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Des langues de Lorraine

Après vous avoir à plusieurs reprises sensibilisés au Lothringer Platt de la Moselle germanophone (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2010/03/27/la-renaissance-du-platt/), intéressons-nous à présent au Lorrain et à ses mots et expressions si particulières.

On les a déjà entendus, on les connaît, on les utilise même parfois sans le savoir. Certains mots des parlers de Lorraine ont résisté au temps et se retrouvent encore dans le vocabulaire des Lorrains. Ils font partie de notre culture et contribuent à sa richesse.

Historiquement, le Lorrain est apparenté au groupe des langues d’Oïl, autrement dit des langues d’origines latines que l’on trouve dans tout le Nord de la France.

Nous avons choisi de nous arrêter sur les mots qu’on peut entendre encore de nos jours et pas uniquement chez nos aînés. Ils constituent d’authentiques témoignages des parlers de Lorraine.

Mais il ne faut pas les confondre avec les mots argotiques, ceux issus du « verlan » ou du « javanais », ni même les confondre avec des mots qui ont des origines géographiques différentes. Toutes les langues évoluent et intègrent des expressions d’origines « étrangères » : les mots issus de l’allemand en « sch » comme « schlass » (ivre), « schlopp » (chaussure), aller au schlaff (au lit) ne sont en effet pas des expressions patoisantes de Lorraine romane, mais de Lothringer Platt.

Enfin, dans la mesure où les patois sont des langues parlées et transmises oralement depuis des siècles, il n’est pas étonnant de trouver des variations suivant les cantons et les vallées. Par exemple, « néreux » et « nareux » désignent la même chose.

Voici classées par ordre alphabétique quelques expressions issues des parles romans de Lorraine que vous pouvez compléter par vos commentaires :

Bassotter : ne pas avancer dans son travail.
Baugeotte : n.f. – grand panier en osier.
Beûlou : aveugle. Par extension, niais.
Beugne : n.f. – un coup.
Beugner : donner des coups, heurter.
Beurâ : n.m. – bélier. Par extension, quelqu’un qui a la tête dure.
Bique : n.f.-  chèvre
Biquette : n.f. – petite chèvre
Bokat : n.f. – chèvre
Brayatte : n.f. – braguette du pantalon.
Brimbelles : n.f. – les fameuses myrtilles.
Broussinner : Lorsqu’il tombe une légère pluie, une bruine.
Bossottes : n.f. – brindilles de bois pour allumer le feu.
Bouâler : pleurer (voir « chigner »).
Brisaque : n.m. – jeune qui a tendance à tout casser.
Cacatte : n.f. – personne bavarde.
Coualé : difforme, tordu.
Caillon : n.m. – désordre.
Caligeote / Calougeote : n.f. – abri en bois au fond du jardin.
Carne : n.f. – sale personnage.
Charpagne : n.f. – grand panier en osier, souvent fabriqué par un « charpagnate »
Charpagnate : n.m. – bohémien, gitan.
Chaurée : n.f. – suée, bouffée de chaleur.
Cheuler : s’adonner à la boisson.
Chigner : gémir (voir « bouâler »).
Clarteux : éclairé. Se dit d’une pièce où la luminosité est agréable.
Clenche : n.f. – poignée d’une porte.
Chout : n.m. – décharge publique (petits, les anciens de Metz jouaient au chout de Magny). Par extension, désordre.
Cocotte : n.f. – pomme de pin.
Coriotte : ficelle, corde. Par extension, la ceinture du pantalon.
Cornet: n.m. – sac pour ranger ses courses  
Couarail : n.m. – conversation.
Crapi : ridé. Se dira d’une personne comme d’un fruit.
Déqueugner : nettoyer, débarbouiller. Contraire d’ « enqueugner » !
Echotté : agité.
Faire des âties : Faire des manières.
Flot : n.m. – nœud fait avec un lacet ou un ruban.
Frâler : s’affaisser, tomber. A pris le sens de « casser ».
Gueniche : n.f. – femme de « mauvaise vie ».
Hâgis : n.m. – parcelle de forêt.
Haltata : n.m. – se dit de quelqu’un d’agité, d’écervelé.
Marmousé / barbouzé : Barbouillé. Se dit d’un « marmot » qui a mangé salement.
Migaine : n.f. – le mélange d’œuf et de crème qu’on met sur la quiche. En français culinaire, on appelle cela un « appareil »…
Meurote : n.f. – l’accompagnement de la salade, mélange de crème et de lardons ou vinaigrette.
Nareux / néreux : quelqu’un de « délicat », se dit de quelqu’un qui refuse de boire dans la même bouteille que son voisin…
Nice : Personne difficile.
Passotte : n.f. – Petite passoire. A noter que le suffixe « otte » vient souvent préciser qu’il s’agit de quelque chose de « petit ».
Peu / peute : laid, laide.
Raoué : n.m. – chat.
Raouer : rôder, traîner d’une manière suspecte.
Ravisotte : n.f. – Un enfant né bien après son aîné.
Rebiquer : se dresser. Ex : « avoir les cheveux qui rebiquent ».
Requimpette : n.f. – chemise.
Ripper : déraper.
Royotte : n.f. – raie, sillon tracé dans la terre.
Tannée : n.f – fessée, claque.
Taugna : n.f. – une personne peu aimable.
Trisser : Eclabousser, gicler. Par extension, débarrasser le plancher, dégager.
Tosser : Têter, sucer. D’où le mot « totosse » pour désigner les sucettes en caoutchouc des nourrissons…
Touiller : remuer. Ex : « Touiller la soupe, la salade ».
Zaubette : n.f. – petite fille turbulente ou jeune fille un peu délurée.
Zoquer : heurter, tuer.

Pour plus de renseignements, voir : http://blefondation.e-monsite.com/rubrique,langues-regionales,321909.html et http://forumdeslorrains.forumactif.com/f20-le-lorrain.

27 janvier, 2013 à 17:22


3 Commentaires pour “Des langues de Lorraine”


  1. MICHEL écrit:

    vers 1880, l’académie Stanislas avait dénombré plus de 180 variantes de patois lorrain

  2. Groupe BLE Lorraine écrit:

    Le mot « salope », étymologiquement « salehuppe », semble d’origine lorraine. La huppe est en effet un oiseau qui a mauvaise réputation en raison de la puanteur qui se dégage de son nid, ce qui explique la vieille expression en patois lorrain « sale comme une hoppe » d’où dériverait l’insulte en question.

  3. Espinosa Monique écrit:

    Ma mère appelait une poupée (jouet), une gueniche.


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