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Des nouvelles espèces aquatiques de la Moselle

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Un peu plus de vingt après l’ouverture du canal Rhin-Main-Danube, de nouvelles espèces aquatiques envahissent progressivement les eaux de la Moselle. Le silure n’était qu’un précurseur.

gobie

Le gobie a fait son apparition dans les eaux de la Moselle (Crédits photo : Wikipédia)

Le gobie demi-lune a en effet été repéré pour la première fois il y a quelques années dans le fleuve au Nord de l’écluse de Koenigsmacker, puis à Diddenowen (Thionville). Ce petit poisson de roche originaire de la Mer Noire remonte progressivement les cours d’eau en franchissant les écluses à l’instar de l’aspe et de la brème du Danube, depuis 2001, ainsi que du silure, dont les populations explosent depuis une dizaine d’années. Ce phénomène s’est accéléré depuis l’ouverture du canal à grand gabarit Rhin-Main-Danube en 1992. Ce dernier permet désormais le déplacement de populations à travers le continent. Le gobie se colle par exemple à la coque des bateaux grâce à sa nageoire ventrale en forme de ventouse.

Outre les poissons, d’autres espèces colonisent la Moselle, mais de manière plus discrète. Des crabes chinois, des jussies, une plante aquatique vivace envahissante qui fleurit en été et en automne, ou encore des écrevisses de Louisiane y sont observés depuis 2007. Leur arrivée représente un risque bien plus élevé que les introductions ponctuelles d’animaux exotiques. Répréhensibles, celles-ci sont généralement le fait de particuliers qui se débarrassent dans la nature de leurs hôtes devenus trop encombrants. Des guppys ont ainsi été capturés dans la Moselle. Les pêcheurs remontent aussi des poissons rouges et des carpes chinoises, poissons d’agrément très prisé qui broute les fonds et détruit tout l’écosystème. Plus rarement, des piranhas ont également déjà été retrouvés. Cela dit, les conditions météorologiques ne laissent guère de chance de survie à ces poissons, trop sensibles aux écarts de température. Le réchauffement climatique pourrait néanmoins redistribuer les cartes. Déjà soupçonnée de se reproduire au détriment de la cistude, la tortue de Floride pourrait en être la première bénéficiaire. En attendant, on ne trouve presque plus de goujons ni d’ablettes dans la Moselle.

(Source : RL du 30/06/2012)

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3 Commentaires

  1. Groupe BLE Lorraine

    28 septembre, 2014 à 22:32

    Très tôt en matinée à proximité du Pont des Morts à Metz, deux énormes silures ont été sortis de l’eau par deux pêcheurs. Le premier de ces monstres d’eau douce sans écaille mesurait 2,20 mètres et pesait 70 kg, le second 2,30 mètres pour 80 kg.

  2. Groupe BLE Lorraine

    12 août, 2016 à 16:50

    Arrivé de la Mer Noire par les péniches sur la Moselle il y a quatre ans, le gobie, petit poisson tacheté, colonise le fleuve à vitesse grand V. Ses affluents comme la Seille et la Meurthe, mais aussi d’autres rivières comme la Meuse sont également envahis. Cette omniprésence fait fuir les espaces locales, à l’image du gardon, du goujon et de l’ablette, ce qui bouleverse l’écosystème. Cette invasion est facilitée par le fait que le gobie se reproduit très vite, au moins trois fois par an, contre moins d’une fois par an pour les espèces autochtones. Il n’a de même qu’un seul prédateur naturel, à savoir la perche.

    Actuellement, des millions de gobies colonisent la Moselle. A Diddenuewen (Thionville), la moitié des concours de pêche sont annulés. Lors des rares concours qui subsistent, les pêcheurs attrapent chacun en une journée l’équivalent de 300 gobies, et ils ne prennent que ça !

    Les fédérations de pêche de Lorraine attendent que le ministère français de l’environnement classe le gobie comme une espèce nuisible, afin d’interdire de s’en servir comme appât et de contenir le plus possible sa prolifération.

  3. Groupe BLE Lorraine

    15 août, 2016 à 12:31

    Les gobies s’attaquent aux invertébrés et aux œufs des autres poissons qui désertent alors les lieux où ils vivaient.

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