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Sur les traces de Ligier Richier à Bar-le-Duc

Ligier Richier, sculpteur né à Saint-Mihiel vers 1500, a livré à la ville de Bar-le-Duc deux chefs-d’œuvre, un calvaire et un transi. Les deux pièces trônent en ville-haute, dans la Collégiale Saint-Etienne.

La ville-haute de Bar-le-Duc sera au cœur de l’année « Nancy Renaissance 2013 ». Le riche patrimoine barisien s’y expose à ciel ouvert, sauvé de la décrépitude dans les années 1970, lorsque le quartier a été classé priorité municipale. Les façades Renaissance en pierre de Savonnières ont été frottées. Depuis, la ville ancienne, juchée sur son promontoire, scintille et resplendit.

Sur les traces de Ligier Richier à Bar-le-Duc dans Culture et patrimoine Ligier-Richier-Transi

Le célèbre Transi de Ligier Richier (Crédits photo : Groupe BLE Lorraine)

Certes, Bar-le-Duc n’est ni Florence, ni Venise. La ville a l’architecture sobre, voire un peu froide, presque comme un brouillon de ce qui se construisit ailleurs, sous d’autres cieux aux mécènes plus généreux. Les hôtels particuliers s’y étirent bien sur trois étages, mais avec moins de fioritures sur les façades. Si leurs propriétaires étaient attachés à la cour du duc, il s’agissait de noblesse de petite extraction. Ils ont néanmoins légué l’un des plus beaux témoignages lorrains de cette époque, par miracle épargné par les guerres.

Ligier Richier a quant lui laissé deux trésors, visibles dans la collégiale Saint-Etienne. Le calvaire ferme la nef centrale de celle-ci, derrière l’autel. Cette œuvre majeure des années 1530, entièrement taillée dans du noyer, est une sculpture de la douleur. En témoigne le larron à la gauche du Christ, entortillé sur sa potence, dont le regard évite celui de Jésus. De l’autre côté, également sur sa croix, un second larron n’est déjà plus sur terre. Entre les deux, le supplicié, à la tête couronnée d’épines, paraît flotter, malgré les clous qui entravent ses pieds et ses mains. Le Christ et les larrons froncent les sourcils, seule signature connue de Ligier Richier. Ce froncement de sourcils se lit en effet sur toutes les œuvres répertoriées de l’artiste. L’ensemble est saisissant.

En face, non loin du calvaire, le transi est sans doute la sculpture la plus célèbre. Tel un squelette finement ciselé dans la roche, il devait rehausser le tombeau de René de Chalon, beau-frère du duc Antoine. Le décharné se tient debout en position d’orateur, un cœur à la main. On peut presque l’entendre déclamer. Il s’agirait en réalité d’une allégorie à la résurrection. En effet, la peau semble repousser sur les membres inférieurs du mort-vivant.

19 août, 2012 à 12:01


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