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Pour la mise en valeur du grand amphithéâtre gallo-romain de Metz

Le grand amphithéâtre de Metz a été construit vers la fin du Ier siècle ou dans la première moitié du IIème siècle dans le quartier des basiliques de l’antique Divodurum. Il s’agit du plus grand amphithéâtre édifié en Gaule romaine et l’un des dix plus grands amphithéâtres au monde construits par les Romains. Il mesurait 158 mètres de long pour 124 mètres de large et 35 mètres de haut. L’arène était semblable à celle de Vérone. Elle comportait 25 000 places et avait 65 mètres de grand axe et 41 mètres de petit axe.

Arènes Vérone

Les Arènes de Metz étaient semblables à celles de Vérone en Italie (Crédits photo : Groupe BLE Lorraine)

L’amphithéâtre aurait été construit sous le règne de l’empereur Vespasien par des soldats de la 21ème Légion. 6 000 hommes auraient été affectés à l’extraction des pierres, dans les carrières de Norroy, près de Pont-à-Mousson, qui servirent d’ailleurs également à la construction de l’aqueduc de Gorze à Metz.

En 1902, lors de la construction du quartier impérial et du détournement de la Seille, les Allemands ont réalisé des fouilles. Ils ont également établi des plans précis du sous-sol où reposent encore les vestiges. Les Allemands les ont recouverts de terre pour mieux les préserver. D’après les restes de l’enceinte et des murs retrouvés, l’édifice possédait 76 arcades et une série de 50 gradins. Il avait trois étages d’arcades superposées. Tout un quartier existait autour, contrairement à ce que croyaient les spécialistes. La tradition raconte par ailleurs que le premier évêque de Metz, Saint Clément, aurait édifié un oratoire dédié à Saint Pierre : Saint-Pierre-aux-arènes, ce qui en ferait le lieu de culte le plus ancien de Metz, de Lorraine et de France plus encore que la basilique de Saint-Pierre-aux-Nonnains.

Depuis, les vestiges du plus grand amphithéâtre de Gaule romaine dorment sous le carrefour du Centre Pompidou-Metz (CPM). L’entreprise Demathieu & Bard a utilisé les plans allemands pour le forage des fondations du CPM, afin d’éviter de détruire les ruines de l’amphithéâtre, qui pourraient être remises au jour. Malheureusement, la ville et ses partenaires n’ont pas aménagé le site pour des raisons budgétaires, ce qui est franchement regrettable. En effet, combien de villes du monde romain possédaient et possède encore un amphithéâtre de 25 000 places ? A part Rome et deux trois villes d’Italie, aucune. Cela en fait par conséquent un point de différentiation important dans le concert et la concurrence entre les agglomérations européennes. Alors, certes, il ne doit pas rester des vestiges aussi impressionnants que ceux du Colisée, mais d’un point de vue patrimonial, culturel, touristique et par conséquent économique, la mise en valeur de tels vestiges est capitale.

Le Groupe BLE Lorraine ne demande pas que le grand amphithéâtre gallo-romain de Metz soit reconstruit, mais qu’il soit exhumé et consolidé sur 2 à 3 mètres de haut. Si pour des raisons de circulation et d’urbanisme, les vestiges ne peuvent pas être aménagés en surface, le Groupe BLE Lorraine demande à ce qu’ils le soient en souterrain, comme c’est par exemple le cas pour d’autres sites archéologiques à Paris, Mayence ou encore Nancy (vestiges des fortifications de la ville au sous-sol du Musée des Beaux-arts) et qu’ils soient intégrés au parcours artistique du CPM.

13 juin, 2012 à 19:45


3 Commentaires pour “Pour la mise en valeur du grand amphithéâtre gallo-romain de Metz”


  1. Luxokikouyou écrit:

    Excellente idée à coordonner d’urgence avec l’hypothèse d’un centre de congrès dont les plans glissent dangeureusement vers l’emplacement en question…

  2. Luxokikouyou écrit:

    L’oeuvre antique étant déjà en partie recouverte pour des sciècles sous les voies férées.

  3. christian écrit:

    Très bonne idée, en effet. Surtout que nous avons désormais une ministre-presque députée qui pourrait faire avancer le dossier.
    Cela étant, vous ne pensez pas que ce serait un chantier pharaonique ? Qui financerait l’opération ? Déjà que la Ville de Metz achète des pavés en Inde pour le nouvel aménagement de la Place de Gaulle, histoire de baisser le coût, je ne vois pas les collectivités financer cette folie.
    Le financement public, c’est vous, c’est moi, c’est prélevé dans notre poche !
    Que l’on ne s’y méprenne pas : j’y serais personnellement favorable… sous réserve que cela ne nous coûte pas cher. Alors, cherchons des mécènes ! Mais là aussi, la période n’est pas favorable.
    Conclusion : laisser les vestiges enfouis, quitte à les valoriser dans quelques décennies.


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