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Reconversion de la BA 128 de Metz-Frescaty : des projets qui capotent

Les 380 hectares de terrain et les 170 000 mètres carrés de bâti de l’ancienne Base Aérienne 128 (BA 128) de Metz-Frescaty, fermée en août 2012 suite aux iniques et odieuses restructurations militaires de 2008, ont été cédés à l’euro symbolique à la Communauté d’Agglomération de Metz Métropole. Plusieurs projets qui avaient été initiés ou envisagés pour reconvertir ce vaste ensemble qui s’étend les communes d’Augny, de Marly et de Moulins-lès-Metz ont déjà capotés.

BA 128 Metz-Frescaty

La reconversion de la BA 128 de Metz-Frescaty reste toujours aussi floue (Crédits image : Google Maps)

Le plus emblématique d’entre eux est sans doute l’installation de la société Ecomouv’ qui a viré au scandale politique et écologique. Chargé de collecter la redevance poids lourds, le consortium était pourtant sur la base depuis deux ans et employait deux cents personnes. Auparavant, le patron du concept Oxylane, village sportif organisé autour d’un magasin Décathlon, annonçait renoncer à s’implanter sur l’ancien camp de Tournebride, juste à côté de la BA 128. Les projets de restaurant étoilé gastronomique dans l’ancienne résidence du général, d’école vétérinaire et de parc d’attractions du cascadeur Rémy Julienne sont également tombés aux oubliettes. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que ce dernier nous fait le coup, lui qui entendait dans un premier temps s’installer à Bataville …

Même constat concernant le projet de centrale photovoltaïque messine de l’Usine d’Electricité de Metz (UEM) qui n’a pas été retenu par le ministère français de l’écologie pour des critères de rentabilité scandaleux. Celui-ci a en effet privilégié seize dossiers tous situés au Sud de la Loire, alors qu’en Allemagne les fermes photovoltaïque pullulent ! L’UEM comptait même construire une centrale de douze mégawatts équipée d’un capteur permettant de suivre la course du Soleil. La structure devait être installée sur un terrain en friche de la partie Nord de la base peu exploitable pour d’autres projets en raison de la dépollution pyrotechnique à réaliser.

Au final, l’agrobiopole, qui sonne très bien d’un point de vue marketing et politique, est le projet qui est à l’heure actuelle le plus avancé pour reconvertir la BA 128. L’idée est ici de dédier 70 hectares à de la culture maraîchère biologique et à de l’élevage respectueux du bien-être animal. La production réalisée serait transformée et commercialisée sur place en favorisant les circuits courts. Cet agrobiopole, a priori relativement simple à mettre en place, a également le mérite de répondre aux besoins des consommateurs, très demandeurs en produits locaux, et à ceux de la restauration collective en manque de filières courtes. Les études réalisées ont par ailleurs révélé l’absence de pollution liée à l’activité de la base militaire et la bonne qualité de la terre. Une terre argilo-sableuse qui serait ainsi adaptée au maraîchage et à la culture de carottes.

L’agrobiopole, qui est amené à devenir un lieu de rencontre entre producteurs et consommateurs, devrait en outre comporter une sorte de pépinière d’entreprises agricoles sur trois hectares de terres et de serres. En partenariat avec le lycée agricole de Courcelles-Chaussy, des parcelles seront ainsi mises à dispositions des jeunes sortant de l’école pendant deux à trois ans, afin qu’ils aient le temps de développer leur clientèle et de trouver un terrain définitif, si possible sur les coteaux de Scy-Chazelle, où le département envisage de réhabiliter 60 hectares de friches. Un pôle apicole pourrait également voir le jour avec de la production sur place. Quelques hectares de plantes mellifères pourraient alors être plantés. En attendant, la coopérative apicole du Pays Messin s’installera dans un bâtiment existant de la base. Un atelier de volailles pourrait enfin être créé en 2016. Des contacts avancés ont en effet été noués avec une grande marque d’œufs qui travaille dans le respect du bien-être animal. Les poules seraient élevées en plein air et pourraient gambader entre sapins et arbres fruitiers dans la mesure où l’idée est de développer à terme l’agroforesterie.

En conclusion, nous ne pouvons que constater que pendant qu’à Toulouse ils sont en train de créer le Hollywood français sur leur ancienne base aérienne, à Metz, on songe à élever des poules sur la BA 128. Si bien qu’après avoir lamentablement échoué à éviter la perte d’autant de militaires puis à obtenir des compensations acceptables au regard du préjudice subi, les élus de l’agglomération messine manquent toujours autant d’ambition, aussi bien pour faire respecter le rôle et le statut de Metz comme capitale de région, que pour envisager une reconversion à haute valeur ajoutée de l’ancienne BA 128.

10 août, 2015 à 22:47


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