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Des sorcières de Plappeville

Plappeville est la commune du Pays Messin où furent brûlées le plus de sorcières aux XVIème et XVIIème siècles. Au cours de la seule année 1588, les seigneurs abbés de l’Abbaye de Saint-Symphorien envoyèrent au bûcher vingt-cinq habitants de Plappeville et Tignomont. Certains historiens évoquent même un « réseau » de sorciers et de sorcières entre Plappeville et Woippy. Véritables boucs émissaires, ces derniers étaient officiellement tenues responsables du mauvais temps, de la mort du bétail, des guerres, des famines et des maladies. Pour peu qu’ils aient possédé un don de guérison, on leur prêtait bien des maléfices, comme celui de s’acoquiner avec de malins esprits. Par exemple, si une femme se tenait devant la cheminée pour sécher ses vêtements mouillés, on disait qu’elle se dépouillait devant le diable. Les écrits expédiaient vers les flammes des Enfers celles dont on supposait qu’elles avaient le feu au derrière. Durant l’Inquisition, le clergé ordonnait de « nettoyer » la société. Les femmes de petite vertu y passaient aussi.

Des sorcières de Plappeville dans Histoire sorciere-bucher

Sorcière au bûcher (Crédit photo : Rolfo, Flickr)

De nombreuses sorcières avouèrent à la Source de Marivaux, au lieu-dit des Quatre-Tilleuls, sur les hauteurs de Plappeville, s’être rendues au Sabbat. Le bûcher se tenait quant à lui au Col de Lessy devant la Croix Cueillat, qui se trouve aujourd’hui au cimetière de l’Eglise Sainte-Brigide de Plappeville. En guise de tribunal, les pénitentes étaient jugées par la vox populi qui décidait du châtiment. Pendues ou lapidées, beaucoup furent également torturées jusqu’à ce qu’elles avouent leur crime.

17 juillet, 2013 à 13:39


2 Commentaires pour “Des sorcières de Plappeville”


  1. Groupe BLE Lorraine écrit:

    A Salonnes, commune du Saulnois située entre Château-Salins et Vic-sur-Seille, il existe un ancien cachot dans lequel furent détenues et brûlées Catherine Dieudonné et Claudon Brégeat, toutes deux présumées sorcières, ainsi qu’un cochon anthropophage. Aujourd’hui transformé en demeure d’habitation, il abrite également un petit musée de la sorcellerie, résultat du travail de décoration de sa propriétaire qui s’est intéressée au passé de sa maison et aux nombreuses reliques historiques trouvées dedans.

  2. Ballet écrit:

    Beaucoup de similitudes avec des événements survenus dans l’extrême nord de la Franche-Comté (région limitrophe de la lorraine) à même époque.
    Haut lieu de la sorcellerie aux 15 et 16ième siècles, la source du Planey (appelée aussi gouffre du Planey) était l’endroit où se rassemblaient sorciers et sorcières pour le rituel du sabbat. Quel endroit magnifique, surtout l’été, aux eaux turquoise et constamment à 11°C.

    Le Planey naît à Anjeux. Sa longueur est de 6,5 km. Sa source est une résurgence de la Semouse. La source fait 90 mètres de circonférence et de 26 mètres de profondeur.
    L’histoire raconte que dans les villages voisins autour de la source du Planey, pendant la crise de 1627-1632, la justice de Franche-comté mène des dizaines de procès (170 au total), dont un peu plus de la moitié provient de la terre de Luxeuil-les-Bains. Cette crise débute par l’arrestation de Deslotte Colley d’Anjeux, à la suite de diverses rumeurs du village. Puis, après l’arrestation de quatre femmes de Cuve, celles-ci dénoncent, pendant leurs interrogatoires, nombre d’individus provenant d’Anjeux, alors que les délations extérieures étaient alors très rares ou se limitaient au même village. Consécutivement à ces arrestations, les habitants d’Anjeux requièrent de leur propre initiative le bailli de Luxeuil-les-Bains de venir en leur village afin d’instruire contre des personnes suspectées, chose extraordinaire dans la province. D’autres sorciers d’Anjeux sont répertoriés comme Guillaume Colas, accusé par deux de ses filles et un fils de 14, 8 et 7 ans, Nicole Colas qui raconte « avoir esté connue par six hommes » c’est-à-dire avoir connu des relations sexuelles pendant un sabbat, et Jeanne Boudot qui dénonça sa cousine de 14 ans et sa tante.

    On note également le cas de Desle la Mansenée, villageoise d’Anjeux accusée d’homicide et de sorcellerie, elle fût brûlée vive entre les deux ponts de Saint-Sauveur en 1529 près de Luxeuil-les-Bains.

    La plupart des femmes accusées de sorcellerie au Moyen-Age, étaient pour les trois quarts soit vieille, soit veuve, soit célibataire. Au total, vingt-cinq femmes ont été exécutées sur la commune. Le quart de la population d’Anjeux était accusé suite à des maladies suspectes ou de morts inexpliquées.


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