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Pour la reconnaissance du génocide lorrain par la France

Alors que la France de François Hollande s’est dernièrement « inclinée » à Erevan devant les 1,5 millions de victimes du génocide arménien perpétré par les Turcs ottomans et qu’une stèle khatchkar était inaugurée Place Valladier à Metz au même moment, il est grand temps que les exactions commises par la France et ses alliés en Lorraine lors de la Guerre de Trente Ans (1618-1648) soient enfin reconnues.

Misères de la guerre Jacques Callot

Les Grandes Misères de la guerre : La pendaison (gravure n°11), Jacques Callot, 1633, Musée Lorrain, Nancy

Aucun monument, aucun mémorial ne rappelle les 250 000 Lorrains massacrés et exécutés, soit près de 60 % de notre peuple à l’époque, au cours de ce conflit. Ces chiffres, nous ne les avons pas inventés. Ils sont avancés par les historiens de l’Académie de Stanislas qui n’hésitent pas à parler de « génocide lorrain » dans leurs études.

Beaucoup de gens ne le savent pas, mais il y eut en effet des guerres entre la France et la Lorraine. C’est au cours de l’une d’entre elles, au XVIIème siècle, que l’on nomme communément la Guerre de Trente ans, sorte de gigantesque brasier européen, que la France, pays qui ose se proclamer des droits de l’homme et donner des leçons aux autres sans jamais avoir balayé devant sa porte, causa des dommages inimaginables en Lorraine. Alors que presque tous les châteaux, les forteresses et les maisons fortes de Lorraine avaient déjà quelques temps auparavant été rasés sous ordre de Richelieu, les habitants de nombreux villages furent tous pendus à de grands arbres par des mercenaires suédois, comme à Kischeidt, dans le Bitcherland. Une ville entière fut même complètement détruite, La Mothe. Cette ancienne cité fortifiée demeure encore aujourd’hui le symbole de la résistance lorraine face à l’envahisseur français. Il n’en reste pourtant presque plus rien car après avoir été entièrement rasée, la ville fut ensuite recouverte d’une forêt sous Napoléon Ier. Le site fut même intégré au département de la Haute-Marne, afin de le faire totalement disparaître de la conscience lorraine et de la mémoire collective. Pièce maîtresse de l’organisation militaire du Duché de Lorraine, la puissante cité fortifiée de La Mothe constituait en effet une réelle menace pour les troupes françaises. En la réduisant en cendre, les Français voulaient anéantir bien plus que le danger militaire. Ils voulaient anéantir toute forme de patriotisme lorrain et toute forme d’identité lorraine.

La Mothe

Des fondations et des pavés perdus dans la forêt : il ne subsiste presque plus rien de la puissance forteresse de La Mothe, symbole de la résistance lorraine face à l’envahisseur français (Crédits photo : Groupe BLE Lorraine) 

Evidemment, cette histoire n’est pas enseignée sur les bancs de l’école à la française. La Lorraine a toujours servi de sorte de « glacis de protection » à la France face au monde germanique. Vu de Paris, notre pays n’apparaît plus désormais que comme une terre habitée d’une population bien trop docile dont le seul destin serait de devenir la poubelle nucléaire de la France et de l’Europe.

L’histoire est toujours écrite par le vainqueur. C’est au curieux et au volontaire de chercher la vérité, de se forger sa propre opinion et de remettre en question la version officielle par des faits irréfutables. Nous ne pouvons qu’exhorter nos compatriotes lorrains à (ré)apprendre leur propre histoire et à ouvrir les yeux pour comprendre ce qui se passe chez eux depuis près de 250 ans.

Toute idée contraire à la pensée dominante, c’est-à-dire celle dictée par le pouvoir central jacobin, est stigmatisée et marginalisée. Tout a été fait pour que l’individu se retrouve seul face à l’Etat. Ce long processus destructeur, humainement et culturellement, n’a d’autre but que de renforcer la concentration des pouvoirs et des richesses à Paris par la satellisation et l’exploitation des provinces, notamment périphériques. Les Lorrains doivent prendre conscience de la richesse de leur culture, de leurs traditions et de leur patrimoine, autant d’éléments qui ont fait la prospérité et forgé l’identité même du peuple lorrain.

Pour toutes ces raisons, le Groupe BLE Lorraine ne cessera jamais pas d’exiger l’édification et l’aménagement de monuments et de lieux de souvenir rappelant le génocide lorrain perpétré par la France et ses alliés durant la Guerre de Trente dans tous les sites et villes martyrs de Lorraine.

29 avril, 2015 à 22:01


13 Commentaires pour “Pour la reconnaissance du génocide lorrain par la France”


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  1. totor101 écrit:

    la période « chaude » de la guerre de 30 ans dans les Vosges furent les années 1630….
    En ce qui concerne l’éducation nationale mon institutrice en CE1 vers 1950 nous a affirmé que la Lorraine a TOUJOURS été française ….
    et j’y ai cru pendant une dizaine d’années !

  2. Thierry Arnaud écrit:

    Bonjour,
    J’ai fait exactement la même réflexion que vous, mais au lieu de parler de la Lorraine j’ai plutôt parlé des Cévennes, lieu martyrisé sous ce « bon » roi Louis XIV, à partir de la révocation de l’édit de Nantes en 1685, ce qui amena en 1702 la guerre des Camisards…

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_des_C%C3%A9vennes

    Juste pour une petite info, étant fils de militaire, j’ai vécu 1 an à St Avold et 3 ans à Achain à 4km de Morhange… Cordialement,
    Thierry.

  3. albrecht écrit:

    Il faut porter plainte contre la France et demander des indemnités comme le font toutes les communautés qui ont été victimes des exactions Françaises

  4. Jung écrit:

    La langue est notre sang nous rappelle Umberto Eco…

    La France nous dit pas d’avenir sans la connaissance de notre histoire…

    Chiche ! Rendez-nous notre histoire ! Permettez le futur.

    Les Niçois et Savoyards se souviennent du referendum truqué !

  5. CV57 écrit:

    A noter pour le site de La Mothe, qu’il y a un panneau d’informations en 3 langues sur l’aire d’arrêt de l’autoroute A31 la plus proche, sens Nord-Sud, qui dispose d’une vue d’ensemble sur le site (sortie Bourmont).
    Bien sur, il pourrait y a voir mieux à faire et plus attractif pour redonner vie collective à cette mémoire et au site.

  6. nicole C écrit:

    je découvre à 69 ans des faits historiques, pourquoi nous a-t-on toujours parlé de fait historiques d’autres régions et jamais de la nôtre, bravo pour votre initiative

  7. Groupe BLE Lorraine écrit:

    En visitant l’église de Longwy, ainsi que les vestiges du château en haut du Chemin des Cavaliers, le site de La Mothe, la Basilique de Saint-Nicolas-de-Port, dans laquelle la population fût rassemblée pour y être brûlée, ou encore de très nombreux villages autour de Delme, vous pouvez encore percevoir la désolation de la Guerre de Trente Ans en Lorraine. Au cours de ce conflit qui embrasa l’Europe, il y eu une véritable volonté des Français et de leurs alliés suédois de massacrer les Lorrains. Les Suédois avaient d’ailleurs pour oriflamme une femme coupée en deux par son milieu en dessous de laquelle était marquée « Lorraine ». Certains villages mosellans ne furent reconstruits qu’après 1750, soit près d’un siècle plus tard. Les Lorrains se sont battus vaillamment pour leur indépendance. Ils ont été massacrés en retour. La Guerre de Trente Ans a été un génocide en Lorraine.

  8. Français écrit:

    Je connais le site et l’histoire de la citadelle de la Mothe, mais j’ignorais ce chiffre de 250 000 lorrains passés au fil de l’épée ou pendus.
    Effectivement, l’histoire est toujours écrite par les vainqueurs, c’est pourquoi cette partie sombre de l’histoire de France n’est jamais enseignée par les professeurs de l’éducation nationale.

    Merci à vous !

  9. danielb écrit:

    la Lorraine n’est pas concernée par le traité de Westphalie qui met fin à la guerre de 30 ans. La France continue donc de l’occuper jusqu’au traité de Ryswick en 1697. La Lorraine devient une base arrière de la France pendant la guerre de Hollande. Sous le commandement de Turenne et plus tard sur ordre de Louvois les français pratiquent la politique de la terre brûlée dans le palatinat et massacrent la population locale. Il parait qu’en Allemagne le mot français était alors synonyme de cannibale. Selon certains historiens c’est de cette époque que date l’animosité franco allemande qui dure jusqu’à la fin de la deuxième guerre mondiale. Quoi qu’il en soit, le Traité de Ryswick met fin à l’indépendance de la Lorraine en lui imposant une obligation de neutralité. On connait la suite : 40 ans plus tard Stanislas accède au trone de Lorraine. Il n’est que la marionnette de la France le véritable pouvoir étant détenu par Le marquis de La Galaizière de sinistre mémoire.

  10. Claude écrit:

    Pourquoi la France ne parle pas de ceux qui est arrivé en Lorraine et dans d’autres régions de France. Même dans les écoles ont ne veut plus parler de notre histoire il est plus facile d’oublier que de demander pardon Je trouve qu’il serai temps que nos élus reconnaissent les erreurs commise à cette Lorraine que j’aime

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