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Jardin d’altitude du Haut-Chitelet dans les Vosges

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Perché à 1 228 mètres, le Jardin d’altitude du Haut-Chitelet, près de Gérardmer, dans les Vosges, propose un véritable tour du monde des plantes de montagnes, des Alpes à l’Himalaya, en passant par les Andes.

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Entrée du Jardin d’altitude du Haut-Chitelet (Crédits photo : Wikipédia)

Avec une superficie de 12 hectares, le Jardin d’altitude du Haut-Chitelet est le plus grand jardin botanique de Lorraine. La tradition de ces structures est ancienne. Elle remonte au règne de Stanislas qui fonda, en 1758, le premier espace du genre dans la région. L’origine du jardin vosgien est cela dit plus récente. C’est en effet en 1902 que Camille Brunotte, titulaire de la chaire de matière médicale à l’Ecole Supérieure de Pharmacie de Nancy, créa au lieu-dit Monthabey un jardin d’altitude avec l’aide du Club alpin. L’idée était de sauvegarder, à l’intérieur d’une sorte de sanctuaire, les plantes de montagne menacées. Endommagé par les guerres, le projet fut ressuscité dans les années 1960 par l’Université de Nancy. Celle-ci obtint un nouvel espace, plus vaste que le précédent, situé à quelques centaines de mètres à peine de ce dernier. C’est la raison pour laquelle le Jardin d’altitude du Haut-Chitelet est encore aujourd’hui une annexe des Conservatoires et Jardins Botaniques de Nancy.

Sur les douze hectares qui composent le jardin, seul un et demi est ouvert au public. Les autres espaces sont réservés à des missions spécifiques, comme par exemple la culture de plants qui seront échangés auprès d’un réseau de plus de 800 correspondants à travers le monde. Le site a ainsi conservé sa triple vocation pédagogique, scientifique et touristique. 20 000 personnes viennent chaque année y découvrir les 2 500 plantes de montages, dont une part importante vient des pays frontaliers, à l’image de l’Allemagne, de la Belgique et des Pays-Bas, où les amateurs sont nombreux.

Les Vosges sont la première barrière depuis l’Atlantique. La température moyenne oscille ici entre 3,5 et 5°C. C’est pourquoi on va pouvoir y retrouver une végétation correspondante à celle que l’on rencontre à 1 800 mètres dans les Alpes, à 2 000 mètres dans les Pyrénées et bien plus haut encore dans l’Himalaya. Le climat est suffisamment rude pour que des  espèces résistantes du monde entier puissent y prospérer, souvent des petites plantes aux couleurs vives avec des feuillages poilus ou coriaces qui gardent l’eau. Les silhouettes insolites, ramassées et tortueuses des hêtres, qui peuplent en nombre le Jardin, témoignent également de la force, de la simplicité et de l’étrangeté des lieux. Sur les bords de la Vologne naissante, les rocailles centrales sont réservées aux arbustes et aux plantes locales, privilégiés en leur pays, avec un coin dédié aux toxiques et aux médicinales, un autre aux fougères et un troisième aux insectivores. Un peu plus loin se cache une tourbière où se côtoient l’Andromède et le droséra, habiles à tirer leurs nutriments des insectes capturés par les minuscules poils qui les recouvrent. Une passerelle jetée par-dessus le sol fangeux permet de contempler la beauté de ce spectacle naturel. L’esprit est ensuite appelé à vagabonder plus loin, à la simple lecture des petits écriteaux annonçant l’identité des végétaux présents : lys du Caucase, laitues des Alpes, joubarbe des toits, Bergenia crassifolia de Mongolie, Raoulia de Nouvelle-Zélande, Nothafagus antartica de Patagonie …

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Un commentaire

  1. Groupe BLE Lorraine

    27 août, 2019 à 20:35

    Situé entre 1 210 et 1 228 mètres d’altitude sur les crêtes vosgiennes, le Jardin du Haut-Chitelet abrite plus de 2 500 espèces des régions froides ou montagneuses du monde entier. Il faut dire qu’avec 3,5°C en moyenne par an, les conditions climatiques sont comparables aux Alpes à 2 000 mètres d’altitude ou encore à Reykjavik, en Islande. Le jardin, qui a fêté son cinquantième anniversaire en 2016, permet de découvrir la flore de Lorraine, mais aussi celle des montagnes d’Amérique, du Japon, de Chine ou de l’Himalaya. Il est rattaché au Jardin Botanique Jean-Marie Pelt du Grand Nancy et à l’Université de Lorraine. Le site s’est retrouvé en 1914 sur la ligne de front et fut détruit dès le début de la guerre. Il n’a rouvert ses portes qu’en 1966 après un long travail de reconstitution. Chaque année, près de 10 000 visiteurs viennent arpenter ses allées pour observer le pavot bleu de l’Himalaya, l’edelweiss, le lys des Pyrénées ou encore l’arnica des Vosges.

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