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De la nécropole de Metz-Chambière

Six sites de mémoire de la Première Guerre mondiale pourraient être classés au patrimoine mondial de l’UNESCO en Moselle. Aux côtés de Morhange, Cutting, Sarrebourg, Lagarde et Riche, la nécropole de Metz-Chambière a été retenue pour sa diversité. Elle abrite en effet les tombes de 4 000 soldats de la Grande Guerre, dont 2 053 Allemands, 457 Français, 15 Belges, 103 Britanniques, 88 Italiens et 1 280 Russes et Soviétiques. Au cours du conflit, la ville a abrité jusqu’à 32 hôpitaux. Les blessés allemands du front de Verdun y étaient emmenés.

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La nécropole de Metz-Chambière pourrait être classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO aux côtés d’autres sites de la Première Guerre mondiale (Crédits photo : Marc de METZ)

C’est à partir de la Première Guerre mondiale que furent attribuées des tombes individuelles aux soldats tombés. En effet, dans les conflits précédents, notamment celui de 1870-1871, les seuls noms des officiers étaient gravés sur les monuments. Sous-officiers, soldats et chevaux étaient mélangés dans des tombes communes. Après les premiers massacres de 1914, l’opinion allemande exigea des tombes individuelles. Fin 1914-début 1915, l’évidence s’imposa alors pour les Français, les Britanniques, les Ottomans et les troupes coloniales : le soldat a la même valeur que l’officier, il n’y a plus de hiérarchie dans la mort.

Nécropole Metz Chambière 2

4 000 soldats de différentes nationalités sont enterrés à Metz-Chambière (Crédits photo : Marc de METZ)

29 mars, 2015 à 20:16


2 Commentaires pour “De la nécropole de Metz-Chambière”


  1. Groupe BLE Lorraine écrit:

    La Première Guerre mondiale a fait plus de 18 millions de morts. En Moselle, les combats, d’une violence inouïe, se déroulèrent du 4 au 29 août 1914. Les pertes étaient telles que des fosses communes et des tombes furent creusées sur le champ de bataille pour enterrer les victimes par milliers. Les affrontements furent épouvantablement meurtriers pendant ce chaud mois d’août 1914 dans le Pays du Saulnois et le Pays de Sarrebourg. Le 20 août 1914, dans les Vallées de la Nied française et de la Petite Seille, les troupes françaises essuyèrent une terrible contre-attaque. Dans la débâcle qui s’ensuivit, l’armée abandonna ses morts et une partie de ses blessés. L’autorité allemande réquisitionna alors les populations des villages alentours pour aller chercher les cadavres et les enterrer dans une fosse commune. Face à l’agonie et la mort des soldats, les habitants furent contraints de récupérer des corps déchiquetés sur des champs ensanglantés, de piocher la terre sèche et dure, d’emballer les restes humains dans des linceuls de fortune, de fabriquer une croix et d’y graver un nom, un grade, une date. Avec ses 13 314 tombes individuelles, le cimetière militaire de Sarrebourg atteste encore de cette horreur.

    Les nécropoles allemandes sont sobres, surmontées de simples croix noires plantées dans des espaces arborés. Les stèles françaises sont quant à elles matérialisées par des croix en béton clair dans des espaces nus. Celles des Anglais sont blanches, rectangulaires, et comportent les grades, les titres ou encore l’écusson du régiment du soldat. A chacun sa manière de faire, l’important était pour toutes les armées de s’occuper des morts avec respect. Ce qui ne fut plus le cas au cours de la Seconde Guerre mondiale.

    Le Comité devrait se prononcer en 2018 sur la candidature des sites de la Grande Guerre à l’inscription au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO. En Moselle, les cimetières de Metz-Chambière, Morhange, Riche, Sarrebourg et Lagarde sont concernés.

  2. Jean Pierre Becker écrit:

    Il y a deux cimetières militaires à Sarrebourg :

    rue de Verdun : nécropole nationale, cimetière des prisonniers de la Guerre 14/18 décédés en captivité en Allemagne. 13298 tombes et 2 ossuaires contenant 26 corps.

    route de Buhl : nécropole nationale du Marxsberg. Militaires tombés à la bataille de Sarrebourg (août 1914) et ceux décédés dans les hôpitaux de la ville. Militaires relevés sur le territoire de Hesse, Imling, Hoff, Réding, St Pierre Biberkirch et les corps des militaires décédés durant l’occupation en Rhénanie. 1941-1942 : inhumations des morts de la campagne mi-juin 1940. 1608 corps y sont inhumés. https://www.tourisme-lorraine.fr/memoire-militaire/centenaire-14-18/sites-et-monuments/848140500-necropole-nationale-des-prisonniers-de-guerre-sarrebourg-sarrebourg


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