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efluid, future manne financière de Metz ?

Créée sous l’Annexion allemande, l’Usine d’Electricité de Metz (UEM) a parfaitement négocié le virage de l’ouverture du marché de l’énergie. Devenue Société d’Economie Mixte (SEM), l’UEM continue non seulement à produire et à fournir de l’électricité à 140 communes autour de Metz, mais elle distribue aussi du chauffage urbain, de l’éclairage public, de la télévision et même du gaz. Une activité inédite lui permet aujourd’hui de changer de dimension, à savoir l’édition d’ERP (Enterprise Ressource Planning ou Progiciel de Gestion Informatique). L’un de ces programmes, nommé efluid, a dernièrement été choisi par ERDF (Electricité Réseau Distribution France) pour gérer l’ensemble de son réseau de 35 millions de compteurs.

Au début des années 2000, la perspective de l’ouverture du marché de l’énergie à la concurrence allait générer de nombreuses difficultés informatiques. Ce constat a conduit l’UEM à opérer d’importants choix stratégiques. Deux solutions s’offraient alors à l’entreprise : commander un nouvel outil informatique à un éditeur spécialisé ou développer un progiciel en interne. La société a retenu la seconde option dans l’optique de concevoir en 2002 un outil de gestion multifluide commercialisable à l’extérieur. Celui-ci permet la gestion des relations clients, avec par exemple la relève des compteurs, la facturation et le recouvrement, la planification des interventions de maintenance et des actions de maîtrise de l’énergie, ainsi que la gestion de la fourniture de gaz, du chauffage urbain, de l’éclairage public, de l’eau ou encore d’internet et de la télévision par câble. Autrement dit, il assure la gestion globale des réseaux de distribution et constitue l’interface entre le fournisseur, le compteur et le client. Concrètement, un fournisseur qui aurait cinq contrats avec un client, sur plusieurs services et pour plusieurs résidences, a une visibilité globale de la situation de son client.

Après le développement et le déploiement d’efluid à l’UEM, les premiers clients ne se sont pas faits attendre. L’ERP a en effet séduit les régies de Chartes et de Dreux, l’Electricité de Strasbourg et EDF pour les Dom-Tom. Aujourd’hui, 18 entreprises, qui totalisent plus de 2 millions de clients, ont adopté efluid. Cette réussite en devenir a attiré l’attention d’ERDF, filiale d’EDF, dont l’outil de gestion informatique allemand est obsolète. Pour le remplacer, le groupe cherchait un nouvel ERP qui soit compatible avec son compteur intelligent, Linky, qui va progressivement équiper ses 35 millions de clients. Après s’être assuré de la compatibilité d’efluid avec ce dernier, ERDF noue un partenariat industriel avec l’UEM. Ensemble, ils créent une nouvelle société, efluid, du nom du progiciel dont elle sera propriétaire et dont elle devra assurer le déploiement, le développement et la commercialisation. ERDF aurait pu acheter l’ensemble des droits sur le progiciel, ce qui aurait permis à l’UEM et à Metz d’encaisser une importante somme d’argent. Mais les deux structures, convaincues du potentiel de la solution, ont préféré investir sur le moyen-long terme. efluid devrait en effet leur rapporter plus si elles en gardent le contrôle.

L’UEM, qui emploie 520 salariés et réalise annuellement 230 millions d’euros de chiffre d’affaires, détient 60 % des parts de cette nouvelle entité, ERDF 30 % et la Caisse des dépôts et consignations 10 %. Le capital de départ est de 90 millions d’euros. Implantée à Metz, dans un bâtiment qui va être construit juste à côté des locaux actuels d’UEM, efluid devrait employer au démarrage les 60 personnes qui étaient en charge du projet chez l’UEM et au moins 120 personnes à court terme, essentiellement des ingénieurs. Une centaine d’emplois indirects sont également attendus dans le cadre de contrats à long terme passés avec des prestataires informatiques. L’entreprise devrait par ailleurs afficher un chiffre d’affaires annuel de 35 millions d’euros et 70 millions d’euros d’ici dix ans. efluid devrait en outre présenter un résultat net équivalent à celui de l’UEM, soit un profit annuel de l’ordre de 10 millions d’euros. Des prévisions à minima car le marché est considérable, notamment à l’international. Le progiciel pourra en effet être utilisé par les fournisseurs d’eau, d’éclairage public et de services numériques. En termes de chiffre d’affaires et d’emplois qualifiés, il s’agit d’ores et déjà de la plus importante entreprise d’édition informatique de l’agglomération messine.

Actionnaire à 60 % de cette société, l’UEM devrait donc percevoir des dividendes importants. Les Messins aussi puisque l’UEM appartient à 85 % à la Ville de Metz. Depuis sa transformation en SEM, en 2008, l’entreprise reverse chaque année environ 8,5 millions d’euros de dividendes à la Ville. La constitution du capital social de départ devrait également permettre à l’UEM de générer 36 millions d’euros de cash. Cela dit, dans l’immédiat, il n’y aura pas de répercussions sur le montant des dividendes. Mais, dans la durée, des retombées substantielles sont escomptées. ERDF prévoit en effet de migrer l’ensemble de son portefeuille clients vers efluid entre 2015 et 2019, soit 35 millions de personnes. Un véritable jackpot !

efluid, future manne financière de Metz ? dans Actualité logo-efluid

26 mai, 2013 à 18:17


Un commentaire pour “efluid, future manne financière de Metz ?”


  1. Groupe BLE Lorraine écrit:

    efluid compte actuellement 17 clients. Les régies de Chartres et de Dreux, comptant chacune 50 000 et 30 000 abonnés, furent les premières intéressées par le logiciel développé par l’UEM pour gérer ses 150 000 clients. Vinrent ensuite la régie de Strasbourg avec ses 500 000 clients, EdF SEI (Système Energie Insulaire), qui prend en charge l’ensemble des départements d’Outre-Mer, une douzaine d’entreprises locales et ErdF, qui compte près de 40 millions de clients en France.

    Le succès d’efluid réside dans son ergonomie et sa facilité d’utilisation. Le système est très paramétrable. Le client peut ainsi mettre en œuvre différentes gestions en fonction de ses activités industrielles et commerciales.


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