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Le Lorrain, génie de l’art

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Né en 1600 à Chamagne, dans les Vosges, orphelin à douze ans, puis recueilli à Fribourg par son frère graveur sur bois qui l’initia à son art, Claude Gellée est aujourd’hui mondialement connu pour sa peinture.

Claude Gellee

Le débarquement de Cléopâtre à Tarse par Claude Gellée dit Le Lorrain

Certains historiens avancent qu’il arriva à Rome après avoir suivi un autre parent nommé Baldinucci, marchand de dentelles. D’autres pensent qu’il se serait plutôt joint à une troupe de pâtissiers pour servir, comme mitron, le peintre Agostino Tassi. Ce mystère qui nimbe les débuts de celui que les Romains surnommèrent Claudio Lorenese, autrement dit « Le Lorrain », ne se dissipera sans doute jamais. Quand il ne pétrissait pas la pâte, Claude broyait des pigments et regardait son maître travailler au chevalet. Il finit par s’essayer à son tour à la peinture et se révéla si doué que Tassi commença son apprentissage artistique. Il durera jusqu’à 17 ans, âge où Gellée quitta Rome pour Naples, où il resta jusqu’en 1621, avant d’entamer un voyage en Europe et un retour en Lorraine. C’est près du Vésuve qu’il se mit au service de Goffredo Wals, peintre allemand influencé par son compatriote Adam Elsheimer, qui lui enseigna l’art du paysage. Cette thématique ne servait jusqu’alors que de fond dans les tableaux italiens, notamment ceux de la Renaissance, sauf à Bologne, où les frères Carrache excellaient dans ce genre. Claude Gellée s’inspira également de l’art des peintres flamands, venus comme Paul Bril chercher la lumière et les traces de l’Antiquité à Rome, pour donner avec son ami Nicolas Poussin leurs lettres de noblesse aux paysages. Les grands de ce monde s’arrachèrent leurs toiles, afin d’embellir leurs demeures. Le Lorrain et Poussin furent même sollicités pour décorer le palais royal, aujourd’hui disparu, de Buen Retiro à Madrid.

Le Lorrain révéla toute la mesure de son talent dans le rendu des effets atmosphériques. Il fut ainsi le premier à éblouir frontalement le spectateur avec l’astre solaire qui tire le regard vers la ligne d’horizon, conférant à ses toiles une profondeur inouïe. Certains commentateurs soulignent de plus que Claude Gellée est le peintre « de ce qui se voit à peine : l’air, la brume, les vapeurs, les lumières ». Voilà pourquoi il toucha même des béotiens comme Nietzsche, peu féru de peinture, qui fondit pourtant en larmes devant l’un de ses tableaux, ou comme Lévi-Strauss qui habitait la rue Lorraine dans le 16ème arrondissement de Paris et qui écrivit sur lui.

Le Lorrain s’est éteint le 23 novembre 1682 à Rome.

Les peintures du Vosgien sont aujourd’hui exposées dans des établissements aussi prestigieux que le Metropolitan Museum de New York, la National Gallery de Londres, le Musée du Prado à Madrid ou encore le Louvres à Paris. C’est d’ailleurs là que l’on peut admirer ses plus belles marines, peintes pour le pape Urbain VIII, qui ont inspiré Turner et qui nous éblouissent encore de leur éclat iridescent. D’autres peuvent être observées au Musée d’Epinal. A noter enfin que sa maison natale est visitable.

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