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Caricature propagandiste en 1914-1918

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Relayée par la presse, la caricature a servi d’amplificateur à la propagande au cours de la Première Guerre Mondiale.

Alors que les obus pleuvent, que la mitraille hachure le ciel et que les hommes s’enterrent et se déchirent, les crayons griffent la une des journaux de l’époque. Caricaturer l’ennemi, le réduire à des outrances facilement reconnaissables, c’est aussi le pourfendre. Il faut impérativement entretenir la haine ou le moral, à l’arrière et sur le front. C’est l’un des rôles de la propagande et pour la première fois à cette échelle celui de la caricature. Le Centre Mondial de la Paix de Verdun propose trois manières de dire et dessiner la haine de l’autre entre 1914 et 1918 à travers une petite exposition insolite et pertinente. Les points de vue allemand et français sont abordés par le prisme de deux parutions emblématiques, Simplicissimus et La Baïonnette, qui développèrent chacun leur esthétique du patriotisme. Le travail du dessinateur britannique Harold Hudson est également mis en avant. Son humour presque raffiné illustra de nombreuses gazettes au Royaume-Uni.

Caricature propagandiste en 1914-1918 dans Actualité caricature-Guerre-1914-1918

Stillstanden ! Ihr Banditen. [Tenez-vous au calme, bandits !]. Editions PFB. Carte postale illustrée signée H. Zahl. Un officier allemand passe en revue les ennemis du Reich

La Baïonnette, journal français fondé pour la circonstance en 1915, était résolument cocardier sous la plume de Robida, Steinlein ou Léandre. Si le coq gaulois y paradait, la figure de Germania y était vilipendée et représentée telle une harpie obèse au bec crochu. La société allemande devait être uniformément débile. En face, le Simplicissimus allemand, qui appartenait à autre courant satirique, était à l’origine un journal progressiste qui critiquait les Prussiens. Avec la guerre, il changea radicalement de discours en devenant ouvertement germaniste et anti-français. La critique y fut cependant plus fine, mais tout aussi violente. Hudson avait quant à lui une vision plus esthétique, à travers des aquarelles travaillées qui rappelaient que le sentiment anti-allemand était très profond au Royaume-Uni. La même Germania, personnification de la nation allemande, était chez lui squelettique, avait les yeux exorbités et les ongles crochus et sanglants. Pourtant, le Kaiser Guillaume II était le petit-fils de la reine Victoria et ce ne fut qu’en 1917 que les Saxe-Coburg devinrent les Windsor.

Toutes ces caricatures rencontrèrent un véritable engouement. Certaines furent même vendues en tiré-à-part à 500 000 exemplaires.

L’exposition présentée au Centre Mondial de la Paix de Verdun résulte de l’acquisition par le Conseil Général de la Meuse d’un fonds privé, la collection Diors, colossale mine de militaria, riche de près de 30 000 pièces pour certaines rarissimes.

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