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L’Arbre de Mai

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Il s’agit d’un jeune arbre ou d’un rameau que les jeunes gens installaient contre le mur du domicile des jeunes filles à marier dans la nuit du 30 avril au 1er mai pour les honorer.

En remerciement, pour « arroser » leur mai, les filles offraient gâteaux et boissons.

La fontaine était également ornée d’un jeune arbre pour, selon la tradition orale, s’assurer qu’elle coule toute l’année.

Un langage était autrefois associé à l’essence de l’arbre. Par exemple, le charme symbolisait une fille charmante, l’aulne une belle fille, l’hêtre un amour profond, le sapin une fille volage ou bêcheuse et le cerisier une fille facile. L’usage du hêtre se généralisa par la suite.

Cette nuit était également mise à profit pour se défouler et effectuer un charivari : vacarme sous les fenêtres des personnes grincheuses et déplacement des objets les plus divers (pots de fleur, volets, portique, banc, matériel agricole, pile de bois…). A chacun le lendemain de récupérer son bien !

Enfin, la Hiérogamie (ou accouplement) du Prince et de la Belle de Mai constituait le point culminant des Fêtes du Printemps. Elle était gage de fécondité de l’Eté victorieux. L’Erection de l’Arbre de Mai et les diverses Danses des Rubans font de même partie des plus belles manifestations de nos folklores régionaux européens.

Moteurs : quand l’eau permet de remplacer l’essence

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Il est possible de couper son essence avec de l’eau. Mais nombreux sont les lobbies industriels qui n’ont pas intérêt à répandre la nouvelle. L’association lorraine La pierre angulaire, spécialisée dans la maîtrise de l’énergie et basée à Courcelles-sur-Nied, travaille sur une modification de la ligne d’échappement, mais le moteur reste classique.

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L’idée est d’utiliser la chaleur des gaz d’échappement pour produire de la vapeur qui est ensuite transformée et injectée dans le moteur. Il s’agit en réalité d’un complément à l’essence, c’est pour cela que l’on appelle cela du « dopage à l’eau ». Le procédé n’a rien de révolutionnaire. La sidérurgie lorraine se servait déjà de la vapeur d’eau pour augmenter la température de ses fonderies.

En 2007, la commune de Vitry-sur-Orne, en Moselle, donnait sa chance à l’association en l’autorisant à équiper un petit véhicule utilitaire municipal. Depuis, deux camions et la balayeuse ont également été dopés à l’eau. L’agent technique continue à remplir le réservoir de carburant, mais il remplit aussi de temps en temps un bidon d’eau de pluie récupérée. Si bien que les véhicules consomment moins d’essence et recrachent 50 % à 80 % de particules en moins dans l’air. Comme elle fonctionne plusieurs heures d’affilée et reste chaude, la balayeuse communale permet au système de fonctionner à plein régime et de diminuer par trois la consommation à la pompe. Cette solution est écologique et économique. Sur un an, Vitry-sur-Orne réalise 1 200 euros d’économie de carburant.

Certes, le procédé est expérimental et non standardisé. Mais les membres de l’association équipent les véhicules au cas par cas. Cela ne modifie en rien le comportement de ces derniers. Il faut compter deux jours d’immobilisation et 2 000 euros pour équiper votre véhicule du système de dopage à l’eau. 

La commune de Vitry-sur-Orne a permis à l’association de crédibiliser son procédé. Depuis, les villes de Jœuf, Hayange, Guénange, Cahors et Besançon ont suivi. De même que des agriculteurs.

Après la prime à la casse, il serait peut-être temps d’accorder une prime dopage à l’eau et de créer une filière industrielle.

Plus d’informations sur le site de l’association : http://lapierreangulaire.free.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=41&Itemid=3.

Musée virtuel de la photographie aérienne à Chambley

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L’entreprise « L’Europe vu du ciel » a dernièrement créé un web-musée, c’est-à-dire une salle d’exposition virtuelle depuis la base aérienne de Chambley, où s’envolent tous les deux ans les montgolfières du Mondial Air Ballons. Plus de 30 000 photos de la Lorraine sont présentées. Cette véritable encyclopédie photographique en ligne permet aujourd’hui de préserver ce patrimoine vieux de 150 ans.

Le musée virtuel présente également l’histoire de la photographie aérienne avec une salle des portraits des pionniers, une salle des matériels et un hangar qui répertorie les machines volantes qui ont servi à la production de ces nombreux clichés. Une part importante de l’histoire de la photographie aérienne s’est d’ailleurs jouée en Lorraine lors de la Première Guerre mondiale (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2010/06/17/la-lorraine-terre-daventures-et-daeronautique/). Les pages électroniques déjà disponibles permettent de mesurer les progrès réalisés depuis les premiers clichés pris en 1858.

Le web-musée devrait encore se développer. La société est en effet convaincue que des trésors dorment dans des armoires. L’objectif est d’inciter les gens à communiquer et de publier d’autres documents.

A noter enfin qu’une exposition réelle se tient sur l’aérodrome de Chambley Planet’Air tous les jours de 14h à 17h.

Dans le passé, il y a eu une source inépuisable d’innovations. « Se priver du passé, c’est se priver de futures bonnes idées ».

Tradition du Vin de Pâques à Villey-Saint-Etienne

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A Villey-Saint-Etienne (54), petit village paisible et préservé qui surplombe la vallée de la Moselle et son superbe écrin de verdure, la tradition du Vin de Pâques se perpétue encore et toujours.

Tradition du Vin de Pâques à Villey-Saint-Etienne dans Actualité vin-de-P%C3%A2ques

Vin de Pâques à Villey-Saint-Etienne (Crédits photo : commune de Villey-Saint-Etienne)

C’est à la mairie, ancienne propriété des chanoines que le Goniche, c’est-à-dire l’habitant de Villey-Saint-Etienne, a coutume d’appeler «  la grosse maison », que se déroule chaque dimanche pascal, comme un pèlerinage, cette tradition. Sur les coups de 11 heures, les habitants quittent leurs logements munis d’une bouteille vide pour la remplir de vin rouge, aux frais de la municipalité.

Cette tradition, qui dure depuis près de quatre siècles, est l’héritage d’un ancien maire du village. Soucieux d’acheter son salut, le sieur Davignon avait en effet décidé, en 1631, de léguer aux paroissiens 160 litres de vin le jour de Pâques. La coutume est entrée en vigueur trois ans plus tard. Une « vigne de Pâques » était même spécialement dédiée à l’événement, mais elle ne résista pas à la percée du canal de la Marne au Rhin.

Depuis ces temps reculés, quelques évolutions sont apparues. Ainsi, à cause de la révolution française, ce n’est plus l’Eglise qui assure le service, mais la municipalité. Et depuis la Grande guerre, la ration a été limitée à un litre de breuvage par famille.

De nos jours, 400 litres tirés des Côtes de Toul sont distribués. Pendant que les enfants vont chercher leurs chocolats dans les jardins de la mairie, les adultes prennent leur bouteille.

A noter cependant que cette tradition est uniquement réservée aux habitants du village.

La Légende de Saint-Vincent et de la linotte

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Les hommes attribuent souvent un rôle symbolique aux oiseaux. En Moselle germanophone, la chouette était par exemple annonciatrice de malheurs (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2011/04/17/hiboux-et-chouettes-porte-malheur/), tandis que le chardonneret est encore aujourd’hui un symbole de la Lorraine et le rossignol le messager des amoureux. La linotte est quant à elle devenue l’oiseau fétiche des vignerons, tout simplement parce qu’elle vit là où ils travaillent. C’est en effet un oiseau qui aime vivre dans une végétation peu fournie et proche du sol. La forêt dense n’est donc pas son habitat de prédilection. Elle préfère au contraire les terres cultivées des campagnes, où elle trouve refuge dans les haies et les vignes. C’est la raison pour laquelle les viticulteurs du Toulois en ont fait une légende, celle de Saint-Vincent et de la linotte.

La Légende de Saint-Vincent et de la linotte dans Culture et patrimoine Linotte

La linotte fait partie intégrante des contes et des légendes de Lorraine (Crédits photo : R. Hendrick)

Un jour que Saint-Vincent, patron des Vignerons, se promenait dans la région de Toul, il serait entré dans une maison, dont le propriétaire s’était absenté. Il y avait une cruche remplie de vin posée sur la table. Le Saint se serait servi un verre et commença à boire quand un oiseau entra par la fenêtre et se posa sur sa main. Il lui dit alors :

- Saint-Vincent, je suis la linotte. Je veille sur la vigne et les vignerons depuis toujours. Pourtant, je n’ai jamais reçu de récompense pour mes services et mon chant. Les plumes du rouge-gorge sont oranges sur sa poitrine et celles du chardonneret sont multicolores, mais moi, je reste grise.

- Je ne peux pas faire grand-chose pour toi, linotte, répondit Saint-Vincent. Mais en attendant, est-ce que tu veux un peu de vin ?

L’oiseau se serait alors penché sur la cruche pour boire, mais il aurait glissé et failli se noyer. Saint-Vincent l’aurait rattrapé juste à temps. On dit qu’il serait alors apparu sur la poitrine de la linotte une tâche rouge foncé, teintée de bleu et de gris, comme le vin du pays de Toul. L’oiseau était enfin récompensé de ses efforts.

Des danses de Lorraine

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La Lorraine est riche de son patrimoine, de sa culture et de ses traditions. Mais aussi de ses langues (voir : http://blefondation.e-monsite.com/rubrique,langues-regionales,321909.html) et de ses danses, dont voici quelques exemples :

- L’alouette est sur la branche (branle coupé et branle de cour du début du XVIIème siècle)
– La fête de notre hameau (valse ; 2nd moitié du XIXème siècle)
– Les trois sœurs (polka ; Malavillers)
– Le maître de maison (branle coupé ; Pays Messin)
– Polka d’Haraucourt (polka piquée)
– La danse des sept sauts (pas de polka ; Hambach)
– Polka du Val-d’Ajol (double polka piquée)
– Scottish (scottish ; région de Sarreguemines)
– Rondot de Marieulles (branle double)
– Branle de Lorraine (branle coupé ; XVIème siècle)
– Trimazo (ronde ; Jaulny)
– Branle vogeois (branle coupé ; région d’Epinal)
– Chiberli (Soyotte ; populaire dans toute la Lorraine)
– Ronde des Bures (ronde ; Grange-sur-Vologne).

Chaque contrée de Lorraine et chaque cité avait son branle, par exemple branle de Metz, du Haut-Barrois, qui puisait ses racines dans l’une des formes du branle (branles simples, doubles, coupés ou entremêlés de doubles et de simples, etc.).

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Polka piquée (Crédits photo : Ph. Manot)

Les rondes sont des danses plus anciennes, qui nous viennent du Moyen-âge. Les gens chantaient et dansaient en même temps. Avec les ménestrels, les rondes se sont transformées en branles. La contredanse, appelée quadrille par la suite, ainsi que les danses populaires (polka, mazurka, scottish) sont arrivées plus tard. Elles animaient les bals de nos villes et villages à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle.

Histoire et patrimoine à Mirecourt

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Si les luthiers de talent ont bâti une renommée mondiale à Mirecourt grâce à leurs violons, la cité vosgienne est riche de bien d’autres histoires.

A Mirecourt, trois musées méritent le détour. Le premier est dédié à la musique mécanique. Des registres anciens indiquent que près de 200 facteurs d’orgue travaillaient à l’époque dans la bourgade. A cette corporation, il faut ajouter celles des ébénistes, des fondeurs d’étain et des tanneurs de peau. Il n’en fallait pas plus pour lancer une activité de fabrication de boîtes à musique. De cette folle aventure commencée au XVIIIème siècle, il ne reste malheureusement plus rien, puisque le dernier facteur d’orgue s’est éteint en 1954.

Histoire et patrimoine à Mirecourt dans Culture et patrimoine Lutherie-Mirecourt

Lutherie à Mirecourt (Crédits photo : www.vosges.fr)

La dentelle a bien failli elle-aussi disparaître dans l’indifférence générale. Mais une poignée d’amatrices a décidé de reprendre le flambeau et de lui octroyer une deuxième naissance. Dans le Musée de la dentelle, le cliquetis des fuseaux qui valsent entretiennent une atmosphère d’antan. Des centaines de femmes assuraient alors la réputation de la dentelle vosgienne.

Le Musée de la lutherie, ancré au pied du Madon, complète la visite.

Mirecourt présente enfin un dernier petit bijou, la chapelle de l’Oultre, un joyau architectural du XIème siècle, agrandi successivement au XVème siècle et au XVIème siècle. Surplombant la rivière, l’édifice raconte l’histoire des premiers habitants.

La Perle romane de la Meuse

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Sur les contreforts de l’Argonne, l’église millénaire de Notre-Dame de Mont veille sur les 110 habitants de Mont-devant-Sassey, paisible village meusien situé entre Dun-sur-Meuse et Stenay. Au Nord-Ouest du département, ce joyau de l’art roman est comme posé sur un coteau. Le site est grandiose, presque irréel.

La Perle romane de la Meuse dans Culture et patrimoine Mont-devant-Sassey-%C3%A9glise_1

L’église de Notre-Dame de Mont surgit face à l’Argonne (Crédits photo : Jacques Mossot)

C’est au XIème que les Dames Chanoinesses d’Andenne, chassées par les invasions barbares, s’établirent en ces lieux magiques dominant la vallée de la Meuse. Elles entreprirent la construction d’un édifice primitif. Le plan est typique de l’art rhéno-mosan avec trois nefs au-dessus d’une crypte remarquable à doubles colonnades à arcs rehaussés. L’ensemble construit en pierre blanche de Meuse est d’une grande cohérence et d’une sobre élégance. L’église symbolise l’époque romane. Mais au cours des siècles des éléments gothiques puis baroques se sont ajoutés. Ce ne fut qu’au XIXème siècle que les transformations successives prirent fin.

Avec la crypte, la plus grande richesse de cette église qui pourrait avoir rang de basilique, tant elle est imposante et précieuse, réside en son somptueux portail sculpté du XIIIème siècle. Il s’agit du plus ancien témoignage conservé de cette époque en Lorraine. Il présente de fortes similitudes avec le portail royal de la cathédrale de Reims. Cet art de la pierre s’apparente à l’esprit des maîtres sculpteurs de Trèves. Il est unique de par son statuaire intact. On y a retrouvé les marques de passage des compagnons bâtisseurs du Moyen-âge. Le tympan est orné de bas-reliefs où l’on distingue encore des traces de polychromie.

Bien que classée Monument Historique, l’église sombrait dans l’oubli. Son mauvais état général faisait même craindre le pire. Mais c’était sans compter sur une poignée de passionnés qui entreprend depuis 1994 un travail pharaonique de rénovation, de reconnaissance et de promotion de ce joyau architectural auprès du grand public. L’association a ainsi pour but d’aménager et de restaurer le périmètre extérieur de ce superbe édifice, afin de lui rendre toute son expression architecturale et de permettre aux visiteurs d’effectuer une découverte complète et circulaire de ce lieu estimé depuis le Moyen-âge. La sacristie a ainsi été reconstruite avec fenêtres à vitraux et remeublée. De même, les pierres tombales ont été remises en place et le cimetière primitif a été dégagé de ses ronces. C’est d’ailleurs dans celui-ci que la chapelle Notre-Dame protectrice des Petits Enfants fut longtemps l’objet d’un pèlerinage. En effet, une eau de source avait été qualifiée de miraculeuse et guérissait des maladies infantiles.

Des aîtres fortifiés de la vallée du Rupt-de-Mad

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La vallée pittoresque du Rupt-de-Mad recèle bien des trésors. Avec ses cinq aîtres fortifiés situés à Onville, Waville, Vandelainville, Bayonville, Arnaville et Villecey-sur-Mad, il s’agit de la plus importante concentration de ce type d’édifices en Europe.

Des aîtres fortifiés de la vallée du Rupt-de-Mad dans Culture et patrimoine Eglise-Onville

L’église Saint-Rémy d’Onville remonte au XIIème siècle (Crédits photo : Wikipédia)

Lieu d’asile, l’aître, ou atrium, était primitivement au Moyen-âge le cimetière, avant de devenir l’église. Il prenait les traits d’une halle destinée à accueillir les habitants lors d’invasions extérieures. Dans la vallée du Rupt-de-Mad, un bloc de bâtiments à caractère défensif s’étalait sur 6 km, au pied d’un vignoble déjà bien en place avant l’An mille. Des passerelles permettaient de rejoindre l’aître en toute quiétude depuis les plus proches maisons.

A Onville, l’église austère et massive est perchée sur les hauteurs de ce petit village blotti dans le creux de la vallée. Il se dégage comme un air protecteur de cette bâtisse plusieurs fois séculaire. D’ailleurs, on peut encore observer la forme en fer à cheval si caractéristique du ruban de maisons encerclant l’aître.

A Vandelainville, l’aître est situé à l’écart du village. Il tourne le dos à celui d’Onville car sa propriétaire, l’abbesse de Saint-Pierre-aux-Nonnains, n’était pas toujours en bons termes avec ses voisins. Le quartier a conservé une disposition proche de celle du Moyen-âge. Un escalier en pierre, qui était autrefois en bois, permet d’accéder aux maisonnettes. Mais c’est le clocher, désolidarisé de quelques mètres de l’église, qui interpelle le plus. Il communiquait néanmoins avec la nef médiévale. C’est impressionnante tour carrée, de style roman, est classée monument historique. Ses meurtrières rappellent encore sa fonction défensive.

Huit bornes explicatives ont été installées pour les visiteurs et les randonneurs dans les villages de la vallée. Il faut dire que plus de 100 km de sentiers ont été tracés. Deux d’entre eux font la part belle aux aîtres fortifiés.

Des tranchées de Verdun à Mogeville

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A Mogeville, village paisible situé à 15 km de Verdun, dans la Meuse, des passionnés ont reconstitué dans le jardin d’un particulier une tranchée 1914-1918.

Des tranchées de Verdun à Mogeville dans Culture et patrimoine Tranch%C3%A9e-de-Morgeville

Les tranchées plus vraies que nature de Mogeville (Crédits photo : jensen)

La propriétaire du terrain, âgée de 75 ans, fille d’un combattant de la Grande Guerre, l’a en effet prêté pour une durée indéterminée à une poignée de villageois, afin qu’ils recréent une tranchée. Si bien que son jardin, autrefois planté d’arbres fruitiers, est devenu un véritable champ de bataille qui a vu défiler plus de 34 000 visiteurs depuis juillet 2006. Une initiative aussi originale que réussie.

Il faut dire que le village, entièrement détruit pendant la guerre, était sur la ligne de front, en secteur français. Il était traversé par plusieurs lignes de tranchées. Mais ces dernières ont toutes été rebouchées. Les Allemands se trouvaient à 800 mètres à vol d’oiseau.

Il a fallu deux hivers pour construire cette tranchée. Tout a été fait manuellement, à la pelle et à la pioche. Et dans les mêmes conditions qu’en 1914. C’est-à-dire avec les mêmes difficultés racontées que dans les récits des soldats qui ont combattu dans la plaine de Woëvre. L’eau n’est qu’à un mètre de profondeur. Impossible de creuser plus profondément. Par conséquent, il a fallu construire une tranchée en gabionnage, c’est-à-dire en surélevant les contours par des sacs de terre. Dès qu’il y avait un dégel, les passionnés pataugeaient dans la boue. Cela leur a au moins permis de comprendre le mal des tranchées, à savoir la gangrène des pieds.

Petit à petit, c’est un véritable décor de cinéma qui a été créé. Les volontaires se sont basés sur des photos pour restituer l’atmosphère de l’époque. Les murs sont ainsi tapissés de fines branches de noisetiers ramassées dans la forêt et entrecroisées selon la technique de clayonnage. La cloche est là pour prévenir des attaques au gaz, tout comme les câbles téléphoniques qui courent le long des boyaux. Des dessins de pin-up ont également été punaisés dans les abris et des lits à grillage superposés, baptisés « cercueil à deux places » ou « villa des totos », en référence aux poux qui y avaient pris leurs quartiers, ont été installés. Enfin, à côté de la minuscule persienne qui permet de monter la garde, une inscription frissonnante résonne dans toute la tranchée : « Interdiction de s’asseoir, interdiction de dormir. Une seule peine : la mort ! ».

A noter que ce musée à ciel ouvert se poursuit à la surface, avec la reconstitution d’un camp retranché. On y retrouve les ateliers du couturier et du cordonnier, mais aussi un dépôt de munitions et une infirmerie, ainsi que le bistrot des poilus doté de boîtes de maquereau et de dentifrice d’époque. Un four à pain et des douches sont en projet.