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De la source aux bébés de Bliesbruck

Dans le petit village de Bliesbruck, niché au fond de la vallée de la Blies, lorsque l’on évoquait la conception des bébés, il n’était question ni de choux ni de cigogne, mais d’une source aux eaux fraîches et cristallines qui jaillit au pied du Kloppberg, « Le Griesbrunnen », qui signifie littéralement « Source au sable ».

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Le Griesbrunnen à Bliesbruck (Crédits photo : RL)

Les anciens avaient en effet recours au merveilleux qui imprégnait leur existence pour expliquer le miracle de la vie. Les eaux du Griesbrunnen avaient ainsi selon eux des propriétés curatives. Elles étaient collectées dans un bassin avant d’alimenter l’unique fontaine sur la rive droite de la Blies, au « Petit Côté ». Ces prétendues vertus expliquent que l’eau bénite et l’eau baptismale provenaient jadis de cette fontaine. De nombreux Bliespontains et habitants des villages environnants préféraient cette eau à celle de leur puits ou de leur réseau de distribution.

La légende veut que ce soit dans eau et dans l’obscurité profonde de ce bassin qu’aurait germé, il y a bien longtemps, une vie mystérieuse et secrète qu’une lourde dalle de pierre calcaire cache encore jalousement aux regards indiscrets et trop curieux. Le miracle avait lieu chaque année au printemps, quand les fleurs ouvraient leurs corolles aux couleurs éclatantes et que les oiseaux chantaient dans les haies et les bosquets. Certaines personnes particulièrement réceptives percevaient, en passant près du bassin, des rires enfantins et des vagissements quelque peu étouffés par la lourde dalle.

On raconte aussi que durant les nuits de pleine lune, une fée, gardienne du bassin, soulevait la pierre avec sa baguette magique pour faire apparaître des nouveau-nés, garçons et filles, choyés par des ondines et s’ébattant dans l’eau cristalline du Griesbrunnen. Les couples désirant avoir un enfant devaient alors s’approcher respectueusement de la fontaine, afin de recevoir des mains de la fée et selon leur souhait, un garçon, une fille, ou les deux à la fois.

Les enfants du village étaient convaincus de l’authenticité de ce mythe et il arrivait qu’au cours d’escapades, ils s’approchaient avec une certaine appréhension du bassin, pour poser l’oreille contre la lourde dalle. Et c’est alors que, ravis, ils semblaient percevoir, étouffés par la lourde pierre, des rires et des gazouillis. On peut cependant penser que ces bruits venus des profondeurs de la terre n’étaient que le clapotis de l’eau tombant dans le bassin, le merveilleux cédant le pas avec l’âge à la réalité.

14 octobre, 2012 à 14:40


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