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Retour sur les hausse cachées des TER en Lorraine

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Les prix des billets des TER ont explosé en catimini depuis le 1er janvier 2013, entre 10 et 20,5 % selon les lignes.

Ainsi, le ticket acheté à l’unité pour un Nancy-Luxembourg est passé de 8,50 euros à 10,20 euros. Idem pour un Thionville-Epinal. Le Verdun-Metz s’achète désormais 8,80 euros, contre 7,30 euros auparavant. Enfin, un Metz-Nancy classique revient à 7,10 euros au lieu de 6,20 euros, soit une augmentation de 16 %.

Les 30 000 voyageurs quotidiens lorrains qui achètent leur billet à l’unité ont donc très mal vécu ce changement de tarif. D’autant plus que le Conseil Régional de Lorraine n’a pas souhaité les prévenir de cette hausse historique. Il a tout juste dénié envoyer un communiqué embarrassé après les avoir mis sur le fait accompli. Une telle flambée des prix passée sous silence a rendu la pilule encore plus difficile à avaler pour les usagers qui se sont sentis pris pour des cons.

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Les prix des TER ont fortement augmenté depuis l’hiver dernier en Lorraine

Il faut pourtant savoir que la Région prend en charge 76 % du coût de fonctionnement du TER. Les voyageurs ne supportent par conséquent que 24 % du prix réel d’un billet, contre 19 % il y a deux ans, sachant que la moyenne française et de 26 %. Les charges facturées par la SNCF ont par ailleurs augmenté entre 2012 et 2013 pour atteindre 6 millions d’euros (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2012/02/10/tgv-est-europeen-un-succes-non-rentable/), sans amélioration de la qualité du service. De même, la Région subit de plein fouet le gel des dotations versées par l’Etat français aux collectivités territoriales.

Compte-tenu de ces éléments, pourquoi le Conseil Régional n’a-t-il pas simplement expliqué, en toute transparence, l’origine de cette hausse des tarifs ? A défaut de l’accepter, les usagers se seraient déjà sentis respectés. Pire, certains pensent même que la Région a tenté de dissimuler l’augmentation par celle de 2,3 % des tarifs pratiqués par la SNCF depuis le 24 janvier. Sur un malentendu, les Lorrains se seraient ainsi perdus dans la nébuleuse des responsabilités. La SNCF a de son côté indiqué qu’elle procédait à un « ajustement » de ses tarifs tout en portant un « programme national d’investissements sans précédent de 2,6 milliards d’euros ».

La SNCF a également fait savoir que les abonnements mensuels et annuels avaient progressé de 6 à 8 % en un an en Lorraine. Elle essaye ainsi de dire à demi-mots que les Chemins de Fer Luxembourgeois (CFL) sont les seuls responsables des quatre à six points d’augmentation supplémentaire qui affectent les abonnements des milliers de travailleurs pendulaires quotidiens employés au Grand-duché. En effet, outre la hausse des tarifs des TER et de la SNCF, les voyageurs ferroviaires frontaliers subissent également celle de 25 % des abonnements sur le territoire luxembourgeois. Une triple peine !

En réalité, les frontaliers sont les victimes collatérales de la politique intérieure du Luxembourg qui vise à ajuster les prix des transports qui n’avaient peu ou pas évolué depuis 2006. En échange de l’effort consenti, les abonnements permettent de voyager dans de meilleures conditions tarifaires dans tout le pays, mais au bénéfice des seuls Luxembourgeois ! Plus pervers encore, il en résulte que plus le parcours est court, plus les voyageurs lorrains trinquent ! Par exemple, un Thionvillois doit supporter une hausse de 8 % quand un Nancéien rejoignant également le Luxembourg ne paie « que » 4  % de plus, dans la mesure où la part de trajet effectuée par le premier sur le sol luxembourgeois est proportionnellement plus importante, rapportée à l’ensemble de son parcours, que celle du second. Il subit donc davantage la hausse de 25 % des prix au Grand-duché.

Au final, les augmentations historiques en Lorraine et au Luxembourg se cumulent pour des milliers d’usagers à destination du Grand-duché !

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5 Commentaires

  1. thierrylabro

    21 juin, 2013 à 15:39

  2. Ozk

    21 juin, 2013 à 20:51

    En même temps, ce sont les frontaliers qui utilisent le plus le train. Normal que ce soit eux qui paie le plus. D’autant que les salaires au Luxembourg sont plus élevés et net d’impôts car déjà prélevés par l’Etat Luxembourgeois.

  3. guill

    22 juin, 2013 à 17:09

    Bonjour,

    Merci pour cet article.
    Vous dîtes « Les charges facturées par la SNCF ont par ailleurs augmenté entre 2012 et 2013 pour atteindre 6 millions d’euros », or le coût annuel facturé par la TER SNCF est d’environ 165 millions d’euros pour l’année 2013. Les 6 millions d’euros correspondraient à l’augmentation entre 2012 et 2013.

    Source : http://www.lorraine.eu/accueil/actualites/zone-actus/toutes-les-actualites/tarification-metrolor-ter.html

    Guillaume

  4. Umber

    23 juin, 2013 à 15:54

    L’évolution du trafic entre 2011 et 2012 a été de +2,5% en Lorraine (+5% sur la ligne Metz – Rémilly – Forbach). Il subit une baisse générale de 0,7% entre le premier trimestre 2012 et celui de 2013. C’est effectivement sûrement dû à l’augmentation de la tarification du billet « Métrolor ».

    On constate une augmentation des abonnements de travail et une diminution des scolaires du même ordre qu’en Alsace. Par contre les voyages occasionnels baissent en Lorraine et augmentent en Alsace et ceci est directement lié à cette hausse des tarifs. La tarification est néanmoins plus avantageuse en Lorraine qu’en Alsace (les billets couvrent 26% des dépenses en Lorraine et 34% en Alsace).

    Les sources de ce que j’avance se trouvent pour l’Alsace dans les présentations disponibles pour certains comités de ligne
    (par exemple http://www.region-alsace.eu/sites/default/files/clal/ppt_clal_2013_ltg-20130522.pdf )
    Pour la Lorraine, les présentations ont été disponibles durant la période des comités de desserte, je les ai tous copiées.

    Cependant, dire que rien n’a été fait est exagéré : le nombre de relations Metz – Nancy est passé de 23 en 1977 à 44 en 2013. De même, sur Nancy – Pont St Vincent, il est passé de 8 à 16, sur Metz – St Avold, de 14 à 20, sur Metz – Rémilly de 13 à 24.

    Et le confort a été bien amélioré : il n’y a pas de comparaison possible entre les voitures vertes avec sièges en bois utilisées encore au début des années 80 et les TER2NG ou les futurs Régiolis.

    Mais le fait de faire supporter à la collectivité plus de 70% des coûts participe au désir des autorités d’augmenter la part modale des transports en commun qui, il faut en convenir, sont tout de même beaucoup moins consommateurs d’espace et d’énergie que le transport individuel motorisé !

  5. Groupe BLE Lorraine

    22 janvier, 2014 à 22:55

    Le coût facturé par la SNCF de la ligne Apach-Thionville s’élevait à 1,8 millions d’euros, auquel s’ajoutait 200 000 euros de péage RFF. Or, le rabais consenti par la SNCF à la suite de la fermeture de cette ligne l’an dernier se chiffre à 360 000 euros, dont 91 000 euros de péage. Le compte n’y est donc pas !

    Il serait par ailleurs intéressant de comparer les frais de siège facturés à Boston par la SNCF pour remporter ce marché aux Etats-Unis avec ceux payés par la Lorraine. On serait certainement surpris du décalage.

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