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Tarquimpol : à la recherche de l’antique Decempagi

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Depuis 2008, une à deux fois par an, les Drs Mike Mac Kornick et Joachim Henning des universités de Harvard aux Etats-Unis et de Francfort en Allemagne fouillent avec des étudiants en archéologie les terres argileuses de Tarquimpol, pittoresque village du Saulnois bâti il y a plus de 2 000 ans. L’idée est de s’appuyer sur les vestiges remarquablement conservés ici pour décrypter les modes de vie des habitants sous le Bas-Empire romain. Il existe en effet très peu de sites semblables à celui de Tarquimpol en Europe et dans le monde. C’est la raison pour laquelle le terreau mosellan semble être le seul qui puisse apporter des réponses fiables aux interrogations des scientifiques.

Tarquimpol

Le petit village de Tarquimpol sur les bords de l’Etang de Lindre (Crédits photo : Thomas RIBOULET pour le Groupe BLE Lorraine)

Les éléments déterrés sur des parcelles privées situées entre l’actuel village et les berges de l’étang aménagé au XIIIème siècle seront analysés par des laboratoires du monde entier. Ils devraient fournir beaucoup d’indications sur l’évolution de l’urbanisme, du système économique et de l’organisation sociale correspondant aux diverses époques d’occupation des lieux.

amphitheatre Tarquimpol

Vue aérienne des traces de l’ancien amphithéâtre de Tarquimpol dans un champ (Crédits photo : Université de Lorraine)

Les archéologues savent grâce à des sources antiques que l’antique Decempagi était une station d’arrêt importante entre Divodurum Mediomatricorum (Metz) et Argentoratum (Strasbourg). Les tâches claires décelées sur les images géomagnétiques prises au moyen de drones et de ballons ont révélé l’existence de deux, voire de trois cités. Les archéologues ont pu tracer leurs contours respectifs. Il y a des indices de présence humaine datant d’avant le Haut-Empire romain. Tarquimpol l’Ancienne, qui s’étendait sur 45 hectares et qui abritait un amphithéâtre de 125 mètres de diamètre qui n’a toujours pas été dégagé, a vraisemblablement été détruite au cours de la deuxième moitié du IIIème siècle avant J.-C. C’est sur ses vestiges que Tarquimpol la Nouvelle a été bâtie, abandonnée en 350, puis refondée en plus petit. Cette cité de huit hectares, protégée par un large mur d’enceinte, a prospéré durant un siècle. Puis tout semble s’être brusquement arrêté en 450. Plus aucune trace de vie n’a été trouvée entre cette période et la période mérovingienne qui a laissé des sarcophages datés de l’an 600 environ enterrés sous l’église actuelle.

Dans les années qui viennent, de nouvelles campagnes de fouilles devraient nous en apprendre davantage sur l’histoire de Decempagi.

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