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Bure : premières brèches dans le navire de la poubelle nucléaire

Après le départ de plusieurs cadres de l’ANDRA (Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs) ces derniers mois, dont celui de la directrice générale, c’est à présent le responsable de la maîtrise des risques du méga projet d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure, dans la Meuse, qui quitte le navire.

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Faut-il voir dans cette accumulation de défections et de fuites de compétences la confirmation du questionnement de plus en massif entourant le projet CIGEO ? Présenté voici quelques années comme LA solution allant bien entendu de soi, l’enterrement des déchets radioactifs s’apparente depuis à une spirale emportant les apprentis sorciers. Longtemps cachée, la réalité dévoilée par quelques chercheurs indépendants fait apparaître une quantité impressionnante de risques qui remettent en cause la sûreté d’un tel enfouissement. En 2013, l’ANDRA avouait elle-même que le projet était si complexe qu’il fallait en retarder le calendrier. L’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire), organisme de contrôle de l’ANDRA, ne voulait ensuite plus que les volumineux déchets graphites aillent au fond du trou, alors que les risques de ces derniers avaient toujours été minimisés par l’ANDRA. De son côté, l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire), ne voulait pas mettre dans les premières phases de l’exploitation les colis bitumineux en raison des risques trop évidents d’incendie. Entre temps, d’autres dangers étaient découverts, comme les conséquences de la présence de micro-organismes (bactéries), les scellements innombrables nécessaires et non encore testés ou encore l’impossible maintenance d’installations souterraines irradiées sur des durées aussi longues.

Par ailleurs, les retours d’expérience d’autres programmes s’accumulent. Ils démontrent tous qu’un enfouissement destiné à garder en sûreté de tels poisons n’est pas fiable : WIPP (Waste Isolation Pilot Plant) aux Etats-Unis, Asse en Allemagne, Stocamine en France, etc. Cela ne marche pas !

(Source : CEDRA, Collectif contre l’Enfouissement des Déchets Radioactifs)

15 novembre, 2014 à 14:29


3 Commentaires pour “Bure : premières brèches dans le navire de la poubelle nucléaire”


  1. deedoff écrit:

    Alors, que fait-on ?

  2. Makinson écrit:

    Avec des demi-vies pouvant aller jusqu’a plusieurs centaines de milliers d’années, je vois mal comment on peut trouver une solution définitive a l’accumulation de ces déchets. En plus, il faut évacuer les calories generées leur fission spontanée. Pour quelques décénnies d’energie, nous risquons de compromettre la santé de l’humanité pour des milliers d’années (si le genre humain survit aux autres désastres écologiques qu’il invente). Il faudrait les envoyer dans le manteau terrestre ou il y a déja presence de ces atomes lourds instables. Je vois pas comment…

  3. Guillaume écrit:

    > Faut-il voir dans cette accumulation de défections et de fuites de compétences la confirmation du questionnement de plus en massif entourant le projet CIGEO ?

    Non. Il faut y voir le fonctionnement d’une entreprise normale où les salariés peuvent être amenés à évoluer vers d’autres structures.


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