a fort bien pu déclarer : « Cette pute (cas sujet) a enfin fini de nous embistrouiller ! » ou « Nous voilà enfin débarrassés de cette putain (cas régime) ! ».

Que la « pute » en question fût une sainte témoigne de la justesse toute relative des croyances et des coutumes !

Jean-Paul BOSMAHER, professeur de lettres à la retraite et écrivain pour le Groupe BLE Lorraine.

M. BOSMAHER est l’auteur de plusieurs ouvrages de références sur la Lorraine, dont notamment le Parler Lorrain paru en 2014 aux Editions du Quotidien.

De l’aqueduc gallo-romain de Metz

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L’aqueduc gallo-romain de Metz est le monument le plus ancien du Pays Messin et le plus important pont de toute la Gaule romaine. Ses vestiges sont encore visibles de nos jours sur chacune des rives de la Moselle à Jouy-aux-Arches et à Ars-sur-Moselle.

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L’aqueduc gallo-romain domine encore la commune de Jouy-aux-Arches près de Metz (Crédits photo : Matthieu BAGANUS pour le Groupe BLE Lorraine)

L’aqueduc a été financé au IIème siècle après J-C par six sevirs augustaux. Sa construction a représenté un investissement de plusieurs millions de sesterces, comme en témoigne l’une des inscriptions de la collection d’épigraphie latine du Musée de la Cour d’Or de Metz. A cette époque, Divodorum Mediomatricorum, le nom de la cité antique de Metz, était en pleine métamorphose urbaine. La pierre commençait à remplacer le bois et les thermes de Sainte-Croix, de Saint-Jacques et de Saint-Pierre-au-Nonnains étaient en construction.

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Les piles d’Ars-sur-Moselle sont en cours de restauration (Crédits photo : Matthieu BAGANUS pour le Groupe BLE Lorraine)

L’eau transportée par l’aqueduc était acheminée depuis la Source des Bouillons à Gorze jusqu’au Sud de Metz, non loin de l’ancien Hôpital Bonsecours. L’ouvrage, long de 22 km, décrivait une pente très faible, d’environ un mètre par kilomètre, c’est dire l’ingéniosité de l’édifice. Les bassins d’Ars-sur-Moselle et de Jouy-aux-Arches étaient reliés par un pont de 30 mètres de haut et d’1,125 km de long au-dessus de la Moselle. L’aqueduc redevenait ensuite souterrain jusqu’à Metz. L’eau alimentait en priorité les fontaines publiques, puis les thermes et enfin les habitations de notables qui disposaient d’une adduction d’eau.

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L’ouvrage a été construit au IIème siècle après J-C (Crédits photo : Matthieu BAGANUS pour le Groupe BLE Lorraine)

A noter que la partie de l’ouvrage située à Jouy-aux-Arches a été restaurée il y a une dizaine d’années. Une seconde campagne de rénovation est actuellement menée du côté d’Ars-sur-Moselle depuis 2013. Les travaux devraient s’achever l’année prochaine. Les premières piles restaurées de l’aqueduc montrent déjà leur couleur blanche caractéristique de la pierre de Savonnières, acheminée depuis la Meuse pour consolider l’édifice.

Sept panneaux d’information traduits en allemand et en anglais ont dernièrement été installés sur la rive d’Ars-sur-Moselle. D’un montant de près de 21 000 euros, ils viennent compléter le parcours déjà aménagé à Jouy-aux-Arches.

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