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Les scieries lorraines victimes des traders et de la Chine

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Jusqu’à 60 % de la production de chênes et de hêtres en Lorraine est directement exportée par conteneurs en Chine. Le bois revient ensuite en Europe sous forme de produits transformés. Le phénomène a pris une telle ampleur que les scieries lorraines n’ont même plus accès à la matière première. Si bien que de nombreuses ont déjà fermées, notamment dans le Pays de Sarrebourg, comme à Abreschviller et à Haselbourg.

forêt

Les traders et la Chine mettent en péril la forêt et la filière bois en Lorraine

Le bois est vendu par des traders européens qui font des grumes des produits de pure spéculation. Les scieries lorraines ne peuvent dès lors plus s’aligner sur les prix payés par les traders. Les spécialistes de la filière connaissent parfaitement le prix des grumes au départ de Lorraine, le coût du transport des grumes vers la Chine et celui des produits transformés, en particulier sous forme de parquet, revendus en Europe. A l’arrivée, il n’y a aucune marge. C’est du pur dumping.

La Chine profite de ce mécanisme pour se construire une filière bois de toutes pièces et reconstituer sa ressource forestière. Le gouvernement chinois subventionne les entreprises pour acheter des grumes à l’extérieur et pour exporter leurs produits finis. Alors qu’une majorité de pays forestiers a adopté des mesures de protection de l’industrie du bois, à l’image des Etats-Unis et du Canada, l’Europe reste la seule zone forestière sans restrictions. Cette dernière perd non seulement le contrôle de sa ressource, mais également de nombreux emplois.

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2 Commentaires

  1. Olivier

    9 octobre, 2014 à 18:34

    C’est scandaleux !!
    Que peut-on faire ?

  2. Groupe BLE Lorraine

    15 octobre, 2014 à 21:50

    Comme le flux de conteneurs remplis de bois transite essentiellement par le port d’Anvers, les traders sont Belges et leurs mandataires ne lésinent pas sur la surenchère, d’où la spéculation sur cette matière première. Les prix flambent tandis que l’offre s’étiole dans la mesure où le besoin en bois énergie pour alimenter les chaufferies, qui sortent de terre un peu partout en Lorraine, se fait de plus en plus pressant.

    Alors qu’en Russie les exportations de bois sont lourdement taxées et que les Etats-Unis et le Canada ont verrouillé les leurs, la Lorraine constitue un gisement d’accès facile encouragé par la culture dogmatique libre-échangiste de la Commission européenne. La passoire entretenue par Bruxelles gratifie d’ailleurs les scieries lorraines d’une double peine. En plus de leur tarir l’approvisionnement en grumes, la Chine menace directement les débouchés de leur production. En effet, la grume lorraine retourne au point de départ sous la forme de parquets chinois vendus par les grandes enseignes spécialisées. Il faut dire que la latte chinoise revient à 27 euros le mètre carré, tandis que le parquet lorrain coûte en moyenne 45 euros le mètre carré. Pour s’en sortir, les professionnels réclament par conséquent des quotas à l’exportation de bois brut, ainsi que des mesures fiscales et sanitaires renforcées. Cela dit, le plus efficace serait peut-être d’obliger la Chine à acheter les grumes en planches préalablement sciées et séchées chez nous.

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