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Reconversion de la papeterie Lana à Docelles

La papeterie Lana à Docelles, dans les Vosges, a fermé en 2003. En attendant la réhabilitation du site aujourd’hui à l’abandon en une structure mixte alliant culture et activités économiques, un collectif d’artistes a investi ces lieux pour s’exprimer.

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Visage féminin à l’ancienne papeterie Lana à Docelles (Crédits photo : Vosges Insolites)

Les 300 salariés de Lana fabriquaient du papier de luxe connu dans le monde entier. De cette épopée industrielle, il ne reste depuis qu’un immense bâtiment désaffecté ouvert aux vents, en plein cœur de Docelles. Ce petit village vosgien de 1 000 habitants, réputé pour son industrie papetière, a vu quatre de ses cinq moulins à papier fermer. La dernière entreprise, UPM-Kymene, qui emploie encore 171 personnes, est en vente. Elle risque de subir le même sort que sa voisine Lana. Les œuvres réalisées dans cette dernière donne à imaginer, à entendre et à sentir l’activité qui animait jadis la salle des trieuses et celle des machines disparues qui fabriquaient du papier pour les billets de banque ou les titres de chemin de fer. L’entreprise travaillaient pour près de 70 pays. Au milieu des gravats, des murs délabrés et des flaques d’eau, le promeneur croisent des regards. Parfois pénétrants et accusateurs, souvent vagues et vides, ils le surprennent au détour d’un couloir ou d’un monte-charge. Comme des fantômes qui hanteraient encore les coursives. Ces dessins et les messages sociaux qu’ils délivrent sont l’œuvre d’un collectif de cinq artistes parisiens qui entend donner une touche contemporaine et poétique à cet endroit du passé. Un art éphémère qui devrait normalement laisser place au projet « Docelles, cité du papier ». Celui-ci prévoit le désamiantage et la déconstruction partielle des parties non conservables. Le site, racheté en 2010 par l’EPFL (Etablissement Public Foncier de Lorraine), s’articulera autour du bâtiment dit de « la masse », qui date du XVIIIème siècle, et de ses remarquables colonnes en grès rose des Vosges. Une grande salle, qui abritait autrefois une partie du tri des chiffons destinés à être broyés pour fournir la pâte à papier, sera également conservée. L’immeuble où se trouvaient les bureaux sera transformé en lieu de vie avec hébergement. On pourra toujours y admirer la fresque sur la vie papetière réalisée en 1944 par Géo Condé. L’ensemble devrait associer équipements culturels et activités économiques. Le projet, qui représente un investissement de 200 000 euros, prévoit de mettre en valeur les cours d’eau environnants, à savoir la Vologne, la Barba et le canal d’amenée. D’ici cinq ans, le site devrait être rénové.

31 mai, 2013 à 11:56


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