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Flamme de l’espoir pour ULCOS

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Le haut fourneau P6 de l’usine intégrée de Hayange-Florange a été choisi pour servir de site-pilote au Projet ULCOS (voir : http://blefondation.e-monsite.com/pages/actions-et-realisations/projet-ulcos.html). Sorti de la branche R&D d’ArcelorMittal, celui-ci permettrait d’améliorer la compétitivité du complexe lorrain. L’idée est de capter le CO2 en sortie du haut fourneau pour l’envoyer 70 kilomètres plus loin dans le sous-sol meusien, sans vraiment en connaître les conséquences  écologiques. Mais la possibilité de produire de l’acier sans rejet direct de CO2 constituerait une première mondiale qui ferait de Hayange une vitrine tout en dopant sa rentabilité pour une dizaine d’années.

Cependant, les chances que le Projet ULCOS obtienne un financement de l’Union Européenne (UE) s’amenuisent. En effet, dans un document de travail intermédiaire de la Commission Européenne, le projet de captage et de stockage de CO2, dernier espoir pour les hauts-fourneaux lorrains, se classe en 8ème position, alors que seulement trois projets seront retenus. Pourtant, en 2011, ULCOS avait été classé n°1 parmi les cinq projets innovants présentés par la France à Bruxelles. L’UE s’était alors engagée à financer un à trois projets présentés par chaque pays membre. Pour ULCOS, il s’agit d’investir 250 millions d’euros sur les 650 millions d’euros nécessaires.

La short-liste des 8 projets retenus sur les 80 dossiers déposés à Bruxelles a été divulguée sur Twitter sans le moindre complément d’explication. Dans un climat socioéconomique tendu, cela relève de l’incompétence et de l’inconséquence.

La liste définitive des trois projets lauréats devrait être connue d’ici la fin de l’année. ULCOS aurait encore ses chances si d’autres projets européens se retiraient, en raison de la crise. Mais sans ULCOS, s’en est terminé des hauts-fourneaux lorrains qui ne seront jamais rallumés (voir : http://forumdeslorrains.forumactif.com/t1479-siderurgie-arcelormittal-sacrifie-la-filiere-liquide-lorraine-sur-lautel-des-profits). Alors que Mittal n’en finit plus de mettre ses usines européennes à l’arrêt, il a obtenu le feu vert pour construire une gigantesque usine sidérurgique en Inde. Ce qui signifie que c’est en réalité tout l’acier européen qui est en sursis.

Selon certains, le faible coût de la tonne de carbone constituerait le cœur du problème. Estimée à 50 euros lors de sa mise en place, elle est tombée depuis à 8 euros. Or la pertinence du Projet ULCOS reposait, entre autres, sur la rentabilité d’un acier lorrain exonéré de cette fameuse taxe carbone. La Banque européenne d’investissement entendait subventionner les projets sélectionnés avec la vente de tonnes de carbone, soit 4 à 5 milliards d’euros de recette. Aujourd’hui, ces dernières sont estimées à moins d’1,5 milliards d’euros. Les aides apportées aux programmes retenus devraient par conséquent être réduites d’autant. Il reviendrait alors aux investisseurs privés et aux pays concernés de prouver leur bonne volonté. Or, la bonne volonté de Mittal, cela fait longtemps que plus personne n’y croit.

Si l’UE accepte de participer au financement du Projet ULCOS, elle piègerait Mittal, en l’obligeant à pérenniser la sidérurgie lorraine. Car, au-delà la reconstruction d’un haut fourneau de neuf mètres de diamètre, contre six actuellement, c’est dans toute la filière liquide que Mittal devrait investir, notamment dans l’aciérie, avec une facture chiffrée à 240 millions d’euros, pour qu’Hayange devienne un « laboratoire » capable de sortir un acier propre avec une productivité améliorée de 20 à 30 %.

Si bien qu’à l’heure actuelle, l’obstacle est plus d’ordre conjoncturel que technique et financier. Rappelons qu’ULCOS est certes un projet expérimental, mais il mise sur l’avenir et la question d’une énergie propre se posera toujours.

(Sources : Les Echos et presse régionale)

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2 Commentaires

  1. bloggerslorrainsengages

    31 août, 2012 à 22:47

    Le permis d’exploration concernant ULCOS accordé par le ministre français de l’industrie le 19 octobre 2011 confère à ArcelorMittal le droit exclusif d’accéder, dans le périmètre sollicité, à une meilleure connaissance géologique du sous-sol, afin d’évaluer son aptitude à stocker de manière sûre et permanente du dioxyde de carbone. Il s’agit, sur une zone de 3 500 km carrés, de déterminer les meilleures conditions d’accès à une vaste nappe d’aquifères salins profonds (nappes rocheuses poreuses contenant de l’eau salée) dans laquelle serait injecté, chaque année, un million de tonnes de CO2 produit par le site de Hayange.

    Si le projet suit son cours, les premiers tests d’injection pourraient être tentés en 2013 et la canalisation entre les installations sidérurgiques et les forages pourrait être construite en 2015.

    Il s’agit de tenter à Hayange une opération de ré-industrialisation que Sarkozy n’a pas su mener à Gandrange. Mais ULCOS n’est envisageable que si les hauts-fourneaux rejettent du gaz et donc s’ils sont rallumés par ArcelorMittal.

    En attendant, les sidérurgistes lorrains ne cachent pas leur inquiétude de vivre un nouveau Longwy…

  2. bloggerslorrainsengages

    5 septembre, 2012 à 19:06

    Le Projet ULCOS (Ultra Low CO2 Steelmaking qui signifie production d’acier à très basses émissions de CO2) est porté par un consortium d’industriels européens, dont le géant mondial de l’acier ArcelorMittal. Il a pour objet de mener des recherches visant à trouver des formations souterraines naturelles pour le stockage géologique du dioxyde de carbone produit par les industries, afin de limiter les émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

    L’idée est de capter le gaz à la sortie des usines pour l’acheminer dans le sous-sol du Nord lorrain via des tuyaux de plusieurs dizaines de kilomètres. Le territoire concerné s’étend sur 3 450 km² du Pays-Haut (Longwy, Lexy, Herserange) à l’Argonne. Il se répartit à 70 % en Meuse, 24 % en Meurthe-et-Moselle et 6 % en Moselle et englobe de nombreuses zones naturelles sensibles.

    A l’heure actuelle, le Projet ULCOS est considéré comme le seul et dernier espoir de pérenniser la filière fonte en Lorraine.

    Reste maintenant à convaincre les populations d’accepter qu’un gaz mortel soit stocké sous leurs pieds par une technique encore expérimentale pour une durée minimale de 2 000 ans pour éviter qu’il ne réchauffe l’atmosphère. Le CO2 pourrait par contre se dissoudre dans les nappes phréatiques prioritaires pour l’alimentation des foyers et les rendre ainsi acides et impropres à la consommation.

    ArcelorMittal va peut-être gravement polluer cette zone. D’autres entreprises risquent aussi de s’engouffrer dans la brèche. La Meuse, avec en plus les déchets nucléaires (voir : http://blefondation.e-monsite.com/pages/cercle-de-reflexion/dechets-nucleaires.html) à Bure, sera une véritable poubelle.

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