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Congé et syndrome charbonnier chez les anciens mineurs

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Dans le charbon, on cessait le travail à 50 ans pour les mineurs de fond et à 55 ans quand on travaillait au jour. Mais quand les Houillères du Bassin de Lorraine (HBL) ont progressivement cessé leurs activités, entre la fin des années 1990 et 2008, l’âge a été avancé à 45 ans puis à 43 ans en 2003 par « dispense préalable d’activité ».

Le Pacte charbonnier a été signé en 1994, alors que les HBL employaient encore 12 000 personnes. Cet accord, inimaginable aujourd’hui, était à l’époque justifié par la crainte de ne pas réussir à reclasser les « gueules noires », dont beaucoup sont désormais victimes de maladies professionnelles, comme l’amiante et la silicose par exemple, et envers qui la France se sent redevable d’une dette. Un « Congé Charbonnier de Fin de Carrière » (CCFC) fut ainsi ouvert à tous les ouvriers et agents de maîtrise de plus de 45 ans ayant au moins vingt-cinq ans d’ancienneté, vingt ans pour ceux ayant plus de 20 % d’invalidité. Ces personnels touchaient 80 % de leur salaire, ne pouvaient pas travailler en parallèle et conservaient tous leurs avantages, à savoir la gratuité des soins, du logement et du chauffage, y compris pour les veuves. 8 000 appartements furent en effet mis gratuitement à disposition des anciens mineurs à vie. Ils obtinrent par la suite le droit de toucher un faible revenu complémentaire.

De 1996 à 2008, une bonne partie des derniers mineurs de Lorraine est parti à la retraite avant 50 ans. Si pour certains de ces très jeunes retraités, la fin des mines a été une libération, voire une véritable aubaine, d’autres se sont au contraire retrouvés à la maison dans un rôle inhabituel. Souffrant d’une image d’eux-mêmes dépréciée, ils ne pouvaient pas se défaire d’un sentiment d’inutilité, voire de perte d’identité. C’est ce qu’on appelle le syndrome du congé charbonnier. Beaucoup passent encore ainsi leur journée dans leur canapé devant la télévision à boire et à fumer. Ce qui leur manque le plus, c’est le contact humain. Il faut dire qu’il régnait au fond une franche camaraderie. Certains en gardent la nostalgie.

Aujourd’hui, ils sont encore 2 800 à n’être ni officiellement retraités ni réellement actifs, avec une moyenne d’âge de 50 ans.

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Un commentaire

  1. Sci

    19 juillet, 2013 à 17:52

    Hommage a toute une région, la lorraine, tout un bassin, celui de Forbach et a ma famille, petit fils de mineurs et fils de mineur à qui je rends un grand hommage. Votre retraite est bien méritée. Jamais plus personne ne pourra faire ce que vous avez pu faire pour cette région.

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