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Le Ban-Saint-Martin a désormais un centre-ville

Avec 4 500 habitants qui vivent sur 159 hectares, Le Ban-Saint-Martin, près de Metz, est l’une des communes plus densément peuplées de Moselle. Il lui manquait pourtant un vrai cœur de ville. Il faut dire que la cité s’organise principalement autour de grandes voies de passages qui cernent ses flancs, ainsi qu’autour de commerces et de bâtiments publics parsemés.

Une nouvelle place publique a vu le jour en décembre dernier, à l’emplacement d’une ancienne caserne désaffectée, à proximité de l’église, du collège et de l’IRTS (Institut Régional du Travail Social). Ce grand espace est entouré de gradins en bois et cerclé d’une nouvelle rue. L’actuelle Rue de la Liberté sera prochainement pourvue d’un véritable cours urbain, qui fera la part belle aux piétons et aux cyclistes. L’ensemble de ces aménagements représente un investissement de 2,2 millions d’euros.

Place Ban-Saint-Martin

La Place de La Hottée de pommes au Ban-Saint-Martin (Crédits photo : Raoul GILIBERT pour le Groupe BLE Lorraine)

Baptisé Place de La Hotée de pommes, le lieu sera complété mi-2014 par un important programme immobilier de 61 logements de Haute Qualité Environnementale (HQE) qui porte la touche de l’urbaniste Nicolas Michelin. Un bâtiment public, qui abritera entre autres une crèche, devrait également sortir de terre d’ici 2015. A noter que toutes ces constructions seront bâties sur pilotis, les terrains concernés étant en effet situés près de la Moselle. Quant au stationnement, il a été adapté aux nouvelles fonctionnalités du cœur de ville. 139 places publiques sont ainsi d’ores et déjà disponibles, contre 105 auparavant.

Le nom de la nouvelle place du centre-ville du Ban-Saint-Martin fait référence à un épisode célèbre de l’histoire locale. En 1427, une guerre éclata à la suite d’un incident minime, dont l’origine renvoie à l’abbaye de Saint-Martin-lès-Metz, qui dépendait du Duché de Lorraine. L’abbé Nicolas Chaillot fit cueillir une hottée de pommes dans le jardin de l’abbaye. Mais comme il était retiré dans une maison qu’il possédait à Metz, les soldats du Duc Charles II de Lorraine voulurent percevoir les droits sur ces fruits puisque ces pommes sortaient des Etats de Lorraine pour entrer dans Metz. N’approuvant pas cette requête contraire aux franchises et aux privilèges de la cité, les magistrats messins interdirent à l’abbaye de les payer. Les choses s’envenimèrent et le Duc de Lorraine se servit de ce prétexte pour déclarer la guerre à Metz en faisant jouer ses différentes alliances. Du bétail fut confisqué. Des prisonniers furent faits. S’en suivit une guerre ouverte entre les seigneurs lorrains de 1428 à 1429. Charles II mit à sac le Pays Messin sans vraiment rencontrer de résistance. A l’image de Corny, plusieurs villages furent brûlés. L’ancienne abbaye, l’église et le faubourg de Saint-Martin furent ravagés. Après une trêve, une paix fut signée le 1er janvier 1430. Le Duc de Lorraine se désista alors de sa prétention sur la hottée de pommes.

A noter enfin qu’une nouvelle rue portera le nom d’Otto Zollinger non loin de la nouvelle place. Celle-ci rend hommage à l’architecte allemand de la Villa Schock située au 35, Rue de la Liberté. Zollinger fit construire cet immeuble, aujourd’hui inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, en 1936 pour le compte du minotier allemand Schock. Le bâtiment en béton brut peint en blanc présente de larges ouvertures. A l’intérieur, les pièces caractéristiques du style paquebot des années 1930 se répartissent autour d’un axe de symétrie. Il s’agit de l’un des seuls exemples mosellans de l’avant-garde moderne qui privilégiait les formes pures et l’harmonie des proportions.

26 février, 2014 à 22:46


Un commentaire pour “Le Ban-Saint-Martin a désormais un centre-ville”


  1. Groupe BLE Lorraine écrit:

    Le Pont de Domangeville, actuellement sur le ban de Laquenexy, marquait au Moyen-âge la frontière entre le Pays Messin et le Duché de Lorraine. Le passage sur la Nied était payant.

    Extraits des tarifs de 1565 : une charrette : 2 deniers ; une charrette chargée de marchandise ou de vin : 16 deniers ; une vache, une chèvre, un cochon ou deux veaux, un Messin, un homme avec une hotte : 16 deniers ; une épouse le jour de son mariage : 12 deniers ; une fille de joie : une maille d’or. Toutes ces unités monétaires étaient courantes en Pays Messin.


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