Centre de ressources numériques sur la Lorraine

» Catégorie : Culture et patrimoine


Reconversion de l’ancien cinéma Le Lorrain à Sarrebourg

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L’ancien cinéma Le Lorrain de Sarrebourg, qui a été remplacé par le complexe ultramoderne CinéSar, a dernièrement été transformé en salle de spectacle après des travaux de rénovation. Le bâtiment, construit en 1912, a ainsi été remis aux normes tout en gardant son charme. Les loges ont notamment été complètement refaites. Le nouvel espace comprend une grande salle de 280 places.

Le Lorrain Sarrebourg

L’ancien cinéma Le Lorrain de Sarrebourg a été reconverti en salle de spectacle (Crédits image : Google Maps)

A noter enfin que le réaménagement du Lorrain a représenté un investissement de 140 000 euros.

Le Petit Nicolas traduit et édité en Vosgien

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Après la traduction de Tintin et l’affaire Tournesol en 2008, vendu à 5 000 exemplaires, trois associations de sauvegarde et de promotion du Vosgien, à savoir les seniors du Priolet à Xertigny, Lâ Patoisant dâ Tro R’Vères au Val d’Ajol et La Voye à Fresse-sur-Moselle, ont traduit et fait éditer six histoires tirées de La rentrée du Petit Nicolas. Elles ont été rassemblées dans un ouvrage bilingue couleur vert sapin de 144 pages.

Petit Nicolas Vosgien

L’œuvre de Goscinny et de Sempé avait déjà été traduite en Picard, en Breton, en Corse et en Créole. Sa version en Vosgien a depuis été inscrite au catalogue d’IMAV Editions dans la collection « Langues de France ». Chacune des trois associations vosgiennes a traduit deux histoires. Elles ne pouvaient en effet pas travailler ensemble sur une même histoire parce le Vosgien possède quelques variantes. Par exemple, d’une vallée à l’autre, le mot « soulier » se dit solè, seula ou sola. La traduction de l’ouvrage a été d’autant plus difficile qu’il existe que très peu d’écrits en Vosgien, en dehors de quelques dictionnaires et livres de grammaire parus au XIXème siècle. Il faut dire qu’à l’instar d’autres langues régionales de Lorraine, il y a un siècle, un enfant qui parlait Vosgien à l’école était puni par ses maîtres au nom de la république française. L’élève était alors humilié debout au milieu de la classe avec ses sabots autour du cou.

On recense aujourd’hui à peine quelques centaines de patoisants vosgiens, la plupart regroupés dans des associations de sauvegarde. A noter qu’un nouveau dictionnaire Vosgien-Français est en projet pour 2016.

En attendant, Lé p’tit Colâs en vosgien est édité par IMAV Editions. Les commandes peuvent être passées sur le site internet www.girmont.org. Les 650 premiers exemplaires sont numérotés et disponibles dès à présent. La vente en librairie débutera le 6 décembre 2015 pour la Saint-Nicolas.

Tournage avec Isabelle Huppert à Hussigny-Godbrange

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Plusieurs scènes du film Souvenirs, réalisé par le flamand Bavo Defurne, ont dernièrement été tournées à Hussigny-Godbrange, dans le Pays-Haut.

Actrice principale de ce long métrage, Isabelle Huppert y incarne une ex-star de l’Eurovision. 103 figurants et une cinquantaine de membre de l’équipe de tournage ont participé aux opérations dans et aux abords de la salle des sports de la ville et à de l’étang de pêche communale reconverti en camping pour les besoins du film. Un match de boxe a été filmé à l’intérieur de la salle. A l’extérieur, Isabelle Huppert a procédé à un tour de chant au moment de l’arrivée d’une course cycliste.

A noter que le film est également tourné à Liège et à Mersch, au Luxembourg.

Le Fort du Parmont à Remiremont

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Construit en 1874 entre les places fortes d’Epinal et de Belfort par le général Séré de Rivières sur le Massif du Parmont à plus de 600 mètres d’altitude, le Fort du Parmont domine la ville de Remiremont. L’ouvrage fait partie du rideau défensif de Haute-Moselle, édifié après la Guerre de 1870-1871. Il visait à interdire à l’ennemi de passer de la Vallée de la Moselle au Bassin de la Saône, via l’Augronne en barrant les débouchés routiers et ferroviaires de la Moselle et de la Moselotte. Il permettait également de tenir les cols de La Demoiselle et de Fallières.

Fort Parmont 1

L’entrée du fort (Crédits photo : Comité de Sauvegarde du Fort du Parmont)

D’une superficie de plus de trois hectares, le fort dispose encore de ses organes opérationnels, à savoir :

- un poste de commandement relié à la Place d’Epinal, aux Forts d’Arches et de Rupt, et à ses stations d’observation

- un poste optique à deux directions

- un télégraphe électrique

- des observatoires permanents et de collecte de renseignements.

Fort Parmont 2

Chambre-bureau du gouverneur du fort (Crédits photo : Comité de Sauvegarde du Fort du Parmont)

Ainsi que des organes de combat, dont :

- deux caponnières pour la défense des fossés avec rampes inclinées d’accès

- trois batteries de tir équipées de canons de place répartis sur seize plates-formes d’artillerie séparées par huit traverses-abri dont cinq enracinées

- une casemate en fer laminé pour lutter contre le canon de campagne

- une casemate à tir indirect à usage réglementé

- un magasin à poudre avec vestibule et chambre des lampes

- un magasin à poudre de 27 tonnes devenu, après la crise de l’obus torpille, une cartoucherie.

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Cour en puits (Crédits photo : Comité de Sauvegarde du Fort du Parmont)

Et des organes de vie :

- une chambre-bureau du gouverneur du fort

- deux chambres-guerre pour officiers 

- deux casemates-logement pour sous-officiers 

- huit casemates-logement pour la troupe

- une cuisine mixte officiers et sous-officiers avec un mess différent pour chacune des catégories de personnel

- une cuisine de la troupe avec son local aux viandes fraîches, son cabinet à provisions et sa chambre aux liquides

- une infirmerie pour les soins de première urgence

- une boulangerie de guerre et sa paneterie

- une petite boulangerie pour l’élément de garde et de surveillance.

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Galerie intérieure (Crédits photo : Patrice GREFF pour le Groupe BLE Lorraine)

Le Fort renferme également trois cours : la cour principale, la cour intérieure ou en puits et la cour des officiers.

A l’abandon depuis 1960, le Fort est aujourd’hui en cours de restauration par des bénévoles. Ces derniers ont débroussaillé les abords de l’ouvrage, rénové les cours pavées et restauré l’imposant four de la boulangerie.

(Source : France 3 Lorraine)

Des caves voûtées de la Place Saint-Louis à Metz

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Situées en contrebas des arcades dont elles font le charme, les portes des caves de la Place Saint-Louis, à Metz, renferment bien des secrets d’histoire. Les chaînes et leur cadenas témoignent aujourd’hui de leur renouveau, depuis que bars et restaurants se sont appropriés les lieux avec la piétonisation de l’espace. Auparavant, ces emplacements étaient plus ou moins à l’abandon. En effet, les boutiques de vêtements ne pouvaient pas les utiliser comme réserve dans la mesure où leurs parois, qui sont situées sur le lit de la Seille, sont en salpêtre. Des infiltrations ont par ailleurs été constatées à plusieurs reprises.

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Arcades et caves de la Place Saint-Louis à Metz (Crédits photo : Marc de METZ pour le Groupe BLE Lorraine)

A nouveau ouvertes aux livreurs, certaines caves servent de nos jours d’entrepôts pour les débits de boissons. Elles renferment pour la plupart des salles voûtées remarquables qui communiquaient autrefois entre elles. Il reste encore des vestiges de ces passages secrets. Une des caves comporte ainsi une fenêtre intérieure et une colonne romaine. Une autre a abrité un cabaret au XVIIIème siècle.

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Porte et entrée de cave Place Saint-Louis (Crédits photo : Marc de METZ pour le Groupe BLE Lorraine)

20 000 euros pour sauver l’église de Plombières-les-Bains

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L’église Saint-Amé de Plombières-les-Bains a dernièrement récolté 20 000 euros grâce à l’émission « Sauvons nos trésors » présentée par Stéphane Bern sur France 2. L’édifice vosgien a été bâché à trois reprises depuis 2006 tant sa toiture et sa charpente sont endommagées. Le projet de rénovation de l’église représente un investissement de près de 800 000 euros. Il comprend également la restauration du grand orgue.

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Le toit et la charpente de l’église Saint-Amé de Plombières-les-Bains sont très abîmés (Crédits photo : Ji-Elle)

Au-delà de l’argent récolté, l’émission a aussi permis de mettre en lumière le site. Une notoriété qui pourrait attirer de nouveaux mécènes.

Retrouvez d’autres monuments du patrimoine lorrain en danger sur BLE Fondation.

La Tour Dex, joyau des remparts médiévaux de Metz

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Véritable joyau des remparts médiévaux de Metz, la Tour Dex est une canonnière, où figure notamment sur une pierre sculptée une représentation de l’artilleur de Metz, Philippe Dex, en train de montrer son postérieur aux ennemis pour les narguer. L’édifice, classé Monument historique depuis 1932, a dernièrement fait l’objet d’une campagne de restauration qui a principalement permis de le nettoyer et de débroussailler.

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La Tour Dex, en contrebas de la Porte des Allemands et des remparts de Metz (Crédits photo : Marc de METZ pour le Groupe BLE Lorraine)

La tour a été élevée au XVème siècle par le maître échevin Philippe Dex. En plus de l’épigraphe de Dex montrant ses fesses, d’autres motifs de monstres et de chimères entourent les canonnières. Ils avaient pour fonction d’effrayer l’ennemi.

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Détail de l’épigraphe de Dex montrant ses fesses à l’ennemi (Crédits photo : Marc de METZ pour le Groupe BLE Lorraine)

La Tour Dex se situe près de la Porte des Allemands, en contrebas de cette partie du rempart appelée fausse-braie et qui était destinée à protéger le rempart principal.

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La Tour Dex a dernièrement été rénovée (Crédits photo : Marc de METZ pour le Groupe BLE Lorraine)

Tarte cheese-cake aux mirabelles et bergamote

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Alors que la saison des mirabelles vient de se terminer, nous vous proposons aujourd’hui un dessert entre tarte et cheese-cake qui change de l’ordinaire !

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Tarte cheese-cake aux mirabelles et bergamote (Crédits photo : Andrée VALENCE-LODWITZ)

Une belle promesse lorraine tenue jusqu’au bout de la petite cuillère, un délice de saison. On adore les tartes au fromage blanc, plus encore aux Petits Suisses. La texture fine et onctueuse va d’ailleurs très bien pour ce genre de dessert.

Des mirabelles du jardin, de la bergamote en huile essentielle pour parfumer l’appareil qui a monté comme un soufflé. On obtient au final une tarte lorraine parfumée à souhait, fondante et fruitée.

La bergamote s’accorde parfaitement aux mirabelles. Deux spécialités phares de notre belle Lorraine gourmande !

Recette de la tarte cheese-cake aux mirabelles et bergamote

Pour 6 personnes, prendre un moule de 22 cm de diamètre 

Prendre de préférence un moule à charnières garni de papier sulfurisé plus haut que le moule, environ le double de hauteur. Le gâteau va en effet gonfler à la cuisson.

Ingrédients

Pour le fond de tarte :

150 g de biscuits sablés

30 g de beurre fondu

Amalgamer le tout et tapisser le fond du moule, tasser avec le dos d’une cuillère. Passer au four 180°C pendant 10 minutes environ sans garniture.

Pour la garniture :

200 g de mirabelles fraiches dénoyautées

67 g de margarine ou beurre mou

100 g de sucre vanillé

7 gouttes d’huile essentielles de bergamote (doser à votre convenance, certaines huiles essentielles sont plus fortes que d’autres)

2 œufs et un blanc

30 g de fécule

240 g de Petits Suisses (soit quatre Petits Suisses)

Deux cuillères à soupe de crème épaisse d’Isigny

Une pincée de sel

Préparation de la garniture :

Fouetter la margarine ou le beurre mou avec le sucre vanillé et l’huile essentielle de bergamote. Vous obtenez une belle pommade onctueuse.

Séparer les blancs des jaunes d’œuf, ajouter le blanc supplémentaire.

Ajouter les jaunes d’œuf et les incorporer.

Tamiser la fécule sur la masse et l’incorporer doucement.

Ajouter les Petits Suisses bien égouttés et la crème épaisse.

Incorporer délicatement.

Monter les trois blancs en neige en ajoutant la pincée de sel, puis une cuillère à soupe de sucre quand ils sont bien mousseux.

Les incorporer à la préparation aux fromages délicatement.

Garnir de mirabelles dénoyautées, lavées et séchées.

Verser la masse aux fromages  sur les fruits. Lisser la préparation avec la spatule.

Enfourner dans le four préchauffé à 175°C, puis baisser aussitôt à 150°C. Cuire le tout pendant 45 minutes à chaleur tournante. 

Laisser refroidir un quart d’heure four éteint, entrouvert.

Puis démouler délicatement quand le dessert est totalement refroidi.

Saupoudrer de sucre glace et décorer à votre guise.

Déguster

Andrée VALENCE-LODWITZ, auteur du blog de recettes de cuisine La Table lorraine d’Amélie pour le Groupe BLE Lorraine.

La Bicof, bière rare de Jarny

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Avec une production totale qui n’excède pas 5 000 litres par an, la Bicof, la bière de Jarny, est une bière rare. Créée en 2002, elle se décline en blonde, brune, rousse et stout à l’image de la Guiness irlandaise. Tout est fait à la main et artisanalement, de la fabrication à la commercialisation en passant par l’étiquetage. La microbrasserie jarnysienne dispose d’un tank de 320 litres. Elle s’approvisionne en malt depuis la Belgique. Celui-ci cuit à 58°C. Après avoir été lavé à l’eau claire, le houblon est laissé infuser pour transmettre ses arômes. Les quatre variétés de levure donnent enfin au breuvage tout son caractère.

logo Bicof

« Mon Dieu don, qu’il est peut ! »

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C’est ce que s’exclamait ma grand-mère lorsque je n’étais pas passé « au » coiffeur depuis deux mois ou que j’avais le visage tout « marmousé » pour m’être goinfré de tout le contenu du pot de confiture de mûres. Et, ensuite, comme je faisais inévitablement ma tête de cochon, elle récidivait en clamant les mains sur les hanches : « Et maintenant, arrête-voir un peu de faire le peut ! »

C’est que le mot « peut » était en patois lorrain synonyme de sale, de repoussant, de répugnant, de vilain, de désagréable.

Or, là comme souvent en parler lorrain, le terme provient du latin. En l’occurrence de l’adjectif putidus qui recouvre les mêmes connotations péjoratives. Si le sens s’est conservé, le mot a évolué en suivant les règles de la phonétique historique selon laquelle tous les mots latins perdent leur finale : putidus » a donné peut.

Les plus délurés n’auront pas été sans remarquer que le « peut » de ma grand-mère est fort proche de la « pute » omniprésente dans la bouche de nos (jeunes) sauvageons mal éduqués. C’est qu’ils ont la même origine. Dès les temps les plus reculés, et sans doute sous l’influence de la morale chrétienne, la péripatéticienne grecque est devenue une « peute », une « pute », c’est-à-dire une femme laide, repoussante et peu fréquentable. Quand au doublon « putain », il s’explique par la persistance en ancien-français de deux cas de la déclinaison latine : le cas sujet et le cas régime. C’est pourquoi l’évêque Cauchon contemplant Jeanne d’Arc en flammes sur son bûcher a fort bien pu déclarer : « Cette pute (cas sujet) a enfin fini de nous embistrouiller ! » ou « Nous voilà enfin débarrassés de cette putain (cas régime) ! ».

Que la « pute » en question fût une sainte témoigne de la justesse toute relative des croyances et des coutumes !

Jean-Paul BOSMAHER, professeur de lettres à la retraite et écrivain pour le Groupe BLE Lorraine.

M. BOSMAHER est l’auteur de plusieurs ouvrages de références sur la Lorraine, dont notamment le Parler Lorrain paru en 2014 aux Editions du Quotidien.

De l’aqueduc gallo-romain de Metz

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L’aqueduc gallo-romain de Metz est le monument le plus ancien du Pays Messin et le plus important pont de toute la Gaule romaine. Ses vestiges sont encore visibles de nos jours sur chacune des rives de la Moselle à Jouy-aux-Arches et à Ars-sur-Moselle.

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L’aqueduc gallo-romain domine encore la commune de Jouy-aux-Arches près de Metz (Crédits photo : Matthieu BAGANUS pour le Groupe BLE Lorraine)

L’aqueduc a été financé au IIème siècle après J-C par six sevirs augustaux. Sa construction a représenté un investissement de plusieurs millions de sesterces, comme en témoigne l’une des inscriptions de la collection d’épigraphie latine du Musée de la Cour d’Or de Metz. A cette époque, Divodorum Mediomatricorum, le nom de la cité antique de Metz, était en pleine métamorphose urbaine. La pierre commençait à remplacer le bois et les thermes de Sainte-Croix, de Saint-Jacques et de Saint-Pierre-au-Nonnains étaient en construction.

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Les piles d’Ars-sur-Moselle sont en cours de restauration (Crédits photo : Matthieu BAGANUS pour le Groupe BLE Lorraine)

L’eau transportée par l’aqueduc était acheminée depuis la Source des Bouillons à Gorze jusqu’au Sud de Metz, non loin de l’ancien Hôpital Bonsecours. L’ouvrage, long de 22 km, décrivait une pente très faible, d’environ un mètre par kilomètre, c’est dire l’ingéniosité de l’édifice. Les bassins d’Ars-sur-Moselle et de Jouy-aux-Arches étaient reliés par un pont de 30 mètres de haut et d’1,125 km de long au-dessus de la Moselle. L’aqueduc redevenait ensuite souterrain jusqu’à Metz. L’eau alimentait en priorité les fontaines publiques, puis les thermes et enfin les habitations de notables qui disposaient d’une adduction d’eau.

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L’ouvrage a été construit au IIème siècle après J-C (Crédits photo : Matthieu BAGANUS pour le Groupe BLE Lorraine)

A noter que la partie de l’ouvrage située à Jouy-aux-Arches a été restaurée il y a une dizaine d’années. Une seconde campagne de rénovation est actuellement menée du côté d’Ars-sur-Moselle depuis 2013. Les travaux devraient s’achever l’année prochaine. Les premières piles restaurées de l’aqueduc montrent déjà leur couleur blanche caractéristique de la pierre de Savonnières, acheminée depuis la Meuse pour consolider l’édifice.

Sept panneaux d’information traduits en allemand et en anglais ont dernièrement été installés sur la rive d’Ars-sur-Moselle. D’un montant de près de 21 000 euros, ils viennent compléter le parcours déjà aménagé à Jouy-aux-Arches.

Petit conte patriotique lorrain

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Les contes de Fraimbois ont été publiés entre la fin du XIXème siècle et la terrible année 1914, sous la forme de petites cartes postales humoristiques, parfois grivoises, toujours moralisantes. Les textes, rédigés en patois de Lunéville, sont attribués à A. Grandjacquot et F. Rousselot, mais sans certitude. Publiés pour la première fois par J. Lanher en 1978, ils appartiennent pleinement à notre patrimoine régional. En voici un particulièrement intéressant.

emblème Croix de Lorraine

L’année 1912 était à son déclin, on était aux regains. Le Claude Watrin retournait, d’un coup sec de râteau, des andains qui étaient particulièrement drus et finement parfums. Çà et là ses yeux d’un bleu de faïence, qu’une casquette à large visière protégeait du soleil rasant de septembre, sur les coups de cinq heures de l’après-midi, ne pouvaient s’empêcher d’être fascinés par les tâches violettes du colchique, particulièrement abondant, qui émaillaient la prairie le long de la rivière, en dessous de Chambrey. Il quitta son travail un court instant, juste le temps de venir inspecter les eaux de la Seille. C’est tout juste s’il apercevait dans quel sens elle poussait son courant gris et trouble. Et l’esprit de notre homme s’en alla ailleurs, en face, là où il allait quelquefois, c’est vrai, sans qu’on le lui interdise. Il songea à son fils, qui portait l’uniforme à Metz, où il faisait son temps. Que dire ? Que faire ? Cela ne durerait pas toujours …

Un bruit mat de sabots de cheval, répercuté par le sol qui se desséchait un peu plus chaque jour à la sortie d’un été qui avait été chaud, le fit se retourner. A petite distance de lui, maintenant, se profilait la silhouette d’un cavalier en uniforme : le Claude identifia tout de suite un commandant de cavalerie. Poliment, il ôta sa casquette et salua l’officier qui était fort bel homme, non toutefois sans mettre dans sa voix une pointe de je ne sais quoi d’irrespectueux, d’un sonore et distinct :

-  Bonjour, mon commandant !

-  Bonjour, mon bon ami, lui répondit l’homme à cheval.

Et il allait continuer son inspection le long de la rivière qui faisait, là, frontière entre la France et l’Allemagne, lorsqu’il se ravisa. Immobilisant son cheval, il questionna :

-  Au fait, mon bon ami, comment écririez-vous « commandant » ?

Le paysan retira à nouveau sa casquette qu’il se mit à tortiller, curieusement. Il marqua un long silence. Puis, fixant droit dans les yeux son interlocuteur, il répondit : 

-  Ecoutez voir un peu, mon commandant … Que je vous dise … Comme on n’est plus Français, je ne l’écrirais pas avec un C. Comme on n’est pas encore Allemands, je ne l’écrirais pas non plus avec un K. Mais comme on est Lorrains … je l’écrirais avec un Q !

Le commandant et son cheval avaient déjà rejoint la grand-route qui traversait le village. Le Claude Watrin s’était remis au travail qui pressait. La Seille se mit, lui semble-t-il, à retenir davantage ses eaux qui restaient troubles et grises.

Analyse du conte

Ce petit conte, assez drôle au fond, mérite quelques explications. On pourrait le qualifier d’histoire à rire « patriotique ». Le lieu où se déroule la scène n’est pas anodin. Chambrey, petit-village situé près de Château-Salins, est devenu, depuis l’Annexion de 1871, un village frontière, dans lequel les Allemands avaient construit une importante gare. La Seille, dans cette partie de la Lorraine, servait effectivement de frontière entre les deux Etats. Le fait, d’ailleurs, qu’elle paraisse retenir ses eaux est un symbole utilisé ici pour montrer qu’elle ne veut pas filer vers Metz, et donc vers l’Allemagne.

On apprend dans le récit que le fils de Claude Watrin (un nom bien lorrain) fait son service militaire à Metz, sous l’uniforme prussien évidemment. Et le paragraphe de conclure par la phrase : « cela ne durerait pas toujours ». Une phrase qui fait écho au célèbre « ce n’a me po tojo » (ce n’est pas pour toujours) apposée en 1873 dans la Basilique de Sion …

Quant à la réponse du Claude Watrin, elle est tout bonnement épique ! Elle proclame fièrement, à sa façon, la maxime si populaire pendant l’annexion : Français ne peux, Allemand ne veux, Lorrain je suis ! Sauf que là, c’est écrit avec un Q. Certainement le même Q que celui avec lequel l’employé communal avait orthographié Catherine, dans un autre conte de Fraimbois …

Kévin GOEURIOT, Historien de la Lorraine et professeur d’histoire-géographie, pour le Groupe BLE Lorraine.

Spécialiste de la Lorraine, de son histoire, de son identité et de son patrimoine, Kévin GOEURIOT travaille actuellement à la réalisation d’un ouvrage dans lequel seront recensées toutes les fêtes et traditions du calendrier lorrain. Il vient également de publier, aux Editions du Quotidien, Quand la Lorraine sera française, un roman historique évoquant la mort du Duc Stanislas et l’incorporation de la Lorraine à la France.

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