Centre de ressources numériques sur la Lorraine

» Catégorie : Culture et patrimoine


Le Président du Groupe BLE Lorraine au Salon du Livre de Woippy 2015

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Le Président du Groupe BLE Lorraine, M. Thomas RIBOULET, participera à la treizième édition du Salon du Livre d’histoire de Woippy. Deux mois après le Livre sur la Place à Nancy, il viendra cette fois présenter et dédicacer son second livre baptisé Comment Airbus a révolutionné sa chaîne d’approvisionnements ? dans l’agglomération messine.

Notre Président a en effet travaillé plusieurs années chez Airbus, premier avionneur mondial, aussi bien à Toulouse qu’à Hambourg.

Il sera présent à Woippy ce samedi 14 novembre 2015. N’hésitez pas à venir à sa rencontre pour échanger quelques mots.

Cinéma : le Lorrain Philippe Claudel primé au Festival de Chicago pour Une enfance

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Après avoir remporté le prix du meilleur scénario au Festival du film francophone de Namur, le long métrage Une enfance, du réalisateur lorrain Philippe Claudel, a dernièrement reçu le premier prix du 51ème Festival international du film de Chicago, aux Etats-Unis. Les deux enfants Alexi Mathieu et Jules Gauzelin ont quant à eux décroché ensemble le prix du meilleur acteur.

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Une enfance a été entièrement tourné à Dombasle, berceau de Philippe Claudel. Scindée en deux par le Canal de la Marne au Rhin, la ville lorraine affiche le contraste de la forêt sur une rive et celle d’une rude et fière cité ouvrière bâtie autour des usines Solvay sur l’autre.

Rappelons que le Festival international du film de Chicago est le plus ancien des Etats-Unis. Il présente 130 films de 50 pays différents en compétition.

Tournage de Crash Test Aglaé en Lorraine

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Le tournage de Crash Test Aglaé, premier long-métrage d’Eric Gravel, s’est dernièrement déroulé durant six jours en Lorraine.

Julie Depardieu, Yolande Moreau, India Hair, Frédérique Bel et Adil Hussain figurent au casting de ce road trip au féminin. Le film raconte l’histoire d’une jeune ouvrière, dont le seul repère dans la vie n’est autre que son travail. Si bien que lorsqu’elle apprend la délocalisation de son usine en Inde, elle accepte la proposition d’aller y travailler au grand étonnement de ses responsables. Accompagnée de deux collègues, elle entreprend alors un incroyable périple en voiture qui se transforme en une improbable quête personnelle.

Dans ce long-métrage, la Lorraine prête ses décors naturels à des scènes censées se dérouler en Allemagne, en Suisse et en Pologne. C’est la magie du cinéma. Le tournage s’est déroulé à La Bresse, Gérardmer, Champigneulles, Latreiche, ainsi qu’au Château de la Raffe en Meuse, au Domaine de l’Asnée à Villers-lès-Nancy et à la Sainte Famille de Vandœuvre-lès-Nancy.

Metz : le maire supprime le grand sapin de Noël

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Le traditionnel grand sapin de Noël de Metz a été monté il y a quelques jours Place De Gaulle, où il rivalise en hauteur avec le célèbre clocher de la gare. L’année prochaine, il n’y en aura pourtant plus.

sapin Noël Metz

Le traditionnel sapin de Noël, bientôt plus qu’un lointain souvenir à Metz (Crédits photo : Groupe BLE Lorraine)

Le maire de Metz, Dominique Gros, a en effet décidé de supprimer le phare des Marchés de Noël de la ville. Une décision qui fait tâche alors les Marchés de Noëls messins montent en puissance depuis plusieurs années et que la ville prétend désormais ouvertement rivaliser avec Strasbourg en termes d’animation et de fréquentation en ces fêtes de fin d’année. Mais un marché de Noël sans sapin, c’est comme un défilé de Saint-Nicolas sans char.

Le grand sapin de Noël de Metz représente un investissement total de près de 30 000 euros. Cette année, l’épicéa de 23 mètres de haut a coûté 11 000 euros, auxquels se sont ajoutés plus de 10 000 euros pour son transport depuis la forêt de Dabo. Le pied métallique qui le soutien et qui permet de répartir la masse du conifère vaut quant à lui 8 000 euros.

Par cette décision, Dominique Gros met la pression sur la puissante Fédération des Commençants de Metz. Si cette dernière est capable de faire venir une grande roue, une patinoire et prochainement un palais de glace Disney, pourquoi ne serait-elle pas capable de prendre à sa charge le sapin ?

Cela dit, le maire justifie officiellement l’injustifiable par une restriction budgétaire au moment même où la Ville reçoit chaque année plusieurs millions d’euros de dividendes de l’UEM (Usine d’Electricité de Metz) et des dizaines de milliers d’euros des stationnements. Mais en ces temps de crise, il semble donc plutôt d’usage d’organiser des cérémonies de vœux aux Arènes de Metz, comme ce fut par exemple le cas en 2012. En 2015, près de 14 000 euros étaient encore consacrés à cet exercice pompeux de communication à la mairie.

Par conséquent, au regard de ce que constitue le sapin pour les Marchés de Noël de Metz et leur notoriété, du plaisir et de la joie qu’il procure aux Messins et aux touristes, ainsi que de l’allocation de l’argent public consacré à l’évènementiel, le Groupe BLE Lorraine ordonne au maire de Metz de ne pas supprimer ledit sapin de Noël.

Restauration de l’horloge astronomique de Stanislas à Nancy

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Une convention de mécénat a dernièrement été signée entre la Ville de Nancy et la Clinique Pasteur d’Essey-lès-Nancy, afin d’entreprendre la restauration de la célèbre horloge astronomique de Stanislas. Cette dernière constitue l’un des joyaux des collections du Musée Lorrain à Nancy.

horloge astronomique Stanislas

Détail de l’horloge astronomique de Stanislas (Crédits photo : Musée Lorrain, Nancy)

Une armoire richement décorée abrite ce bijou réalisé au milieu du XVIIIème siècle par Bernard Joyeux, un Lorrain féru de mécanique. Celui-ci  l’aurait offerte avant 1751 à Stanislas, lui-même passionné de sciences et d’art comme en témoigne les différents aménagements qu’il fit réaliser au Château de Lunéville. Fondée en 1750, l’Académie royale des sciences et des belles-lettres fut d’ailleurs le principal instrument de son ambitieuse politique culturelle et artistique. La Société, qui prit ensuite le nom d’Académie de Stanislas, fit donc au Musée Lorrain de la fameuse horloge astronomique en 1863.

Ce curieux instrument serait composé de 53 fonctions différentes réparties sur 11 cadrans. Selon les spécialistes, elle permettrait d’indiquer l’heure, les jours de la semaine, les jours du mois, les mois de l’année, l’année, la durée des jours et des nuits, le calendrier religieux, le calendrier romain, l’univers héliocentrique, les signes du zodiaque, ainsi que l’étoile polaire et les marées.

Des fortifications allemandes 1914-1918 du Massif du Donon

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La Corbeille, promontoire rocheux perché à 899 mètres d’altitude, situé juste en face du Donon, abrite l’un des vestiges lorrains les plus étonnants de la Première Guerre mondiale, à savoir un tunnel aussi étriqué que surréaliste, long de 100 mètres et dont la traversée paraît interminable. Son entrée apparaît après dix minutes à serpenter dans les tranchées tortueuses envahies d’herbes hautes et de fougères. Les premiers mètres sont angoissants. La lampe torche est indispensable. La lueur du jour ne transperce en effet qu’à deux reprises pour mener aux chambres d’observation. De là, la vue est plongeante sur la vallée de la Plaine. Cent ans après sa construction, la structure est intacte. Deutsche Qualität oblige.

bunkers Donon

Bunkers allemands cachés dans le forêt (Crédits photo : Philippe – Sarrebourg 57400)

Il faut dire que les Allemands ont mis les moyens pour contrôler cette ligne de défense naturelle qui va du Col de l’Engin à celui de Prayé. En son centre trône le Donon, carrefour stratégique qui donne accès à la vallée de la Bruche en direction de Schirmeck, aux Vosges via Raon-l’Etape et à Senones ou à la Moselle par Abreschviller et Saint-Quirin. Conquis par la 25ème Brigade d’Infanterie de la 1ère Armée française du général Dubail le 14 août 1914, le site fut repris sept jours plus tard, le 21 août 1914. Le cimetière militaire non loin témoigne encore de l’apprêté des combats. Les Allemands décidèrent alors d’en faire un élément central de leur dispositif défensif truffé de constructions bétonnées.

Pour le général Falkenhausen, le Massif du Donon occupait une position centrale dans la défense du front qui commençait à se stabiliser à une douzaine de kilomètres. Des travaux titanesques furent donc entrepris à partir de 1915. L’armée allemande mobilisa 10 000 hommes et engagea des moyens matériels et financiers démesurés. Deux voies de chemin de fer, deux téléphériques, l’un en provenance de la Malcôte, dont on aperçoit encore un pilier, l’autre de Grandfontaine, ainsi que des routes furent construits par des prisonniers russes pour acheminer sur cette ligne de crête des armements, munitions, barbelés, ciment et ferraille. Les cuisines étaient installées au Sandplatz et les repas acheminés jusqu’au Col de Prayé par la voie ferrée. Une station de pompage d’eau fut même aménagée. Une vanne est d’ailleurs encore visible au sommet de la Corbeille.

150 abris sont recensés dans le Massif du Donon. La descente vers l’Est, depuis la Corbeille, permet de découvrir l’artillerie de ligne. Trois impressionnantes batteries fixes de quatre canons y sont toujours fixées, comme figées dans le temps. Elles furent construites sur le même modèle, avec des galeries de liaison et une pièce séparée pour les explosifs et la poudre, assemblés sur place. Leurs fenêtres de tirs sont systématiquement orientées vers l’Est et les positions allemandes. En effet, les attaques frontales étaient rares. Généralement, après une percée, les combats répondaient à des mouvements tournants. Les Allemands étaient ainsi persuadés que les Français arriveraient par derrière. Long de 55 mètres, l’imposant blockhaus du Morveux faisait office de Kommandantur. La chambre du commandant, reconnaissable à ses armoires murales, y est encore visible à l’entrée. A l’image de tant d’autres, cette structure colossale n’essuya aucun combat. Ne jugeant plus le Donon prioritaire, les Allemands stoppèrent les frais en 1916, avant que ce système de fortifications ne retrouve un intérêt, moins de trente ans plus tard, lors de la Seconde Guerre mondiale.

(Source : RL du 31/07/2015)

Un orgue de barbarie d’Edith Piaf au Musée de l’art forain et de la musique mécanique de Conflans-en-Jarnisy

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Lorsqu’il céda à la Ville de Conflans-en-Jarnisy sa magnifique collection de manèges, d’orchestrions et d’automates mécaniques en 1984, le patron de cirque Raymon d’Ys affirma que l’un de ses orgues de barbarie avait appartenu à Edith Piaf.

Plus de trente ans plus tard, l’information a été officiellement confirmée par un spécialiste : l’orgue de Conflans est bien celui de Piaf. C’est une certitude. Il s’agit en effet d’un Gavioli, du nom d’un employé de la célèbre fabrique des Frères Limonaire qui se mit ensuite à son compte.

Créé en 1985, le Musée de l’art forain et de la musique mécanique de Conflans-en-Jarnisy n’est malheureusement plus ouvert qu’à l’occasion des journées du patrimoine. Le bâtiment de répond plus aux normes pour accueillir du public.

Le sénat dit non à la ratification de la Charte européenne des langues régionales

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Le sénat à majorité de droite a enterré mardi, à quelques semaines des élections régionales des 6 et 13 décembre, le projet de loi de ratification de la Charte européenne des langues régionales. Ce rejet compromet l’organisation d’un congrès pour l’adoption de cette réforme constitutionnelle. Il décrédibilise une fois de plus la France sur la scène internationale. Il constitue par ailleurs une véritable injure à celles et ceux pour qui ces langues sont une part d’eux-mêmes.

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Manifestation en faveur des langues régionales de Lorraine à Metz (Crédits photo : Groupe BLE Lorraine)

La Charte européenne des langues régionales engage les Etats signataires à reconnaître les langues régionales et minoritaires en tant qu’expression de la richesse culturelle. Elle a été signée par la France en 1999. Sa ratification avait été promise par François Hollande durant sa campagne présidentielle en 2012.

Rappelons que pour être adoptée, une telle réforme constitutionnelle nécessite une majorité des trois cinquièmes des députés et des sénateurs réunis en congrès au château de Versailles après avoir été adoptée par les deux chambres.

Les langues régionales de Lorraine mobilisent à Metz

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Près de 200 personnes se sont rassemblées dans une ambiance bonne enfant samedi après-midi devant la préfecture de région à Metz, afin de défendre et de promouvoir les langues de Lorraine. Les manifestants arboraient des drapeaux lorrains et des chasubles Mir schwätzen PlattDes membres et des dirigeants du Parti Lorrain étaient présents.Des rassemblements similaires ont eu lieu un peu partout en France.

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Drapeaux lorrains, chasubles en Platt et ambiance bonne enfant étaient au rendez-vous à Metz (Crédits photo : Groupe BLE Lorraine) 

Rappelons que le Groupe BLE Lorraine attend que la France ratifie enfin la Charte européenne des langues régionales comme elle s’y est engagée. Nous exigeons également que les langues de Lorraine, en particulier le Lothringer Platt (Franciques Luxembourgeois, Mosellan et Rhénan) et le Vosgien, ne soient plus les parents pauvres des langues régionales en France. Celles-ci bénéficient en effet de moyens autrement plus conséquents que nos langues. Le Groupe BLE Lorraine demande enfin qu’un enseignement bilingue à parité horaire (français / Lothringer Platt) soit mis en place dans les écoles de Moselle germanophone.

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Manifestation pour la défense et la promotion des langues régionales de Lorraine

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Une manifestation en faveur des langues régionales de Lorraine est organisée ce samedi 24 octobre 2015 à 15 heures devant la préfecture de région à Metz, près de la Place de la Comédie.

Des rassemblements similaires auront lieu dans d’autres régions de France. Près de 24 000 personnes sont par exemple attendues à Montpellier.

Le Groupe BLE Lorraine attend que la France ratifie enfin la Charte européenne des langues régionales comme elle s’y est engagée. Nous exigeons également que les langues de Lorraine, en particulier le Lothringer Platt (Franciques Luxembourgeois, Mosellan et Rhénan) et le Vosgien, ne soient plus les parents pauvres des langues régionales en France. Celles-ci bénéficient en effet de moyens autrement plus conséquents que nos langues. Le Groupe BLE Lorraine demande enfin qu’un enseignement bilingue à parité horaire (français / Lothringer Platt) soit mis en place dans les écoles de Moselle germanophone.                                                                                                             

Un verre de l’amitié sera proposé aux manifestants. Les cent premiers arrivés se verront également offrir un polo à manches longues avec l’inscription « Mir redden Platt » (Je parle le Platt) par les organisateurs.

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Näkscht Samschdach, 24 Oktober 15 U vor der Préfectur én Metz (beim Théâter), laden ma Eich énn „Platt schwätzer » oda nét. Kommen manifestieren fo dass der Staat de Charte fo de Régionalsprochen  énnerschreiwt. 

En ganz Frankreich manifestieren de Leit, zum Beispill én Montpellier sénn ze 24 000.

Dia ach, kommen on opfern zwei Stonnen fo de Platt.

En klän Empfang éss gesorscht.

Réouverture du Musée de la cristallerie à Baccarat

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Trois années de travaux ont été nécessaires pour que le Musée de la cristallerie à Baccarat retrouve son lustre. La structure a dernièrement enfin rouvert ses portes. 260 des plus belles pièces sorties de la célèbre manufacture lorraine y sont exposées.

Le site a été entièrement réaménagé dans l’ancienne maison des directeurs de Baccarat à l’image d’une demeure de collectionneur. Parmi les chefs-d’œuvre que l’on peut y admirer, on retrouve la fameuse aiguière offerte à Charles X, le vase à monture en bronze doré « les trois grâces », présenté lors de l’Exposition Internationale de Nancy de 1909, ainsi que le lustre « Zénith » en cristal clair et rouge. La visite s’achève sur une table dressée de pièces issues de grandes commandes royales ou conçues pour les plus puissants de ce monde à l’instar du Tsar Nicolas II ou de l’Empereur du Japon Mutsuhito. Soit autant de preuves du rayonnement planétaire du cristal de Baccarat.

logo Baccarat

Une saprée raousse !

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« Dégage d’ici, espèce de tauré, ou je m’en vas te coller une saprée raousse ! ». C’est ce que hurlait toujours le voisin de mes parents lorsqu’il m’avait surpris la nuit tombée dans son jardin en train de butiner à quatre pattes toute sa récolte de framboises et de fraises. Mais d’où vient donc le mot raousse ?

Dans ma dernière production, je vous ai rappelé que le Parler Lorrain avait essentiellement une origine romane puisqu’il était issu du latin. Cependant, la caractéristique de notre région est que l’influence linguistique y est double puisqu’elle est aussi germanique. Et pas seulement en Moselle.

C’est peut-être le cas du mot raousse ou raouste ou rouste, que d’autres font dériver du latin rustum pour ronce, afin d’évoquer une « volée de bois vert ». Les occupations d’un territoire par un peuple étranger marquent toujours durablement le pays occupé. Notamment lorsque les occupants sont des Teutons, gens réputés pour leur sens de la discipline et leur hospitalité guerrière. Ainsi, en 1870-1871, 1914 ou 1939, de nombreux Français se sont fait expédier manu militari de leur logis par un tonitruant « heraus ! ». En d’autres termes : « dehors ! ». Le ton de l’invitation était si péremptoire et la mine de la soldatesque tudesque si patibulaire que non seulement les braves Français sont sortis sans tambour ni trompette de leur pénates, mais qu’ils ont associé du même coup l’expression « heraus ! » à une menace de violentes rétorsions en cas de rébellion. Heraus est donc devenu synonyme de schlague, de taugnée, de tripatouillée, de torgnole, de raclée, de correction, de bastonnade, de baston, sens qu’il a ensuite conservé en Lorraine. Voilà pour la dimension sémantique du mot. Attachons nous maintenant à sa dimension phonétique.

Chacun sait que l’occupé déforme la langue de l’occupant pour l’accommoder à la sienne : ainsi le « t » de raouste, présent dans rustum, est absent de heraus. Ce que l’on sait moins, c’est que l’occupant, généralement d’origine populaire, déforme aussi sa langue natale. Ainsi, heraus appartient bien à l’allemand classique, le « Urdeutsch », mais sa prononciation n’a pas été très académique. En effet, d’une part, le « Urdeutsch » accentue la seconde syllabe des mots, sans toutefois supprimer la première (HerAUS), d’autre part, il prononce « au », « ao » et non pas « aou » (HerAOS). L’ordre de notre soldat qui aurait dû être en germanique classique « HerAOS ! » a donc été en germanique populaire « RAOUSSE ». Et c’est très exactement le terme qu’ont ensuite adopté les Lorrains. Pourquoi ? Pour une fois, ils ont été tellement impressionnés qu’ils n’ont pas pu résister !

Jean-Paul BOSMAHER, professeur de lettres à la retraite et écrivain pour le Groupe BLE Lorraine.

M. BOSMAHER est l’auteur de plusieurs ouvrages de références sur la Lorraine, dont notamment le Parler Lorrain paru en 2014 aux Editions du Quotidien.

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